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21 mars 2012 3 21 /03 /mars /2012 08:02

photo-copie-3.JPG

 

Bégonia joli,

Bégonia chéri,

toi qui m'envahis,

toi qui me ravis,

tu m'as fait la joie,

après de longs mois,

de fleurir encore une fois,

me causant un grand émoi.

 

 

(la floraison de mon bégonia bambou m'a plongé dans une transe botanique assez étrange)

(exhibition des photos, partage de mon excitation plus ou moins sonore)

(et cette question qui s'impose: serais-je donc capable de m'occuper convenablement d'une plante?)

 

 

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19 mars 2012 1 19 /03 /mars /2012 08:05

si chère Nuala,

 

J'ai terminé Chimères il y a quelques jours, et si sa lecture m'a procuré un plaisir intense, je me sens aujourd'hui un peu seule et désemparée.

 

Car c'est bientôt la fin de la découverte, de l'inédit: il ne me reste plus qu'un seul ouvrage à lire de vous.

 

Je sais bien qu'il y aura des relectures heureuses, plus tard, lorsque j'aurai vieilli de quelques années, lorsque j'aurai vécu davantage.

 

Peut-être que cette autre que je serai alors y découvrira de nouvelles pistes.

 

Peut-être même serai-je un jour plus vieille que vous, Kathleen ou Rosie?

 

...

 

Mais d'ici-là?

 

Vous avez apporté tant de réponses à mes questionnements, tant d'apaisement à mes angoisses; vous m'avez offert tant de possibles, donné tant de courage!

 

Ça peut paraître idiot, mais je me sens bien démunie aujourd'hui.

 

Désarmée.

 

 

Vous êtes décidément partie trop tôt.

 

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18 mars 2012 7 18 /03 /mars /2012 16:43

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Avec Chimères j'ai beaucoup appris sur l'Irlande, la famine, les émigrations massives, les colons anglais, l'indépendance... à travers cette histoire d'amour scandaleuse entre l'aristocrate anglaise et le palefrenier irlandais.

J'ai aimé chercher la vérité avec Kathleen, être fascinée par ces personnages et m'interroger à chaque rebondissement.

 

Mais au final, plus que la vérité elle-même, c'est sa quête qui m'intéressait, et tout ce qu'elle soulevait et révélait de Kathleen, personnage qui n'est pas sans rappeler Rosie et Nuala O'Faolain elle-même.

A presque cinquante ans, Kathleen n'a pas remis les pieds en Irlande depuis qu'elle a fui par le ferry à l'âge de vingt ans, sans rien d'autre que ses vêtements sur le dos. A un moment critique de sa vie, où elle ignore tout de son avenir incertain, ce retour au pays va la confronter à son passé comme à son avenir, à ses souvenirs et à ses attentes, à la mémoire et à la possibilité du pardon...

 

Comme à son habitude, l'écriture de Nuala O'Faolain est à la fois empreinte d'une douceur infinie et sans aucune complaisance, et il est difficile de lâcher ce livre avant de l'avoir terminé tant on s'y sent bien.

Tellement on s'y retrouve aussi; enfin, tellement je m'y suis retrouvée.

Comme Kathleen, je peux siffler un verre de vin en trois minutes, fabriquer un coquetier avec un verre et du papier, programmer un rendez-vous au retour des vacances après avoir "rapporté [de Californie] un bronzage parfait qui me donnait confiance en moi [...] Et ceci suffit - la combinaison d'un détachement intellectuel vaporeux et le bronzage".

 

Au-delà de ces points communs quelque peu superficiels, jamais quelqu'un n'avait si justement décrit mes sentiments les plus profonds, mes émois, mes pensées récurrentes...

Je n'ai jamais corné autant de pages!

(mais je ne vous dirai pas lesquelles)

(pas folle la guêpe)

 

Comme les autres livres de Nuala, cette lecture m'accompagnera longtemps.

