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27 septembre 2013 5 27 /09 /septembre /2013 06:37

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"C'était un été étrange et étouffant. L'été où ils ont électrocuté les Rosenberg. Je ne savais pas ce que je venais faire à New York."

Esther, jeune fille de dix-neuf ans, est lauréate d'un concours qui lui offre un mois de travail dans un magazine new-yorkais, ainsi que de nombreux cadeaux et sorties.

"J'étais censée être on ne peut plus heureuse."

J'ai collé aux pas d'Esther dès les premières pages, fascinée par ce personnage autant que par l'écriture de Sylvia Plath dont la sagacité m'impressionne.

Le malaise sous-jacent prend de plus en plus de place dans la vie d'Esther qui sombre dans la dépression à son retour de New York. S'enchaînent alors tentatives de suicide, progrès, rechutes à une époque (les années cinquante) où l'on soigne cette maladie à coup d'électrochocs - voire parfois par une lobotomie. On pense forcément à tous ces individus défaits d'eux-mêmes par ces traitements traumatisants, et à toutes ces femmes que l'on a envoyées en clinique car elles ne rentraient pas dans le moule étriqué de leur époque.

Cette deuxième partie est particulièrement éprouvante et en même temps passionnante car le personnage d'Esther, même si son regard déforme parfois la réalité, est une observatrice sans pareille de ses pairs et de son environnement, et la plume de Sylvia Plath m'a autant retournée qu'à la lecture d'Ariel.

Encore plus lorsque j'ai (re)découvert que les événements du roman sont directement inspirés de la vie de son auteur, qui avait fini par se donner la mort un mois après sa parution.

 

Je préfère garder en tête ces lignes pleines d'un espoir qui lui aura finalement fait défaut:

"J'ai respiré un grand coup et j'ai écouté le vieux battement de mon coeur.

Je vis, je vis, je vis."

 

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Published by leshumeursdeviolette - dans Lu
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commentaires

iloucat 27/09/2013 08:31

Comme LiliGalipette j'ai pensé à Janet Frame qui a failli être trépanée.Cette auteure NéoZélandaise mérite qu'on se penche sur ses écrits

leshumeursdeviolette 29/09/2013 22:15



Je note, je note... Merci!



ConLili Galipette 27/09/2013 07:56

J'ai beaucoup aimé ce texte. Et si tu es sensible à ce genre d'histoire, je te conseille les mémoires, les romans et la poésie de Janet Frame, auteure que l'on croyait folle et qui a été traitée à
coup d'électrochocs pendant des années avant qu'on découvre la véritable nature de sa maladie. Le film "An angel at my table", de Jane Campion, retrace superbement son histoire.

leshumeursdeviolette 29/09/2013 22:17



C'est ton article qui m'avait fait découvrir ce roman, tu m'avais d'ailleurs dit que tu avais bien pensé qu'il me plairait... Tu ne te trompais pas!


Je ne connais ni le film ni Janet Frame, mais je m'y mets tout de suite. Merci!



iloucat 27/09/2013 07:02

C'est un trés beau livre en effet sombre comme l'était Sylvia.Son mal être était en effet si tenace qu'elle a fini par se suicider.Elle a écrit des poémes magnifiques parfois hermétiques .J'aime
beaucoup Daddy" car la mort du pére de Sylvia a eu un effet retentissant sur le reste de sa vie.Le fils de Sylvia Plath s'est lui aussi donné la mort.

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