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8 avril 2013 1 08 /04 /avril /2013 06:47

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J'ai eu beaucoup de mal à me faire une opinion claire sur ce roman qui a pâti, je crois, de la lecture décousue que j'en ai faite. Commencé à la veille d'un long week-end, je l'ai abandonné pendant quatre jours, à cinquante pages à peine de la fin. A mon retour le dernier tiers m'a été plus difficile à lire alors que j'avais été happée par le début.

Pour commencer j'ai été réellement séduite par l'écriture de Pierrette Fleutiaux, précise et fine, juste et franche dans son analyse des sentiments violents qui nous étreignent parfois, et de plus en plus empirique au fil du roman.

En revanche le personnage principal me paraissait de prime abord opaque: son détachement par rapport aux choses matérielles, son indifférence face à l'art comme à la beauté, son mode de vie si simple étaient difficiles à comprendre pour moi, qui suis plutôt attachée aux jolies choses, garantes de mon bien-être si souvent, et leur accordant (trop?) rapidement une valeur sentimentale*. Son basculement, sa révolution, m'ont forcément intéressée, et j'ai été totalement embarquée dans ce récit si dérangeant.

Car si au départ l'éveil de la narratrice sonne comme une renaissance, voire même une naissance tout court, elle sombre rapidement dans ses oppressantes obsessions, jusqu'à perdre totalement pied, flirtant avec la folie. Autant les débuts de sa dérive m'ont captivée, la suite de ses péripéties m'a semblée un peu démesurée, peu vraisemblable. L'overdose de couleurs finales (une partie sur le vert, puis une sur le rouge, ainsi de suite) m'a un peu écoeurée mais surtout lassée: l'exercice de style tournait à vide

Ce récit m'a également semblé un peu daté. Sans que je parvienne à en identifier les raisons, il me paraissait vraiment l'empreinte d'une époque révolue. Peut-être parce qu'aujourd'hui le pouvoir de l'image est si fort qu'il est impossible de comprendre ce personnage presque aveugle finalement, insensible aux couleurs, à la beauté de ce qui l'entoure? Entre les réseaux sociaux, instagram, les blogs, nous sommes continuellement abreuvés d'images, et sommes tous devenus des photographes compulsifs de notre quotidien, traquant l'esthétique à chaque coin de rue.

Un avis un peu mitigé donc, mais qui m'a donné envie de découvrir les autres romans de Pierrette Fleutiaux.

 

 

* en CP je n'osais même pas me séparer de mes stylos bille usagés, il m'a fallu des années pour y arriver!

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3 avril 2013 3 03 /04 /avril /2013 16:44

Ça y est, les trois premiers mois de l'année sont écoulés!

Trois petits mois?

Trois longs mois?

Trois mois de froid?

 

Trois mois qui en tous cas m'auront permis de me distinguer dans d'illustres fresques, que nous présenterons ici en commençant par la troisième place, afin de maintenir un certain suspense.

 

En troisième place: découvrir les joies de la double blessure.

(s'enfoncer une écharde dans le doigt en séparant mes baguettes)

(se mordre la lèvre pour étouffer son cri - le public était dense et si joli)

(compresser son doigt dans la serviette le plus naturellement du monde - ça saigne beaucoup un doigt - en riant bêtement pour tromper l'adversaire)

(réussir à enlever cette écharde de compétition - 1,5cm s'il vous plaît - plus de dix jours après)

(recouvrer l'usage de son doigt)

(s'en émerveiller)

(imaginez la béatitude s'il s'était agi du pouce opposable)

 

La médaille d'argent revient à la chute en climat froid devant un public d'une rare densité, dont les mouvements s'apparentent aux transhumances des bisons.

(La Défense)

(heure de pointe)

(...)

(ai-je vraiment besoin d'en dire plus?)

 

Sur la plus haute marche du podium: manquer rater son avion à un cheveu.

(tout en étant à l'aéroport depuis des lustres)

(avoir eu le temps de boire un café en or liquide assorti d'un muffin en or massif)

(faire une performance digne de Marion Cotillard au guichet Air France, larmes de crocodile perlant au coin de l'oeil)

(battre le record de sprint avec talons sur carrelage glissant

(une performance exceptionnelle compte tenu de la non-préparation physique de l'athlète)

 

Il reste combien de mois en 2013? Neuf?

