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8 mars 2016 2 08 /03 /mars /2016 12:24

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C'est un livre sur lequel j'ai bien du mal à poser des mots.

Pour décor, les highlands écossais, la Nouvelle-Zélande, la Nouvelle-Ecosse, l'Australie, et le souvenir de Londres, des navires où les cales puent la peur et l'entassement, des églises austères où le moindre petit ruban a valeur de péché originel, des terres hostiles, aux hivers trop rigoureux ou aux températures trop chaudes, des rivières et des arbres meurtriers, des maisons d'où l'on voit la mer.

Une femme, Isabella, un peu trop originale pour une époque où on avait vite fait de qualifier de "sorcière" un esprit libre.

Sa petite-fille, Maria, ou la sorcière de Waïpu, qui, elle aussi, refuse de se soumettre, et le paiera de sa liberté.

Une épopée, celle d'un peuple chrétien qui se soumet au charisme et à l'autorité d'un prédicateur et qui va endurer les traversées en mer, les terres à défricher et les châtiments d'un Dieu auquel ils se doivent de croire sans condition sous réserve de se faire exclure de la communeauté.

 

 

Une atmosphère à la Jane Campion, et des personnages complexes qu'il est difficile de comprendre au départ.

Et pourtant on est peu à peu envoûté par ces "sorcières", par ce périple mystique, par cette spiritualité omniprésente, par ce poids de la fatalité qui voit le passé faire écho au présent.

Un roman âpre sur la résilience de l'âme, sur la résistance comme sur les faiblesses humaines.
Un livre de secrets.

Published by leshumeursdeviolette - dans Lu
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1 mars 2016 2 01 /03 /mars /2016 15:06

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J'avais envie d'aimer ce film.

A cause d'Anders Danielsen Lie, et de sa grâce qu'il promène de film en film.
A cause du souvenir de Memory Lane.
A cause des promesses contenues dans tout cela.

Je n'ai pas réussi à m'émouvoir, je n'ai pas réussi à m'intéresser vraiment à ces jeunes trentaires trop étudiés, peut-être, sans doute, parce qu'ils me ressemblent trop?
J'ai compris Lawrence, j'ai compris les parents, mais Zoé m'est restée totalement opaque.
Ce qui aurait dû me toucher m'a laissée de marbre, voire même agacée par moments.

Dommage.

 

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17 février 2016 3 17 /02 /février /2016 16:53

Illustration by René Gruau, Brigitte Bardot with a red hat.:
René Gruau

 

Ce chapeau, je l'ai posé négligemment sur mon mannequin. La tête penchée et de travers, un peu comme si je l'y lançais là tous les soirs depuis l'entrée.
Comme si j'ouvrais la porte d'un coup de talon, comme si j'entrais triompheusement, suintant la poussière et le feu, l'odeur métallique du sang et la fatigue des chevaux.
Comme si mes bottes claquaient sur le plancher, et que le whisky coulait tout seul à ma seule apparition.

C'est un chapeau à prix modeste - je l'ai même acheté soldé -, mais il est fait en Italie! Quand j'y pense j'oublie le whisky, le désert, c'est le Campo dei Fiori que je préfère.

Ce chapeau, il m'a fait un mal de chien. Au cou, aux trapèzes, et même jusqu'aux nerfs optiques! C'est qu'il me force à regarder loin devant.

Ce chapeau, je l'ai voulu, puis je l'ai eu, je l'ai porté, au sommet de ma tête, du bout des doigts et sur la pointe des pieds, mais je ne l'ai pas encore usé.

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29 décembre 2015 2 29 /12 /décembre /2015 16:00

https://i.ytimg.com/vi/6jWi2wQjr3M/hqdefault.jpg

 

Farah vient de passer son bac, mais les résultats, elle s'en fiche.
Farah a dans les dix-sept ans, et ce qui compte pour elle, c'est la musique.
La musique, elle en joue avec Bohrène, qu'elle prend aussi du plaisir à embrasser, la nuit, sous les oliviers.
Jusqu'ici rien que de très banal; une jeunesse ordinaire.

