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Les humeurs de Violette

Les humeurs de Violette

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Et pourtant...

Et pourtant...


... ça commençait bien. Les années 40, l'ambiance mi-gothique mi-polar,
le héros torturé (pas trop de suspense de ce côté-là, mais bon c'est un héros de film noir après tout)... dans mon fauteuil, je suis enthousiaste. La musique et les lumières aidant, je sens bientôt oppressée (bien joué, Martin), et commence à prier pour que Di Caprio ressorte vivant de cette île maléfique, j'ai un mauvais pressentiment...
Heureusement pour ma petite âme sensible, on ne le quitte pas d'une semelle: Leo interroge les patients, Leo interroge le personnel, Leo est hanté par son passé, Leo fait des cauchemars, Leo se douche (ça j'ai bien aimé, il est devenu vachement musclé depuis le Titanic), Leo se perd dans le cimetière, Leo escalade les rochers... Il est de tous les plans! En même temps ce n'est pas plus mal: sans prendre en compte les cinq minutes où j'ai admiré son torse et où je me suis demandée si ses tatouages étaient vrais ou pas, s'il n'avait pas été le héros ça aurait été quand même vachement moins bien. Parce qu'il est bon, vraiment bon, ça je ne peux le nier, et rien que le fait d'imaginer ce que ça aurait pu donner avec un acteur médiocre me donne des frissons...
Bref, le plus important, c'est que l'enquête de Leo progresse, et de rebondissement en rebondissement je crois qu'on se rapproche de la vérité. Grave erreur. Les aventures de Leo au pays des fous criminels durent deux heures et dix-sept minutes.
Et oui, c'est long.
Mais en même temps comment ai-je pu croire que tout aurait été plié en une heure et demie?
Donc bon voilà, les rebondissements commencent à me lasser (voire même à me gonfler, à la fin). Plus le film avance, plus les ficelles deviennent grossières. Parfois on frôle carrément le grotesque, ça devient presque embarassant: doit-on être subjugué par le bond sensationnel que l'enquête vient de faire ou doit-on en rire tellement c'est énorme?
Non mais franchement, le coup de l'arroseur arrosé, depuis Le sixième sens et Les autres, c'est devenu un classique! Ca m'agace.

... c'est de la belle ouvrage. Un film de genre parfaitement maîtrisé: décors et costumes soignés, belle photo, musique redoutablement efficace, tout est impeccable. Les acteurs sont excellents,
mention spéciale à Michelle Williams dont les apparitions sont trop rares à mon goût.

... j'y ai cru, à plusieurs reprises. Quelques scènes m'ont redonné espoir.
Les cauchemars du héros (qui m'ont fait penser à du Burton, allez savoir pourquoi), à la limite du ridicule parfois ("je tiens ma défunte épouse dans mes bras, quand elle se transforme en petit tas de cendres"), m'ont touchée sans que je me l'explique. J'ai même eu peur à certains moments!
Je me suis dit que je m'étais trompée, que je me fiais trop à mes premières impressions, que quand même c'était un Scorsese, que les critiques éaient bonnes... Mais non. Trop c'est trop. Trop grossier, trop lourd, trop long - deux heures et dix sept minutes tout de même!

Et pourtant, j'aurais aimé l'aimer ce film!

http://cine-serie-tv.portail.free.fr/actu-cine/23-07-2009/shutter-island-le-poster-ou-il-manque-du-monde/shutter_island_5.jpg

Mais non.