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Les humeurs de Violette

Les humeurs de Violette

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Non ma fille, tu n'iras pas danser

Non ma fille, tu n'iras pas danser

J'ai beau être devenue une parfaite parisienne,

(tronche dans le métro, et soupirs devant les touristes/le tour de France/la ratp inclus dans le forfait)

(mais en même temps, comment ne pas râler quand on est empêché d'aller viiiite???)

(je sais, je suis irrécupérable)

(mais à ma décharge il m'arrive de sourire dans le métro)

je n'ai jamais tellement aimé les films de Christophe Honoré.

 

Dans Paris m'avait bien séduite, surtout grâce à Guy Marchand, que j'étais tellement contente de retrouver, en papa-poule de sucroît!

(Guy et moi on a un gros passif depuis le CE2)

(à base de vendredis soirs)

(de pizza)

(et mes parents aussi)

Louis Garrel commençait déjà à m'agacer un peu, après m'avoir totalement affolée avec ses boucles brunes je l'avoue. (c'était ma période beaux ténébreux intellos)

(genre, je n'ai pas le temps de me rendre compte que je suis beau)

(arrête de dire des sottises chérie et laisse-moi finir Proust plutôt...)

 

Et je suis complètement passée à côté des Chansons d'amour. A part une scène ou deux, et les chansons d'Alex Beaupain, je me suis plutôt ennuyée, j'ai pesté contre l'artificialité omniprésente, et surtout je n'ai pas du tout compris l'engouement collectif.

 

jpg_non_ma_fille__tu_n_iras_pas_danser_0.jpgDu coup, quand Non ma fille, tu n'iras pas danser est sorti en salles, j'étais partagée entre ma curiosité et mes appréhensions.

Et j'ai laissé filer le temps, le laissant décider à ma place (ô position combien confortable!) (lâche, certes, mais tellement pratique) (à utiliser avec modération tout de même).

 

Rattrapage effectué hier soir; et je pense être réconciliée avec Honoré.

Si Léna n'a pas réussi à me bouleverser (il faut dire que parfois elle est un peu horripilante quand même) (mais en même temps tellement juste...) (et l'interprétation de Chiara Mastroiannai est brillante) (en fait elle m'a réellement désarçonnée je crois), j'ai été beaucoup plus sensible à tous les autres personnages, du fils de Léna, impressionnant enfant, à ses parents, en passant par Marina Foïs (sauf Garrel qui, décidément, m'agace de plus en plus) (en outre je ne le trouve plus beau du tout) (le charme est définitivement brisé).

Et surtout à ce tableau de famille. Leurs relations conflictuelles et en même temps empreintes d'amour (Marina Foïs, plutôt agressive avec sa soeur, la défendant becs et ongles face à son ex beau-frère, ou les ressources insoupçonnées de l'amour fraternel).

La famille que dépeint Honoré n'a rien d'idéal ni à l'inverse de cauchemardesque; c'est, me semble-t-il, une vision plutôt réaliste. Comment la famille est un refuge, en même temps qu'une contrainte, comment on s'enferme/est enfermé dans un rôle, comment malgré tout ces liens sont quand même parmi les plus forts...

Il a réussi à exprimer un ressenti que l'on est nombreux à partager je pense, de manière tellement subtile, et avec des personnages tellements beaux, tellement vrais...

Plus qu'un portrait de femme, c'est cela que j'ai retenu de ce beau film (sans mentionner le film dans le film, une pure merveille...)

 

Vivement le prochain donc...