Sauf que, pendant qu'ils s'embrassent, sous les oliviers, leur ami Ali fait le gué, sauf que, quand il est l'heure de rentrer, Farah est la seule fille du bus et l'on voit bien les regards que cela suscite, sauf que, alors que Farah veut juste exister, c'est sa mère que l'on met en garde du bruit de sa vie.
Nous sommes dans la Tunisie de Ben Ali, et la vie alors est soumise à la corruption et aux abus autoritaires.

La vitalité de Farah, son appétit, sa volonté farouche de vivre comme elle l'entend, et surtout, comme elle devrait pouvoir être libre de le faire, crèvent l'écran. On aimerait qu'il ne lui arrive rien, qu'elle garde toujours cette fraîcheur, cette énergie, cet allant – mais nous sommes à Tunis, et le printemps arabe n'a pas encore eu lieu.

Superbe portrait d'une jeune fille en passe de devenir femme, relations mère-fille dépeintes avec finesse (grâce au jeu tout en subtilité des actrices), évitant tout raccourci manichéen et simpliste, le premier film de Leyla Bouzid a le goût de la rage et de l'insolente ardeur de la jeunesse.
Un coup de poing dans nos ventres d'européens à la mémoire souvent trop courte, une piqûre de rappel pour les femmes françaises que nous sommes pour nous exhorter à ne jamais renoncer, à ne jamais faiblir, à ne jamais nous endormir.

 

 

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21 décembre 2015 1 21 /12 /décembre /2015 13:01

Nuit du dimanche au lundi.

Cette bougresse ne devrait-elle pas renoncer à son statut nocturne, puisqu'on n'y dort jamais?
Ne devrait-on pas plutôt l'appeler "grande boucle" tant notre vélo y fait tourner ses roues?
Ou bien "le grand huit", en raison des sommets et des abysses auxquels notre âme est soumise?
Ou encore "les heures des horreurs", les cauchemars y étant légion?

Le sommeil ne survient que lorsque le réveil le lundi matin nous tire hors d'une nuit que nous sommes heureux de quitter, une nuit qui ne mérite pas son nom.

 

janusmiralles-2 L’artiste philippine Janus Miralles réalise de très beaux portraits abstraits en mélangeant la photographie avec de la peinture comme moyen de création. Souvent en noir et blanc, les visages sont effacés avec une certaine noirceur, comme s’ils avaient été brulés. Une sélection de son travail est disponible dans la galerie.:

Janus Miralles

 

Published by leshumeursdeviolette - dans L'ABC
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17 décembre 2015 4 17 /12 /décembre /2015 16:05

Les vampires, je suis tombée dedans quand j'étais petite.

Seconde moitié des années 90, c'est les vacances. Ma mère me rapporte de la bibliothèque où elle travaille des VHS par dizaines, et un jour, le voilà: Dracula. Le film de Coppola n'a alors que quelques années et me marque à tout jamais.
Les décors gothiques à souhait, le brouillard, l'obscurité, la séduction troublante d'un vampire au romantisme sulfureux plus attirant que le jeune Keanu Reeves, je me rêvais en Mia-Winona, ensorcelée, presque damnée.

http://3.bp.blogspot.com/_DYbrWcVn5Us/Sr5phU5BS2I/AAAAAAAAODI/-mG_qLQECOI/s400/Dracula_Coppola_002.jpg

 

Puis, après quelques mois passés à jouer frénétiquement à Dracula, le jeu sur CD-Rom (!) et à rêver de Transylvanie, les années Buffy. Les vampires me semblaient bien laids, mais continuaient de me fasciner - et puis bon, Angel, le mythe du mec compliqué à souhait, l'histoire impossible, tout ça.

