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Les humeurs de Violette

Les humeurs de Violette

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Lettre ouverte

Lettre ouverte

A toi la morue, toi la raclure, toi la rognure, oui, lettre ouverte à toi l'enflure qui a eu l'audace, qui n'a pas hésité, qui a osé voler mon parapluie chez le coiffeur.

Oh je la sentais, celle-là!
Quand je suis entrée et que j'ai vu ton parapluie à toi, proprement plié, sagement posé dans un coin, quand j'ai vu que ton parapluie à toi était le frère du mien je me suis dit que ça sentait le roussi. J'ai eu beau, pour qu'aucune confusion ne soit possible, laisser le mien avachi, foutraque, frère brouillon du tien si lissé, si poli, rien n'y a fait!

Quand je t'ai vu sortir du salon avec MON parapluie, parapluie dont je me félicitais encore deux minutes auparavant, passant sous les trombes divines telle une reine (une reine testant les joies de l'aquaplaning dans les chaussures, certes, mais une reine tout de même), mon sang n'a fait qu'un tour.

Je le savais je le savais je le savais.
Mais je ne pouvais pas te poursuivre dans la rue, t'invectiver, te maudire toi et tes descendants jusqu'à la septième génération...
Je n'ai pu que prier pour que ton brushing soit ruiné par l'humidité ambiante. Que ta couleur file dans le caniveau. Que tes pieds glissent malencontreusement sur les pavés huilés de pluie.
Tu as peut-être cru que mon parapluie ferait de toi une reine, mais tout le monde ne peut pas être reine, et un simple attribut, aussi efficace soit-il, ne fait pas le pouvoir.

Alors pour conclure, chère inconnue, ne te fais aucune illusion. Tu m'as peut-être laissé un parapluie puant, cassé, corné, égratigné, mais la reine, c'est toujours moi.
Et regarde bien derrière toi, car si je recroise ta face brushée, lissée, méchée, je t'empaille.

 

Bad Ideas