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30 août 2013 5 30 /08 /août /2013 06:39

bauchau-boulevard.jpg

 

Difficile pour moi d'évoquer cette lecture, tant elle a suscité de sentiments contradictoires en moi .

Comme presque toutes les lectures du Prix - du moins jusqu'à présent, je l'appréhendais (comme quoi, il faut dépasser ses peurs, jeune Padawan). Il faut dire qu'entre le cancer, la mort, l'occupation et la guerre, il y avait de quoi tout de même; et c'est finalement le soleil radieux du mois d'août qui m'a donné le courage de me lancer.

Dès la deuxième page, Henry Bauchau m'avait ferrée avec le récit de sa première ascension. J'ai du mal à expliquer véritablement pourquoi, mais cette lecture était comme une révélation: j'en parlais à tout le monde, tellement impressionnée par ce que l'écrivain parvenait à partager sans rien appesantir.

Et puis un peu après la moitié ma lecture a commencé à patiner. Les rencontres du narrateur avec l'effroyable Shadow me laissaient perplexe et me lassaient un peu, sans doute trop cérébrales à mon goût. Mais je me suis accrochée, et pense en être aujourd'hui encore récompensée.

Plus qu'à son écriture, j'ai été sensible à l'art de raconter d'Henry Bauchau, à sa précision, au regard sans fard qu'il porte sur lui-même comme sur les autres, à l'importance qu'il accorde aux souvenirs qui nous construisent, à ses aller-retours incessants entre passé et présent, entre êtres aimés et inconnus, entre grands moments et contrariétés quotidiennes. A sa manière si juste de dépeindre la vie en somme.

Et aujourd'hui, alors que je l'ai terminé depuis plusieurs semaines, je ne cesse d'y revenir encore et, à sa manière, il m'accompagne.

"Je voudrais faire l'économie de toutes ces morts que j'ai vécues, de celles que je devrai vivre encore. Je ne peux pas, je suis dans ce temps, dans ce monde, il n'y en a pas d'autre."


La proposition de Delphine pour le premier Prix du Club des Lectrices.

 

 

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28 août 2013 3 28 /08 /août /2013 06:49

- "Ton père a acheté une décapotable, elle sera à toi quand tu auras ton permis.
- Elle est de quelle couleur?
- Verte.
- QUOI? Nan mais c'est même pas la peine j'en veux pas, moi j'veux une noire, t'as qu'à lui dire, j'veux une noire! Nan mais verte, quoi, non mais dis-lui, DIS-LUI!
- Nan mais à la base elle est pas pour toi!
- Nan mais laisse tomber de toute façon j'veux un 4x4!"

 

 

 

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26 août 2013 1 26 /08 /août /2013 16:39

summersubway.jpg

Les courants d'air soulevant les jupes des filles sont oubliés.
Un week-end glacé, et les souvenirs d'été sont au loin remisés.
Tous les usagers ont reparu; dans leurs mains les quotidiens gratuits

ont remplacé les guides exotiques.
Les souris sont comme moi découragées par ce retour brusque bien que prévisible.

Fini pour elles le règne du métro, oublié pour moi le calme des rames désertées.

A nous l'obligation de cohabiter avec ceux qui furent des vacanciers.

 

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21 août 2013 3 21 /08 /août /2013 07:07

jeune-et-jolie-affiche

 

Tel est le titre du dernier opus de François Ozon.

Une histoire de jeune fille riche qui, débarrassée de son encombrante virginité, décide de se prostituer. Pas par besoin, puisque la demoiselle est plutôt bien née, mais peut-on pour autant parler de désir?

On pense à Belle de Jour, forcément, mais également à Shame tant la fascination qu'a Isabelle pour le sexe prend une tournure addictive.

Addiction, fascination, répulsion ou émancipation, on ne comprend pas vraiment l'héroïne d'Ozon qui demeure d'une opacité sans faille. Un peu comme le propos de François Ozon, dont on ne sait pas tellement s'il espérait nous choquer (du moins nous provoquer) avec ce récit d'initiation, ni s'il pose un regard tendre ou cruel sur son héroïne lorsqu'il choisit d'illustrer son film avec les chansons yéyés de Françoise Hardy (qui déclenchent à chaque fois les rires nerveux de l'assistance).

Rien ne nous attache à Isabelle, sinon la subjuguante beauté de Marine Vacth qu'on ne se lasse pas de contempler de plan en plan - tout en admirant le merveilleux travail des coiffeurs qui parviennent à nous faire croire à ses chignons faussement noués à la va-vite.

Heureusement il y a Charlotte Rampling, qui, en deux scènes seulement, parvient à irradier le film. Mais conseillerait-on d'aller voir un film pour deux scènes seulement?

"Dis lui non", chanterait Françoise Hardy.

