Overblog
Suivre ce blog
Administration Créer mon blog
5 décembre 2016 1 05 /12 /décembre /2016 10:11

C'est un petit livre, composé de courts textes écrits par Patti Smith en 1991.
Un recueil de textes plus ou moins courts, certains plus poétiques que d'autres, des bribes d'enfance et de jeunesse demeurés intacts, comme pliés au creux d'un grand mouchoir que Patti Smith aurait décidé de sortir du fond de sa poche, des textes où l'on sent presque les hautes herbes des prés, la chaleur du bain et l'encens.

 

 

"J'ai toujours imaginé que j'écrirais un livre, ne serait-ce qu'un petit livre, qui emmènerait le lecteur dans un royaume qui ne pouvait être résumé ni même évoqué par le souvenir."

 

Published by leshumeursdeviolette - dans Lu
commenter cet article
2 décembre 2016 5 02 /12 /décembre /2016 09:41

 

Chimamanda Ngozi Adichie est une auteur à la mode.
Je ne vais pas mentir, je l'ai moi aussi découverte grâce à la chanson de Beyoncé.
A force de lire des extraits de ses interventions et interviews que je voyais passer sur mes écrans, je me suis laissée tenter par Americanah, presque 700 pages (en poche) où l'on suit la trajectoire d'Ifemelu, sa jeunesse au Nigeria, son départ aux Etats-Unis et son retour au pays une dizaine d'années plus tard.

De l'Afrique à l'Amérique en passant par l'Europe, on découvre toute une galerie de personnages secondaires. Qu'il s'agisse de la jeune coiffeuse du salon de Trenton, du collègue anglais d'Obinze ou de la Tante Uju, aucun n'est négligé, tous prennent vie dès les premiers mots qui les décrivent.
Ifemelu, personnalité impertinente et charismatique, est inspirante, pleine de contradictions qui la rendent encore plus humaine et attachante.

Americanah est un roman passionnant, de ceux qu'on ne veut pas, qu'on ne peut pas lâcher, de ceux qu'on veut faire lire à la terre entière. Parce qu'il y est question d'humanité, de racisme ("en descendant de l'avion à Lagos j'ai eu l'impression d'avoir cessé d'être noire", une phrase qui en dit long sur sa période américaine), de société (Ifemelu pose un regard mordant et sans concession sur ses pairs et leurs travers, comme sur elle-même), de relations aux autres (amoureuses, amitiés, familiales, professionnelles), d'accomplissement de soi, ce texte subtil et intelligent m'a donné envie de me plonger dans tous les écrits de Chimamanda Ngozi Adichie, qui mérite plus que d'être réduite à un effet de mode.

 

 

Published by leshumeursdeviolette - dans Lu
commenter cet article
25 octobre 2016 2 25 /10 /octobre /2016 10:04

 

Un journal tenu par deux sœurs pendant la drôle de guerre, l'exode et surtout l'Occupation.

Un journal tenu par deux filles si différentes qui se découvrent peu à peu femmes, un apprentissage qui prend une couleur particulière avec un contexte si noir en toile de fond. Et pourtant, si noir qu'il soit, c'est un journal plein d'états d'âme, d'interrogations sentimentales et personnelles, d'un souci de l'avenir et de réflexions qui sonnent encore juste aujourd'hui, preuve d'une modernité aiguë.
Preuve en est cette perception si mature et lucide d'une Benoîte de même pas vingt ans quant au sort des femmes: « Voilà encore un problème, un drame auquel l'homme échappe. Pour lui le vieillissement n'est pas un handicap et le démon de midi n'est qu'un bon diable auquel il peut obéir sans déchoir. […] Myriam, elle, sera bientôt une vieille peau, et ce terme n'a pas de masculin. […] Aux yeux des hommes, passé 50 ans – et je suis large –, une femme n'est plus qu'une mémée. »

C'est un journal touchant dans sa proximité qui nous fait nous interroger nous aussi sur les relations que nous entretenons avec nos sœurs, nos mères. Les chamailleries et autres disputes, les incompréhensions, les réconciliations, frappent par leur vérité. Bien sûr, Flora et Benoîte sont issues d'un milieu privilégié, mais qu'importe, ce n'est pas la question.

Leurs questionnements de filles, de jeune filles, puis de jeunes femmes sont terriblement modernes parce que toujours pertinents soixante-dix ans après. 

