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22 novembre 2011 2 22 /11 /novembre /2011 22:48

 

we-rose-up-slowly-1964.jpg

We rose up slowly de Roy Lichtenstein, qui illustrait la couverture de Pour toujours de Judy Blume, que j'ai adoré... en quatrième.

 

Un matin de novembre, sur une mini-ligne vers 8h45, le wagon est infesté d'ados.

(je penche pour une classe de quatrième)

(vous savez cette classe qu'on a tous détestée)

(même Ophelia, la bombasse du collège qui sortait pourtant avec tous les beaux gosses)

 

Deux filles discutent:

(par avance, pardon pour la ponctuation)

(mais, dans un souci d'approche naturaliste du sujet, je me suis efforcée de retranscrire les dialogues au plus près de la réalité)

(les notes entre crochets sont des ajouts de la traductrice pour une meilleure compréhension des événements)

- "Non mais tu vois alors je prenais ma douche, et genre son pote, tu vois, un pote un peu gros mais avec un beau visage, tu vois, moi j'aime bien les beaux visages, son pote il me voit et il l'appelle quoi, mais vraiment pas discret tu vois?

- Hinhin;

- Et là du coup il arrive il me regarde en train de me doucher tu vois < la scène se déroulait à la piscine, pas de panique >, alors du coup je me suis trooop bien lavée tu vois? <mimes> (c'est vrai que sa copine a l'air débile, elle ne sait certainement pas comment on se lave, pardon comment on se lave troooop bien)

- Hinhinhinhin;

- Ah oué j'étais trop fière de moi, hein, (quoi? mais fière de quoi? toutes ces luttes féministes pour ça???!!!???) et après je suis allée dehors avec ma serviette, et ils jouaient au ballon tu vois?

- Hinhin;

- Et ils faisaient trooooop exprès de faire tomber le ballon juste à côté de moi, et à un moment il m'a demandé si je voyais le ballon, et si je pouvais lui rendre;

- Hinhinhinhin;

- ... (mon esprit a décroché, je repensais à sa fierté à la douche; ça me tracassait) Mais comme il avait dix-sept ans tu vois il travaillait tout l'été." (non mais est-ce qu'au moins il avait un scooter?)

Là j'avoue j'ai complètement décroché quand j'ai réalisé que depuis quinze minutes elle racontait un épisode qui s'était déroulé l'été dernier...On est en novembre, la rentrée est passée depuis longtemps!

Déjà que c'est long et violent au niveau du langage, alors si en plus il n'y a même pas de sensationnel...

 

 

Le même jour, vers 19h sur un quai relativement vide (si si, ça arrive parfois) (tout dépend de la ligne).

Dans le coin qu'un distributeur de friandises à la peinture écaillée forme avec le mur d'une couleur douteuse, un jeune couple entrelacé se roule soigneusement de grosses galoches dans le sens des aiguilles d'une montre.

Le métro arrive, la fille monte dans la rame, il quitte le quai; ils ne se disent pas au revoir.

 

 

Du wagon au quai d'une autre ligne, deux garçons discutent:

- "Nan mais t'as vu moi j'connais du monde!

- Mais tu veux la pécho ou pas?

- Nan mais moi je connais du monde, mon gars;

- Mais tu veux la pécho ou bien?

- Nan mais moi...."

 

 

J'ai remis mes écouteurs.

 

 

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20 novembre 2011 7 20 /11 /novembre /2011 22:45

(presque à la bougie, pour faire plaisir à Delphine)

 

bibli.jpg

 

Il y a beaucoup de romans, quelques livres pour enfants, beaucoup de livres sur la mode et le textile, des livres sur le design, la photo, la peinture...

Mais aussi des bougies (...), des cartes postales, des boîtes et du papier d'Arménie.

 

bibliotheque

 

Mes livres sont d'abord classés par genres, puis à nouveau classés par familles: les romans sont classés par zones géographiques (les anglais, les asiatiques, etc.), les livres pour enfants rassemblés avec quelques bandes dessinées, les beaux-livres sont classés par thèmes (la mode, les arts décos, puis le design, etc...).