 

***

 

Pour finir en beauté, deux jolis proverbes:

 

Red sky at night, sheperd's delight.

 

Mackerel sky, mackerel sky, never long wet, never long dry.

 

 


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15 mars 2012 4 15 /03 /mars /2012 12:00

Impossible de ne pas se laisser envoûter par ces danseuses de Jean-Paul Goude...

Ou plutôt cette danseuse...

 

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Nous sommes le 15, il est midi, heure de Paris: c'est la photo du mois.

 

Allez voir les glaces des autres participants:

 

Chris et Nanou, Agartha, DNA, CHIFFONS and Co, École autour du monde, Une niçoise, M, Babou, La Papote, Viviane, Stéphie&lesCacahuètes, Caroline, Isa ToutSimplement, Kyoko, Clem et Cha, Emi London, Mgie les bons tuyaux, Céline in Paris, Laura, A&G, Les Maudits Expats, Doreus, Mandy, Nomade57, Tam, Hélène d'avril, Manuelle, Cekoline, Egedan, Madame zaza of mars, La Flaneuse, Les zinzins, Clara, hibiscus, Soiz, Titem, Voyagesetc, La Parigina, Blogoth67, Dr CaSo, Emma, Gizeh, Kyn, Batilou, Sephiraph, Nataru, Nicky, Muni57, Olivier, Xavier Mohr, Lhise, Laure, Cherrybee, L'Azimutée, Urbamedia, Cathy, Marion, Lucile et Rod, Nous4auQuébec, Leviacarmina, 100driiine, Cynthia, M.C.O, Lost in London, Ori, Tambour Major, Noon, Alexinparis, LeeLoo, Les voyages de Lucy, Anne-Cécile, Glose, Isabelle, Le-Chroniqueur, Carnets d'images, Caro, Renepaulhenry, Julien, Aurélie, Les voyages de Seth et Lise, Kia909, Sébastien, Cricriyom from Paris, Ludovic_P, Manola, Aparça, Agnès, Lauriane, Stephane08, florianL, Violette, Où trouver à Montréal ?, Ava, Galinette, Nora, Vinie, Carole In England, Zaromcha, Anne Laure T, Petite Marie, L'atelier azimute, La Fille de l'Air, Le Mag à lire, Cessna, oui !, Krn, Anaou, Etienne, Shandara, Jean Wilmotte, Dorydee, J'adore j'adhère, LaGodiche, Karrijini, Frédéric, Hugo, Maman Crotte, Grignette, Thib, Florian, Champagne, Anne, Quelbazar, Eff'Zee'Bee, Ma, Annick, La Nantaise, Loutron glouton, François le Niçois, Chris, Alexanne, Emily58, magda627, Sinuaisons, Gilsoub, Nathalie, E, Vanilla, Fanny et Vincent, Louiki, Vital, Céliano, Surfanna, jen et dam, Cocosophie, Guillaume, Coco, Louisianne, Juju au Japon, Mamysoren, Lyonelk, Bestofava, The Parisienne, M'dame Jo.

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13 mars 2012 2 13 /03 /mars /2012 22:56

 

affiche-Millenium-Les-hommes-qui-n-aimaient-pas-les-femmes-.jpg

 

Cinq ans après tout le monde, j'ai découvert Millenium.

(le film, pas le livre)

(ne me jetez pas de tomates)

(qui ne s'est jamais dispensé de lire un ouvrage au profit du film?)

(...)

(voilà)

(merci)

 

Bien sûr dans mon entourage beaucoup l'avaient lu, mais j'avais décrété que ce n'était pas pour moi.

(mon amour du contre-courant, sans doute)

(à moins que ce ne soit une certaine affectation qui me prend parfois, les soirs de pleine lune)

(en même temps à chaque fois que j'ai essayé de lire un opus encensé, la moutarde finissait par me monter au nez)

(la déesse Amora, c'est moi)

(c'était la minute hommage à Goscinny)

 

On m'avait alors raconté toute l'histoire, avec force détails - puisque ça ne m'intéressait pas, que je ne le lirai jamais, tout ça. 