 

 

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27 mars 2013 3 27 /03 /mars /2013 13:25
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Notre diffusion est actuellement suspendue pour cause de cerveau essoré.
Les programmes reprendront normalement en début de semaine prochaine.
Merci de votre compréhension; veuillez-nous excuser pour la gêne occasionnée.

 

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22 mars 2013 5 22 /03 /mars /2013 06:12

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Choix 1: il m'a reconnu, ou alors il se souvient de cette râleuse qui avait confié son désarroi à son collègue: "Non mais je ne comprends pas pourquoi ils m'appellent tous Jeannette?!??" (Nan mais Allô?)
Taux de probabilité: 30%
(étant donné la localisation et la fréquentation numéraire qui en découle)


Choix 2: il a lu mon post précédent.
Taux de probabilité: 0,01%
(faut être réaliste ma bonne dame)


Choix 3: il a compris à qui il avait affaire. J'ai commencé par articuler comme jamais, avant de scruter sa main d'un œil anxieux, jusqu'à ce qu'il se sente obligé de me montrer le gobelet témoin pour validation.
Taux de probabilité: 85%
(j'ai décidé de ne plus rien lâcher en politique extérieure)

 

Quoi qu'il en soit, cette fin de semaine a pour moi le goût de la victoire.

 

 

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20 mars 2013 3 20 /03 /mars /2013 06:41

Apparemment les gens ont problème avec mon prénom.

Environ 90% des gens que je croise (avec une hausse notable, voire même impressionnante ces derniers mois) font erreur.

Et quelle erreur!

On pourrait s'attendre à ce qu'ils m'appellent Violaine. La probabilité la plus élevée, prénom plus courant que Violette - mais beaucoup moins joli (*autopromo*) (parfois il le faut) (en même temps ce n'est pas moi qui l'ai choisi) - et celui qui s'en rapproche le plus.

Perdu.

On pourrait s'attendre à ce qu'ils m'appellent Fleur, par association d'idées. Ou bien Myrtille , que sais-je?

Que nenni.

 

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...

Non mais  franchement, pourquoi Jeannette?

...

Où est le rapport?

...

Loin de moi l'idée de vexer les Jeannettes, je voudrais juste comprendre pourquoi, alors que j'articule quand je parle, que je m'applique à prononcer chaque mot dis-tinc-te-ment, on m'appelle Jeannette?

Et est-ce que les Jeannette se font appeler Violette?

 

 

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18 mars 2013 1 18 /03 /mars /2013 06:06

image.jpegCe livre aussi fort que bref réussit à semer un trouble qui persiste plusieurs jours après en avoir achevé la lecture.

Eté 68, un bord de mer américain, une maison de vacances.

La maison d'à côté que l'on loue, le bateau pour les virées en mer, un héros de dix-huit ans, les filles, la poésie. Les écueils banals de nos vies, l'amour au panthéon, le désir. Rien de nouveau sous le soleil, me direz-vous.

Et pourtant.

Se délestant rapidement de ses fausses allures de roman initiatique, le récit s'approfondit page après page, jusqu'à la conclusion tragique (annoncée dès la première phrase mais qu'on oublie en chemin, grisé que l'on est par le soleil, la mer et Emily Dickinson).

Il m'est difficile de trouver les mots justes pour évoquer sans le trahir ce récit, qui n'a rien de la légèreté ni du badinage estival dont il semble se parer au premier abord.

L'amour adolescent n'est finalement qu'un prétexte, un catalyseur précipitant les désirs et préoccupations de chacun, et la tension monte jusqu'à en devenir presque étouffante pour le lecteur comme pour Michael: "Il me tardait que cette fête s'achève et que l'été prenne fin."

Les dialogues sont parfaitement menés, les personnages finement étudiés, le déroulement du récit maîtrisé. Il n'y a pas une phrase de trop, et on termine cette lecture presque hagard, secoué en tout cas, par la claque de littérature que l'on vient de se prendre.

 

***

 

Charles Simmons privilégiant la qualité à la quantité, il ne publie qu'un livre par décennie. Aujourd'hui seuls deux de ses romans sont traduits en français: Les locataires de l'été, donc, et Rides.

