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28 juin 2015 7 28 /06 /juin /2015 20:04

 

Retrouvailles avec cet auteur que j'aime tant, dans l'euphorie du souvenir de Corniche Kennedy.

Réparer les vivants, un titre fort qui me faisait envie depuis sa sortie, un titre qui s'étale en quatre par trois dans les couloirs du métro, le roman aux dix prix...

Je retrouve l'écriture familière de Maylis de Kerangal, mais je sens au bout de quelques pages que ça ne fonctionne pas cette fois-ci. J'ai comme l'impression que l'écrivain s'est pris à son propre piège, à ses propres travers, je me sens un peu lasse de ce récit que je viens de commencer, et j'ai du mal à m'avouer ma déception.
Peut-être est-ce le trop grand nombre de personnages, évocation d'un film choral, oui c'est peut-être ça le problème, tout dans ce roman appelle le cinéma, et le propos est un peu trop lacrymal pour moi.

Heureusement Maylis de Kerengal a du génie, c'est un auteur de son temps, son écriture est moderne et juste, qu'elle donne la parole à des jeunes adolescents comme à des moins jeunes. Elle sait donner vie à ses personnages en trois mots, le passé, le présent, tout est palpable, tout est vivant.

Et rien que pour être emportée par des passages comme celui-ci, je suis heureuse de m'être accrochée.

"à force d'avoir vingt-trois ans elle en avait vingt-huit, à force d'en avoir vingt-huit, elle en a trente et un, le temps cavale tandis qu'elle jette sur son existence un regard froid, un regard qui dézingue l'un après l'aurre les différents secteurs de sa vie - studio humide où prolifèrent les cafards et le cresson de la moisissure sur le joint du carrelage, emprunt bancaire suceur de superflu, amitiés à la vie à la mort reconfigurées en périphérie des familles nouvellement créées, polarisées sur des berceaux qui la laissent de marbre, journées saturées de stress et soirées de nanas sur la touche mais épilées nickel, [...] sinon de rares épisodes sexuels sur des matelas merdiques, contre la suie graisseuse d'une porte de parking, des types souvent gauches, pressés, radins, finalement peu aimants, l'écoll en quantité nécessaire pour lustrer le tout, voilà"

 

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Published by leshumeursdeviolette - dans Lu
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commentaires

Laurence (Lolotte) 21/07/2015 14:52

Ah, celui là aussi je l'ai lu et il me hante encore, c'est certainement un des plus beaux livres lu depuis longtemps !

MissG 30/06/2015 21:33

Tiens, on est presque synchro dans nos lectures ! Je l'ai lu en juin mais pas encore chroniqué, j'ai beaucoup aimé ce livre et j'ai retrouvé avec plaisir la plume de Maylis de Kerangal.

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