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17 août 2015 1 17 /08 /août /2015 18:05

 

Je n'avais jamais entendu parler de Nadia Comaneci.

Pour moi, la gymnastique se résumait à un dessin animé japonais de mon enfance peuplé de sylphides aux longs rubans et à la torture des cours de gym du mercredi matin au collège.

Au bout des trois premières pages de La petite communiste qui ne souriait jamais, je me suis jetée sur internet.
Recherche: Nadia, Montreal, 1976.
Au sol, à la poutre, aux barres asymétriques, je regarde tout.
Je regarde tout à nouveau.
Les barres asymétriques surtout me fascinent. La rapidité à laquelle ce corps minuscule vient fracasser ses hanches contre la barre la plus basse, ces bras qui s'enroulent autour des barres, je reste interdite, le souffle coupé bien que je connaisse l'issue, bien que je sache qu'elle ne se brisera pas le cou; je comprends mieux le choc que fut cette petite Roumaine de quatorze ans.

Impossible alors de lâcher ce roman hybride, entre imagination, reconstitution et conversations avec la principale intéressée.
Au-delà de l'itinéraire hors normes d'une enfant si douée, Lola Lafon questionne l'est et l'ouest, donnant vie à la Roumanie de Ceaucescu que je ne connais pas, nous questionnant sur les "vertus" de notre système capitaliste, sur la normalité de l'existence du commun des mortels ("de plus en plus souvent je suis reléguée à ma place "normale", cet espace où elle [Nadia] m'expédie comme on montre à un bambin pénible sa chambre pour qu'il y disparaisse"), mais aussi sur la féminité, à travers le parcours de cette jeune gymnaste que tout le monde fait sienne, celle que l'on ne veut pas voir grandir, celle dont on finit par se détourner parce qu'elle devient femme.

Un roman captivant et poignant, qui ne cède ni au manichéisme facile ni à la fascination complaisante, et qui donne envie de se plonger das les autres écrits de Lola Lafon.

 

"Nadia plonge, sa jambe en arabesque derrière elle, un long soupir tracé au pinceau. Puis, son pied droit pointé devant, elle se détourne des mortes, des battues, tous ces sanglots de filles fracturées, et posément aligne - flic flac - les cartes de mauvais sort retournées, vaincues, une fois de plus, elle les salue, ils sont debout, follement aimants, bouleversés d'avoir goûté à l'odeur terrible d'un mauvais sort repoussé."

 

 

Edit: en prêtant ce livre on m'a rappelé que la préface précisait que tout ce qui suivait était pure fiction, ce qui inclut les échanges entre Nadia et l'auteur, ce que j'avais totalement oublié...

 

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Published by leshumeursdeviolette - dans Lu
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commentaires

Lili Galipette 18/08/2015 17:23

J'ai beaucoup aimé "Nous sommes les oiseaux de la tempête qui s'annonce" de cette auteure.
Pas encore osé me frotter à ce texte.
Mais tu livres un superbe avis !

Lili Galipette 18/08/2015 17:48

Ben... euh... tu fais toujours de très bonnes critiques des livres que tu lis !

leshumeursdeviolette 18/08/2015 17:46

Tu sais que venant de ta part c'est un IMMENSE compliment? ;)

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