 

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15 mars 2013 5 15 /03 /mars /2013 12:00

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Un millefeuille de connaissances, théoriques tout au moins!

 

Nous sommes le 15, il est midi, heure de Paris: c'est la photo du mois.

Pour vous immerger dans le savoir (quelle ambition!), c'est par ici:

Wolverine, Agrippine, Alice Wonderland, Violette, Gizeh, Carnet d'escapades, La Fille de l'Air, Sébastien, Tuxana, Viviane, Carole In Australia, Cara, Akaieric, Lauriane, Isaquarel, LisaDeParis, Meyilo, flechebleu, Karrijini, Leviacarmina, M, Testinaute, N, Nataru, Dr. CaSo, Les bonheurs d'Anne & Alex, Caro from London , Champagne, magda627, Christelle, La Papotte, Eurydice, Xavier Mohr, Berliniquais, Frédéric, Akromax, LaGodiche, Angélique, Céline in Paris, La Flaneuse, Lucile et Rod, Lyonelk, Pat Québec, Fesse fouille, Filamots, Mamysoren, Coco, Emma, Lavandine, Gilsoub, Krn, Chris et Nanou, J'adore j'adhère, Cynthia, Céliano, Skipi, La Parigina, E, Djoul, Eloclemence, Caterine, Zaza, Hypeandcie, Sinuaisons, Arwen, Cherrybee, Thalie, El Padawan, Laulinea, Cocosophie, Laurent Nicolas, Mistinguett, Nie, Anne Laure T, Dorydee, Cindy Chou, scarolles-and-co , The Parisienne, Cricriyom from Paris, Juriste-in-the-city , Isa ToutSimplement, Solveig, Laure, Anne, Happy Us, Renepaulhenry, The Mouse, David et Mélanie, Blogoth67, Xoliv', Elodie, Bestofava, Narayan, Alexinparis, La Messine, Fanfan Raccoon, Les voyages de Seth et Lise, Louisianne, Chat bleu, A&G, Christophe, Sephiraph, Cook9addict, Les voyages de Lucy, Kyoko, Ava, La voyageuse comtoise, Alban, Homeos-tasie, DelphineF, Nicky, Cekoline, Flo, Mclw, L'Azimutée, Josiane, La Nantaise, Calamonique, Tambour Major, Lau* des montagnes, Dame Skarlette, Marmotte, Carnets d'images, Chloé, A'icha, Sophie Rififi, Ori, Cath la Cigale, Giselle 43, Hibiscus, Stephane08, Guillaume, François le Niçois, Galinette, Mimireliton, Louiki, Julie, Les petits supplices !, Photo Tuto, Pilisi.

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13 mars 2013 3 13 /03 /mars /2013 06:10

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Autant le dire tout de suite: je n'ai jamais été très portée sur la science-fiction, genre qui en littérature comme au cinéma ne m'intéresse pas. Les histoires spatiales et autres combats interstellaires m'ennuient, me forcer à regarder Star Wars est le moyen le plus efficace de me neutraliser.  Alors quand j'ai appris quelle serait notre prochaine lecture, forcément, j'ai eu peur (voire même très peur en découvrant la couverture!). Mais c'est tout l'intérêt du Club que de nous entraîner vers des lectures nouvelles!

Finalement, après avoir réussi à faire abstraction des noms fantaisistes des personnages et des lieux, j'ai été forcée de reconnaître le talent d'Andreas Eschbach et me suis laissée emporter dès les premières pages.

Sûrement parce qu'il est plus question ici d'humanité que de galaxies, et la science-fiction s'efface au profit d'une reflexion sur l'humanité dans ses contradictions et ses travers les plus sombres. Cette analyse de nos vices et cette lucide désillusion m'ont séduite, même si à la longue cette noirceur et ce pessimisme ont pesé sur ma lecture.

Lecture également appesantie par l'écriture d'Andreas Eschbach; une écriture que j'aurais aimée moins lyrique, plus âpre, plus sèche, plus cohérente avec la noirceur du récit. Au début charmée, j'ai fini par la trouver presque indigeste dans les dernières pages.