 

 

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15 août 2013 4 15 /08 /août /2013 12:00

photo-copie-12.JPG

J'ai longtemps tourné autour des objets (j'y suis très attachée), et finalement c'est lui qui l'a emporté, étant donné qu'il est autour de mon cou toute la journée...

 

Nous sommes le 15, il est midi, heure de Paris: c'est la photo du mois.

Quels autres objets seront mis à l'honneur ce mois-ci?

Alexinparis, Ava, Carnets d'images, Chat bleu, Dame Skarlette, Eloclemence, Galinette, _Hypeandcie, La Dum, Les voyages de Lucy, Marmotte, Zaza, Violette, Thib, Tambour Major, Sephiraph, Oscara, Meyilo, Marie-Charlotte, Lyonelk, Lavandine, La Messine, KK-huète En Bretannie, Homeos-tasie, Giselle 43, Fanfan Raccoon, E, Cocosophie, Cherrybee, CetO, Lavandine83, Caro from London , Bestofava, Ann, Agnès, Alice Wonderland, Aurélie Ménard , BiGBuGS, Cara, Cekoline, Champagne, Christelle, Cricriyom from Paris, El Padawan, Elodie, Isa, Guillaume, Isaquarel, Kob, La voyageuse comtoise, L'Azimutée, Lucile et Rod, Mes ptits plats, Nie, Pilisi, Shoesforgirls, Thalie, Un jour, une vie, Xoliv', woocares, Une niçoise, The Parisienne, Sophie Rififi, scarolles-and-co , Photo Tuto, Nicky, Mathilde, magda627, Louisianne, Les bonheurs d'Anne & Alex, Laurent Nicolas, La Nantaise, Kia909, J'adore j'adhère, Hibiscus, Gizeh, Gilsoub, Frédéric, Djoul, Claire's Blog, Chloé, Céline in Paris, Calamonique, Blogoth67, Arwen, Anaïs and Spip, Alban, Akaieric, Anne, Caterine, Christophe, Coco, DelphineF, Eurydice, François le Niçois, Happy Us, Josiane, Krn, La Fille de l'Air, Lau* des montagnes, M.C.O, Mamysoren, MissCarole, Morgane Byloos Photography, Ori, Pixeline, Skipi, Stephane08, Testinaute, The Singapore Miminews, Tuxana, Viviane, Wolverine, Cathy, Julie, Laulinea, Monptitboudoir, Renepaulhenry, Solveig,

 

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13 août 2013 2 13 /08 /août /2013 07:17

photo-copie-15.JPGUn beau cadeau de Missbouquin, qui connaît mon penchant pour Michèle Lesbre depuis Le canapé rouge

Un an s'est écoulé depuis ma découverte de cet auteur, et j'ai à nouveau été touchée, un peu pour les mêmes raisons. Le sentiment aussi qu'elle a pris le relais de Nuala.

Alors, oui, certains passages m'ont moins touchée que d'autres, certains paragraphes m'ont semblé de trop, mais les mots de Michèle Lesbre m'ont embarquée malgré tout, m'ont attachée aux pas de son héroïne où j'ai - une fois de plus - retrouvé un peu de moi. Cette fébrilité m'a portée de bout en bout de ma lecture, comme l'héroïne au bout de sa nuit.

Et si celle-ci estime que "les mots ne sont pas toujours à la hauteur", cela ne vaut pas pour ce roman, dont je suis encore toute imprégnée.

"Quelque chose me dérangeait soudain, quelque chose qui ressemblait à ma vie rituelle et monotone que les murs me renvoyaient. [...] Toute cette vaisselle, tous ces échafaudages d'objets inutilisés, accumulés au fil du temps, me ressemblaient peut-être."

"c'est un sourire ambigu, plein de cette appréhension que j'ai toujours eue dans les moments heureux."

"J'affirmais alors qu'il te manquerait toujours de ne pas avoir vu la maison des étés de mon enfance avant qu'elle ne soit vendue, que tu ne pouvais prétendre me connaître sans avoir fait le chemin jusqu'à elle, et donc jusqu'à moi."

 

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9 août 2013 5 09 /08 /août /2013 06:18

Plus d'un an après la rétrospective au jeu de Paume,  j'ai enfin pris le temps de lire Une chronologie, sans doute encore dans l'élan photographique qui m'a pris depuis mon passage aux RIP.

C'est donc la tête pleine des photos des autres que j'ai commencé cet ouvrage, composé d'extraits des journaux de Diane Arbus autant que de sa correspondance, regroupés chronologiquement avec en parallèle quelques repères biographiques.

Ce qui n'était pas plus mal finalement, car j'ai pu me concentrer sur la personnalité de Diane Arbus, sa vie personnelle et professionnelle. Son écriture m'a embarquée dans ses interrogations, ses recherches théoriques et pratiques (ses différents appareils photo), ses amitiés, sa famile l'évolution de son travail - c'était la première fois pour moi que je suivais de si près le cheminement d'un artiste.

