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16 octobre 2011 7 16 /10 /octobre /2011 09:11

9782253072836.jpgL'avais-je oublié ou bien ne l'avais-je jamais su?

Toujours est-il que je ne savais pas que ce récit dépeignait une famille bien réelle, ni qu'il avait été écrit par une journaliste en immersion dans la famille du libraire Sultan Khan pendant quelques mois.

Cette découverte me déçut un peu au début, tant j'avais (et ai encore) soif de fictions lointaines (tout en sachant bien que ce ne serait pas le roman le plus exotique, je m'attendais à un roman dans la veine de Zoya Pirzad).

Cette déception fut de courte durée car j'ai rapidement été happée par l'histoire de cette famille (même si j'ai eu du mal à assimilier et à retenir toutes ses ramifications).

Le récit d'Åsne Seierstad est organisé en chapitres relatant chacun un événement de la vie d'un/des Khan. Les liens qu'elle a certainement noués avec certains au fil du temps n'affectent en rien son récit, car elle a su conserver une certaine objectivité. Et son écriture est vive, fluide et agréable.

Le fait qu'aucun membre de cette famille ne soit vraiment attachant (surtout les hommes, Sultan le chef de famille en tête, suivi par son fils Mansur) ne m'a pour une fois aucunement gênée, car, au-delà de ces destins, c'est une toile de l'Afghanistan que brosse la journaliste.

 

Un pays qui vit son premier printemps sans les taliban (et non apparemment on ne met pas de "s" au pluriel), et dont l'attention internationale s'est détournée depuis leur chute, la traque de Ben Laden n'étant plus assez sensationnelle (Ben Laden dont certains afghans ne connaissent même pas le visage) (!).

En plus des complexes déchirements que traverse alors le pays (conflits régionaux, luttes pour le pouvoir...), Åsne Seierstad décrit également la condition des afghanes, les codes auxquels elles étaient soumises avant ce printemps-là, ceux qui gouvernent encore leur quotidien, et leurs tentatives d'indépendance.

Difficiles tentatives dans une famille dont le chef se réjouit de l'émancipation des femmes, souhaite même que des femmes soient nommées au gouvernement, tout en (entre autres) envoyant sa première femme vivre au Pakistan, pays qu'elle déteste...

Sultan Khan m'est ainsi devenu de plus en plus antipathique au fil des pages, voire même détestable à la fin. Sans doute m'apparaît-il comme un tyran disposant des siens selon son bon vouloir (en retirant ses fils de l'école très jeunes par exemple, alors que lui-même est instruit, et qu'ils sont destinés à travailler dans ses librairies!) car, en dépit de tous les écrits que j'ai pu lire, je reste étrangère à cette société et à certaines traditions orientales. Peut-être que comparé à d'autres chefs de famille il me serait apparu plus humain, peut-être même plus ouvert (n'oublions pas qu'il a tout de même accepté d'accueillir Åsne Seierstad chez lui, l'emmenant même lors de ses déplacements)...

 

J'ai encore tellement de choses à dire (sur les femmes, les rapports sociaux, familiaux, la vie de ce peuple au destin particulier...), mais il me semble qu'il vaut mieux que je me taise pour que ceux qui auraient envie de le lire conservent un oeil neuf sur ce livre.

Mais ce que je tiens à rajouter, c'est combien cette lecture fut importante pour moi dans la mesure où elle m'a fait découvrir l'Afghanistan par le quotidien de cette famille, autrement qu'un portfolio d'images de guerre ou bien au travers du prisme de Ben Laden .

Ce livre m'a vraiment interpellée en tant qu'occidentale, et a sérieusement remis en question ma perception des événements, et comment ils nous sont rapportés par la presse.

Conservons notre esprit critique...

 

 

 

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Published by leshumeursdeviolette - dans Club des lectrices
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commentaires

Asphodèle 21/10/2011 12:31


Merci pour le conseil ma chère, mais ici je trouve du chocolat au caramel à la fleur de sel (de Noirmoutier bien sûr !) ha ha , quand tu veux ! Là je n'en trouve que dans une boutique aux Sables
d'Olonne, il faut que j'y retourne, mon stock est épuisé, pfff, ce doit être ça...


George 16/10/2011 11:33


il me reste 40 pages à finir pour cette aprem ! j'ai quelques réserves quant à moi ... billet à venir ! mais ce que tu dis sur la découverte de l'Afghanistan, j'adhère en effet ! je trouve
cependant ce récit désincarné, et c'est ce qui m'a gênée !


Asphodèle 16/10/2011 09:22


Merci du conseil (pour l'esprit critique^^) et heureusement que nous lisons autre chose que la presse pour vivre certains faits "de l'intérieur" ! Cela dit, je ne sais pas si ce livre me tenterait
en ce moment (pas grand-chose m'enthousiasme en ce moment). Mais je pense que s'il me passait devant, je lui ferais un croche-pied pour l'attraper et le lire...


leshumeursdeviolette 21/10/2011 12:13



L'esprit critique est vital!


Il se lit facilement, et n'est pas si triste que ça, ce n'est vraiment pas une lecture ardue.


Je souhaite que l'enthousiasme te redevienne familier, et en attendant je te souhaite une cure de chocolat noir à la fleur de sel (d i v i n!).



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