Les guides de voyage sont exilés dans l'entrée sur mon vide-poches géant piano - les pauvres (mais un jour viendra où j'aurai plus de place...) (on y croit) (objectif des dix prochaines années: avoir une chambre).


Mes livres occupant deux rangées, j'ai trouvé un système pas très orthodoxe mais très pratique pour surélever la seconde rangée.

(ou comment transformer du vulgaire Ikea en sur mesure)

(modus operanti que j'aurais dû faire breveter d'ailleurs)

(ça m'aurait peut-être permis de me payer une bibliothèque sur mesure, qui sait?)


Comme je suis une grande malade fille de bibliothécaire, au sein de chaque sous-catégorie je regroupe les livres par auteur, puis par préférence, et enfin par thématique.

(soit un classement arbitraire et incompréhensible à part par moi)

(mais soyez rassurés, cela ne m'empêche pas de dormir la nuit)

(même lorsque de nouveaux venus viennent perturber l'ordre établi)

J'aime classer régulièrement tous mes livres (car oui, ils ne sont qu'à moi) (même si mon nom n'est pas écrit à l'intérieur, en dépit du conseil d'Harry).

 

Tous les heureux élus de ma bibliothèque ont été lus (il faut bien mériter sa place au soleil); pour les autres il faut passer par les fameuses piles de ma table de chevet:

(que je ne classe pas, faut pas pousser non plus)

(respectons les limites de ma pathologie)

(les limites de la pathologie... intéressant... poursuivez...)

 

PAL.jpg

 

 

Mais sinon tout va bien, merci.

 

 

 

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17 novembre 2011 4 17 /11 /novembre /2011 19:21

grd 408

 

L'année dernière, sur le conseil d'une de mes géniales libraires (on reviendra bientôt au génie des libraires), j'avais découvert ce texte de Darina Al-Joundi et Mohamed Kacimi qui m'avait conquise et remuée à la fois.

 

Je suis en général un peu effrayée par le théâtre,

(comme par tant de choses)

(les araignées géantes dans Paris, entre autres)

(non mais franchement on est à Paris, qu'est-ce que vous fichez là avec vos longues pattes velues?)

(en plus il fait vraiment froid maintenant, si j'étais vous, je partirais pour une contrée chaude et humide)

(bref)

mais quand j'ai lu dans Causette

(oui je suis abonnée à Causette maintenant)

(je travaille ma schizophrénie)

(entre ELLE et Causette c'est le grand écart, de la gym de compétition pour mes petites méninges)

que Darina Al-Joundi jouait sa pièce à Paris, j'ai oublié ma peur du théâtre et j'y suis allée.

 

La mise en scène, plutôt dépouillée, fait la part belle au texte, à sa crudité, son alternance entre comique et douleur sans hiérarchie ni autre ordre que celui de la vie.

Je m'en souvenais assez bien, mais lire un texte et l'entendre de la bouche de son auteur sont deux choses bien distinctes. Voir Darina Al-Joundi déclamer ce texte, son texte, est une expérience incomparable.

Qui m'a happée de la première à la dernière phrase.

Et heureuse d'avoir été emportée, secouée et émue à nouveau.

 

A ne pas manquer, Darina Al-Joundi joue jusqu'au 28 Janvier au théâtre Essaïon (Paris 4ème).

 

 

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15 novembre 2011 2 15 /11 /novembre /2011 19:28

20090114195300.jpg

 

Ou comment enchaîner en moins de deux heures un palmarès flamboyant:

 

• Une surpopulation inquiétante, avec un taux de densité au mètre carré absolument terrifiant en termes d'hygiène et de liberté individuelle (de ses mouvements).

(parce que, sachons-le, on n'est jamais collé-serré avec Brandon ou Brenda)

(mais plutôt avec Robert qui vient de faire un déménagement et qui apparemment est passé à côté d'une des inventions les plus révolutionnaires de notre siècle)

(le déodorant)

(fonctionne aussi avec Micheline et le dentifrice)

(malheureusement on ne choisit pas)

(et déjà si on ne se prend pas une main déplacée on peut s'estimer heureuse)

 

• A nouveau la même densité effrayante (parce qu'à deux, c'est mieux), comme quoi changer de ligne ne résout pas tous les problèmes.