Grâce à Dieu

(NON!)

(ne jamais, jamais, JAMAIS blasphémer!)

(Dieu me pardonne)

(oh mon Dieu j'ai recommencé, je vous jure de ne plus jamais recommencer)

(ou alors en anglais seulement?)

(STOP!)

J'ai même vu les premier et dernier quarts d'heure de la version suédoise, l'entre-deux m'ayant fait sombrer dans un sommeil aussi lourd qu'instantané.

Heureusement pour moi, j'avais tout oublié.

 

Quelle mouche m'a donc piquée, ce soir-là, vous demandez-vous alors?

(à raison)

(si toutefois cette question mérite débat)

 

Les phéromones, pardi! (encore elles? Caramba!)

Ayant compris et admis que tous mes actes, aussi libres me semblaient-ils, étaient en réalité guidés par des instincts de reproduction primaires (soit à l'insu de leur plein gré par des substances invisibles, faisant écho à une malchanceuse fable virenquienne, NDLR), j'ai opté pour la transparence (c'est à la mode en cette période électorale, m'a-t-on dit) et décidé d'assumer la primitivité de mon être.

 

La mouche qui m'a piquée ce soir là se prénomme donc Daniel Craig.

daniel craig

Daniel qui, il y a quelques années déjà (oui, on a un passif avec Daniel), m'avait charmée en James Bond viril et violent (mais de smoking vêtu), m'a chavirée en journaliste d'investigation (et oué, moi aussi j'ai lu l'article de Télérama, d'où ce terme ad hoc) (oh mon Dieu je suis un vrai cliché) (j'avoue ne pas trop savoir si cela doit m'amuser ou me désoler) équipé de jolies lunettes d'intello branché-mais-pas-trop, de gilets en grosse maille savamment déboutonnés et de gracieuses petites rides bien placées (les soucis, la combativité, la poor lonesome attitude, tout ça)...

Pile-poil ce dont j'avais besoin un lundi soir.

 

C'était sans compter Rooney Mara, alias Lisbeth Salander pour ceux qui seraient passés au travers des innombrables d'interviews publiées à la sortie du film.

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Je n'ai donc pas découvert une parfaite inconnue, j'avais ma petite idée...

Idée bien en deçà de la force dégagée par ce personnage atypique qui aurait pu ne pas être crédible du tout, voire même ridicule, si on lui avait attribué une autre interprète.

 

Ajoutez à cela un scénario aux petits oignons, un montage haletant, la mise en scène de Fincher, et le sort est jeté!

Vous voilà un(e) vrai(e) gamin(e), mourrant d'impatience de voir la suite...

Bienvenue au club.

 

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11 mars 2012 7 11 /03 /mars /2012 22:48

 

Ce week-end, j'ai appris...

 

... que Dick Rivers, "comme tout le monde", mettait des pantoufles chez lui;

(et non des santiags, pour ceux qui seraient perdus)

(d'ailleurs Dick Rivers ne dit pas "santiag" mais "botte")

("santiag" pour Dick, c'est un peu comme si on traitait mes Louboutin - si j'en avais - de Birkenstock)

(disons simplement que c'est une terrible insulte à la dignité de la santiag, euh pardon, de la botte)

 

... que j'avais un point commun avec Donatella Versace (!);

(non, cela n'a rien à voir avec nos chevelures)

(ni avec nos IMC respectifs)

(le fait est que Donatella, comme moi, est une vraie drama queen!)

(c'est elle qui l'a dit)

(pas qu'on avait un point commun, hein, mais qu'elle était une vraie drama queen)

(d'où les expressions suivantes - de ma composition, vous l'aurez compris - : faire ma dramatella, dramatelliser les choses, donaquenner les autres...)

(je me demande bien ce qu'ils attendent pour m'inviter, à l'Académie)

 

... et que Grace Jones n'était pas morte!

