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Les humeurs de Violette

Les humeurs de Violette

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A single man

A single man

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Encore un film que j'avais raté au cinéma (décidément).

Et c'est dommage, parce qu'après l'avoir découvert au cinéma, je me dis que sur un grand écran ça devait être bien.

 

Je n'ai jamais été une grande fan de Tom Ford (rien que de penser aux collections qu'il avait dessinées pour YSL , j'en ai des frissons...) (et c'est sans compter le porno-chic gucciesque) (même si en même temps je ne peux nier ni son flair ni son talent).

Et j'avoue, encore aujourd'hui, avoir du mal à le trouver crédible, même quand il parle de son film. Est-ce dû à son physique de golden boy, son bronzage caramel et ses chemises (trop) ouvertes?

 

Pourtant, il a bel et bien réalisé ce film.

A ma plus grande joie.

 

Alors oui, les mauvais esprits pourront toujours dire qu'il s'agit d'un film purement esthétique, que certains acteurs ressemblent trop à des top-models pour être honnêtes, que tout est trop beau et soigné (les décors, les costumes), que certains effets sont de trop (flash-backs, ralentis pouvant paraître trop maniérés).

Qu'il s'agit au fond d'un joli film, comme on parle d'un bel objet, agréable à regarder mais sans véritable intérêt.

 

Je pense que ceux-là se trompent.

 

Moi aussi j'ai eu peur au début, tout était terriblement chic et parfait: les costumes, les décors, les accessoires, certaines image semblaient directement sorties d'une série mode, et certains jeunes garçons (un poil trop jolis pour êtres de bons acteurs, les vieux clichés ayant la dent dure) issus de Têtu (genre le best-of des gays les plus sexy de l'été).

 

Mais résumer le film ainsi ne serait pas lui rendre justice.

Car la magie opère à notre insu, et on se surprend à être pris au piège de ses émotions, grâce aux excellentes interprétations de Colin Firth et Julianne Moore.

Colin Firth, de tous les plans ou presque, dont le visage peut tout exprimer en moins d'une minute, sans même qu'il bouge. J'ai vraiment été bluffée par son jeu dans ce film, tout se lit dans ses yeux, c'est assez incroyable. Sans parler des subtuiles inflexions de sa voix... Il a raflé pour ce rôle le prix d'interprétation à Venise, le moins qu'on puisse dire est qu'il ne l'a pas volé.

Julianne Moore est parfaite, comme d'habitude. Le personnage de Charley, meilleure amie de George et femme sixties désespérée (mari et enfant partis, gin et nicotine à volonté), prend vie dès le premier plan où elle apparaît. Cette actrice fait vraiment partie des meilleures (je suis capable d'aller voir n'importe quel film si elle en est). En plus la choucroute et l'eye-liner sixties lui siéent à merveille.

Le Los Angeles des années 60 est parfait - ah, Los Angeles... c'est fou ce que cette ville dégage de fantasmes et de rêves. Plus le temps passe, et plus je la trouve fascinante - et glaçant (les schémas sociaux, la guerre froide, l'homophobie...).

Et la BO envoûtante; je suis d'ailleurs en train de l'écouter en boucle...

 

Alors oui, c'est vrai, il y a beaucoup de coquetteries visuelles, et ça peut éventuellement en gêner quelques uns. Mais pour moi ces effets ne sont pas vains, et contribuent à la senusalité et à la sensibilité du film (ah, le plan où Julianne se met de l'eye-liner en écoutante Gainsbourg...).

Les flash-backs ne sombrent jamais dans le pathos, les jolis garçons sont plus profonds qu'ils n'en ont l'air, et la problématique est finalement universelle.

Le passé, le présent, le futur, comment se débrouiller avec tout ça...

 

Définitivement bien plus qu'un joli film.

 

 

 

Et en bonus le plus beau des jolis garçons du film:

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(comme quoi, quarante ans plus tard, une jolie banane, un tee-shirt blanc et un jean noir plutôt moulant font toujours leur petit effet...)

(j'ai toujours adoré les bananes)

(dans Grease, j'ai toujours préféré Kenickie parce qu'il avait une grande banane)

(bref)