« J'aime bêtement et de plus en plus la nature, avec un grand N. C'est là qu'on connaît des minutes de parfait bonheur. Non pas que je découvre la réponse aux questions qui me trouble, mais parce que, brusquement, elle cesse de se poser. L'ambition, la réussite sociale, cesse d'avoir un sens, de paraître primordiales. Le présent plie tout le champ de l'existence et c'est dans ce cas seulement qu'on peut vivre sans arrière-pensée . »

« Je finirai bien un jour par savoir qui je suis. »

« Comme il est bon, une fois en passant, de ne pas voir plus loin que le bout de ses lèvres… »

Bien évidemment, la question du mariage ne se pose plus de cette façon aujourd'hui, mais la réflexion sur la place des femmes, l'avortement que subit Benoîte (surtout à notre époque où on a l'impression de revenir en arrière à ce sujet), la sexualité libérée elle aussi par les alliés… Autant d'éléments inspirants et annonciateurs du parcours féministe de Benoîte.
Et autant de piqûres de rappel pour ne rien lâcher.

 

Journal à quatre mains
Published by leshumeursdeviolette - dans Lu
commenter cet article
20 octobre 2016 4 20 /10 /octobre /2016 14:18
Aquarius

24 heures plus tard je ne sais toujours pas que penser d'Aquarius; et me voilà à réfléchir comme Clara, sur mon canapé, le même moleskine rouge qu'elle sur les genoux.

Le film est assurément long.
Trop long parfois, comme le discours que déclame le mari de Clara devant toute la famille réunie pour l'anniversaire de la tante Lucia.
Trop long et en même temps, quand le noir se fait pour de bon, on se sent presque abandonné – déjà ?

Clara n'est pourtant pas très sympathique, le rythme est particulier, la temporalité incertaine (c'est toujours la saison de se baigner à Boa Viagem, on fait allusion à un voyage de Clara dont on n'a pas connaissance).

Alors peut-être que c'est la musique qui nous happe – une part plus qu'importante de la vie de Clara.

Sûrement son charisme, aussi. Son port de reine avec son chignon haut perché, son visage, son être impressionnants.

Et aussi parce que c'est rare, un portrait si fin d'une femme dans sa soixantaine. Une femme qui ne renonce pas au plaisir physique, qu'il s'agisse d'un bon verre de vin ou d'un mégot illicite ; une femme qui assume ses désirs et ne renonce pas aux hommes ; une femme qui peut s'amuser comme une gamine avec sa bande ou danser toute seule chez elle. 

Ça existe certainement depuis longtemps, depuis toujours, mais c'est plutôt rare sur nos écrans.

Aquarius
Published by leshumeursdeviolette - dans Vu
commenter cet article
21 septembre 2016 3 21 /09 /septembre /2016 13:11

Marchant sur de vieux tapis fanés, ces dandys-marquis des siècles derniers et de notre ère, aux superpositions étudiées (manches ultra-longues, rayures sur coton, précieux jacquards, velours aux teintes écrasées), ont l'indolence excentrique. De jeunes héros égoïstes, insolents, qui noient leur torpeur dans les substances illicites.

Décadence 70's, romantisme XIXème, jabots et poignets à volants pur XVIIIème, les époques se rencontrent et s'accouplent pour donner naissance à ces hommes hybrides, un peu Mick Jagger, un peu Casanova, un peu Plantagenêt.

Burberry, September Collection
Published by leshumeursdeviolette - dans Histoires de chiffons
commenter cet article
20 septembre 2016 2 20 /09 /septembre /2016 14:16

Une manière de relever le col de sa chemise, d'un seul côté seulement, de la boutonner à la naissance de la poitrine, de la basculer sur le côté pour mieux révéler la ligne de l'épaule, une clavicule saillante, et déséquilibrer la rigueur d'une popeline au rayé tranchant.

Une manière de porter le pull marin, comme enfilé à la va-vite, d'en retrousser les manches comme pour aller plonger les bras dans le sable, dans les herbes, et laisser le col ouvert sur la chemise austère.

Une manière de se débrailler prétendument sage, une sensualité faussement désincarnée qui sent la lande anglaise, la fin des terres devant la mer, le gris des nuages dans le ciel.

Margaret Howell, Printemps-Eté 2017
Published by leshumeursdeviolette - dans Histoires de chiffons
commenter cet article
14 septembre 2016 3 14 /09 /septembre /2016 11:45

La première silhouette se fait l'annonciatrice: graphique, épurée, acérée.

Tout ce qui, pour moi, est caractéristique de Proenza Schouler, se verra sublimé dans cette collection.

