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22 août 2012 3 22 /08 /août /2012 07:30

la-ferme-africaine_couv.jpg

 

Dès les premières lignes j'ai su que ce livre allait me plaire.

"J'ai possédé une ferme en Afrique, au pied du Ngong."

 

Je n'ai pas vu le film de Sidney Pollack,

(!)

(je sais)

(je crois pourtant me rappeler que ma mère m'avait rapporté la VHS de la bibliothèque mais elle n'avait pas dû trouver grâce à mes yeux)

(je devais être dans ce bel âge âge où les Spice Girls et DiCaprio possèdent un attrait aussi irrépressible qu'irrationnel)

(sans commentaire)

(le mal sera bientôt réparé)

et étais donc libérée de toute influence ou presque, difficile tout de même de ne pas penser à Meryl Streep et Robert Redford.

 

Je m'attendais à une histoire d'amour mythique sur fond de savane et d'exotisme; il n'en fut rien.

Mais ce fut beaucoup mieux.

J'ai découvert un pays que je ne connaissais pas, histoires et des peuples inédits. 

 

Les différentes mentalités des peuples qui cohabitent ensemble: Kikuyus, Somalis, Indiens et colons anglais, belges et nordiques. La mentalité glaçante de certains ("Il faut enseigner aux indigènes à être honnêtes et à travailler. Rien de plus."). Les conflits d'intérêt entre les différentes missions chrétiennes.

Autant de péripéties humaines que l'auteure passe au crible, faisant preuve d'un regard plein d'acuité et de finesse.

 

Regard qui se fait plus sensuel lorsqu'elle évoque la nature.

Une nature dont la suprématie ne peut être remise en question, une nature reine, théâtre des scènes les plus cruelles comme des plus belles.

"Tout, dans cette nature, tendait vers la majesté, la liberté et la noblesse."

Les lions, les girafes et les zèbres; le ballet des grues et les troupeaux de buffles; les champs d'aubépines, les acacias, les ciels étoilés.

Les montagnes du Ngong et la vue sur le Kilimandjaro.

Les sécheresses impitoyables et les invasions de sauterelles dévastatrices, la pluie si attendue que c'est "comme de retrouver la mer après en avoir été longtemps privé, comme l'étreinte d'un amant."

Nous qui vivons sous des cieux plus gris et plus humides, qui piétinons l'asphalte chaque jour, comment ne pas succomber à cette nature si colorée, pleine, et si vivante que décrit Karen Blixen?

 

La narratrice ne s'épanche pas sur son mari ni sur son passé; elle est avant tout la maîtresse de sa ferme, celle que les Kikuyus appellent Msabu.

Une femme singulière, au destin hors normes qui m'a totalement séduite par sa sagacité, son intelligence et sa capacité à ne jamais renoncer.

Une femme riche d'amitiés particulières, qu'elle décrit si finement et avec justesse, comme ses relations avec ses animaux: ses chiens, Lullu l'antilope, son cheval... Rares sont ceux qui parviennent à décrire la relation à l'animal de manière aussi vraie, sans mièvrerie aucune.

Une femme dont l'attachement à la littérature ne pouvait me laisser insensible. Outre de nombreuses citations (que je n'ai pas toujours réussi à identifier), j'ai beaucoup aimé ces quelques lignes:

"Dans une colonie, les livres jouent un rôle tout autre qu'en Europe. Ils prennent seuls en charge un aspect entier de votre vie et, à cause de cela, et en fonction de leur qualité, on ressent à leur égard une gratitude ou un énervement plus intense que dans des pays civilisés. Les personnages de fiction sortent des livres, courent à côté de votre cheval à la ferme, ou marchent paisiblement dans les champs de maïs."

 

C'est à contrecoeur et maudissant le destin que j'ai moi aussi fait mes adieux à la ferme et aux Ngong Hills.

"Leurs contours furent lentement lissés et effacés par la distance."

 

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Published by leshumeursdeviolette - dans Lu
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commentaires

Eléonore 22/08/2012 14:15

Tu dois absolument lire sa correspondance, on y retrouve la même finesse et la même acuité face aux circonvolutions de l'âme humaine

leshumeursdeviolette 27/08/2012 12:50



Noted ;)



Lili Galipette 22/08/2012 08:43

Ce livre m'attend depuis looooongtemps sur mes étagères. J'ai dû voir le film 38 fois, au moins ! :)
Il est temps de combler mes lacunes...

leshumeursdeviolette 27/08/2012 12:49



Oh oui, tu vas te régaler! C'est vraiment un pur bonheur.



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