Overblog Suivre ce blog
Editer l'article Administration Créer mon blog
Les humeurs de Violette

Les humeurs de Violette

Menu
Je danserai si je veux

Je danserai si je veux

Layla, Salma, des filles comme vous et moi; piercings et maquillage, cigarettes et bières le soir; des filles qu'on imagine libres, à première vue – et surtout vu d'ici.
A première vue à l'opposé de Nour, studieuse, voilée et fiancée.
A première vue, car
le personnage de Nour nous surprend dès le début, loin de se réduire au préjugé facile de "fille voilée/étudiante/coincée" (que partagent aussi au départ Layla et Salma), et est par là emblématique de l'une des intentions de Maysaloun Hamoud: se jouer de nos fameux a priori, donc, pour mieux les envoyer valser.

Layla, Salma, Nour ; trois personnages différents et subtils, nuancés, qui se verront rappeler, chacune à leur tour, leur condition de femme qui se doit de se soumettre aux diktats sociétaux/parentaux/conjugaux (je vous indiquerais volontiers de rayer la mention inutile mais la plupart du temps les trois vont de pair).

Trois voix qui s'élèvent, chacune à leur manière, et qui se soutiennent face à ces parents, amant, fiancé, face à ces autres qui voudraient qu'elles arrêtent de fumer, de boire, qu'elles cessent de s'habiller trop court, trop moulant, de sortir, de vivre ainsi, tous ces autres qui voudraient qu'elles acceptent cette vie qu'on leur impose et surtout, surtout, qu'elles ne fassent pas trop de bruit.

Je danserai si je veux, un titre si beau, si impertinent, si justement interprété par ses trois actrices principales. On pense à Much Loved évidemment, à cause de la langue arabe, mais surtout à cause de cette solidarité qui les unit, cette sororité dont on parle beaucoup en ce moment mais qui me semble de plus en plus essentielle et qui est magnifiquement incarnée ici.