L'aplomb des pièces, les matières texturées, les jeux de maille presque techniques, les couleurs qui claquent, la singularité des volumes, les associations graphiques, les proportions électriques... Tout ce qui constitue l'essence même de la marque est là, tout ce qui me rebutait parfois dans les collections précédentes (des coupes trop étranges, des contrastes trop durs) est ici magnifié, aiguisé, repoussé dans les retranchements d'un extrême raffinement.

On pourrait croire à un assagissement raisonnable et tempéré - on aurait tort.
Âge d'or en vue chez Proenza Schouler, pour le prochain été.

Proenza Schouler, Printemps-Eté 2017
Published by leshumeursdeviolette - dans Histoires de chiffons
commenter cet article
8 mars 2016 2 08 /03 /mars /2016 12:24

Afficher l'image d'origine

 

C'est un livre sur lequel j'ai bien du mal à poser des mots.

Pour décor, les highlands écossais, la Nouvelle-Zélande, la Nouvelle-Ecosse, l'Australie, et le souvenir de Londres, des navires où les cales puent la peur et l'entassement, des églises austères où le moindre petit ruban a valeur de péché originel, des terres hostiles, aux hivers trop rigoureux ou aux températures trop chaudes, des rivières et des arbres meurtriers, des maisons d'où l'on voit la mer.

Une femme, Isabella, un peu trop originale pour une époque où on avait vite fait de qualifier de "sorcière" un esprit libre.

Sa petite-fille, Maria, ou la sorcière de Waïpu, qui, elle aussi, refuse de se soumettre, et le paiera de sa liberté.

Une épopée, celle d'un peuple chrétien qui se soumet au charisme et à l'autorité d'un prédicateur et qui va endurer les traversées en mer, les terres à défricher et les châtiments d'un Dieu auquel ils se doivent de croire sans condition sous réserve de se faire exclure de la communeauté.

 

 

Une atmosphère à la Jane Campion, et des personnages complexes qu'il est difficile de comprendre au départ.

Et pourtant on est peu à peu envoûté par ces "sorcières", par ce périple mystique, par cette spiritualité omniprésente, par ce poids de la fatalité qui voit le passé faire écho au présent.

Un roman âpre sur la résilience de l'âme, sur la résistance comme sur les faiblesses humaines.
Un livre de secrets.

Published by leshumeursdeviolette - dans Lu
commenter cet article
1 mars 2016 2 01 /03 /mars /2016 15:06

Afficher l'image d'origine

 

J'avais envie d'aimer ce film.

A cause d'Anders Danielsen Lie, et de sa grâce qu'il promène de film en film.
A cause du souvenir de Memory Lane.
A cause des promesses contenues dans tout cela.

Je n'ai pas réussi à m'émouvoir, je n'ai pas réussi à m'intéresser vraiment à ces jeunes trentaires trop étudiés, peut-être, sans doute, parce qu'ils me ressemblent trop?
J'ai compris Lawrence, j'ai compris les parents, mais Zoé m'est restée totalement opaque.
Ce qui aurait dû me toucher m'a laissée de marbre, voire même agacée par moments.

Dommage.

 

Published by leshumeursdeviolette - dans Vu
commenter cet article
17 février 2016 3 17 /02 /février /2016 16:53

Illustration by René Gruau, Brigitte Bardot with a red hat.:
René Gruau

 

Ce chapeau, je l'ai posé négligemment sur mon mannequin. La tête penchée et de travers, un peu comme si je l'y lançais là tous les soirs depuis l'entrée.
Comme si j'ouvrais la porte d'un coup de talon, comme si j'entrais triompheusement, suintant la poussière et le feu, l'odeur métallique du sang et la fatigue des chevaux.
Comme si mes bottes claquaient sur le plancher, et que le whisky coulait tout seul à ma seule apparition.

C'est un chapeau à prix modeste - je l'ai même acheté soldé -, mais il est fait en Italie! Quand j'y pense j'oublie le whisky, le désert, c'est le Campo dei Fiori que je préfère.

Ce chapeau, il m'a fait un mal de chien. Au cou, aux trapèzes, et même jusqu'aux nerfs optiques! C'est qu'il me force à regarder loin devant.

Ce chapeau, je l'ai voulu, puis je l'ai eu, je l'ai porté, au sommet de ma tête, du bout des doigts et sur la pointe des pieds, mais je ne l'ai pas encore usé.

Published by leshumeursdeviolette - dans Histoires de chiffons
commenter cet article

LeshumeursdeViolette sur Twitter

LeshumeursdeViolette sur Instagram

Instagram

LeshumeursdeViolette sur Pinterest

LeshumeursdeViolette sur Hellocoton

Suivez-moi sur Hellocoton