Overblog
Editer l'article Suivre ce blog Administration + Créer mon blog
Les humeurs de Violette
Les humeurs de Violette
Menu
Histoire du tableau

Histoire du tableau

fleutiaux.jpg

 

J'ai eu beaucoup de mal à me faire une opinion claire sur ce roman qui a pâti, je crois, de la lecture décousue que j'en ai faite. Commencé à la veille d'un long week-end, je l'ai abandonné pendant quatre jours, à cinquante pages à peine de la fin. A mon retour le dernier tiers m'a été plus difficile à lire alors que j'avais été happée par le début.

Pour commencer j'ai été réellement séduite par l'écriture de Pierrette Fleutiaux, précise et fine, juste et franche dans son analyse des sentiments violents qui nous étreignent parfois, et de plus en plus empirique au fil du roman.

En revanche le personnage principal me paraissait de prime abord opaque: son détachement par rapport aux choses matérielles, son indifférence face à l'art comme à la beauté, son mode de vie si simple étaient difficiles à comprendre pour moi, qui suis plutôt attachée aux jolies choses, garantes de mon bien-être si souvent, et leur accordant (trop?) rapidement une valeur sentimentale*. Son basculement, sa révolution, m'ont forcément intéressée, et j'ai été totalement embarquée dans ce récit si dérangeant.

Car si au départ l'éveil de la narratrice sonne comme une renaissance, voire même une naissance tout court, elle sombre rapidement dans ses oppressantes obsessions, jusqu'à perdre totalement pied, flirtant avec la folie. Autant les débuts de sa dérive m'ont captivée, la suite de ses péripéties m'a semblée un peu démesurée, peu vraisemblable. L'overdose de couleurs finales (une partie sur le vert, puis une sur le rouge, ainsi de suite) m'a un peu écoeurée mais surtout lassée: l'exercice de style tournait à vide

Ce récit m'a également semblé un peu daté. Sans que je parvienne à en identifier les raisons, il me paraissait vraiment l'empreinte d'une époque révolue. Peut-être parce qu'aujourd'hui le pouvoir de l'image est si fort qu'il est impossible de comprendre ce personnage presque aveugle finalement, insensible aux couleurs, à la beauté de ce qui l'entoure? Entre les réseaux sociaux, instagram, les blogs, nous sommes continuellement abreuvés d'images, et sommes tous devenus des photographes compulsifs de notre quotidien, traquant l'esthétique à chaque coin de rue.

Un avis un peu mitigé donc, mais qui m'a donné envie de découvrir les autres romans de Pierrette Fleutiaux.

 

 

* en CP je n'osais même pas me séparer de mes stylos bille usagés, il m'a fallu des années pour y arriver!