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1 mars 2017 3 01 /03 /mars /2017 17:02

Je ne comptais pas le lire.
J'évite habituellement ces histoires qui me retournent le cœur et l'âme.
Au cinéma, passe encore, mais en littérature, pas question! Pas question de passer plusieurs jours dans le malaise, la tension.

Et puis... une interview à la journée ELLE&les femmes et un épisode de La Poudre plus tard, ce roman s'est imposé.
Pas tout de suite, non. Laisser passer un peu de temps, se faire à l'idée, se le garder pour après - après les vacances, après la lecture de la reprise qui ne m'a finalement pas tant épargnée...

Une virée à la librairie plus tard, me voilà en sa possession, et moi qui suis surtout une lectrice du métro, je l'entame, comme une affamée, dès le vendredi soir. Puis le retrouve le lendemain.
Quand j'y suis plongée, plus rien d'autre n'existe, vraiment.
Je dors mal, évidemment, et, si je parviens à tenir le malaise à distance, une certaine tension me gagne peu à peu, jusqu'à ce que je le termine ce matin.

Chanson douce est un texte puissant, qui emmène loin, plus loin que prévu, qui force à regarder la laideur et l'horreur en face et qui interroge, remet profondément en question nos soi-disant principes et nos petits arrangements avec l'existence.
Leïla Slimani signe un roman contemporain plein d'intelligence et de résonance: sur la place des femmes (et sans aucun fard sur la maternité), les injonctions sociétales auquel on se soumet chaque jour (en ayant parfois l'impression d'en être libéré, la belle affaire!), les inégalités et différences de classe...

Une lecture troublante, remuante, mais nécessaire.

 

 

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27 février 2017 1 27 /02 /février /2017 08:53

 

Des silhouettes monochromes, qui font la part belle aux matières.

Duveteux, lisse, mat, flammé, poilu, soyeux, brillant, métallisé, transparent, épais, l'important c'est l'aspect, la texture de la couleur plus que la tonalité elle-même - ce qui n'est pas sans rappeler la perception des couleurs au Moyen-Age expliquée par Michel Pastoureau dans ses ouvrages.

Des silhouettes rouges, camel, gris souris, anthracites, beiges, noires évidemment, de jais ou d'encre, d'une simplicité sophistiquée mais surtout d'une sensualité palpable.

La faute aux étoffes, à ces velours, ces draps de laine et autres fourrures, à ces tricots si fin qui s'enroulent autour des cous et dévoilent en transparence la pointe d'un sein.

 

Le feu sous la glace, ce cliché vivace d'une femme torride qui aurait les traits de Jessica Chastain.

 

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27 février 2017 1 27 /02 /février /2017 08:30

 

Une paire de bottes.
Des bottes rouges qui luisent et collent à la jambe.

Une jupe longueur midi.
Craquante sous les doigts, et soyeuse.

Des couleurs qui s'entrechoquent.

La fourrure du col et, éparpillés dessus, des cheveux longs qui ont pris le vent
et le temps de s'emmêler dans de grosses créoles.

 

L'audace, la liberté, un souffle électrique.

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24 février 2017 5 24 /02 /février /2017 10:36

 

Ces petites phrases qu'ils/elles lâchent de temps à autre, au détour d'une phrase, comme une ponctuation.

"Tu sais comment sont les femmes: émotionnelles."

"On lui a demandé de ne pas avoir d'enfant pendant au moins deux ans."

"Elle tu vois, c'est une vraie pro, elle reviendra juste après son accouchement."

 

Ces phrases qui se multiplient dès qu'on y prête un peu plus d'attention et qui mettent en rage.

 

Ça ne résout pas le problème, mais ça va sans conteste mieux en le disant!

 

 

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22 février 2017 3 22 /02 /février /2017 11:31
 
C'est un livre à mettre entre toutes les mains - même celles des hommes (surtout celles des hommes?).

Il m'a tellement touchée qu'il m'a fallu quelques mois pour y revenir.
Après décantation en quelque sorte.

Je me suis reconnue bien souvent dans les situations/sentiments/contradictions décrits par Nancy Houston, qui regarde ici son parcours de femme avec son œil d'aujourd'hui, l'interroge, s'interroge, cherche, fouille, questionne des hommes aussi. Avec un ton que certains trouveront sûrement péremptoire - que je qualifierais de militant pour ma part.