Dernières pages où je commençais à trouver le temps un peu long. Les différents tableaux/chapitres - qui vont finir par se recouper, comme de bien entendu - m'ont d'abord entraînée, mais j'ai fini par me lasser de ces courts épisodes; il m'a manqué de ne pouvoir m'attacher à aucun personnage. Et si l'épilogue est réussi, le dernier chapitre est d'une niaiserie confondante, bien en-dessous de tout le roman! Dommage de finir sur une telle note.

Le fond m'a plus convaincue que la forme, donc, et je dois avouer mon sceptimiste face aux échos que j'avais eu (en librairie) sur ce texte. Son lyrisme (un peu trop mièvre pour moi) ne m'a pas touchée, même si je dois reconnaître que pour un roman de science-fiction, il est parvenu à m'intéresser.

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11 mars 2013 1 11 /03 /mars /2013 06:25

Depuis peu je prends le train à Montparnasse chaque matin.

 

A Montparnasse il y a les grandes lignes.

Avec elles la possibilité qu'on effleure du bout des doigts, la tentation folle qui guette, le désir qu'on enfouit.

Aller voir la mer si j'y suis.

Changer de quai, acheter son café, se mêler à cette autre foule qui prend d'autres trains que le mien.

 

A Montparnasse, quand on débarque du train le soir, on croit avoir fait un long voyage.

Entrevoir une silhouette familière au loin, déposer une bise sur une joue connue, une main sur une épaule.  

Tu as fait bon voyage?


Mais au bout du quai la foule s'est déjà dissipée, les voyageurs se sont éparpillés.

 

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4 mars 2013 1 04 /03 /mars /2013 06:22

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Il y a des livres dont on se méfie, vis-à-vis desquels on est plein d'appréhension et de préjugés.

A sa sortie le livre de Delphine de Vigan ne m'inspirait rien qui vaille. Trop de bruit autour peut-être... Je n'arrivais pas à accorder de crédit aux bons échos (de critiques ou même d'amis) que j'entendais, je restais bêtement hermétique, j'avais l'impression que tout avait été déjà éventé, que je le connaissais déjà.

En passant à la librairie dernièrement, je l'ai vu en poche sur le coin de la table, et ai décidé de me faire ma propre opinion - mieux vaut tard que jamais. En l'achevant tard dans la nuit, luttant contre le sommeil pour en venir à bout, j'ai pris conscience de ma bêtise, tant cette lecture m'a habitée de bout en bout, et m'a interpellée. 

A la mort de sa mère, Delphine de Vigan n'a eu d'autre choix que d'"écrire sur [elle], autour d'elle, ou à partir d'elle."

Elle, c'est Lucile, une "femme fragile, d'une beauté singulière, drôle, silencieuse, souvent subversive, qui longtemps s'est tenue au bord du gouffre, sans jamais le quitter tout à fait des yeux, cette femme admirée, désirée, qui suscita les passions, cette femme meurtrie, blessée, humiliée, qui perdit tout en une journée et fit plusieurs séjours en hôpital psychiatrique, cette femme inconsolable, coupable à perpétuité, murée dans sa solitude."

Cette mère si particulière, Delphine de Vigan la raconte depuis son enfance jusqu'à sa mort, sans complaisance, mais sans régler ses comptes non plus, avec finesse et lucidité. Finesse dont elle fait également preuve en racontant sa famille si atypique. Une famille haute en couleurs, fascinante et étouffante, sur laquelle le sort semble s'être quelque peu acharné, et dont les épopées prennent des allures de légendes (elle fera même l'objet d'un documentaire à la télévision!).

Tout au long de son récit, Delphine de Vigan essaie de rester fidèle à ses souvenirs, mais aussi à ceux des membres de sa famille qui lui ont raconté Lucile et leur famille.

Ses difficultés à rester au plus près de la vérité, son appréhension de la réaction des siens lorsqu'ils découvriront son livre, tout ce que ce travail remue en elle, Delphine de Vigan les rapporte ici; son texte est à la fois récit et introspection. A travers le vécu de Lucile et du sien, elle s'interroge sur la maternité, la fraternité, les codes et liens qui font et régissent les familles, autant de questions qui interpelleront tout un chacun. Mais aussi sur l'écriture, sa pertinence, son sens, car, sans le savoir, Lucile a conduit sa fille à l'écriture.

Ce récit si fort, "cet élan, de [Delphine de Vigan] vers elle, hésitant et inabouti", est un texte passionnant.

 

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