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Quinze ans plus tard, nouveau choc cinématographique: Only lovers left alive, de Jim Jarmusch avec la magnétique Tilda Swinton. De Detroit à Tanger, les tourments existentialistes et esthétiques d'un couple de vampires âgés de milliers d'années. L'atmosphère rock'n'roll, la BO ensorcelante, le charisme envoûtant de ces Adam & Eve millésimés... j'avais envie d'être, moi aussi, vampire, à Tanger.

http://cdn2.thegloss.com/wp-content/uploads/2014/04/tilda-swinton-only-lovers-left-alive.png

 

Et puis, cet automne, la découverte de True Blood. Les rebondissements rocambolesques ne sont pas sans me rappeler Buffy, mais les dialogues sont désopilants (Dieu bénisse Lafayette); je commence à délaisser Tanger pour la Louisiane, Gary Oldman pour un Viking nommé Eric Northman.

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(le viking lit)

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14 décembre 2015 1 14 /12 /décembre /2015 15:20

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Pourquoi ai-je décidé de le lire cette semaine, plutôt que Pot-Bouille qui attendait lui aussi dans la pile?
Pourquoi lire déjà un autre roman de Sorj Chalandon alors que j'avais encore Mon traître à l'esprit?

L'appel d'Antigone sans doute.
Antigone, celle d'Anouilh, que ma sœur m'a offert il y a plus de quinze ans, que j'avais dévoré et aimé sans trop savoir pourquoi.
Antigone, que j'ai eu la chance de voir l'année dernière à la Comédie Française, pour ma première fois dans ce lieu mythique.

Du Liban je ne sais rien. De cette guerre qui battait son plein alors que je n'étais qu'un bébé, je ne connais rien. Juste une expression, celle qui désigne une pièce où le désordre règne en maître: "Oh la la, c'est Beyrouth ici".
Du Liban je ne savais rien, jusqu'à cette lecture électrique: Le jour où Nina Simone a cessé de chanter de Darina Al-Joundi, que j'ai pu voir sur scène - drôle de coïncidence pour quelqu'un qui va assez peu au théâtre. Ce livre, que j'ai souvent offert, sa force de vie, sa rage de vaincre, je ne les ai pas oubliés depuis.
Et aujourd'hui, Le quatrième mur. Je crois que les temps qui courent m'ont donné soif de cette force, de cette rage, alors j'ai tout mélangé dans mon esprit, Antigone, Anouilh, Paris, Darina, et j'ai commencé ma lecture.

Au début j'ai eu peur; trop de points entraient en résonance avec Mon traître, je voyais en Sam le spectre de Tyrone, une nouvelle figure d'ami/mentor/frère/père, et en Georges un jeune idéaliste se frottant à un conflit qui n'est pas le sien, un Antoine oriental.
Et puis assez vite, le récit a basculé, l'Irlande s'est effacée et a permis aux personnages de s'incarner pleinement.
Et au tourbillon du théâtre, de la vie, de la guerre, de souffler sur le récit.

Aussi captivante une lecture soit-elle, si elle soulève des interrogations, si elle retourne des pans de mon esprit, il est rare qu'elle me procure des émotions brutes et fortes comme je peux en avoir au cinema. Le quatrième mur m'a emportée comme rarement un livre l'a fait, dans ce Beyrouth à feu et à sang, criblé de snipers et de cadavres. J'ai mordu la poussière avec Georges, j'ai rencontré Marwan, Charbel, Imane et Nawad. J'ai mélangé mes laissez-passer, j'ai été maladroite, j'ai cru que je comprenais.

Et quand pour Georges tout a été fini, une envie d'Anouilh, de théâtre, et de vie.

 

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4 novembre 2015 3 04 /11 /novembre /2015 12:55

 

Ce matin dans le métro un jeune homme grossier
Les narines par les effluves d'un clochard irritées
Décida de cette odeur par la sienne masquer


A cet effet de son sac il sortit
Un flacon ma foi plutôt joli
Mais dont le parfum tout à coup me saisit
De plage et de lagon le wagon fut envahi

 

Ce soleil en Novembre aurait dû me combler
Mais la brume de son vaporisateur a atteint mon coup de pied
Sacrilège, misère noire, que n'avait-il pas fait?
Le cocotier j'ai senti toute la journée.

