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Les humeurs de Violette

Les humeurs de Violette

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Le canapé rouge

Le canapé rouge

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J'ai commencé à lire dans le train ce roman qui commence lui aussi dans un train: le transsibérien, qui emmène Anne jusqu'à Irkoutsk, sur les bords du lac Baïkal et sur les traces de Gyl.

 

Je n'ai pas tellement envie d'en dire plus, par peur de déflorer ce beau récit de voyage et, surtout, de rencontres. Mais j'ai aimé voyager jusqu'en Sibérie avec Anne, j'ai aimé descendre l'escalier et m'asseoir sur le coin du canapé rouge de la vieille Clémence, j'ai aimé m'attacher à elles, m'y retrouver ou pas.

 

Comme Nuala, Michèle Lesbre m'a ouvert de nouveaux horizons (au sens propre comme au figuré), des envies de lectures (Milena Jesenska en première ligne), des envies de vie, de liberté, des forces, de l'espoir, une sorte d'apaisement.

J'ai une nouvelle fois corné beaucoup de pages, reconnaissante qu'une autre parvienne à exprimer avec justesse et précision ce que je ne parviens pas à formuler:

"J'avais envie de succomber à ce vide."

"Ce fut une nuit sans sommeil, une de ces nuits vous entraînant au plus secret de ce qui vous anime et vous obsède."

"J'aurais aimé que ces minutes ne s'arrêtent jamais, tout ce mélodrame délicieux nous séparait avec une infinie douceur, contenait à lui seul le temps vécu ensemble."

 

Anne dit de Clémence qu'elle lui "donnait peut-être la chance d'apprivoiser ce temps redouté de la vieillesse qui [la] guettait"; pour ma part je peux dire de Michèle Lesbre qu'elle m'a donné de nouvelles perspectives pour la suite.

 

En attendant de lire ses autres romans, et Milena Jesenska, voici quelques lignes de cette dernière où je me suis retrouvée toute entière:

 

"Petite fille, je vivais dans la folle attente de la vie. Je croyais qu'un jour, brusquement, la vie allait commencer, s'ouvrir devant moi, comme un lever de rideau, comme un spectacle qui commence. Il ne se passait rien et il se passait des quantités de choses, mais ce n'était pas ça, on ne pouvait pas dire que c'était la vie, et il faut croire que je persiste à être une petite fille car je continue à attendre cette vie qui va venir."