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15 novembre 2013 5 15 /11 /novembre /2013 06:46

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De Giono je n'avais lu qu'Un roi sans divertissement au lycée, qui m'a essentiellement laissé un souvenir d'effroyable ennui, la faute à un professeur caractériel.
J'avais beau être très enthousiaste à l'idée de (re)découvrir Giono, le spectre de mon professeur de Français planait au-dessus de mon épaule quand j'ouvrai Le chant du monde pour la première fois. Bientôt totalement envoûtée par la langue de Giono, j'oubliai rapidement mes souvenirs de lycéenne pour me plonger dans ce monde particulier.
Un monde qui navigue entre légendes éternelles et trivialité quotidienne, rêves d'échappées belles et brusques retours au réel, entre espoirs fous et réalités désespérantes. Un monde où les héros ont des auras presque surnaturelles, où leur banalité côtoie l'exceptionnel. Un monde où les pêcheurs sont des poètes, où une course poursuite dans la neige prend des allures de ballet, où la violence la plus impitoyable se fait vénéneuse comme une femme fatale.
La langue de Giono est râpeuse et douce, charnelle et aérienne, atemporelle. Jamais je n'avais lu de description si juste et forte du retour du printemps: la neige qui fond, le chant des oiseaux qui se fait de nouveau entendre, les garçons qui courrent après les filles, la vie qui repart, tous ces renouveaux sont si palpables à la lecture de ce passage que l'on sentirait presque le soleil nous lécher brièvement les paupières.
"Il était entouré d'elle" écrit Giono à propos d'Antonio et Clara. Moi j'étais entourée de plaisir de la première à la dernière page.

 

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8 novembre 2013 5 08 /11 /novembre /2013 06:38

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Si vous avez aimé l'exposition consacrée à Valloton au Grand Palais, si comme moi vous avez été transporté par son trait si graphique et moderne, ses couleurs et la force évocatrice de ses toiles, alors il faut lire Valloton est inadmissible.

A l'heure où je flânais entre les cartes postales, les différents ouvrages et les marque-pages, passage obligé à la fin de chaque exposition, on me mit entre les mains ce petit ouvrage, m'en recommandant chaudement la lecture.

Je dévorai d'une traite la quarantaine de pages qu'il recèle. Jamais je n'avais lu de texte aussi juste sur le ressenti d'une oeuvre, sur l'impact qu'un artiste peut avoir sur notre vie, comment il peut la transfigurer à tout jamais et nous ouvrir des perspectives dont on ne soupçonnait pas l'existence.

Evidemment il vaut mieux avoir encore en tête la peinture de Valloton pour être totalement emporté par ce récit, mais il est également universel dans le sens où il s'agit aussi d'une histoire d'art et de vie, d'un artiste qui a su toucher une enfant, puis une femme, la force de l'art au-delà de la mort.

Un ouvrage précieux.

 

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6 novembre 2013 3 06 /11 /novembre /2013 06:52

1437675-gfC'est la photo sur la couverture qui m'a donné envie de repartir avec ce livre.
Un choix peut-être absurde, voire peut-être même occulte pour certains; en tous cas pas nullement sérieux. J'ai tout de même parcouru la tant décriée quatrième de couverture avant de me décider - absurde peut-être, mais pas totalement inconsciente non plus!

Paula Fox, âgée de 82 ans lorsqu'elle rédigea ce court texte, retrace son voyage en Europe en 1946, juste après la Seconde Guerre Mondiale. Chargée de diverses missions journalistiques, elle passera cette année-là par (entre autres) Londres, Paris, Varsovie, Prague et Madrid. 
Il faut d'abord restituer à cette entreprise son audace qui n'est pas forcément évidente pour nous aujourd'hui, à l'heure où le (long) voyage sac au dos est un passage presque obligé pour tous les jeunes occidentaux du monde entier. A l'époque où Paula Fox décide de quitter son New York natal, on traversait l'Atlantique en ferry plus qu'en avion, et les jeunes femmes de vingt-deux ans partant en solitaire n'étaient pas légion. 
Le texte débute et s'achève aux Etats-Unis, dans ce New York si insupportable pour elle avant ce voyage. C'est imaginant que "[ses] difficultés disparaîtraient" avec son départ que Paula s'embarque pour l'Angleterre, "sur un navire qui, pendant la guerre, avait transporté des troupes américaines à travers l'Atlantique." Elle découvrira pendant son voyage une Europe libérée, certes, mais encore marquée par la guerre, et des survivants fracassés et meurtris.

Au-delà de ce tableau d'une Europe qui essaie de se relever, au-delà de l'Histoire, c'est le récit de l'expérience initiatique que constitue ce voyage pour la jeune femme sans attaches qu'est alors Paula Fox.

"La Seconde Guerre Mondiale avait dévasté l'Europe, des millions et des millions de gens avaient été massacrés, et en me montrant à moi aussi qu'il y avait autre chose que ma vie, l'année où j'y avais voyagé m'avait libérée de chaînes dont je n'avais même pas conscience."

