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27 juin 2012 3 27 /06 /juin /2012 07:48

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C'est vrai, je l'avoue, je n'ai jamais eu beaucoup d'empathie pour ces femmes qui s'oublient dans la passion au point de se perdre elles-mêmes en chemin. C'est quelque chose que j'ai toujours eu beaucoup de mal à comprendre, je finis toujours par me demander où sont passés leur instinct de survie et leur orgueil...

Malheureusement Rachel Weisz, malgré tout son talent, n'aura pas réussi à me réconcilier avec ces passions-là.

 

Ça commençait mal de toute façon.

Dès les premières minutes, je me suis demandée quand le film allait vraiment démarrer. La musique plus que présente me dérangeait, et je trouvais tous les plans trop léchés (et pourtant, Dieu sait que je suis attachée à l'esthétisme): les volutes de cigarette dans les airs, la silhouette d'Hester à contre-jour, ce beau miroir terni décoré de fleurs...Trop lisse pour susciter l'émotion.

(par contre l'admiration, oui: en sortant de la salle, je voulais laquer mes longles de rouge, laisser pousser mes cheveux, ressortir mon collier de perles...)  

(et me transformer en Rachel Weisz)

 

Et puis les flash-back ont commencé.

Dieu sait (décidément beaucoup de choses ce soir) (ahem) (pardonnez-moi ces blasphèmes) que j'ai une sainte (après j'arrête) horreur des flash-back, mais j'ai essayé d'aller à l'encontre de mes préjugés (j'ai tiré, semble-t-il quelques leçons de Colin Firth) (n'importe quoi)...

En vain, il y en avait vraiment trop, et majoritairement sans intérêt - parfois même à la limite du ridicule, comme la rencontre. A l'exception de la scène dans une station de métro, pendant les bombardements de la Seconde guerre mondiale; seule scène vraiment forte à mon sens, qui m'a laissée présager d'un virement dans le film...

Sans succès.

 

Les acteurs ont eu beau être excellents - surtout Rachel Weisz -, rien n'y a fait.

Je me suis ennuyée du début jusqu'à la fin, je n'ai pas été touchée par cette histoire d'amour, ni compris ce qui les poussait l'un vers l'autre, ce qu'Hester peut bien trouver à Frank (au-delà du désir physique)... Sans doute parce qu'ils ne peuvent se l'expliquer eux-mêmes. Ce mystère, cette force irrésistible de la passion et ses conséquences est bel et bien le sujet du film (adapté d'une pièce de théâtre, ceci expliquant peut-être cela): comment elle ravage les êtres jusqu'à faire passer leur propre existence en second plan, comment elle peut effrayer l'autre, et surtout combien son partage est illusoire...

Il y en a toujours un qui s'implique plus que l'autre, c'est ainsi.

 

Comme l'a si bien dit Hester, ce n'est pas du Sophocle; c'est juste triste.

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26 juin 2012 2 26 /06 /juin /2012 07:56

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25 juin 2012 1 25 /06 /juin /2012 07:24

Le matin les backpackers se mêlent aux cadres pressés,

les sacs de voyage et les attachés-cases,

les visages froissés et les traits crispés

à égalité sous les néons blafards du métro.

 

Les nuits de mauvais sommeil, la tête contre la vitre,

ne semblent pas altérer l'impatience qu'ont les premiers

de déposer leur sac pour arpenter Paris.

 

Impatience qui gagne les autres le vendredi matin,

lorsque la perspective du week-end détend les figures.

La posture demeure un peu figée,

et le regard toujours fixé sur les écrans;

il n’y a pas d’heure pour la rentabilité…

 

Mais plane alors sur le wagon une vague odeur de conquête: une semaine de plus s'est écoulée.

 

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24 juin 2012 7 24 /06 /juin /2012 21:57

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J'ai retrouvé dans un vieux cahier

une note à moitié effacée

d'une saison usée.

 

J'ai retrouvé tout au fond bien cachée

une paire de vieux souliers

que j'avais oubliée.

 

Mais ce que j'aimerais tant retrouver,

c'est un vrai ciel d'été.

Il va falloir perséverer.