(je lui avais pourtant imaginé une belle fin tragique)

(à base d'overdose, d'alcool et de barbituriques)

(il faut savoir que j'ai une fâcheuse tendance à enterrer certaines personnes avant l'heure)

(comme Gorbatchev par exemple)

(ou encore Bob Dylan)

(je sais, je sais, JE SAIS!!!)

(à ma décharge, ces faits sont antérieurs à 2000)

(enfin, j'aurais bien aimé mais ce n'est pas le cas)

(mais je ne vous dirai JAMAIS quand j'ai découvert la vérité)

(non sans me couvrir de ridicule à l'époque)

(il faut croire que je n'en ai pas eu assez, de ridicule, pour que je recommence ici)

 

 

Le ridicule ne tue pas.

L'ignorance, si.

CQFD.

 

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8 mars 2012 4 08 /03 /mars /2012 07:58

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J'aime être à contre-courant.

(partir à droite quand tout le monde part à gauche)

J'aime rester à contre-courant envers et contre tout.

(parce que j'ai raison de partir à droite)

J'aime râler contre celles qui sont à contre-courant.

(partir à gauche quand tout le monde part à droite, non mais quelle idée?!?)

J'aime râler contre celles qui restent à contre-courant envers et contre tout.

(persuadées qu'elles sont d'avoir raison)

(n'importe quoi)

(il faut savoir admettre ses erreurs)

 

J'aime rire des rares hommes qui s'aventurent à la gym.

(et de leur incapacité à coordonner leurs mouvements)

(et lorsque par miracle ils y parviennent, il est alors temps de changer de mouvement)

(mouhahaha)

J'aime rire quand on leur intime publiquement l'ordre de faire les pompes sur les pieds.

(et non sur les genoux comme nous autres pauvresses)

(discriminante, la gym?)

(les clichés dans le milieu sportif, mythe ou réalité?)

J'aime voir la sueur (du stress et non de l'effort) perler sur leur front à ce moment fatidique où ils se doivent de garder la face devant la faune gymesque (féminine à 99%, le pourcentage restant étant en général représenté par le professeur qui, par définition, sait faire de vraies pompes).

 

J'aime faire partie de cette secte où les professeurs n'ont de cesse de s'accueillir en poussant de petits cris perçants et en s'embrassant sans fin:

(comme s'ils ne s'étaient pas vus depuis des années)

(ou qu'ils avaient survécu à une catastrophe nucléaire, ou encore à un enlèvement dans la jungle colombienne)

(essayez avec vos collègues demain, vous me remercierez du résultat)

"Oulala qu'est-ce qu'on est content d'être là, c'est tellement bien hein, t'as vu mes nouvelles baskets?"...

J'aime suivre leurs amours comme un épisode de Dallas.

(et lancer de fausses rumeurs aussi - "je crois qu'X n'est plus avec Y mais avec D... si si je te jure, ou alors il la trompe: il lui a pris la main!")

(mais prendre la main, est-ce tromper?)

(...)

J'aime rire en prenant conscience de nos mouvements ridicules, exécutés tant bien que mal, avec plus ou moins d'adresse, mais en général sans grâce aucune.

J'aime perdre le contrôle et être manipulée par un(e) prof allumé(e) acharné(e), dont le charisme parvient à me faire oublier le ridicule de la ma notre situation.

(je crois que c'est le moment où je réalise que je suis en train de me faire piéger)

(mais je ne peux pas résister)

(il faudra qu'Harvey Keitel vienne me délivrer)

 

J'aime gambader dans la rue après, les endorphines me donnant des ailes...

(et me permettant d'occulter la rougeur de mes joues, mon humidité capillaire et mon sac de sport sans allure)

 

... jusqu'à ce que je croise un banc de jeunes belles et beaux, archi-branchés jusqu'au bout des ongles, sirotant des coupes de champagne sur le trottoir.

 

Un vernissage sans doute.

