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Les humeurs de Violette

Les humeurs de Violette

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Laissez-moi

Laissez-moi

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Un texte aussi court qu'il est fort, dévoré en une soirée. Impossible en effet de l'abandonner une fois qu'on l'a commencé.

(il faut dire aussi que libérée de Texaco, je me sentais pousser des ailes)

Au travers d'une longue lettre qu'une femme n'enverra pas à son ancien amant, Marcelle Sauvageot décrit et décortique la mécanique de l'amour, ses illusions, ses méprises et ses paradoxes...

Cela aurait pu être ennuyeux, redondant, voire même poussif, et finalement c'est tout le contraire.

 

Au-delà de sa propre histoire, la narratrice se livre à de véritables réflexions sur l'amour, qui ne manqueront pas de trouver un écho chez le lecteur:

"Aimer, c'est pour l'un conquérir, pour l'autre, se soumettre... et tout le reste reçoit les noms vagues d'amitié, affection, dévouement...? Dois-je douter de l'amour ou de vous?"

 

L'écriture de Marcelle Sauvageot est juste et précise, d'une lucidité salvatrice, et caustique:

"Nous nous dirons nos projets au moment où ils se réaliseront, afin de vexer un peu l'autre et de ne pas subir sa commisération en cas d'échec; nous prétendrons être ce que nous croyons être et non pas ce que nous sommes; nous nous dirons beaucoup de "merci", "excusez-moi", des mots aimables que l'on dit sans penser. Nous serons des amis. Croyez-vous que ce soit nécessaire?"

 

Quel délice que ce passage où elle s'insurge contre les hommes qui s'éprennent de femmes indépendantes, et dont l' "instinct de domination" pousseront celles-ci vers la soumission, par peur du qu'en-dira-t-on et désir de conformité.

"Faut-il vraiment devenir ainsi et ne peut-on penser qu'avec les idées du mari? [...] je m'ennuie tellement avec toutes ces femmes qui parlent de leur mari!"

 

Loin de la sensiblerie, cette femme abandonnée conserve malgré son chagrin une force et une combattivité (alors qu'elle est en même temps très malade) qui vont s'accroître tout au long du récit.

Jusqu'aux dernières pages pleines de promesses.

 

La vie reprend ses droits.

"Danser, c'est le rythme de vie le plus heureux; danser quand on croyait ne plus le faire, c'est une victoire gagnée."