 

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20 juin 2012 3 20 /06 /juin /2012 07:20

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Je n'aime pas la pluie,

elle me rappelle trop les récréations passées sous le préau

et mes jeans tout imbibés d'eau

que je traînais jusqu'au soir

et cette sensation poisseuse qui ne me quittait pas.

 

Je n'aime pas la pluie,

elle me rappelle trop que je viens d'un pays où il ne pleut pas

où quand il ne fait pas beau il ne fait pas froid

où les nuages ne demeurent pas

j'oublie parfois que le ciel est bleu derrière tout ça.

 

Je n'aime pas la pluie,

elle me rappelle trop cette odeur de l'automne

les feuilles mortes qui se collent au bitume

qui se jouent de nos pas

comme si tout cela ne suffisait pas.

 

Je n'aime pas la pluie.

 

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18 juin 2012 1 18 /06 /juin /2012 07:19

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J'ai envie de promenades sur la lande .

J'ai envie d'un vent qui soulèverait mes jupons et colorerait mes joues.

Je rentrerais au manoir décoiffée et enchantée, et irait vite me changer avant de prendre le thé avec une vieille tante grise et pincée.

Un Earl Grey dans de fines tasses de porcelaine.

Avec des scones.

Elle me demanderait quelle mouche m'avait piquée, de partir si longtemps - et seule en plus! - alors que le ciel menaçait.

Heureusement, je serais épargnée d'une réponse bien difficile à formuler par une arrivée inopinée.

Un cavalier.

 

...

 

Cela avait un peu commencé avec Secret absolu (je fantasmais gentiment sur Porthgenna Tower). J'avais presque oublié ce désir nouveau de lande et de vent quand j'ai commencé Les Hauts de Hurle-Vent (pas franchement gai ni romantique) (j'ai même hâte d'en finir avec ces personnages qui me contractent la machoire) (mais la lande me fait rêver malgré tout).

En parallèle j'ai à nouveau regardé (pour la Xième fois) Orgueils & Préjugés (la vraie version) (celle de la BBC) (celle avec Colin Firth et sa chemise mouillée), et les ennuis ont commencé.

Au début c'était plutôt gentil: la campagne anglaise, ses jardins fleuris, ses bals de province... Et puis Colin Firth est arrivé, et avec lui sa chemise mouillée, son air hautain, ses favoris, ses pantalons seyants, son accent si british... J'ai compris la gravité du mal.

(j'en serais presque prête à porter un corset pour aller au bal, le pied léger et frétillant)

(concentrée sur mes pas pour faire honneur à mon - si beau - cavalier)

(renonçant aussi à ma liberté de femme moderne beauvoirisée pour revenir à un rôle purement décoratif)

(mais Colin Firth l'est aussi - décoratif)

 

Doit-on imputer ce curieux syndrome à un choc post Belle de Jour ?

A ce printemps automnal qui nous pousse à nous retrancher bien au chaud, à nous pelotonner dans ce que l'on connaît, afin de trouver un peu de cette chaleur qui nous fait cruellement défaut?

(pour rappel, l'été, c'est dans trois jours)

(enfin, je dis ça...)

(après tout, tant qu'on a des fraises...)

Je n'en sais rien, mais il est temps que cela cesse.

 

Demain, c'est décidé, je regarde Taxi Driver; ça devrait me calmer.

 

Mais en attendant, avant le sevrage, autant s'accorder un dernier plaisir:

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(Colin, sa chemise, mon notre ex-future maison...)

 

Il est vraiment temps que l'été arrive, avant que je ne sois définitivement perdue pour le monde des adultes raisonnables et sensés.

(en même temps, entre ce monde-là et Pemberley... comment dire...)


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15 juin 2012 5 15 /06 /juin /2012 12:00

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Nous sommes le 15, il est midi, heure de Paris: c'est la photo du mois.

