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Les humeurs de Violette

Les humeurs de Violette

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The deep blue sea

The deep blue sea

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C'est vrai, je l'avoue, je n'ai jamais eu beaucoup d'empathie pour ces femmes qui s'oublient dans la passion au point de se perdre elles-mêmes en chemin. C'est quelque chose que j'ai toujours eu beaucoup de mal à comprendre, je finis toujours par me demander où sont passés leur instinct de survie et leur orgueil...

Malheureusement Rachel Weisz, malgré tout son talent, n'aura pas réussi à me réconcilier avec ces passions-là.

 

Ça commençait mal de toute façon.

Dès les premières minutes, je me suis demandée quand le film allait vraiment démarrer. La musique plus que présente me dérangeait, et je trouvais tous les plans trop léchés (et pourtant, Dieu sait que je suis attachée à l'esthétisme): les volutes de cigarette dans les airs, la silhouette d'Hester à contre-jour, ce beau miroir terni décoré de fleurs...Trop lisse pour susciter l'émotion.

(par contre l'admiration, oui: en sortant de la salle, je voulais laquer mes longles de rouge, laisser pousser mes cheveux, ressortir mon collier de perles...)  

(et me transformer en Rachel Weisz)

 

Et puis les flash-back ont commencé.

Dieu sait (décidément beaucoup de choses ce soir) (ahem) (pardonnez-moi ces blasphèmes) que j'ai une sainte (après j'arrête) horreur des flash-back, mais j'ai essayé d'aller à l'encontre de mes préjugés (j'ai tiré, semble-t-il quelques leçons de Colin Firth) (n'importe quoi)...

En vain, il y en avait vraiment trop, et majoritairement sans intérêt - parfois même à la limite du ridicule, comme la rencontre. A l'exception de la scène dans une station de métro, pendant les bombardements de la Seconde guerre mondiale; seule scène vraiment forte à mon sens, qui m'a laissée présager d'un virement dans le film...

Sans succès.

 

Les acteurs ont eu beau être excellents - surtout Rachel Weisz -, rien n'y a fait.

Je me suis ennuyée du début jusqu'à la fin, je n'ai pas été touchée par cette histoire d'amour, ni compris ce qui les poussait l'un vers l'autre, ce qu'Hester peut bien trouver à Frank (au-delà du désir physique)... Sans doute parce qu'ils ne peuvent se l'expliquer eux-mêmes. Ce mystère, cette force irrésistible de la passion et ses conséquences est bel et bien le sujet du film (adapté d'une pièce de théâtre, ceci expliquant peut-être cela): comment elle ravage les êtres jusqu'à faire passer leur propre existence en second plan, comment elle peut effrayer l'autre, et surtout combien son partage est illusoire...

Il y en a toujours un qui s'implique plus que l'autre, c'est ainsi.

 

Comme l'a si bien dit Hester, ce n'est pas du Sophocle; c'est juste triste.

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