(une philosophie de vie à retenir, m'sieurs dames)

(life is a lonesome way, and)

(bref, vous avez compris)

 

• Une de mes préférées: la 12 et ses wagons remplis de mâles dominants de retour d'un obscur salon Porte de Versailles. En général ces messieurs sont un peu alcoolisés (le champagne mousseux Listel coule à flot sur les stands moquettés de bleu), ont l'humeur coquine avec toutes les demoiselles ayant le malheur de partager leur wagon, le regard bovin et les pupilles dilatées; on imagine aisément la fin de la troisième mi-temps, heu pardon, de la soirée: "S'cusez le, mamzelle, HIPS", "Beniléoulnouvodirecteuhrcômcialdlaraigion???", "C'est quand l'heure de l'apéroooooooooo??????????"... (soupir)

 

• On enchaîne avec le massacre de Julio Iglesias à l'accordéon (je ne le porte pas spécialement dans mon coeur, mais quand même!), puis en bonus l'indétrônable Besame mucho, décidément toujours aussi bien placé au Top 50 souterrain depuis cinquante ans au moins.

(mais pourquoi????)

(pourquoi sur une ligne où il n'y a pas de touristes mais que des parisiens gris qui font la gueule (dont moi) et rêvent de leur lit)

(et de silence aussi)

Heureusement, certains interprètes ont compris qu'il ne fallait pas tout miser sur leur voix, mais également sur le look, et cette fois-là la vision de cette paire de richelieus bicolores vernis (non, ce n'est pas trop pour une seule paire) m'a délectée.

 

• Un vieux papi libidineux (en sortie avec mamie, le caniche, et la chevalière, comme il se doit), et un couple fraîchement rabiboché (avis aux amateurs: si vous aimez le théâtre, vous pouvez vous quitter et vous retrouver sur le même quai à partir de minuit, parce que bon il faut quand même un certain laps de temps entre chaque rame pour avoir le temps de bien s'engueuler d'abord, puis de se réconcilier ensuite) plus tard, toute balade souterraine s'achève fatalement par le bouquet final: le vomi. Pendant ou après, peu importe; personnellement j'y ai toujours droit au moins une fois par semaine.

 

 

Article non sponsorisé par la ville de Paris

 

 

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14 novembre 2011 1 14 /11 /novembre /2011 23:15

807911-2380.jpg

Et avec elle c'est toute une époque qui disparaît.

Celle du Paris des années 70, du Palace, du temps où la fête était encore un art, le Paris d'avant les années Sida.

Je ne saurais que trop conseiller à nouveau la lecture de Beautiful people d'Alicia Drake, qui retrace si bien ses années-là, et m'avait fait découvrir un bout de la femme derrière la muse YSL.

Betty-Catroux-and-Loulou-de-la-Falaise-with-Yves.jpg

 

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13 novembre 2011 7 13 /11 /novembre /2011 23:50

affiche-francaise.jpg

 

Âmes sensibles s'abstenir.

 

Heureusement que les prochaines élections ont lieu en mai, autrement il serait difficile d'aller aux urnes...

D'ici mai, de l'eau aura passé sous les ponts (de la Seine...), on sera en 2012, tout sera neuf et beau, ce sera le printemps, la neige aura fondu, on fera des projets pour l'été, on aura recommencé à fumer, bref on aura un peu oublié...

 

Oublié les rouages pervers, et semble-t-il inévitables, de la vie politique, ces alliances éphémères, ces alcôves dorées, lustrées, où tout est calculé, examiné, soupesé, ces hommes qui pour la plupart font de la politique pour rattraper cinq points perdus au dernier sondage ou pour briguer un second mandat... et non dans un intérêt commun.

