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22 février 2015 7 22 /02 /février /2015 16:06

phoenix

 

Dans le Berlin en ruines de l'après-guerre, Nelly, seule survivante de sa famille, marche sur les traces de son passé, dans l'espoir de retrouver de son époux. Celui-ci ne la reconnaîtra pas à cause de l'opération de reconstruction faciale qu'elle a dû subir, et lui propose de se faire passer pour son épouse défunte (pense-t-il) afin de toucher l'héritage.

Plus fluide à l'écran que sur le papier, ce marché va permettre à Nelly de se redécouvrir au travers de tout ce qui la caractérisait avant (style vestimentaire, maquillage...), de marcher dans les traces de son passé pour mieux supporter le présent. Entre son amie Lene qui la pousse à partir pour Israël et à oublier un mari qui l'aurait trahie, et son Johnny qui lui fait répéter le rôle d'une femme disparue dans l'enfer des camps, Nelly peine à reprendre pied, à exister à nouveau dans un monde où tous la poussent vers l'avenir sans jamais lui poser de question sur ce qu'elle a vécu. La superbe Nina Hoss incarne cette femme hébétée qui va petit à petit reprendre vie, jusqu'à une magistrale scène finale illustrant totalement le titre du film.

Moins maîtrisé que Barbara , on pourrait reprocher à Phoenix de ne pas développer toutes les pistes évoquées, de nous laisser sur notre faim; mais c'est que le film s'ancre dans le présent, un présent en ruines où personne n'a vraiment envie d'évoquer un passé encore trop douloureux.

Et puis il y a les costumes. Christian Petzold a à nouveau collaboré avec Anette Guther, la costumière dont le travail sur Barbara (que j'étais allée voir à cause des chaussures de l'héroïne aperçues dans la bande-annonce, rappelons-le) m'avait éblouie. Ici son travail est encore plus remarquable, tant le vêtement et les accessoires sont autant d'instruments qui permettront à Nelly de se retrouver: une paire de souliers de Paris, une robe rouge éclatante (dont l'imprimé "lèvres" n'est pas sans rappeler la fameuse collection années 40 d'YSL qui fit scandale en 1971, un clin d'oeil que j'ai apprécié), un rouge à lèvres flamboyant... Enfiler à nouveau cette parure, ces repères, est le point de départ de la renaissance d'une Nelly qui a été forcée de changer de visage pour survivre.
Mention spéciale également aux tenues impeccablement coupées de Lene Winter (finement interprétée par Nina Kunzendorf): chemisiers de soie aux carrures parfaites, pantalons parfaits, somptueux peignoir oriental... J'ai passé la première partie du film conquise par tant de belle ouvrage.

Le tout au son envoûtant d'une mélodie de Kurt Weill, Speak low, que j'écoute en boucle depuis.

 

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Published by leshumeursdeviolette - dans Vu
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commentaires

Carmadou 30/04/2015 10:18

Nous avions encore en mémoire les images de Nina Hoss pédalant sur son vélo sur les routes de RDA. Barbara nous avait enchanté, Phoenix nous a déçu par nous n'avons jamais cru à cette histoire, tout est devenu artificiel... mais il reste la dernière scène du film sublime....

leshumeursdeviolette 18/05/2015 20:55

Phoenix est effectivement décevant par rapport à Barbara, mais je ne peux résister à Nina Hoss et aux costumes soignés!

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