 

 

Published by leshumeursdeviolette - dans Dans le métro
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27 octobre 2015 2 27 /10 /octobre /2015 16:45

Ce matin où je flotte – pas assez de sommeil, une cigarette de trop -, le trajet jusqu'au métro est plus doux qu'à l'accoutumée.
Le ciel blanc n'est pas triste mais ouaté, par la rame je me laisse emporter.
Pour une fois il n'est pas bondé.

Ce matin où je flotte, j'entame la lecture d'un court récit que l'on m'a offert: Flaubert à la Motte-Picquet.

Je ne connais pas l'auteur, mais le sujet m'amuse: Laure Murat fait l'inventaire de tous les livres qu'elle croise dans le métro – essentiellement à Paris, mais également à New York et Los Angeles.  Elle fait les comptes, et petit à petit, au travers de ce jeu addictif, se dessine en creux. Avec poésie et drôlerie, elle s'interroge sur les lecteurs, est surprise ou déçue parfois, emballée, souvent.

Et, de Barbès à Passy, de Mouton-Duvernet à Tuileries, elle m'embarque dans ses pérégrinations souterraines, moi qui suis en train de traverser tout Paris, et je continue à flotter, encore.

A Iena, je regarde à travers la vitre du wagon et je le vois.
Au début, je crois que mes yeux me trahissent. Cela me semble incongru, peu probable, un fruit de mon esprit flottant – le manque de sommeil, sans doute. Mais voilà qu'il continue! Le colleur d'affiches est bel et bien en train de danser sur le quai, et du bout de ses doigts fait tournoyer l'affiche impeccablement pliée qu'il s'apprête à coller. Coincée entre son pouce et son index, elle tourne sur elle-même. Le majeur s'en mêle, la voilà qui se déplie, tourne et retourne, encore, dans des gestes d'une grâce infinie. Les yeux rivés sur son papier, il me semble entendre ce magicien chanter. Il me regarde et me sourit, depuis la rame blasée où personne ne l'a remarqué.

Le métro repart, je lui souris, lèvres figées.

 

http://media.senscritique.com/media/000010401834/source_big/Flaubert_a_La_Motte_Piquet.jpg

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20 octobre 2015 2 20 /10 /octobre /2015 08:36

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Elles entrent l'une après l'autre.

Une note par fille - et des talons aiguille.

Des bodys noirs sur des collants, un ruban noir à la taille, les cheveux noués, lissés, bouclés.

Certains visages que l'on reconnaît.

Les jambes se délient, se croisent élégamment, les filles s'assoient sur des chaises neutres que leurs poses transforment en méridienne.
Leurs beautés animales réveillent ces sièges de fortune; elles se regardent, elles nous regardent.

Chacune à son tour, en solo, en duo, en tableau, raconte.
Un corset chez Jean-Paul Gaultier, le smoking Saint Laurent, les chaussures impossibles chez Dior époque Galliano, ou encore le verdict sans appel de Mme Grès.

Ces filles à qui l'on ne demande jamais rien prennent la parole et racontent les robes qui les ont portées, le temps d'une photo, d'un essayage ou d'un défilé.
Elles ont connu les grandes heures, ont côtoyé des génies, ont traversé des décennies - femmes Monuments de la Mode.

Et sans que l'on comprenne bien pourquoi, nous voilà emplis d'une émotion intense.
Est-ce la musique, ou bien les gestes qu'elles délient; est-ce leur phrasé, leur accent, leurs enjambées?

C'est déjà l'heure des saluts, elles regagnent les coulisses à grandes enjambées.

Dans l'air, un soupçon de chic, de nostalgie, et de la beauté.
 

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Published by leshumeursdeviolette - dans Histoires de chiffons
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