Evidemment, tout le monde ne sera pas d'accord avec Nancy Huston - je ne l'ai pas forcément été, d'ailleurs. Rappelons simplement que ce texte n'a pas de vocation scientifique, il se base clairement sur son expérience, son vécu, ses amis, son univers... Même si elle élargit le champ de ses recherches, Reflets dans un œil d'homme demeure pour moi un écrit personnel - avec une portée universelle, certes, mais en aucun cas une vérité sociologique.

Mais je lui suis reconnaissante d'avoir su poser des mots sur des ressentis que je ne parvenais pas à exprimer, à formuler, d'avoir enfoncé les portes d'une prise de conscience amorcée depuis un moment, de m'avoir ouvert tant de pistes de réflexion à explorer, encore.
 
***
 
"Théoriquement notre réussite (comme celle des hommes) ne tient plus qu'à notre compétitivité, à notre volonté, à notre intelligence. Mais du matin au soir, les artéfacts de notre culture nous assènent au contraire qu'elle dépend de notre apparence physique. [...] Où est le vrai et où le faux? Suis-je mon corps, ou mon esprit?
Même si l'idéal de l'égalité entre les sexes rencontre l'approbation enthousiaste de leur esprit, il entre étrangement en collision avec ce qu'expérimente leur corps jour après jour...
[...] c'est formidable, aussi, de s'entendre dire que l'on est belle [...] et parce qu'on aime, aussi - parfois, c'est vrai, si on peut faire confiance -, baisser sa garde, abandonner son intelligence, son esprit critique, sa capacité d'analyse, et se laisser porter, emporter par le désir des hommes. C'est ce qui se passe dans l'amour: on n'est plus personne ou on est toutes les femmes en même temps, et l'on aspire aussi à se perdre, à s'égarer, à se confonde avec l'espèce, à se laisser envahir par le féminin générique [...]
si l'on est femme, l'on peut aussi réellement se perdre dans cette affaire-là. Devenir femme perdue.
Il y a là de quoi plonger toutes les jeunes femmes dans une schizophrénie carabinée."
 
CQFD.
 
 
 
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17 février 2017 5 17 /02 /février /2017 12:47

 
Il s'appelle Chiron, mais on l'appelle Little, puis, plus tard, Black.

C'est un taiseux qui regarde souvent le sol et engloutit les assiettes qu'on lui donne.

C'est un petit garçon qui se fait traiter de tapette par les autres, un adolescent que ces mêmes autres attendent à la sortie du lycée parce que son jean est trop serré, puis un jeune homme qui n'a finalement pas tant changé que ça.
Les trois acteurs qui interprètent Chiron aux différents âges de sa vie ne se ressemblent pas trait pour trait, mais leurs expressions troublantes de similitudes nous permettent d'y croire absolument.

Au départ je suis allée voir Moonlight pour Mahershala Ali, cet acteur qui me fascine et m'impressionne depuis que je l'ai découvert dans House of Cards.
Dommage que son personnage ne soit pas exploité davantage, car, au-delà du charisme de son interprète, il avait une véritable présence et un potentiel dramatique.

Dommage aussi que le rythme soit un peu trop monotone. Ce qui fait la force du film au départ finit par le desservir et nous laisser au bord de la route par moments.
Dommage, parce que certaines scènes sont vraiment fortes, d'une poésie brute et assumée, parce que la mise en scène est maîtrisée, et que le regard de Barry Jenkins est singulier - ses plans sont très réussis d'un point de vue esthétique (la leçon de natation dans l'océan en est la plus belle illustration), et sans complaisance gratuite.

 

Nul doute que la trajectoire douloureuse (mais sans pathos) de Chiron accompagnera mes pensées un bon moment, et que je serai attentive au travail de Barry Jenkins.

 

 
 

 

 

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19 janvier 2017 4 19 /01 /janvier /2017 11:32

 

Ce n'est pas une histoire banale, et les personnages sont loin de l'être eux aussi.

Et pourtant. Et pourtant, au-delà de l'intérêt dramatique, Transparent a quelque chose d'universel. Cela ne semble pas évident comme ça, au premier abord (on n'a pas tous un père trans qui décide de faire son coming-out à l'âge de la retraite), mais finalement les thèmes évoqués dans la série sont plus généraux qu'ils n'en ont l'air: désir, émancipation, relations aux autres, peur de la solitude... autant de problématiques contemporaines dans lesquelles on peut se retrouver.

Un beau jour, suite logique d'un parcours dont on découvre quelques étapes au fil des épisodes, Mort décide de vivre tous les jours dans la peau qu'il revêt de temps en temps, à l'abri des regards connus (ou presque), depuis des années: celle de Maura. La série commence avec ce coming-out, puis s'élargit pour suivre les péripéties de la famille Pfefferman dont chaque membre est unique à sa manière et haut en couleurs - pas forcément attachant au sens traditionnel, mais fascinant. Et suscitant suffisamment d'intérêt pour qu'on leur emboîte le pas pour plusieurs saisons.

