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Les humeurs de Violette

Les humeurs de Violette

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Un beau début

Un beau début

 

Tout commence par une photo épinglée sur le mur d'une cellule des Baumettes, ou plutôt par la soigneuse description de cette photo extraite du magazine de charme Dreamgirls, Octobre 82.

De fil en aiguille, ou plutôt de marabout en bout de ficelle, c'est la généalogie de la fille de la photo que va dérouler Eric Laurrent sur deux cents pages ou presque. L'histoire de son grand-père, le portrait de son père, les errances de sa mère, son enfance puis son adolescence... jusqu'à ce jour de 82 où la rédaction de Dreamgirls la rappelle.

Les personnages que dépeint Eric Laurrent sont instantanément vivants, chacun avec son langage, son costume, ses "valeurs" - on les toucherait presque!
Si aucun n'est vraiment sympathique, tous nous interpellent, nous dérangent.

On ne connaîtra pas la vie de Nicky Soxy - en dehors de quelques allusions çà et là, des citations d'interviews ou des témoignages de policiers suite à la découverte de son corps. Libre à nous de la fantasmer, toutes les clés sont dans nos mains; sa psyché comme son corps nous ont été livrés.

Derrière Nicky Soxy et en petites touches, le paysage d'une certaine France.
Une France des étroites années 60, d'avant le planning familial, la pilule et le droit à l'IVG, une France où la religion est plus que présente dans les vies et les esprits, puis, à travers Suzy, les années psychédéliques, et enfin un fameux soir de Mai 81.

Si au départ les personnages et le style d'Eric Laurrent m'ont pleinement embarquée, je me suis essoufflée dans la seconde moitié. Trop de longues phrases dont les subordonnées me perdaient, trop de mots inconnus, que j'ai aimé découvrir mais dont l'emploi m'a paru un peu vain et surtout fat (dans le désordre: ductile, orogénique, apophtegme, pulvérulent et le joli éphélide). Et ces descriptions qui me plaisaient tant ont fini par me lasser, tant l'auteur y recourrait de manière trop systématique.

Dommage, mais cela n'empêche pas Nicky Soxy de faire claquer les talons de ses mules dans mon cerveau.