Le rouge de leurs joues est siglé, leur capillarité maîtrisée, et leurs apprêts soignés.

 

Et feues mes endorphines oubliées.

 

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6 mars 2012 2 06 /03 /mars /2012 08:04

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Pompons de babouche marocains, disparus mystérieusement l’un après l’autre sans laisser de traces. Aperçus pour la dernière fois dans mon salon, durant la dernière semaine de Février.

(comme si j'avais un salon)

(comprendre: dans mon salon/salle à manger/chambre)

(on fait ce qu'on peut, hein)

 

Si je vous dis alors que vendredi dernier la matinale de France Culture était diffusée depuis Moscou,

 (ils me poursuivent je vous dis)

(quoi ? une élection ? quelle élection?)

(vous devez faire erreur, croyez moi sur parole : j’ai mes sources)

qu’à la place de mon Brice Couturier habituel

(dont je viens de découvrir le visage, incapable de résister à la tentation)

(il y a des jours comme ça où la googlisation exerce un attrait auquel on ne peut se soustraire)

(grossière erreur dans mon cas)

(je pensais qu’il était jeune !)

 (les voix radiophoniques doivent rester des voix sur lesquelles calquer tous nos délires)

(Jérôme Garcin et Philippe Meyer exceptés)

(bref)

 un journaliste russe a fait une chronique sur le FSB (successeur du KGB),

et que ma poupée russe me regarde d’un œil noir,

qu'en dîtes-vous?

 

...

 

Je me suis vengée en tuant l’araignée de ma salle de bains, elle avait un comportement suspect.

On n'est jamais trop prudent.

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2 mars 2012 5 02 /03 /mars /2012 08:03

c'est qu'ils font naître en nous une paranoïa surannée.

 

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Mardi, 19h, ligne 4.

 

Une jeune femme blonde s'assied à ma droite.

Un premier coup d'oeil par-dessus son épaule m'alerte:

(oui je sais, c'est mal mais je ne peux pas m'en empêcher)

(le pire c'est que lorsque cela m'arrive, je me tourne vers le malotru sans-gêne, le regard courroucé et le soupir au bord des lèvres)

(mais la morale chrétienne a beau exiger que l'on ne fasse pas à autrui ce que l'on n'aimerait pas subir, je ne peux pas m'en empêcher)

(de toutes façons, j'irai en enfer... alors en attendant, pourquoi se priver?)

sa dernière requête Google est "Gare de l'est Paris Moscou".

 

J'ai du mal à déglutir.

 

Le second coup d'oeil (qui s'imposait étant donné les circonstances) m'achève: elle écrit en cyrillique.

 

Je ne peux plus déglutir du tout.

 

Elle est du KGB, j'en suis sûre.

(comment ça, le KGB n'existe plus?)

(fadaises!)

(comme les morts mystérieuses de tant de Kennedy, de Marilyn Monroe, comme la disparition de la soeur de Mulder)

(et la découverte de la pomme de terre par Parmentier)


Pourquoi me file-t-elle, je ne le sais pas encore.

Mais quelque chose me dit que je ne vais pas tarder à le savoir...

 

Car cet homme là-bas, a un comportement des plus douteux: il me paraît beaucoup trop absorbé dans sa lecture pour être honnête. C'est bien simple il ne lève jamais la tête! Il doit avoir des mini-jumelles cachées dans sa chevelure, reliées à un écran dissimulé dans son journal. C'est pour ça qu'il lit toujours la même page depuis six stations!

 

Et ce blond à l'autre bout du wagon! En plus d'une musculature particulièrement développée, son visage a une curieuse ressemblance avec Shark.

 

J'ai maintenant des difficultés à respirer, et je suis coincée dans ce fichu carré! Côté fenêtre en plus, ce qui accentue ma claustrophobie naissante.

Pourquoi, ô pourquoi me suis-je assis à cette place d'où je peux difficilement m'extirper?

