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11 mars 2013 1 11 /03 /mars /2013 06:25

Depuis peu je prends le train à Montparnasse chaque matin.

 

A Montparnasse il y a les grandes lignes.

Avec elles la possibilité qu'on effleure du bout des doigts, la tentation folle qui guette, le désir qu'on enfouit.

Aller voir la mer si j'y suis.

Changer de quai, acheter son café, se mêler à cette autre foule qui prend d'autres trains que le mien.

 

A Montparnasse, quand on débarque du train le soir, on croit avoir fait un long voyage.

Entrevoir une silhouette familière au loin, déposer une bise sur une joue connue, une main sur une épaule.  

Tu as fait bon voyage?


Mais au bout du quai la foule s'est déjà dissipée, les voyageurs se sont éparpillés.

 

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4 mars 2013 1 04 /03 /mars /2013 06:22

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Il y a des livres dont on se méfie, vis-à-vis desquels on est plein d'appréhension et de préjugés.

A sa sortie le livre de Delphine de Vigan ne m'inspirait rien qui vaille. Trop de bruit autour peut-être... Je n'arrivais pas à accorder de crédit aux bons échos (de critiques ou même d'amis) que j'entendais, je restais bêtement hermétique, j'avais l'impression que tout avait été déjà éventé, que je le connaissais déjà.

En passant à la librairie dernièrement, je l'ai vu en poche sur le coin de la table, et ai décidé de me faire ma propre opinion - mieux vaut tard que jamais. En l'achevant tard dans la nuit, luttant contre le sommeil pour en venir à bout, j'ai pris conscience de ma bêtise, tant cette lecture m'a habitée de bout en bout, et m'a interpellée. 

A la mort de sa mère, Delphine de Vigan n'a eu d'autre choix que d'"écrire sur [elle], autour d'elle, ou à partir d'elle."

Elle, c'est Lucile, une "femme fragile, d'une beauté singulière, drôle, silencieuse, souvent subversive, qui longtemps s'est tenue au bord du gouffre, sans jamais le quitter tout à fait des yeux, cette femme admirée, désirée, qui suscita les passions, cette femme meurtrie, blessée, humiliée, qui perdit tout en une journée et fit plusieurs séjours en hôpital psychiatrique, cette femme inconsolable, coupable à perpétuité, murée dans sa solitude."

Cette mère si particulière, Delphine de Vigan la raconte depuis son enfance jusqu'à sa mort, sans complaisance, mais sans régler ses comptes non plus, avec finesse et lucidité. Finesse dont elle fait également preuve en racontant sa famille si atypique. Une famille haute en couleurs, fascinante et étouffante, sur laquelle le sort semble s'être quelque peu acharné, et dont les épopées prennent des allures de légendes (elle fera même l'objet d'un documentaire à la télévision!).

Tout au long de son récit, Delphine de Vigan essaie de rester fidèle à ses souvenirs, mais aussi à ceux des membres de sa famille qui lui ont raconté Lucile et leur famille.

Ses difficultés à rester au plus près de la vérité, son appréhension de la réaction des siens lorsqu'ils découvriront son livre, tout ce que ce travail remue en elle, Delphine de Vigan les rapporte ici; son texte est à la fois récit et introspection. A travers le vécu de Lucile et du sien, elle s'interroge sur la maternité, la fraternité, les codes et liens qui font et régissent les familles, autant de questions qui interpelleront tout un chacun. Mais aussi sur l'écriture, sa pertinence, son sens, car, sans le savoir, Lucile a conduit sa fille à l'écriture.

Ce récit si fort, "cet élan, de [Delphine de Vigan] vers elle, hésitant et inabouti", est un texte passionnant.

 

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1 mars 2013 5 01 /03 /mars /2013 06:09

Le jour s'allonge mais le froid reste là

En sortant de la gare je ne compte plus mes pas

Traverser le bois où la neige ne fond pas

Heurter de mes talons le sol dur et froid

Autant de jeux qui ne me manqueront pas

 

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27 février 2013 3 27 /02 /février /2013 06:06

J'observe depuis quelques temps des passerelles qui relient mes différentes lectures (Jérôme Garcin évoquant Georges Perros alors que je viens d'acheter Une vie ordinaire, JCO qui cite Sylvia Plath alors que je viens d'achever la lecture d'Ariel...), comme si tout se rejoignait selon une logique qui m'échappe (esprits êtes-vous là?).

Après avoir regardé un documentaire sur Alain Bashung, j'écoute plusieurs de ses chansons en boucle, conquise (mieux vaut tard que jamais) lorsqu'une phrase d'Osez Joséphine retient mon attention: "plus rien ne s'oppose à la nuit".

Phrase choisie par Delphine de Vigan pour le titre de son dernier roman, que je suis précisément en train de lire.