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13 janvier 2017 5 13 /01 /janvier /2017 16:22

 

Hedi a vingt-cinq ans.
Hedi dessine sur son cahier en réunion - il est (un mauvais) commercial chez Peugeot.
Hedi vit avec sa mère, à Kairouan, en Tunisie; il va se marier. Sa fiancée, Khedija, est jolie, cela fait trois ans qu'ils se voient une fois par semaine, le soir, dans la voiture d'Hedi, sans se toucher ni s'embrasser. Une fois mariés, ils iront habiter dans l'appartement que la mère d'Hedi a fait rénover pour eux - avec, tout de même, une entrée séparée.

Hedi étouffe et on comprend pourquoi - à dire vrai, on étouffe avec lui. "Tu veux de l'argent?", "Non, je ne t'accorderai pas de congé pour ton mariage", "Tu mettras cette cravate", "Tu feras du porte-à-porte", "On t'a trouvé un travail", "Avec tout ce qu'on a fait pour toi"... Les injonctions pleuvent de tous les côtés, tout le temps.

Alors la tournée de prospection imposée prend des allures de fuite en avant, et Hedi fait ce dont on a tous rêvé: ne plus répondre à son patron, éteindre son téléphone, se poser face à la mer, savourer cette liberté volée. Pas besoin de plus pour qu'il se révèle à lui-même et se découvre une audace qui le surprend - et lui permettra de rencontrer Rym, femme émancipée qui ne s'excuse pas de vivre sa vie.

Les personnages sont fascinants et complexes (au revoir psychologie de comptoir), et le malaise diffus qui va croissant au fil du film est contrebalancé par la chaleur et la simplicité de Rym. Difficile d'en dire davantage sans déflorer l'intrigue.

Ce film avait pour moi une saveur particulière; il m'a rappelé les odeurs et la lumière, solaire sur la plage, glaciale au restaurant de l'hôtel, les immenses complexes tunisiens désertés par les étrangers effrayés par le terrorisme, les routes défoncées au milieu des champs d'oliviers, les bureaux vides et trop calmes des chefs d'entreprise - la Tunisie que j'ai touchée du doigt à la faveur d'un voyage professionnel.

 

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21 décembre 2016 3 21 /12 /décembre /2016 12:32

Je suis allée voir La jeune fille sans mains à cause de cette image - ou plutôt grâce à cette image.

Je n'aime pas les films d'animation. Je m'ennuie rapidement, je n'arrive pas à me laisser emporter, je sens le temps passer, lentement. Mais cette image m'avait fait envie, et je me suis laissé tenter.

La jeune fille sans mains est un magnifique voyage. Visuellement déjà, le film est une merveille. Le dessin si expressif est vraiment magnifique, les trouvailles graphiques s'enchaînent en un enchantement permanent.
Le travail du son, qu'il s'agisse des bruitages (vent, eau, feu, animaux), de la musique ou encore des respirations, rires, chants de la jeune fille, est parfaitement maîtrisé et contribue autant que le dessin à la réussite de ce film. 

Tous ces bruits de la vie, tous ces tableaux donnent au vivant le premier rôle, avant même cette jeune fille aux mains coupées, qui va traverser de nombreuses épreuves sans jamais se départir de son envie de vivre. Les arbres, le linge qui sèche au vent, le goût d'une poire, cette nature si sensuelle nous emporte, on sent presque le vent soulever nos cheveux.
La jeune fille sans mains m'a fait penser au Chant du monde de Giono, un livre sensuel et vivant toujours présent dans mon esprit.

 

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5 décembre 2016 1 05 /12 /décembre /2016 10:11

C'est un petit livre, composé de courts textes écrits par Patti Smith en 1991.
Un recueil de textes plus ou moins courts, certains plus poétiques que d'autres, des bribes d'enfance et de jeunesse demeurés intacts, comme pliés au creux d'un grand mouchoir que Patti Smith aurait décidé de sortir du fond de sa poche, des textes où l'on sent presque les hautes herbes des prés, la chaleur du bain et l'encens.

 

 

"J'ai toujours imaginé que j'écrirais un livre, ne serait-ce qu'un petit livre, qui emmènerait le lecteur dans un royaume qui ne pouvait être résumé ni même évoqué par le souvenir."

 

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