Autant de constats qui ont écoeuré la candide que je suis, qui a envie de croire coûte que coûte que cette étrange espèce (les hommes politiques)

(non mais franchement il faut être maso pour avoir envie de souffrir autant, d'être tout le temps sur la brèche)

(vous me direz qu'après tout je ne connais pas les délices du pouvoir, et vous aurez raison)

(mais très honnêtement, cette vie de mauvaise adrénaline ne me manque pas) était mûe par un idéal, une envie de faire le bien pour tous, d'améliorer le quotidien.

(oui, je sais, les bisounours n'existent pas, merci)

(ce qui me pose d'ailleurs un vrai problème ce soir car j'en aurais bien besoin après ce film)

(ouf, j'ai retrouvé un ELLE inédit, entre les fiches cuisine et la couleur de l'hiver je devrais pouvoir m'endormir tranquille)

(sauf si mon horoscope est mauvais)

(ne me dîtes pas qu'il est mauvais!)

(...)

 

Pour moi jamais film n'avait jusqu'à présent mieux décrit l'univers du pouvoir et ses mécanismes.

Ses tragédies, ses trahisons, ses luttes intestines. Ce milieu où l'amitié sincère n'existe pas, où tout peut basculer en vingt-quatre heures, où la loyauté envers ses idéaux constitue plus un handicap qu'une force... cartactéristiques qui ne sont pas sans rappeler un autre milieu, sanglant au sens propre celui-là.

Grâce à une galerie de personnages complexes et nuancés (qui au passage, pourraient être de droite comme de gauche), ne sombrant jamais dans la caricature, merveilleusement interprétés (Olivier Gourmet et Michel Blanc en tête).

D'un scénario trépidant, digne d'un vrai thriller, et qui ne fait aucune concession à la facilité.

D'une vraie mise en scène (ce qui, par les temps qui courrent, est suffisamment rare pour être souligné).

D'une musique contemporaine grinçante, presque angoissante par moment, et étouffante à la longue.

 

L'Exercice de l'état est un film de haut vol, un vrai moment de cinéma.

A voir en novembre pour avoir le temps de s'en remettre d'ici mai...

 

 

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10 novembre 2011 4 10 /11 /novembre /2011 20:36

Polisse-affiche-2.jpgJ'avoue, je ne sais pas trop que penser de Polisse.

Une partie de moi a succombé, les acteurs sont très justes, et le thème est tellement fort que rien que pour cela il faut y aller.

Rien ne sert de résumer ces bribes de vie dont on est loin d'imaginer l'étendue, ni le nombre de gens concernés.

En cela, le film de Maïwenn est nécessaire.

 

Mais, au-delà de l'aspect presque documentaire, en immersion à la BPM, quel est l'intérêt du personnage de Maïwenn? De l'histoire qu'elle va (sans surprise) vivre avec Fred?

J'aime bien l'acteur Joey Starr, mais cette scène dans la discothèque (où il danse pendant de longues minutes... presques interminables) , qu'apportait-elle au récit? Ce slow totalement prévisible, et presque embarassant... pourquoi?

Certaines situations ont beau être plausibles voire même touchantes dans la vie réelle, elles ne m'intéressent pas au cinéma.

Dans la même veine je pourrais évoquer le déjeuner chez les parents, le réveil dans l'appartement nouvellement partagé où la belle bobo redécouvre la magie des quartiers populaires...

(ah ben oui, il n'y a que ça de vrai, c'est ça la vraie vie)

(comme les fruits de saison d'ailleurs)

(n'importe quoi)


J'aurais préféré moins de sitcom et plus de cinéma.

Un sujet aussi fort aurait à mon sens mérité un peu plus d'originalité dans le traitement.

Polisse est loin d'être un mauvais film, mais il lui manque un je ne sais quoi qui en aurait fait un vrai bijou.

 

 

 

 

 

 

 

 

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8 novembre 2011 2 08 /11 /novembre /2011 21:29

logorama_h5.jpg

 

Pour calmer la fièvre consommatrice qui s'était emparée de moi suite à Drive,

(pour rappel, j'avais envie d'une voiture, de cure-dents, d'un blouson brodé, de mitaines, de lunettes de soleil...)

