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Les humeurs de Violette

Les humeurs de Violette

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Melancholia

Melancholia

Vous revenez de vacances, le moral regonflé à bloc?

Plein de bonnes résolutions pour la rentrée?

Oui cette année, c'est décidé, vous direz enfin merde à Bernard et à ses blagues sexistes à la photocopieuse? Vous demanderez enfin une augmentation, et ne vous laisserez plus marcher sur les pieds?

Ou bien vous plaquerez tout, et tournerez le dos au système parce que la vraie vie ce n'est pas ça?

Ou encore vous allez bientôt partir en vacances,

(comme moi)

(et non je n'ai pas écrit cette phrase uniquement pour faire des envieux)

(je n'ai pas dit que je ne voulais pas faire d'envieux, mais que ce n'était pas mon unique intention, nuance)

vous contenez difficilement votre impatience, mais vous êtes quand même amour et joie mêlés à l'idée de faire bientôt votre sac?

 

Rien de tel que le dernier Lars Von Trier pour vous remettre les idées en place.

 

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Après un prologue très esthétique, voire esthétisant, que j'ai pour ma part jugé un peu long et surtout inégal - certaines images étant très belles et surtout très évocatrices (comme Kirsten Dunst entravée par des liens laineux grisâtres, ou bien en Ophélie), d'autres un peu trop sensationnelles à mon goût - et une première partie (consacrée à Justine, la jeune mariée dépressive et inadaptée/able) poussive et pénible pour moi (sans doute nécessaire à la cohérence du film, mais peut-être aurait-elle pu être raccourcie?), le film prend toute sa dimension avec la seconde partie, centrée sur Claire, la soeur attentionnée et plus terre à terre, et cette fameuse planète qui se rapproche de plus en plus vite.

Tout s'intensifie alors, la tension et nos sentiments vont crescendo.

Comme Claire (j'aime beaucoup Kirsten Dunst, mais franchement je pense que Charlotte Gainsbourg méritait davantage le prix d'interprétation dans ce film), on a peur, et, même si la fin est connue, on ne peut s'empêcher d'espérer.

 

Il n'est pourtant à aucun moment question de Dieu ni de foi - la seule allusion faite à l'église est énoncée par Charlotte Rampling, qui déclare qu'elle n'a pas assisté à la cérémonie religieuse car cela ne signifiait rien pour elle.

J'ai trouvé assez troublant cette absence totale de religion, même lointaine, et le fait que, même dans cette situation sans espoir, aucun des personnages ne se tourne vers Dieu, par conviction ou pas.

En même temps, à quoi bon puisque tout finira mal de toute manière?

 

La scène finale, très belle, donne naissance à une multitude de (remises en) questions.

 

Si en plus, comme moi, quand vous sortez du cinéma le ciel est zébré d'éclairs, si des bourrasques commencent à souffler tout autour de vous, vous n'avez pas fini de vous la prendre, cette claque.

 

"Personne ne nous regrettera", ne l'oublions pas.

 

melancholia.jpg