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Les humeurs de Violette

Les humeurs de Violette

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Le malentendu

Le malentendu

Face à mon insuccès avec Céline,

(j'essaie désespérément de m'accrocher à Voyage au bout de la nuit... échec total)

(sa langue me demande une concentration de chaque minute)

(c'est énervant à la fin)

après avoir opté pour l'acharnement, j'ai finalement décidé de le mettre de côté, pour plus tard, quand j'aurai plus de disponibilité, de concentration.

(c'est-à-dire... jamais?)

(sauf si je me casse la jambe et que j'ai un long, trèèèès long arrêt de travail)

(ce que je ne souhaite tout de même pas)

(malgré toute ma dévotion littéraire, je ne suis pas - encore? - prête à me sacrifier sur l'autel de la lecture)

(mais j'y travaille, à ma profondeur d'âme, ça viendra)

 

Grâce à cette technique procastrinatrice (pas follement originale, je l'admets), j'arrêtais de m'énerver et pouvais m'atteler à une tâche vraiment utile:

(mais la lecture se doit-elle d'être utile?)

(allusion pas très fine à une question qui nous interpelle au Club en ce moment)

rabaisser les piles de ma table de chevet.

(ces piles me rassurant la plupart du temps, on l'a déjà vu, l'impression de ne jamais pouvoir en venir à bout est également un peu angoissante)

(piles doudous ou piles traumatiques? la pile est-elle un vecteur de tranquillité ou d'angoisse sournoise?)

(on en reparlera quand j'aurais terminé ma psychanalyse)

 

 

Lors d'une de mes dernières excursions en librairie, j'avais acheté ce poche d'Irène Némirovsky, un auteur qui décidément me plaît infiniment.

 

9782207259559FS.gif

 

Par la fluidité de son écriture (laissez-moi vous dire qu'après Céline j'avais juste l'impression de revivre), sa finesse et sa sagacité, son acuité à décrypter les comportements humains...

Dans Le malentendu, Irène Némirovsky raconte une liaison amoureuse, des débuts timides aux premiers malentendus, jusqu'à une fin que l'on devine sans peine depuis le début.

Un thème peu original, je vous le concède, mais brillamment traité ici, d'une plume précise et belle à la fois.

Yves, héritier ruiné, survivant meurtri de la Grande Guerre, rencontre pendant ses congés d'été Denise, une jeune femme mariée.

Dès le départ, tout ou presque oppose les deux amants: issue d'une famille fortunée, elle a fait un beau mariage et n'a aucune idée de ce que le besoin signifie; de son côté, Yves est obligé de travailler dans un bureau pour subvenir à ses besoins, alors que son passé de jeune héritier l'a habitué à un train de vie pas vraiment modeste. Elle a soif de paroles d'amour, de promesses éternelles, alors que pour lui "les mots ne signifient rien".

Et de petite méprise en malentendu, de non-dit en éclats démesurés, la souffrance et l'amertume s'invitent dans leur relation...

Comme toujours frappée par sa justesse et la clarté de son écriture, c'est sa maturité qui m'a vraiment impressionnée dans ce roman (elle avait vingt-trois à sa parution).

(...)

(... comment dirais-je... à vingt-trois ans, je n'avais pas pris conscience de la moitié des dangers qu'elle évoque ici...) (enfin, j'dis ça...)

(je dois souffrir d'un retard de croissance)

 

Alors bien sûr, après on a envie d'enchaîner avec les bisounours pour croire que des fois tout peut bien se passer...

Un article de ELLE sur le port du doré (ou pas) peut aussi être utile.

 

 

Mais Irène Némirovsky, injustement méconnue pendant des années, prouve une fois de plus qu'elle est vraiment un grand écrivain.

(et en plus je me suis un peu retrouvée dans Yves)

(bien que je n'ai ni fait la guerre ni dilapidé ma fortune)

(mais ça change des jeunes filles en fleur, tout de même!)

(admirez la performance)

(et le tour de main du maître)