(ou la liste indispensable à la ryanitude au bonheur)

(bref)

rien de tel que Logorama.

(il semblerait que, depuis le bonheur des dames, j'aie développé une certaine dépendance au site d'Arte)

("oué genre la meuf qui n'a plus la télé et qui regarde Arte TV")

("j'suis sûr qu'elle lit Télérama en plus")

(" alors qu'elle mate même plus la télé, la bouffonne")

(...)

(oui je suis un cliché vivant, et alors? je ne fais de mal à personne!)

 

J'avais entendu parler de ce court-métrage lorsqu'il avait reçu l'Oscar du meiller court-métrage d'animation (en 2010) (merci Google), et suis tombée dessus par hasard (enfin, par hasard ou dépendance?).

 

Tout, absolument tout (cad les personnages comme tous les décors), est représenté par des logos. Je crois qu'au total plus de trois mille marques figurent dans le film.

Les flics sont des bonshommes Michelins, le méchant est Ronald (normal, tout le monde sait que les clowns sont des pyschopathes) (non mais franchement, qui n'a pas peur des clowns?) (rien que d'y penser...), les crocodiles du zoo sont tirés de nos chers polos français, le gamin Haribo est un sale gosse...

Visuellement c'est très ludique, même si cette surenchère de marques donne assez rapidement le tournis.

 

Mais, au-delà de la performance graphique, ce qui est réjouissant, c'est le pastiche du bon vieux film d'action américain. Rien ne manque: les deux flics qui devisent dans leur voiture, le criminel fou, la belle gosse de la cafétéria, le bus scolaire, la course-poursuite sur l'autoroute, le sniper...

 

Sauf qu'à la fin rien ne va plus, Hollywood sombre dans le pétrole, et les logos coulent...

Sous ses airs légers, ce film est plus subversif qu'il n'en a l'air.

Une raison supplémentaire de ne pas le manquer!

 

Il faut toujours se méfier des clowns...

Logorama--2009-.jpeg

 

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6 novembre 2011 7 06 /11 /novembre /2011 21:53

je rêve de mitaines,

(comme Karl Ryan)

de satin matelassé brodé,

(mais avec un plus joli scorpion que celui de Ryan parce que bon)

(ou alors avec un alligator)

(oh oui... un blouson turquoise avec un alligator blanc aux dents dorées...)

(...)

de lunettes aviateur,

(j'en ai déjà mais elles sont miel)

(or je veux des verres fumés dégradés)

(comme Ryan)

de jouer avec mon cure-dents toute la journée,

(en plus de faire héros solitaire, ça m'occuperait étant donné que j'ai arrêté de fumer)

(que ceux qui disent que c'est la centième fois de l'année que je fais le coup du sevrage se taisent)

(cette fois-ci c'est vrai, ça fait une semaine aujourd'hui,et toc)

(et cette fois-ci je suis vraiment motivée)

de retourner à Los Angeles...

(j'ai décidément un gros faible pour les palmiers)

(presque dix ans que ça me poursuit)

 

En fait, je crois que j'ai envie de me transformer en Ryan.

 

screen-shot-2011-10-14-at-3-19-16-pm.png

 

Vous l'aurez compris, j'ai adoré Drive, son histoire si prévisible qui aurait pu donner naissance à un vrai navet, son héros (non mais ce mec, sous ses airs de minot, a un sex-appeal tel qu'il rend sexy tout ce qu'il porte!) (performance à souligner, surtout pour la veste en jean), Carey Mulligan (et ses divines créoles dorées), tous les acteurs en fait, la mise en scène géniale, la photo superbe, le générique rose et surtout la B.O.

(bon ok à un moment j'ai eu (très) peur, je n'ai pas du tout aimé les premières scènes avec sa voisine et son gamin)

(chabadabada au bord de la rivière sur fond de petite musique, très peu pour moi)

(même s'il les emmène à Thunder Road, faut quand même pas exagérer)

 

 

Musique que je me suis procurée depuis, et que j'écoute en boucle en regrettant de ne pas avoir de belle américaine pour rouler à tombeau ouvert, laissant un sillage de Nightcall ou Desire derrière moi... 