 

 

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4 novembre 2013 1 04 /11 /novembre /2013 06:30

(mieux vaut tard que jamais), j'ai des envies de longues boucles noires, de canotier et d'ombrelle.
De champs d'orge et de coquelicots, de lac sacré et de parties de tennis.
De récitals de piano et de campagne anglaise, de longs voyages et de grosses malles.
Et de Florence, évidemment!

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30 octobre 2013 3 30 /10 /octobre /2013 06:31

9782253005964-T.jpgContre toute attente (toujours cette appréhension des classiques), j'ai adoré Tess d'Urberville.
J'ai tremblé de la première à la dernière page, et si je l'avais pu je m'y serais plongée toute la journée!
Comment ne pas être emporté par la terrible destinée de Tess?
En distillant une tension progressive au moyen de nombreux et douloureux rebondissements, Hardy crée un climat aussi pesant qu'addictif (non, je ne peux pas arrêter de lire jusqu'à ce soir, non je ne peux pas répondre à mes mails pros, je veux savoir ce qu'il va advenir de Tess!), un faux suspense (car l'on se doute bien que la vie de Tess n'aura rien d'agréable, et souvent l'auteur laisse entendre une sombre suite) irrésistible jusqu'à la dernière page. Rarement roman m'aura tenue autant en haleine.
Au delà du destin implacable de Tess - qui au final n'est pas qu'une tragédie mais également une fatalité, compte tenu de l'époque et de sa classe sociale -, Hardy peint un tableau de l'Angleterre rurale du XIXème et de sa société en pleine mutation à cause de la Révolution Industrielle, d'une Angleterre patriarcale où - comme dans les romans de Jane Austen, en particulier Raison & sentiments - les femmes n'ont aucun droit propre.
En opposition à ce pessimisme au fond si réaliste, les rares scènes où les personnages parviennent à s'échapper du réel (comme la danse des jeunes filles au début du roman) prennent une dimension lyrique exacerbée.
Comme un chant du cygne avant l'heure.

 

La proposition de Sophie l'Ogresse pour le premier Prix du Club des Lectrices.

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28 octobre 2013 1 28 /10 /octobre /2013 06:19

"Mon travail n'a rien à voir avec le physique des femmes, mais avec leur pouvoir. Mon travail, c'est de les rendre plus fortes encore. Dans la culture populaire, elles sont très sexualisées et je n'aime pas ça. J'aime la simplicité qui rassure. Je veux aller contre l'idée que les femmes sont toujours occupées à séduire."

Phoebe Philo

 

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23 octobre 2013 3 23 /10 /octobre /2013 06:29

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Cette Lettre libertine sur la lecture s'adresse à Mlle Esperluette, une lectrice préoccupée par l'avenir de la lecture et des livres. Et Hubert Nyssen de développer, entre souvenirs et projections plus ou moins pessimistes, de nombreuses pistes sur la littérature et ses acteurs, de l'écrivain au lecteur en passant par le monde de l'édition, et ses marchands sans scrupules.
Si le style de Nyssen est fluide et élégant, cette lecture n'a pas été aussi simple que je ne le pensais, ses longues phrases m'ont parfois perdue en route et je ne saisissais pas forcément toutes les références. Mais qu'il est agréable de se reconnaître dans les mots d'un autre, de s'imaginer être la destinataire de cette lettre! Cette demoiselle Esperluette si inquiète, c'est un peu moi après tout, et j'ai pris beaucoup de plaisir à être réconfortée par la plume d'Hubert Nyssen.
Car c'est aussi de plaisir qu'il est question ici, un plaisir presque sensuel et pas seulement intellectuel: la lecture "répond à cet appétit de vivre, d'éprouver, de ressentir, de connaître, [...] elle répond au désir par le plaisir." 
Et j'ajouterais même que ce plaisir alimente de nouveaux désirs de lectures, preuve en est faite avec ce texte qui m'a donné l'envie de découvrir des auteurs que je ne connaissais pas comme de me plonger dans les essais qu'Hubert Nyssen a rédigés sur son expérience d'éditeur.
"si l'on veut vraiment lire on peut lire, on peut lire au lit, dans le train, en avion, lire sur la plage ou dans les antichambres, sur le ventre et sur le dos, [...] malgré le cinéma, la radio, la télévision, les disques, on peut toujours prendre le temps de lire."
Car l'essentiel est bien de lire, d' "y chercher
[son] plaisir et le faire partager."

 

La proposition de George pour le premier Prix du Club des Lectrices.

 

 

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21 octobre 2013 1 21 /10 /octobre /2013 06:20

"Tous ces rendez-vous que nous avons repoussés, lui et moi. [...]
Trop de travail, trop de retard. Oh! Ne faites pas ça. Allez voir vos amis. Car ils meurent, vos amis, et toujours avant vous."

Ariane Mnouchkine à la mort de Patrice Chéreau.

