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Les humeurs de Violette

Les humeurs de Violette

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Deux

Deux

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Je n'aurais jamais cru qu'il soit possible d'adapter Irène Némirovsky à l'écran.
Comment incarner sa plume si intelligente et fine, son regard sans concession aucune sur la nature humaine sans les trahir?

Et pourtant.
Dès la première scène, j'ai compris qu'Anne Villacèque avait réussi là où je pensais que c'était impossible. Tout y était. Les décors, l'atmosphère, jusqu'aux physiques des personnages, tout me semblait juste et incarné à la fois.
Ayant lu le roman il y a quelques années, j'anticipais parfois le déroulement de l'action (les éternels problèmes des hommes en proie à leurs contradictions, leurs passions, le récit d'un amour désabusé, le passage à l'âge adulte, autant de thèmes qui ne vieillissent pas), j'essayais de me rappeler mes impressions de lecture, sans que cela gâche pour autant mon plaisir.

La mise en scène est subtile et concise, les dialogues à la fois fidèles au texte et modernes, l'interprétation des acteurs impressionnante - en premier Lola Créton, dont la ressemblance avec l'écrivain est frappante, si juste en Marianne amoureuse, délaissée, déphasée mais pas dupe; Christa Théret, dont la transformation entre la première et la dernière scène est impressionnante; une mention spéciale à la belle Rebecca Marder qui m'a ensorcelée ; les héros masculins m'ont semblé un peu moins incarnés, bien que la désinvolture de Bastien Bouillon siée à merveille à Antoine.

Ajoutez à cela un formidable travail de costumes (les robes parfaites de Marianne, le foulard dans les cheveux de sa mère, le manteau fuschia d'Evelyne...), de décors (la maison des parents, l'usine, l'appartement de l'île St Louis, tout est parfait), de couleurs aussi (l'appartement de Marianne et Antoine évoque des natures mortes, les tonalités sont si belles, le bleu d'un vase aux fleurs peintes répond au carmin sourd des murs; le manteau fuschia d'Evelyne sous la pluie grise...).

Un bijou qui existe par lui-même, au-delà de l'adaptation d'une oeuvre littéraire inégalable.