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1 novembre 2011 2 01 /11 /novembre /2011 23:08

Face à mon insuccès avec Céline,

(j'essaie désespérément de m'accrocher à Voyage au bout de la nuit... échec total)

(sa langue me demande une concentration de chaque minute)

(c'est énervant à la fin)

après avoir opté pour l'acharnement, j'ai finalement décidé de le mettre de côté, pour plus tard, quand j'aurai plus de disponibilité, de concentration.

(c'est-à-dire... jamais?)

(sauf si je me casse la jambe et que j'ai un long, trèèèès long arrêt de travail)

(ce que je ne souhaite tout de même pas)

(malgré toute ma dévotion littéraire, je ne suis pas - encore? - prête à me sacrifier sur l'autel de la lecture)

(mais j'y travaille, à ma profondeur d'âme, ça viendra)

 

Grâce à cette technique procastrinatrice (pas follement originale, je l'admets), j'arrêtais de m'énerver et pouvais m'atteler à une tâche vraiment utile:

(mais la lecture se doit-elle d'être utile?)

(allusion pas très fine à une question qui nous interpelle au Club en ce moment)

rabaisser les piles de ma table de chevet.

(ces piles me rassurant la plupart du temps, on l'a déjà vu, l'impression de ne jamais pouvoir en venir à bout est également un peu angoissante)

(piles doudous ou piles traumatiques? la pile est-elle un vecteur de tranquillité ou d'angoisse sournoise?)

(on en reparlera quand j'aurais terminé ma psychanalyse)

 

 

Lors d'une de mes dernières excursions en librairie, j'avais acheté ce poche d'Irène Némirovsky, un auteur qui décidément me plaît infiniment.

 

9782207259559FS.gif

 

Par la fluidité de son écriture (laissez-moi vous dire qu'après Céline j'avais juste l'impression de revivre), sa finesse et sa sagacité, son acuité à décrypter les comportements humains...

Dans Le malentendu, Irène Némirovsky raconte une liaison amoureuse, des débuts timides aux premiers malentendus, jusqu'à une fin que l'on devine sans peine depuis le début.

Un thème peu original, je vous le concède, mais brillamment traité ici, d'une plume précise et belle à la fois.

Yves, héritier ruiné, survivant meurtri de la Grande Guerre, rencontre pendant ses congés d'été Denise, une jeune femme mariée.

Dès le départ, tout ou presque oppose les deux amants: issue d'une famille fortunée, elle a fait un beau mariage et n'a aucune idée de ce que le besoin signifie; de son côté, Yves est obligé de travailler dans un bureau pour subvenir à ses besoins, alors que son passé de jeune héritier l'a habitué à un train de vie pas vraiment modeste. Elle a soif de paroles d'amour, de promesses éternelles, alors que pour lui "les mots ne signifient rien".

Et de petite méprise en malentendu, de non-dit en éclats démesurés, la souffrance et l'amertume s'invitent dans leur relation...

Comme toujours frappée par sa justesse et la clarté de son écriture, c'est sa maturité qui m'a vraiment impressionnée dans ce roman (elle avait vingt-trois à sa parution).

(...)

(... comment dirais-je... à vingt-trois ans, je n'avais pas pris conscience de la moitié des dangers qu'elle évoque ici...) (enfin, j'dis ça...)

(je dois souffrir d'un retard de croissance)

 

Alors bien sûr, après on a envie d'enchaîner avec les bisounours pour croire que des fois tout peut bien se passer...

Un article de ELLE sur le port du doré (ou pas) peut aussi être utile.

 

 

Mais Irène Némirovsky, injustement méconnue pendant des années, prouve une fois de plus qu'elle est vraiment un grand écrivain.

(et en plus je me suis un peu retrouvée dans Yves)

(bien que je n'ai ni fait la guerre ni dilapidé ma fortune)

(mais ça change des jeunes filles en fleur, tout de même!)

(admirez la performance)

(et le tour de main du maître)

 

 

 

 

 

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Published by leshumeursdeviolette - dans Lu
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commentaires

carmadou 04/11/2011 15:12


Je reviens par ici car je n'ai rien dit sur ce Céline au style si particulier, mais lorsqu'on finit par enter dans son univers tout devient fluide, on entend même les voix... Céline ce n'est jamais
évident au début, mais le voyage c'est vraiment un grand moment!
Avant de m'y plonger j'avais écouté une version audio de Fabrice Luchini où par son interprétation j'avais découvert toute la magie de ce texte, de la truculence de ses mots, tout devenait fluide,
pourtant je ne suis pas particulièrement fan de Luchini... Je pense qu'il doit être possible de trouver dans des médiathèques des cd de cet enregistrement.
Sinon il y a un petit livre vraiment formidable "Celine Secret", c'est un long témoignage de son épouse Lucette (une danseuse) sous la forme d'un long entretien, ce livre est vraiment formidable
cela se lit vite. Je garantis le moment de bonheur. Toute la vie de Céline est racontée.
Aux dernières nouvelles, sa femme toujours vivante vit dans leur pavillon de Meudon la forêt.


leshumeursdeviolette 08/11/2011 22:38



Un grand merci pour toutes ces pistes.


Peut-être que c'est juste le mauvais moment, je vais le laisser reposer un peu, et le reprendre plus tard.



George 02/11/2011 09:18


j'ai lu Céline en fac, comme un monument de la littérature française, et j'avais plutôt pas mal accroché à l'époque, pas sûre que ça marche encore aujourd'hui ! Quant à Némirovsky, honte à moi je
n'ai encore rien d'elle !!!


leshumeursdeviolette 03/11/2011 22:24



Peut-être que c'est juste un niveau timing, j'y reviendrai plus tard.


Et je te recommande vivement Nemirovsky, c'est vraiment un pur bonheur de lecture !



carmadou 02/11/2011 07:10


J'avais été tout aussi impressionné par ce premier roman, ce roman s'il n'avait pas disparu de la mémoire collective, Bonjour Tristesse eut-il été un tel phénomène? Pas certain!

Je partage votre jugement.


leshumeursdeviolette 03/11/2011 22:24



Je suis d'accord. Némirovsky est en effet meilleur écrivain que Sagan, à laquelle j'ai pensé en lisant ce roman.



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