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25 octobre 2016 2 25 /10 /octobre /2016 10:04

 

Un journal tenu par deux sœurs pendant la drôle de guerre, l'exode et surtout l'Occupation.

Un journal tenu par deux filles si différentes qui se découvrent peu à peu femmes, un apprentissage qui prend une couleur particulière avec un contexte si noir en toile de fond. Et pourtant, si noir qu'il soit, c'est un journal plein d'états d'âme, d'interrogations sentimentales et personnelles, d'un souci de l'avenir et de réflexions qui sonnent encore juste aujourd'hui, preuve d'une modernité aiguë.
Preuve en est cette perception si mature et lucide d'une Benoîte de même pas vingt ans quant au sort des femmes: « Voilà encore un problème, un drame auquel l'homme échappe. Pour lui le vieillissement n'est pas un handicap et le démon de midi n'est qu'un bon diable auquel il peut obéir sans déchoir. […] Myriam, elle, sera bientôt une vieille peau, et ce terme n'a pas de masculin. […] Aux yeux des hommes, passé 50 ans – et je suis large –, une femme n'est plus qu'une mémée. »

C'est un journal touchant dans sa proximité qui nous fait nous interroger nous aussi sur les relations que nous entretenons avec nos sœurs, nos mères. Les chamailleries et autres disputes, les incompréhensions, les réconciliations, frappent par leur vérité. Bien sûr, Flora et Benoîte sont issues d'un milieu privilégié, mais qu'importe, ce n'est pas la question.

Leurs questionnements de filles, de jeune filles, puis de jeunes femmes sont terriblement modernes parce que toujours pertinents soixante-dix ans après. 

« J'aime bêtement et de plus en plus la nature, avec un grand N. C'est là qu'on connaît des minutes de parfait bonheur. Non pas que je découvre la réponse aux questions qui me trouble, mais parce que, brusquement, elle cesse de se poser. L'ambition, la réussite sociale, cesse d'avoir un sens, de paraître primordiales. Le présent plie tout le champ de l'existence et c'est dans ce cas seulement qu'on peut vivre sans arrière-pensée . »

« Je finirai bien un jour par savoir qui je suis. »

« Comme il est bon, une fois en passant, de ne pas voir plus loin que le bout de ses lèvres… »

Bien évidemment, la question du mariage ne se pose plus de cette façon aujourd'hui, mais la réflexion sur la place des femmes, l'avortement que subit Benoîte (surtout à notre époque où on a l'impression de revenir en arrière à ce sujet), la sexualité libérée elle aussi par les alliés… Autant d'éléments inspirants et annonciateurs du parcours féministe de Benoîte.
Et autant de piqûres de rappel pour ne rien lâcher.

 

Journal à quatre mains

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Published by leshumeursdeviolette - dans Lu
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