 

Les autres transparences, c'est par ici:

Pilisi, Les zinzins, Krn, Agrippine, Tambour Major, A&G, Typh', Manola, Laura, Quelbazar, Dan, Nataru, Gilsoub, Cécile, Anne Laure T, Mistinguett, Caro, Lesegarten, Emma, Lhise, Filamots, Gizeh, Olivier, Lost in London, Leviacarmina, Hélène d'avril, Jean Wilmotte, François le Niçois, David et Mélanie, Frédéric, La Papote, Cessna, oui !, Batilou, Où trouver à Montréal ?, Céliano, Kyoko, Surfanna, Mamysoren, Cricriyom from Paris, Nomade57, Flo, Terhi Schram, Testinaute, Ori, Alice Wonderland, Renepaulhenry, Sinuaisons, Xavier Mohr, Galinette, Isabelle, Louisianne, Louiki, Violette, jen et dam, Bestofava, Emily58, Aparça, Dr CaSo, Cekoline, Carnets d'images, Stéphie&lesCacahuètes, La Parigina, Le Mag à lire, magda627, Elapstic, 100driiine, Marion, Narayan, Lyonelk, La Nantaise, Minicecile, Carole In England, Ludovic_P, Nicky, Mgie les bons tuyaux, Titem, Viviane, Céline in Paris, Babou, Kyn, LaGodiche, Nathalie, Cocosophie, Cathy, Coco, Cynthia, Isabelle et Gilles, Laure, Alban, Les petits supplices !, Stephane08, Petite Marie, Lavandine, Clara, Karrijini, Nora, L'Azimutée, Agnès, Sébastien, Zaromcha, Blogoth67, Les voyages de Seth et Lise, The Parisienne, Anita, Alexinparis, Dreamteam, Maïder, Tam, M.C.O, André(eric)Fernandes, Xoliv', Le-Chroniqueur, Laurent Nicolas, M'dame Jo, La Fille de l'Air, Skipi, Lucile et Rod, Aude, Les voyages de Lucy, Nikit@, Akaieric, Dorydee, Un jour une rencontre, Melting Pot, Guillaume, Anne-Cécile, E, Arwen, Valoutyne, Véro Beramelo, DNA, The Mouse, Cara, Ovan, Champagne, Ava, Annick, Escapade en Tunisie, Vanilla, Egedan, Lauriane, J'adore j'adhère, La Flaneuse, Anne, Alexanne, Sephiraph, Hibiscus, Chris et Nanou, M.

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14 juin 2012 4 14 /06 /juin /2012 07:46

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Some things that fly there be, -

Birds, hours, the bumble-bee:

Of these no elegy.

 

Some things that stay there be, -

Grief, hills, eternity:

Nor this behooveth me.

 

There are, that resting, rise.

Can I expound the skies?

How still the riddle lies!

 

***

 

Ici des choses volent -

Oiseaux - Heures - Bourdon -

D'elles pas d'Élegie.

 

Là des choses demeurent -

Douleur - Collines - Eternité -

Cela ne me regarde pas.

 

Il y a ce reste, la résurrection.

Puis-je expliquer les cieux?

Que l'Énigme est muette!

 

Emily Dickinson

 

 

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12 juin 2012 2 12 /06 /juin /2012 07:17

Un lundi soir ordinaire de ce non-été,

les cheveux malmenés par la pluie,

(frisottis & cie)

le cerveau trituré par les nuages,

(on se la joue un peu Francis, hein)

(mais le lundi sous la pluie, tout est permis)

(de toute manière, avec cette rime en i" tout est permis tous les jours)

(sauf le dimanche car, comme dirait Sally: jamais le dimanche, c'est le jour du Seigneur)

(bref)

(la semaine commence bien)

et le moral quelque peu en berne, j'avais décidé de combler mes lacunes

(j'avais d'abord écrit "lagunes")

(joli lapsus)

(je veux de l'été, je veux du soleil, je veux du rêve)

et de me consoler de la météo en regardant Madagascar avec un pot d'Häagen-Dazs.

(en même temps le lundi soir on n'a pas l'obligation de vendre du rêve)

(on fait ce qu'on peut)

 

Mais c'était sans compter sur mon éthique protestante (...ahem...) qui m'a détournée de cette mauvaise pente vers le plaisir facile: j'ai finalement mangé une orange devant Belle de Jour.

(pleurez dans vos chaumières)

(oui, pleurez)

(en plus ce n'est même plus la saison des oranges)

 

La vérité, c'est que je n'ai pas pu résister à Catherine Deneuve.

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(en même temps, qui le pourrait?)

