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Les humeurs de Violette
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Dans la ville des veuves intrépides

Dans la ville des veuves intrépides

photo-copie-10.JPGLe 15 Novembre 1992, les hommes disparaissent de la ville de Mariquita: forcés de suivre les guerilleros ou abattus sur place, les femmes se retrouvent seules. C'est alors que vont commencer leurs trépidantes aventures...

J'ai d'abord vraiment accroché avec ce récit, alternance d'épisodes de la vie des veuves et interviews de guerilleros/paramilitaires/membres de l'armée colombienne par le reporter Gordon Smith, bien qu'au départ un peu déroutée par la non-linéarité du récit. Fantaisies extraordinaires et colorées, baroques et grandguignolesques, à l'exotisme séducteur, ces fables ont tout de même fini par me lasser à la moitié du roman, plus précisément avec l'épisode de la Campagne de Procréation, prétexte permettant au padre Rafael de laisser libre cours à sa lubricité.

Cette fois-ci, c'en était trop. Trop de burlesque tragicomique à mon goût, je commençais à percevoir les limites de ce récit, et la poursuite de ma lecture confirma mes craintes. A partir de cet épisode, les histoires devinrent si fantaisistes que je n'y accrochais plus du tout, m'énervant même parfois face au délire de certaines situations (les femmes décidant peu à peu de ne plus se vêtir). Il m'a semblé que James Canon ne savait plus comment exploiter son idée de départ, et se fourvoyait dans ces péripéties inutiles. Un texte plus court aurait été beaucoup plus fort.

D'autant plus que certaines pistes sont traitées un peu trop superficiellement. J'aurais par exemple aimé en savoir davantage sur ces guerres intestines qui ravagent le pays de ces femmes depuis des années. Les divers témoignages recueillis par Gordon Smith sont très intéressants (j'imagine qu'ils sont documentés), comme le personnage de Cleotilde, mais cet aspect aurait à mon sens mérité plus ample développement.

La fin m'a également déçue. Je l'appréhendais depuis le début, et mes craintes étaient fondées... Je n'en dirais pas plus pour ceux qui auraient envie de découvrir ce livre.

Il n'empêche que ces femmes hautes en couleurs m'ont malgré tout embarquée dans leur village perdu de Colombie, et certains personnages m'ont vraiment touchée, notamment celui de Julia, travesti fascinant, qui a finalement le courage d'ouvrir son propre chemin.