(alors que je ne m'assieds jamais dans les carrés d'habitude, question de principe et de survie)

(sûrement une sordide histoire de phéromones)

(cf l'expérience de la salle d'attente: dans 99,9% des cas les femmes s'assoient sur ou juste à côté du siège où un homme s'était auparavant assis, libérant alors des phéromones qui attireront une heure plus tard les pauvres animaux que nous sommes)

(notre libre-arbitre n'est donc qu'illusion: tous nos comportements sont dictés par des réactions biologiques)

(votre petit ami si spirituel, si intelligent, si tout? revenez à la réalité: si vous partagez le même lit, c'est parce que chacun a trouvé le partenaire idéal et complémentaire pour perpétuer l'espèce)

(idem pour Roméo & Juliette, et tous les autres)

(non seulement cette loi biologique me déprime, mais je serai prête à poursuivre en justice celui qui m'a attirée dans ce satané carré!)

 

En proie à toutes ces angoisses biologicoppressantes, je remarque à peine que la jeune femme a quitté ma rame.

Les deux malabars aussi ont disparu.

 

Je reprends à peine des couleurs, lorsqu'un jeune couple russe vient s'asseoir en face de moi...

 

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29 février 2012 3 29 /02 /février /2012 08:01

qui vous donnent envie d’être un autre.

Un autre radicalement opposé à celui que vous êtes, bien évidemment.

Plutôt familière de ce syndrome (sans blague), c’est bien la première fois que j’ai eu envie d’être un garçon.

 

 

Peter Guillam, plus exactement.

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Bien mis, je serais toujours d’une élégance rare - fait qui prend toute son ampleur dans son contexte : les années 70, pas franchement réputées pour leur chic-itude. Je dirais même plus d’une élégance tellement moderne que je pourrais porter mes frusques aujourd’hui sans que cela ne choque personne (ce trench…) (non mais ce trench !) (si je vous dis que Sir Paul Smith himself  a été conseiller pour les costumes…).

Bien mis donc, et plutôt bien fait de ma personne, je promènerais mon flegme britannique dans les couloirs, faisant tourner la tête à toutes mes petites collègues (ce qui s’avérera fort utile pour mes affaires) (en plus de flatter mon ego fragilisé par une enfance difficile) (Peter, petit dernier d’une fratrie de six, a toujours eu du mal à s’imposer…), tout en ayant une préférence discrète mais affirmée pour les jolis garçons.

Je ne pleurerais sur l’échec de ma vie privée que cinq minutes, avant de mettre mon mouchoir par-dessus pour me remettre à l’action (et à mes déambulations corridoresques) (parce qu'on est là pour servir la nation, ne l'oublions pas).

 

 

Ou alors je serais Ricky Tarr, le beau gosse de service, un peu redfordien, et de facture honnête.

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L’allure résolument 70’s (veste en peau retournée, sweat gris chiné, cheveux mi-longs… et les lunettes de soleil) (parce que je ne passe pas mon temps dans les bureaux londoniens, moi) (je me bats, je transpire, et je vaincs), qui sent un brin l'Amérique, une charmante moue pittienne (de Brad Pitt, NDLR), je serais une pure incarnation de la virilité. D’Istanbul à Paris, je suis un chasseur de scalps solitaire.

Jusqu’au jour où mon petit cœur (qui au fond ne demandait que ça) (après une enfance difficile, marquée par l’absence du père et de toute figure paternelle de substitution) (car sous mes dehors de dur à cuire, je suis un vrai sensible) ne montre quelques signes de faiblesse au contact d’une femme qui me sera fatale, comme de bien entendu, afin que je puisse redevenir le lonesome scalp hunter que j’étais jadis (on est pas là pour déconner non plus).

Sauf que maintenant j’ai dans le cœur une blessure qui ne se refermera jamais.

 

 

Il y a des films comme ça, qui vous font raconter n’importe quoi.

 

(inspiré de La Taupe, réalisé par Tomas Alfredson d’après le roman de John Le Carré)

 


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