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14 décembre 2015 1 14 /12 /décembre /2015 15:20

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Pourquoi ai-je décidé de le lire cette semaine, plutôt que Pot-Bouille qui attendait lui aussi dans la pile?
Pourquoi lire déjà un autre roman de Sorj Chalandon alors que j'avais encore Mon traître à l'esprit?

L'appel d'Antigone sans doute.
Antigone, celle d'Anouilh, que ma sœur m'a offert il y a plus de quinze ans, que j'avais dévoré et aimé sans trop savoir pourquoi.
Antigone, que j'ai eu la chance de voir l'année dernière à la Comédie Française, pour ma première fois dans ce lieu mythique.

Du Liban je ne sais rien. De cette guerre qui battait son plein alors que je n'étais qu'un bébé, je ne connais rien. Juste une expression, celle qui désigne une pièce où le désordre règne en maître: "Oh la la, c'est Beyrouth ici".
Du Liban je ne savais rien, jusqu'à cette lecture électrique: Le jour où Nina Simone a cessé de chanter de Darina Al-Joundi, que j'ai pu voir sur scène - drôle de coïncidence pour quelqu'un qui va assez peu au théâtre. Ce livre, que j'ai souvent offert, sa force de vie, sa rage de vaincre, je ne les ai pas oubliés depuis.
Et aujourd'hui, Le quatrième mur. Je crois que les temps qui courent m'ont donné soif de cette force, de cette rage, alors j'ai tout mélangé dans mon esprit, Antigone, Anouilh, Paris, Darina, et j'ai commencé ma lecture.

Au début j'ai eu peur; trop de points entraient en résonance avec Mon traître, je voyais en Sam le spectre de Tyrone, une nouvelle figure d'ami/mentor/frère/père, et en Georges un jeune idéaliste se frottant à un conflit qui n'est pas le sien, un Antoine oriental.
Et puis assez vite, le récit a basculé, l'Irlande s'est effacée et a permis aux personnages de s'incarner pleinement.
Et au tourbillon du théâtre, de la vie, de la guerre, de souffler sur le récit.

Aussi captivante une lecture soit-elle, si elle soulève des interrogations, si elle retourne des pans de mon esprit, il est rare qu'elle me procure des émotions brutes et fortes comme je peux en avoir au cinema. Le quatrième mur m'a emportée comme rarement un livre l'a fait, dans ce Beyrouth à feu et à sang, criblé de snipers et de cadavres. J'ai mordu la poussière avec Georges, j'ai rencontré Marwan, Charbel, Imane et Nawad. J'ai mélangé mes laissez-passer, j'ai été maladroite, j'ai cru que je comprenais.

Et quand pour Georges tout a été fini, une envie d'Anouilh, de théâtre, et de vie.

 

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Published by leshumeursdeviolette - dans Lu
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