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16 janvier 2011 7 16 /01 /janvier /2011 22:34

Quand j'étais ado, je rêvais de vivre dans les années 50.

Les jupes dans le cercle, les couleurs pastel, les drive-in, ça me faisait rêver.

La faute à Grease sans doute. En 98 le film ressortait en salles, donnant naissance chez moi (et chez d'autres, j'en suis sûre) à d'irrésistibles envies: legging en cuir noir (bien que ce mot n'existait alors pas encore), petit copain à perfecto et banane, de dimanches à la plage, et j'en passe...

Les graines de féminisme n'avaient, selon toute évidence, pas encore germé.

Inutile de préciser que depuis les temps ont changé; pour rien au monde je ne voudrais vivre à cette époque.

 

Car ce soir, même si les tenues de Julianne Moore m'ont enchantée (ah, ses jupes, ses paletots, son foulard noué sous le menton! à chaque fois le charme opère), son quotidien m'a nettement refroidie: faire les courses (youpi), s'occuper des enfants (re-youpi), et, surtout, dépendre totalement de son mari (youpi gagnant).

Ajoutons à cela que la seule personne avec laquelle elle se sent vivante est un homme noir, ce qui réduit à néant ses (déjà infimes) probabilités d'accéder au bonheur.

Alors même si ses robes sont jolies, son jardin splendide (flamboyantes couleurs de l'automne), sa maison parfaite, ses enfants charmants et son bonheur apparemment éclatant, j'ai rapidement étouffé. Et me suis demandée comment faisait la jolie/polie Cathy (alias Julianne Moore) pour garder son calme et son sourire en toutes circonstances (ou presque).

 

Somptueuse Julianne Moore.

Gracieuse et adorable dans tous ses mouvements.

La jolie vitrine de son existence se fissure tout au long du film, et elle en devient plus vivante. Car, mis à part l'après-midi qu'elle passe avec Raymond, ses actes semblent ceux d'un automate (bien huilé et joli, certes, mais obéissant à une mécanique quotidienne implacable). Ses paroles sont la plupart du temps convenues et polies (voire même très polies).

Petit à petit elle se laisse aller.

A l'émotion et aux souvenirs qui la submergent lorsqu'elle retrouve au fond de sa poche un foulard oublié.

Jusqu'à cette dernière scène, sur le quai. Raymond et elle se regardent. L'une reste, l'autre part. Ça pourrait être bêtement tire-larmes, voire terriblement sentimental. Il n'en est rien. Ils se regardent, et dans leurs yeux se lisent la déception, les regrets, tout ce qu'ils n'ont pas eu le temps de se dire et qu'ils ne se diront jamais, ce qu'ils ont manqué.

 

Mais on n'a pas le temps de s'apitoyer, le train démarre.

 

La vie continue, Cathy divorce, c'est le printemps... et j'ai envie de croire qu'elle aura eu la belle vie que Raymond lui souhaitait.

 

far-from-heaven-3-copie-1.jpg

 

 

 

 

 

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Published by leshumeursdeviolette - dans Vu
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commentaires

Ilse 17/01/2011 18:40


J'ai aussi été très touchée par ce film que j'ai vu hier pour la première fois.


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