Elle précise dans ses remerciements que cette chanson a accompagné son écriture.

Elle aura accompagné ma lecture.

Drôle de passerelle.

 

 

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25 février 2013 1 25 /02 /février /2013 06:14

Django-Unchained-afficheA l'heure des Oscars où il faisait partie des favoris, il n'est peut-être pas de bon ton de l'assumer, mais voilà je ne peux pas me taire: je n'ai pas aimé Django.

Je l'attendais pourtant depuis longtemps, avec un plaisir impatient, "le dernier Tarantino". La B.O. serait d'enfer, les dialogues incisifs, les acteurs au diapason, le sang giclerait à outrance, la violence me sauterait à la figure, et du fond de mon fauteuil je jubilerai.

Il n'en fut rien. Pour la première fois, j'ai trouvé le temps si long que je ne tenais plus en place à la fin et ai même failli m'endormir!

Dès les premières minutes j'ai senti que ça ne marcherait pas. Je ne parvenais pas à rentrer dans le film, je trouvais tout trop articiel, too much; et pendant le film entier je suis restée à la porte, à toquer sans succès.

Les acteurs sont au diapason pourtant: Christoph Waltz est exquis en gentleman aux manières désuètes tout en étant capable de la violence la plus impitoyable, Jamie Foxx parfait en héros charismatique, DiCaprio génial en propriétaire terrien malsain, et Samuel L.Jackson excellent en vieux domestique horripilant. 

La mise en scène est réussie, il n'y a pas de doute là-dessus (à part les scènes où Django voit son épouse apparaître, provoquant chez moi une irrépressible envie de rire à gorge déployée), les paysages de western sont à couper le souffle (et donnent envie de tailler la route, aussi); et ça fait du bien de voir un film américain traiter de l'esclavage, ce qui n'est pas si courant.

Mais il m'a semblé que la mécanique tournait à vide. En plus d'un problème de rythme (au moins une demi-heure de trop au montage), et une B.O. décevante, j'ai eu l'impression que Tarantino se satisfaisait des recettes qui ont fait son succès, qu'il n'allait pas au-delà de ses propres codes, voire même qu'il se regardait filmer, et cette suffisance m'a passablement énervée.

Ma déception était sans doute à la hauteur de mon attente, mais je ne comprends toujours pas l'encensement qui a accompagné la sortie de ce film.

Il serait temps de bousculer ses habitudes, cher Quentin.

 

 

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22 février 2013 5 22 /02 /février /2013 06:36

A ma gauche, deux trentenaires en mal d'amour. Premier épisode: la rencontre.

 

A ma droite, deux sexagénaires en goguette. Première question: "comment va ta mère?"

 

A ma gauche, on essaie de briser la glace:

"- Tu fais ça souvent?"

- Non, avant j'étais en couple, alors j'avais désactivé mon profil.

- Ah d'accord. C'est un peu cher tout de même cet abonnement... non?"

 

A ma droite ça pépie:

" - Et alors j'ai vu Josette, et puis...

- Tu as vu mes nouvelles lunettes?

- Oh oui, elles sont très bien, et d'ailleurs...

- Tu sais que Jacqueline est é-pui-sée à cause de son boulot?!?"

 

A ma gauche j'ai perdu le fil; ça parle chat, ou mail?

Et aussi des filles de l'est qui demandent tout de suite les adresses des garçons. "De très belles photos, hein, mais elle sont un peu entreprenantes tout de même, moi je préfère discuter avant."

 

A ma droite je suis perdue; ça parle bonnet, vacances d'hiver et retraite.

"Ah mais ce n'est pas le bon sens de la queue? Excusez-nous."

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20 février 2013 3 20 /02 /février /2013 06:16

1222128-gf.jpgJoyce Carol Oates est l'un des auteurs que je suis de près.
Je n'ai pas lu le quart de ses oeuvres tant la dame est prolifique, mais mes souvenirs de lecture les plus forts sont souvent associés à son nom, qu'il s'agisse de Blonde (que je n'ai jamais réussi à terminer tant il me retournait), des Chutes, ou encore des Mulvanney.
Derrière l'écrivain j'avais découvert la femme grâce à son Journal, et m'étais même étonnée de la découvrir sous un jour si paisible, elle dont les récits interpellent et dérangent souvent. On a beau savoir que l'on n'est pas ce qu'on écrit, cette "normalité" m'avait frappée, si idiot que cela puisse paraître.

J'avais alors été très impressionnée par l'équilibre qu'elle maintenait entre ses plusieurs vies: sa vie de professeur qui la passionne et où elle s'implique totalement, sa vie "publique" en tant que JCO (lectures, conférences, parutions...), sa vie d'écrivain pure et dure (comment son travail d'écriture avance, en parallèle de collaborations à diverses revues, publications d'essais, critiques ou même poèmes) et sa vie de femme, d'épouse heureuse, de Joyce Smith.