 

Le livre de Kessel était encore si frais dans mon esprit que je devinais certains dialogues à l'avance, enfin surtout au début. Après avoir découvert avec intérêt les différents personnages ("qu'elle est belle, Françoise Fabian!" & cie), j'ai ensuite essayé de me laisser porter par le film, mais ce ne fut pas évident. J'aurais peut-être dû attendre davantage, mais j'étais fascinée par cette histoire, et voulais aller jusqu'au bout.

 

Mais, comme avec le livre finalement, j'ai été un peu déçue.

Si j'ai aimé tous les rêves torturés de Séverine (enfin, "aimé" n'est peut-être pas le verbe le plus adéquat), j'ai été gênée que son plaisir ne crève pas plus l'écran que cela. À part après sa passe avec le Japonais, rien n'est fait pour souligner l'éveil de Séverine à la chair; et si elle semble prendre du bon temps avec Marcel, cela s'apparente plus à une inclinaison comme on dit (excusez-moi, j'ai replongé dans Jane Austen hier, et il semble qu'il me reste quelques séquelles) qu'à une passion d'abord physique. En tout cas, si je n'avais pas lu le livre, c'est sans doute ainsi que j'aurais interprété leur histoire.

Même si, grâce à tous ses fantasmes oniriques, le personnage de Séverine est de prime abord plus intéressant que dans le livre, j'ai trouvé que ce "divorce terrible entre le coeur et la chair" décrit par Kessel dans son roman était moins évident ici, sans doute parce que j'ai trouvé Pierre vraiment fade (un vray boy-scout, comme le décrit si justement Piccoli), et le jeune couple peu crédible.

Et aussi, je n'ai pas aimé la fin. Je préfère de loin la version de Kessel, beaucoup plus shakespearienne en un sens, qui faisait de Séverine l'artisane de son propre malheur. Chez Buñuel sa faute n'est que morale et indirecte; j'ai trouvé cela moins intéressant.

 

J'ai l'impression d'être bien difficile à satisfaire en ce moment. J'espère que Kessel et Buñuel ne se vengeront pas en me faisant faire d'abominables rêves... qui me forceront fatalement à céder aux plaisirs faciles cités ci-dessus.

 

Encore merci à Lili de m'avoir prêté ce DVD!

 

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10 juin 2012 7 10 /06 /juin /2012 10:44

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J'étais pourtant contente de ce choix.

Pour moi, Belle de Jour c'était Catherine Deneuve (bien que je n'aie jamais vu ce film) (ce qui devrait bientôt s'arranger grâce à Lili), une bourgeoise désoeuvrée qui décidait de s'adonner au vice dans la France figée d'avant Mai 68.

Et même si ma lecture m'a démontré que mes préjugés étaient faux (l'action se situe intialement dans les années vingt et même si j'ai eu beaucoup de mal à cerner Séverine, j'ai l'impression qu'elle a poussé la porte de Mme Anaïs par fascination et curiosité envers cet acte sexuel pour lequel elle n'a que peu de goût), je n'ai pas réussi à m'en défaire.

Ceci explique peut-être pourquoi j'ai mis autant de temps à rentrer dans le roman.

C'est pourtant loin d'être mal écrit, mais j'ai tout de même eu beaucoup de mal à comprendre Séverine (alors qu'il y a de longs paragraphes qui décrivent ses égarements, allez savoir pourquoi je n'ai pas compris) (j'avais la désagréable impression d'être idiote), elle a fini par presque m'agacer à force, et j'ai commencé à m'ennuyer...

Heureusement à la moitié du livre déboule Marcel, et avec lui une vivacité nouvelle. Impossible désormais de lâcher Belle de Jour jusqu'à la fin, en dépit du malaise qu'il me procurait.

 

Et voilà, je l'ai terminé ce matin, et je ne sais qu'en dire de plus.

J'ai l'impression d'être passée à côté de ce roman, dont ni l'histoire ni les personnages (en dépit de l'intérêt que j'ai rapidement éprouvé pour Marcel) ne m'ont réellement touchée, et dont l'écriture ne me laissera pas un souvenir impérissable (alors même que je lui reconnais des qualités, une justesse et une précision impressionnantes). Etranges contradictions...

 

J'espère que mes acolytes du Club pourront m'éclairer car ce sentiment m'est étrange...

 

En revanche, j'ai encore plus envie de voir le film de Buñuel!

 

A suivre donc...

 

 

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