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Les humeurs de Violette

Les humeurs de Violette

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Une heure et demie d'été en hiver

Une heure et demie d'été en hiver

Et depuis que je suis sortie du cinéma, je flotte.

Sur les trottoirs, dans le métro... Je n'entends rien, et j'ai envie de ne plus rien entendre, de ne plus rien dire; j'ai envie de me laisser porter longtemps encore.

C'est étrange, car l'histoire ne se déroule pas aux Caraïbes mais en banlieue parisienne, ses héros ne sont pas des baroudeurs aux destins exceptionnels mais des individus comme vous et moi.

Il s'agit juste d'une tranche de vie, pas d'une évasion du réel telle que je les affectionne tant.

 

Un mois d'août dans l'ouest parisien donc, où se retrouvent pour quelques jours à peine des adolescents devenus adultes sans s'en rendre compte (toujours comme vous et moi).

Quelques-uns habitent encore ici, d'autres sont simplement de passage.

D'après-midi à la piscine aux balades au parc, on en apprend un peu plus sur chacun, jamais plus qu'il n'en faut.

Pas de destins sensationnels ni de péripéties trépidantes, juste des situations que nous avons tous vécues, de près ou de loin: un parent malade, un retour de soirée en marchant des heures au petit matin, une cigarette partagée sur un canapé...

 

Et, grâce à une musique enchanteresse (je suis totalement tombée sous le charme de Tahiti Boy & the Palmtree Family, dont le nom est la seule caution exotique du film soit dit en passant), une très belle lumière qui sublime ces jours d'été qui s'étirent comme la grisaille floconneuse que nousautres parisiens connaissons si bien, une ribambelle d'acteurs toujours justes (mention spéciale à Didier Sandre et à la voix de Lolita Chammah), et surtout grâce à une économie de dialogues inutiles et une pudeur bienvenue, on est nous aussi littéralement transporté.

Et on a envie, nous aussi, de passer le mois d'août à Boulogne.

Alors bien sûr, on peut reprocher à Mikhaël Hers de se laisser emporter parfois par des effets de style un peu faciles (ralentis et gros grain), mais en même temps qui n'aurait pas cédé à cette tentation avec pareille atmosphère?

 

Avis aux amateurs, comme moi, de réalité sublimée.

 

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