Quand J'ai réussi à rester en vie est paru, j'ai forcément eu envie de le lire, mais en même temps ce récit me faisait peur; ce n'était sans doute pas le bon moment. Et puis je l'ai trouvé il y a quelques temps posé en évidence chez le libraire, en poche en plus, alors pourquoi pas?

C'est un récit âpre, difficile, éprouvant sans aucun doute car il embarque le lecteur dans le désesespoir et le désarroi de la Veuve - ainsi qu'elle se prénomme elle-même.

De l'hôpital à l'été qui suit le décès de son mari, on suivra sa fausse convalescence (car on ne se remet jamais entièrement d'une telle perte, ainsi que lui apprend une amie, veuve depuis plus de vingt ans): tenter de regagner la surface, tâcher de survivre, jusqu'à ce constat final: "J'ai réussi à rester en vie".

Mais Joyce Carol Oates se remémorera aussi les moments heureux de la vie à deux, félicité dont elle est consciente, et soulignera l'importance, voire même la crucialité de l'amitié dans ces moments si douloureux.

Sans aucune complaisance ni aucun apitoiement à l'égard de la Veuve, ce récit frappe par son intelligence et son honnêteté. La plume si fine de Carol Oates est touchante et criante à la fois, pleine d'une vie presque instinctive, et ce même dans ses élans les plus désespérés.

 

Plus qu'empreint de tristesse, ce récit est pour moi empli d'une force vitale finalement indestructible.

"Si le sens de ma vie et l'amour de ma vie ont disparu, je peux encore trouver de petits trésors dans des déchets épars."


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19 février 2013 2 19 /02 /février /2013 06:16

"Un instant submergée de ténèbres, elle avait cru plonger à nouveau dans la détresse sans fond de sa terrible nuit blanche au palazzo Vanderlyn. Mais elle était lasse de l'angoisse. Son corps et ses nerfs, instinctivement avides de santé, s'y refusaient. La vague était épuisée et elle eut l'impression de repartir irrésistiblement à l'assaut de la lumière."

 

Edith Wharton in La splendeur des Lansing

 

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18 février 2013 1 18 /02 /février /2013 06:31

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La première fois que j'ai vu Peter's friends, c'était il y a... très très très longtemps.
Encore enfant, je l'avais regardé avec ma soeur aînée, et me souviens surtout m'être copieusement ennuyée. Il faut dire que les préoccupations de ces adultes n'étaient pas vraiment de mon âge.
Lorsque j'ai appris que le film sortait en DVD, je me suis laissée tenter.
Après tout, si ma soeur l'avait tant aimé, il devait bien y avoir une raison? Je n'ai pas résisté non plus à ces frimousses si jeunes alors (Kenneth Brannagh, Stephen Fry, le futur Dr House Hugh Laurie; Emma Thompson semble en revanche traverser les années sans dommage collatéral, et c'est toujours un bonheur de la voir, elle qui se fait si rare aujourd'hui).
Au pire pour un film du dimanche soir cela ferait l'affaire.
Et je suis tombée sous le charme... comment ne pas succomber en effet?
Un domaine anglais presque aussi sompteux que Pemberley, un accent anglais délicieux dont je me suis purement et simplement délectée (objectif de l'année: épouser un Lord) (puis aller dilapider notre fortune en Italie, avant d'embarquer pour une croisière vers la Grèce, puis la Mésopotamie) (il faut que j'arrête Wharton), des dialogues aux petits oignons, des personnages plus proches de moi cette fois (j'ai vieilli), une ode à l'amitié qui m'a particulièrement touchée...
Alors, oui, certaines choses sont vraiment démodées: tout se déroule à une ére pré-smartphonesque où l'on s'arrêtait téléphoner à des cabines (!) et où les boucles d'oreille à clips et les griffes vernies étaient du dernier chic; et certains personnages sont un peu caricaturaux: Maggie la vieille fille enlaidie accro à son chat (forcément) et à ses rêves d'amour impossible, Carol l'américaine de Beverly Hills accro à l'aérobic et à la laitue sans sauce, Sarah la croqueuse d'hommes...
Mais on ne va pas bouder son plaisir pour si peu (après tout, Sally aussi a des clips aux oreilles): cette comédie est irrésistible et surtout moins légère qu'il n'y paraît.
Et si je vous dis en plus que la B.O. est mythique?

 

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15 février 2013 5 15 /02 /février /2013 12:00

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Ayant la chance d'avoir fait un détour par Marrakech ces derniers jours,

entre le bleu du ciel et le bleu Majorelle,

je n'ai eu pour une fois que l'embarras du choix.

 

Nous sommes le 15, il est midi, heure de Paris: c'est la photo du mois.

Pour plonger tête baissée dans le bleu, c'est par ici:

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