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6 mars 2014 4 06 /03 /mars /2014 07:03

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Une "miniature de la modernité réduite à sa plus simple complexité: une femme raconte sa propre histoire à travers celle d'une autre" (Barbara Loden à travers Wanda) se révèle un miroir plus profond: au travers de sa quête de Barbara, c'est le portrait de l'auteur elle-même qui apparaît par touches, un parcours de femme aux contours flous mais qu'une économie de mots rend palpable.

Conversations avec la mère, quelques souvenirs d'anciens amours, un voyage sur les traces de Barbara comme un road movie. 

On pense à Wim Wenders.

A Thelma & Louise, un peu.

A toutes ces petites soeurs de Wanda.

A Barbara Loden dont on sait si peu de choses, et à qui l'auteur tente de rendre justice.

Finalement on ne saura pas grand chose et pourtant.

Supplément à la vie de Barbara Loden est un texte sensible et intelligent, d'une acuité rare et sans aucune affectation.

 

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4 mars 2014 2 04 /03 /mars /2014 06:12

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Je l'ai lu en une nuit, je l'ai lu dans l'urgence, je l'ai reçu comme une gifle en pleine figure.
Voilà quelques temps qu'un livre ne m'avait pas retournée les tripes à ce point, ne m'avait pas dérangée au plus profond de mon âme, ne m'avait pas autant ébranlée.

Une enfance puis une adolescence pleines de souffrance, dans un environnement où toute différence est stigmatisée, qu'il s'agisse de sa famille, du collège comme du village; la misère d'une région dévastée; la honte; la violence; le déni de soi; jusqu'à la survie, comme on heurte le fond de la piscine avec son pied pour remonter à la surface; Edouard Louis ne nous épargne rien sans que son récit ne soit complaisant.

Edouard Louis a 21 ans. On a beau le savoir en commençant ce roman, qui est son premier, on l'oublie parfois tant ses mots sont matures, tant il a vécu déjà...

Il faut lire En finir avec Eddy Bellegueule, absolument. 

 

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27 février 2014 4 27 /02 /février /2014 06:04

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Marcel est un homme sans histoires, bercé par une routine qui l'entoure comme un cocon. Son café du matin, son petit commerce de radios, sa vie de famille, tout cela le conforte dans une immobilité tranquille et confortable.

Et puis un matin éclate la nouvelle: les allemands envahissent la Belgique. Il est temps de se décider, de sortir de la torpeur de la drôle de guerre. Faut-il partir ou rester?
Marcel décide de partir, et en prenant cette décision a le sentiment (plus qu'un pressentiment, tant cela lui parait certain) qu'une nouvelle ère s'ouvre à lui: "Je n'étais plus accroché à ma maison, à mes habitudes. Je venais de faire, d'un instant à l'autre, comme un bond dans l'espace."

A partir de cette décision, il se désolidarise peu à peu des siens, ce qu'accentuera sa position dans le train, comme une prémonition de ce qui va suivre.
Dans le train les groupes se définissent non par affinités mais par l'appartenance à tel ou tel wagon. Dans le train dont les détours et l'incertitude quant à sa destination finale forcent les individus à une promiscuité inhabituelle, les conventions s'effacent peu à peu pour laisser place à des rapports plus informels. Ce qui choque au début n'est même plus remarqué à la fin.

Cette débâcle va confirmer le sentiment premier de Marcel.
Libéré de ses attaches, de son passé, libéré de ses angoisses, il va se frotter à la vie. L'amour charnel, l'amour brut, la découverte de la mer, toutes ces sensations nouvelles pour Marcel le grisent, et le lecteur avec - en dépit de tout le reste (l'exode, sa famille...).
Comme une parenthèse enchantée, où tout le reste serait suspendu pendant un moment.

Son bonheur contraste avec la gravité des événements, comme s'il s'autorisait à profiter de la cohue pour se mettre à vivre. A circonstances exceptionnelles expériences exceptionnelles... Les choses rentreront dans l'ordre bien assez vite, d'autant plus que cette liberté éphémère est condamnée par l'arrivée imminente des allemands.

C'est un texte étrange et beau, à la sensualité râpeuse et dérangeante. Marcel fascine par sa banalité, banalité qui en devient presque exceptionnelle - elle a le goût des premières fois.

 

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24 février 2014 1 24 /02 /février /2014 06:39

Mon vernis a la même couleur que mes Nike.

Mes boucles d'oreille sont assorties à mes Nike.

Mon manteau s'accorde magnifiquement avec mes Nike.

 

Il n'y a pas assez de miroirs qui me permettent de contempler mes pieds.

Il n'y a pas assez de superlatifs pour exprimer mon bonheur.

 

Avec mes Nike je pourrais faire le tour de la terre.

 

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18 février 2014 2 18 /02 /février /2014 07:07

J'ai acheté une paire de Nike.

Pas pour la gym, non.
Pour la ville.

Ça ne m'était pas arrivé depuis au moins dix ans.
Je me souviens encore de l'air émerveillé de mes parents lorsque j'ai acheté mes premières "vraies" chaussures à la fin du lycée.
Je n'aurais jamais cru que l'on m'y reprendrait un jour.

Seulement voilà, les tendances dictatoriales un lien publicitaire perfide les aléas de la vie ont fait que...
Et me voilà en train de commander une -superbe- paire de Nike.
De la tracer sans relâche jusqu'à récupérer mon paquet.
MON paquet.
MES Nike.

Ouverture de la boîte.

Joie. Bonheur. Amour.

