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22 mars 2015 7 22 /03 /mars /2015 20:25

corniche_kennedy.jpg

 

C'est l'été et j'habite encore dans le sud. Je dois avoir dix-sept ou dix-huit ans, dans tous les cas moins de vingt.
C'est l'été, ma mère travaille, mon père et moi sommes en vacances, nous écoutons la radio. Tous les jours à la même heure, une chronique sur un roman ayant un lien avec l'été.
C'est l'été, nous sommes en voiture et dans le poste on évoque Corniche Kennedy.
Je ne suis pas une grande lectrice à cette époque, plus préoccupée par le roman de ma propre vie où je m'emmêle, l'été à la caisse du supermarché, l'été à la plage, l'été en boîte de nuit... 

C'est la fin de l'hiver et je suis à Marseille.
Depuis quelques temps je ne déserte plus ce sud que j'ai fui en m'installant à la capitale, bien loin du Mistral et des cigales.
Je suis à Marseille, je me réconcilie avec cette ville que j'ai longtemps détestée, et à la librairie je ne choisis que des lectures y ayant trait, toute à ma joie des retrouvailles.
Marseille année 40 de Mary Jayne Gold d'abord, Corniche Kennedy ensuite.

J'ai un peu peur de cette lecture, j'ai beau me rappeler le trajet en voiture, j'ai tellement aimé Naissance d'un pont que j'ai peur d'être déçue.

Mais comment aurais-je pu être déçue par cette écriture que j'aime tant?
Cette prose qui m'a tenue en haleine pendant quatre trajets de métro, qui m'a embarquée sous le soleil de Marseille alors que j'étais six pieds sous terre, cette langue moderne et juste, colorée et odorante, sensuelle, qui donnerait presque le tournis.
Maylis de Kerangal sait comme personne donner une âme à ses personnages qui prennent vie dès la première phrase. Chez d'autres cela sonnerait faux, cela paraîtrait grotesque, chez elle tout est évidence. De Sylvestre Opéra à Eddy, en passant par Tania et Mario, tous nous sont à la fois familiers et inédits.
Et une histoire somme toute plutôt banale (des jeunes désoeuvrés, la traite des blanches sur la Côte d'Azur, un flic usé) s'envole dans des eaux lyriques, sous le ciel plombant d'une cité qui s'asphyxie au soleil.

 

 

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Published by leshumeursdeviolette - dans Lu
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