Un témoignage rare et intelligent, une personnalité particulièrement attachante, dont la mort m'a semblée brusque et soudaine, et m'a laissée hébétée.

 

diane-arbus-self-portrait-1945.png

Autoportrait - 1945

 

"Je suppose que la liberté est angoissante. C'est ce que je veux mais quelque chose en moi essaie de me faire croire que je ne peux pas. Et il y a tant de choses à faire qu'il y a des moments où je m'arrête et où je regarde autour de moi, et tout paraît trop dur pour continuer. Ce n'est pas vrai, évidemment. Mais c'est pourquoi les gens ont des emplois et paient des chèques [...] cela leur permet d'éluder des questions sans réponses."

Lettre à Carlotta Marshall, Novembre 1969

 

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7 août 2013 3 07 /08 /août /2013 07:08

Même si j'ai déjà évoqué ici et mes plus fortes découvertes de ces RIP, les photographes suivants ont également constitué de vraies découvertes:

 

Empreinte d'Antoine Gonin: de sublimes paysages aux allures de gravures.

Antoine-Gonin.jpg

Corse, France - 2010

 

Témoignage social de Jean-Louis Courtinat: une gifle salutaire par les temps qui courent.

02b.jpg

Xavier et Cathy - 2012

 

1936, Dina, Pierre, Sacha.... de Pierre Jamet: l'ouverture des premières Auberges de Jeunesse, les premiers congés payés, un bonheur estival dont l'éclat prend une couleur particulière lorsque l'on sait ce que réserve l'avenir.

27238.jpg

Dina sur la route - 1937

 

Marcela Paniak (prix découverte 2013), une jeune photographe de vingt-deux ans dont l'univers poétique et onirique m'a particulièrement séduite et touchée, et dont je suivrai l'évolution avec intérêt.

med_marcela-paniak_elysium_01-jpg.jpg

Elysium - 2013 #1

 

 

Vivement l'année prochaine....

 

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5 août 2013 1 05 /08 /août /2013 07:03

Je me rappelais encore les Gitans de Koudelka en pénétrant dans l'église Sainte Anne près d'un an après, espérant une rencontre aussi forte avec ce Sergio Larrain dont tout le monde parlait - il s'agit en effet de la première rétrospective qui lui est consacrée.

Photographe que l'on pourrait qualifier de comète (il se retira du monde de la photo en 1970, après seulement vingt années de carrière), ses clichés n'en sont que plus frappants et son talent incontestable - il intégrera d'ailleurs Magnum dès les années 60. 

De l'Amérique du Sud à l'Angleterre, ses photographies sont empreintes d'un véritable humanisme, et font preuve d'un oeil à part, ce qui leur confère un caractère magique sinon magnétique, vibrant.

 

                              ARLMSC5348       med par131221-jpg

                           Passage Bavestrello, Valparaiso, Chili - 1952        Entre l'île de Chiloé et Puerto Montt, Chili - 1957

 

 

Avec Gordon Parks c'était différent. Son nom ne m'était pas inconnu, je connaissais ses photos de mode - il sera même un moment rattaché au bureau parisien de Life afin de couvrir toute la mode parisienne. Si j'en ai retrouvé certaines, c'est un tout autre aspect de son travail (et également tout un pan de l'histoire afro-américaine) que j'ai découvert à Arles, ainsi que l'engagement qui l'a motivé toute sa vie: reportages à Harlem, dans les favelas de Rio de Janeiro, chez les Black Muslims, avec Muhammad Ali... Gordon Parks n'aura de cesse de dénoncer les injustices, la pauvreté et le racisme, interpellant ainsi les lecteurs de Life, magazine auquel il collabora pendant de longues années. Une belle claque.

"Il y a en chacun de nous quelque chose de plus profond que notre sang ou notre couleur de peau: notre aspiration à un monde meilleur. [...] Il n'est pas trop tard pour que nous vivions ensemble en paix sous ces cieux agités."

 

                         psu_american_gothic_3k_bw_2_t460.jpg     muhammedali-web.jpg

                     American Gothic (Ella Watson), Washington - 1942               Muhammad Ali, Miami - 1942

 

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1 août 2013 4 01 /08 /août /2013 07:06

De tout ce que j'ai vu aux Rencontres d'Arles, je garderai en mémoire trois véritables chocs visuels: Sergio Larrain, Gordon Parks et Michel Vanden Eeckhoudt.

Je ne connaissais ce dernier ni d'Eve ni d'Adam, et dès la première photo j'ai été emportée dans son univers où les animaux nous interpellent (très fortes images de zoos) et où la vie grince aux entournures. On se sent à la fois mal à l'aise et fasciné par l'étrange beauté que recèlent ces clichés.

Doux-Amer était un titre parfait.

 

ARLMSC5332.jpg

 

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