 

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15 octobre 2013 2 15 /10 /octobre /2013 12:00

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Une photo sortie des cartons pour un thème difficile, une petite victoire insignifiante mais dont je me souviendrai malgré tout:
la première enchère que j'ai remportée, cette affiche donc. 

 

Nous sommes le 15, il est midi, heure de Paris: c'est la photo du mois.
Sans doute y a-t-il des victoires plus glorieuses que la mienne par ici:

Nora, E, Krn, Nicky, Blogoth67, Lavandine, Tambour Major, La voyageuse comtoise, Ori, Cathy, Viviane, Elodie, Angélique, Sephiraph, Chat bleu, MauriceMonAmour, Lucile et Rod, Calamonique, Lyonelk, Isa de fromSide2Side, Christelle, Joane, Claire's Blog, KK-huète En Bretannie, Violette, Cricriyom from Paris, Ann, Béa, Cekoline, Eurydice, Pilisi, Alexinparis, SecretAiko, Akaieric, Lavandine83, Giselle 43, Alban, Cara, Thalie, Shoesforgirls, MissCarole, InGrenoble, Christophe, La Messine, Une niçoise, Cherrybee, Meyilo, Josiane, The Parisienne, Renepaulhenry, Homeos-tasie, Caro from London, Morgane Byloos Photography, Isa ToutSimplement, Marie-Charlotte, Stephane08, Happy Us, Ava, A'icha, Julie, Laurent Nicolas, AurélieM, J'adore j'adhère, François le Niçois, Galinette, Anne Laure T, Thib, Piolo, Bestofava, Caterine, Pixeline, Pomme d'Happy, Les voyages de Lucy, Louisianne, Mimireliton, Wolverine, Laulinea, Isaquarel, Frédéric, Dame Skarlette, Hibiscus, Sinuaisons, Gilsoub, Lau* des montagnes, Tuxana, Guillaume, Mathilde, Dr. CaSo, Photo Tuto, Chloé, Agnès, Champagne, Gizeh, Leviacarmina, Marie, Djoul, Agathe, Céline in Paris, Hypeandcie, La Dum, dreamtravelshoot, Filamots, Mes ptits plats, Fanfan Raccoon, Testinaute, Cécile - Une quadra, Anne, Un jour, une vie, Sophie Rififi, Marmotte, Les bonheurs d'Anne & Alex, Arwen, LisaDeParis, magda627, DelphineF, CetO, Maria Graphia, Oscara, Zaza, BiGBuGS, The Singapore Miminews, El Padawan, Cocosophie, Xoliv', Mamysoren, Coco

 

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14 octobre 2013 1 14 /10 /octobre /2013 06:47

Si Jacqueline de Romilly a écrit ce texte à la mort de sa mère, en 1977, elle avait demandé à ce qu'il ne soit publié une fois qu'elle serait morte, tant ce qu'il recélait d'intime l'aurait mise mal à l'aise.
De Jacqueline de Romilly je n'avais jamais rien lu, n'étant pas helléniste, et ne connaissais ce personnage que de loin, je dois bien l'avouer, jusqu'à sa mort et aux articles qui ont succédé.
Pourtant, dès que Jeanne est sorti, j'ai voulu lire ce récit. Le temps a passé, je ne me l'étais pas procuré; il était enfoui dans ma mémoire lorsque George nous l'a proposé (à deux reprises!).

C'est un texte particulièrement intime, en effet, et je comprends que Jacqueline de Romilly ait préféré qu'il soit dévoilé après sa mort. Mais aussi un texte particulièrement doux, plein de tendresse et d'amour véritable, non un amour idéalisé, embelli par des souvenirs qu'on se plaît souvent à redorer plus ou moins consciemment.
La force du récit consiste dans le charme de Jeanne, qui a marqué tous ceux qui l'ont croisée, alliage d'une élégance sans faille dans son apparence comme dans son comportement ("elle n'aurait pas peu peur, elle n'a jamais eu peur [...] Surtout, elle ne l'aurait pas laissé voir. De même qu'à aucun moment de sa vie elle n'a toléré d'être vue mal habillée [...] C'était là, assurément, obéir à une certaine idée du bien; mais c'était avant tout rester fidèle à ce modèle intérieur"), d'un esprit ironique et fin, et d'une force irréductible et tranquille. Charme que parvient à ressuciter la plume à la fois touchante et clairvoyante de sa fille, et auquel l'on succombe tout en se promettant de faire siens ses modèles et lois intérieures - "On supporte ce que l'on veut", "remporter sur le temps et la solitude mille petites victoires, pleines d'allant et de panache".
Mais si ce récit est autant poignant, c'est aussi parce que Jacqueline de Romilly parvient à articuler tous les non-dits de nos relations avec les autres, tous ces silences qui n'en sont pas, ces malentendus que l'on ne dissipe pas, par paresse ou par lâcheté.

 Avec en toile de fond une France secouée par les guerres et les mouvements sociaux, Jeanne est un portrait de femme émouvant, une relation mère/fille particulière, mais également en creux un portrait partiel de l'auteur, qui ne s'épargne pas en revisitant son passé.

 

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