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23 mars 2012 5 23 /03 /mars /2012 08:07

Terraferma_visuel.jpg

 

Île de Lampedusa, Italie.

Tout semble de prime abord familier: le soleil écrasant, la mer, les faces burinées des pêcheurs... même Filippo, un vrai jeune homme maintenant!

Mais nous ne sommes plus dans les années 70, les bâteaux servent désormais à attraper les touristes plus que les poissons, et les clandestins font désormais partie du quotidien de l'île.

 

Les touristes débarquent du ferry en masse et, à peine leurs pieds posés sur l'île, se voient alpagués et courtisés. C'est à qui saura le mieux les alpaguer, les ferrer à coups de bonne chère et de promenades en mer.

Les clandestins Africains, eux, effectuent leur traversée sur des embarcations de fortune, et sont renvoyés de l'autre côté de la mer dès qu'ils posent un pied à Lampedusa.

Dérangeant contraste, accentué par de nombreux plans: vedette entassée de touristes bronzés se trémoussant les bras en l'air en musique/barques surchargées d'Africains faisant de grands signes avec leurs bras, corps blancs bronzant sur le sable/corps noirs échoués après avoir gagné la rive à la nage, accueil empressé des uns/rejet violent des autres...

 

Le sujet est périlleux, et à mon sens Crialese ne s'en est pas si mal sorti.

Alors, oui, c'est vrai, j'ai trouvé certaines scènes un peu trop chargées en émotions, et certains personnages inégaux.

Face à un Filippo désemparé par la vie en général (les filles, sa mère, son avenir tiraillé entre un grand-père qui veut continuer la pêche contre toute attente et une mère qui veut le sortir de cette île si petite qu'elle ne figure même pas sur la mappemonde) puis par ses rencontres avec les clandestins, le personnage de la jeune femme Africaine partie retrouver son mari m'a semblé moins convaincant, et un peu trop bavard.

Le grand-père un peu caricatural en vieux patriarche borné n'en est pas moins attachant (et puis Mimmo Cuticchio, quel acteur! son regard dit tout), et Giuletta (superbe Donatella Finocchiaro) est particulièrement touchante en femme qui prend son destin en main, et qui va se laisser toucher malgré elle.

Et oui, c'est vrai aussi qu'il y a quelques maladresses. Certaines scènes, même si elles fonctionnent, m'ont semblée un peu artificielles car trop écrites (discussion entre les vieux et les anciens, s'achevant par une joute père/fils dont on se serait passé sans problème).

Mais Crialese réussit à ne jamais être manichéen, essentiellement grâce au personnage de Filippo. Et en pointant ce qui se passe à Lampedusa, nous oblige à ne pas oublier tous ces hommes et femmes prêts à tout pour atteindre l'Europe, souvent après plusieurs années (ce qui m'a rappelé le jeune Enaiatollah Akbari de Dans la mer il y a des crocodiles).

Et puis il signe un vrai film. Un véritable objet cinématographique, avec une vraie mise en scène, une esthétique propre et des partis pris. Ce qui, à l'heure où nombre de réalisateurs (et spectateurs!) pensent qu'un thème fort suffit à faire un bon film (comme Polisse, pour citer le plus représentatif), est particulièrement réjouissant.

 

 

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Published by leshumeursdeviolette - dans Vu
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commentaires

la pintade aixoise 23/03/2012 13:30

J'hésitais, je vais y aller ;)

leshumeursdeviolette 28/03/2012 23:38



Oui oui, il faut!



Asphodèle 23/03/2012 11:40

On entend beaucoup parler de Lampedusa depuis deux ans... Je ne vais pas souvent au cinéma mais je le note pour le DVD...(sait-on jamais !)

leshumeursdeviolette 28/03/2012 23:38



Note Respiro aussi!



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