Les couleurs sont aussi encore plus belles que sur la photo.
La taille est bonne, elles me font un petit pied.
Cris de joie, impatience de les porter.

Il pleut.

La météo prévoit dix jours de pluie.

Horreur.

Malheur.

Le soir, je me couche à la fois émerveillée et frustrée de ne pas pouvoir étrenner mes adorées.

Le lendemain matin, le ciel est de mon côté, le soleil radieux est de la partie. 

 

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13 février 2014 4 13 /02 /février /2014 14:38

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"La peur de vieillir abîme plus que l'âge"

Jeanne Moreau

 


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11 février 2014 2 11 /02 /février /2014 06:25

"You always learn and grow from the experiences that terrify you the most"

Marie-Amélie Sauvé

 


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5 février 2014 3 05 /02 /février /2014 06:45

Plus d'un mois après, je m'estimais guérie, victime d'une passade hivernale.

En y réfléchissant bien, j'avais peut-être acheté tous mes cadeaux de Noël à l'avance, mais sans aller jusqu'à faire un tableau excel, mon premier (et dernier) rhum arrangé était totalement raté alors que tout le monde m'avait expliqué à quel point c'était enfantin (apparemment je ne suis pas titulaire d'un bac -8) (étrange lorsqu'on sait qu'en rhum je suis plutôt à bac +10), et ma flemme m'avait fait délaisser mon mixer adoré au profit de sachets de soupe miso (no comment).

Sauf que je suis victime d'un complot.

Tout a commencé avec les points de ma banque.
Ces points inutiles que l'on doit convertir en cadeaux (et quels cadeaux!) avant qu'ils ne se périment. J'avais donc le choix entre un magnifique radio réveil, un abonnement à Santé magazine et une sublime trousse de toilette en polyester...
Am, stram, gram...
Non, ça n'allait pas être possible.
C'est alors que j'ai eu l'idée (!) d'aller consulter l'onglet "arts de la table" (car à la Société Géniale, on ne dit pas "cuisine" mais "arts de la table") (même surtout s'il s'agit d'un pauvre saladier pyrex). En deux secondes je trouvai mon bonheur, et me voilà munie de papillotes en silicone (excusez du peu) et d'une balance alimentaire.
Le pire, c'est que j'étais contente.

Après, j'ai eu 19 ans, et mes amis m'ont offert une cocotte en fonte - car, non contente de me transformer en Bree, j'éprouve le besoin de partager mes désarrois culinaires (en l'occurence, une Lagostina trop petite) (ceux qui savent savent). Avec un livre de recettes de Paul Bocuse (excusez du peu).
Le pire, c'est que j'étais vraiment super contente.

 

Voilà voilà...

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29 janvier 2014 3 29 /01 /janvier /2014 06:36

Je partais sceptique, certes (je n'ai jamais accroché avec aucun des films de Miyazaki), mais pleine de bonne volonté.
Cette fois, ce serait différent, me disais-je.
Point de forêt magique ni de monstre, peut-être que cette fois ça marcherait?
Mais non, rien n'y a fait. 

Les images sont très belles, oui, mais je m'ennuie.
Inexorablement, je m'ennuie; en dépit de tous mes efforts, je m'ennuie.
Les personnages ne parviennent pas à m'intéresser (surtout Jiro, qui m'indiffère d'abord puis m'irrite terriblement), l'histoire d'amour ne m'emporte pas et me paraît légèrement niaise, le contexte historique est à mon sens trop légèrement survolé.
Je ne suis pas énervée car ce n'est pas mauvais (il ne faut pas non plus exagérer), je me demande juste où est ce lyrisme dont tout le monde a parlé et qui n'a pas réussi à m'atteindre....

Je me demande ce qui me manque pour ne pas aimer les films de Miyazaki que tout le monde encense, peut-être n'ai-je pas assez de cœur?

Une chose est certaine pourtant: je ne récidiverai pas.

 

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27 janvier 2014 1 27 /01 /janvier /2014 07:18

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Rien d'étonnant à ce que Malavita ait été adapté au cinéma, tant les membres de la famille "Blake" sont hauts en couleur.
Sans l'avoir vu on a (malheureusement) en tête Robert De Niro et Michelle Pfeiffer à la tête de cette famille de mafieux. De vieux mafieux de Newark, des agents du FBI, des boulettes et de la polenta, de la violence, un barbecue et des rebondissements loufoques... les ingrédients du success movie sont bien là.

Malavita commence avec l'installation des "Blake" dans une petite bourgade de Normandie. Le père, Fred, repenti dont la tête est mise à prix, se pique de raconter ses mémoires, tandis que sa femme et ses enfants tâchent tant bien que mal de s'adapter à cette nouvelle vie. Mais les "Blake" seront inéluctablement rattrapés par leur passé et leurs vieux réflexes...

Une histoire de mafieux à la crème fraîche, c'est divertissant. Sauf qu'ici la plaisanterie tourne rapidement à vide. Le suspense est quasi nul, et si les personnages sont sympathiques (sans toutefois être plus attachants que cela) on se demande où est l'intérêt d'une intrigue aux allures de déjà-vu. A la longue on se dit qu'on préfèrerait voir les péripéties des "Blake" plutôt que les lire - le style de Benacquista ne laissera pas en effet de souvenir impérissable. Le divertissement du début laisse peu à peu la place à l'ennui, puis au désintérêt.

Un premier rendez-vous manqué avec cet auteur.

 

La proposition de Claire pour le second Prix des Lectrices.

 

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