 

 


 

 

 

Demain, j'achète des cure-dents.

 

 

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1 novembre 2011 2 01 /11 /novembre /2011 23:08

Face à mon insuccès avec Céline,

(j'essaie désespérément de m'accrocher à Voyage au bout de la nuit... échec total)

(sa langue me demande une concentration de chaque minute)

(c'est énervant à la fin)

après avoir opté pour l'acharnement, j'ai finalement décidé de le mettre de côté, pour plus tard, quand j'aurai plus de disponibilité, de concentration.

(c'est-à-dire... jamais?)

(sauf si je me casse la jambe et que j'ai un long, trèèèès long arrêt de travail)

(ce que je ne souhaite tout de même pas)

(malgré toute ma dévotion littéraire, je ne suis pas - encore? - prête à me sacrifier sur l'autel de la lecture)

(mais j'y travaille, à ma profondeur d'âme, ça viendra)

 

Grâce à cette technique procastrinatrice (pas follement originale, je l'admets), j'arrêtais de m'énerver et pouvais m'atteler à une tâche vraiment utile:

(mais la lecture se doit-elle d'être utile?)

(allusion pas très fine à une question qui nous interpelle au Club en ce moment)

rabaisser les piles de ma table de chevet.

(ces piles me rassurant la plupart du temps, on l'a déjà vu, l'impression de ne jamais pouvoir en venir à bout est également un peu angoissante)

(piles doudous ou piles traumatiques? la pile est-elle un vecteur de tranquillité ou d'angoisse sournoise?)

(on en reparlera quand j'aurais terminé ma psychanalyse)

 

 

Lors d'une de mes dernières excursions en librairie, j'avais acheté ce poche d'Irène Némirovsky, un auteur qui décidément me plaît infiniment.

 

9782207259559FS.gif

 

Par la fluidité de son écriture (laissez-moi vous dire qu'après Céline j'avais juste l'impression de revivre), sa finesse et sa sagacité, son acuité à décrypter les comportements humains...

Dans Le malentendu, Irène Némirovsky raconte une liaison amoureuse, des débuts timides aux premiers malentendus, jusqu'à une fin que l'on devine sans peine depuis le début.

Un thème peu original, je vous le concède, mais brillamment traité ici, d'une plume précise et belle à la fois.

Yves, héritier ruiné, survivant meurtri de la Grande Guerre, rencontre pendant ses congés d'été Denise, une jeune femme mariée.

Dès le départ, tout ou presque oppose les deux amants: issue d'une famille fortunée, elle a fait un beau mariage et n'a aucune idée de ce que le besoin signifie; de son côté, Yves est obligé de travailler dans un bureau pour subvenir à ses besoins, alors que son passé de jeune héritier l'a habitué à un train de vie pas vraiment modeste. Elle a soif de paroles d'amour, de promesses éternelles, alors que pour lui "les mots ne signifient rien".

Et de petite méprise en malentendu, de non-dit en éclats démesurés, la souffrance et l'amertume s'invitent dans leur relation...

Comme toujours frappée par sa justesse et la clarté de son écriture, c'est sa maturité qui m'a vraiment impressionnée dans ce roman (elle avait vingt-trois à sa parution).

(...)

(... comment dirais-je... à vingt-trois ans, je n'avais pas pris conscience de la moitié des dangers qu'elle évoque ici...) (enfin, j'dis ça...)

(je dois souffrir d'un retard de croissance)

 

Alors bien sûr, après on a envie d'enchaîner avec les bisounours pour croire que des fois tout peut bien se passer...

Un article de ELLE sur le port du doré (ou pas) peut aussi être utile.

 

 

Mais Irène Némirovsky, injustement méconnue pendant des années, prouve une fois de plus qu'elle est vraiment un grand écrivain.

(et en plus je me suis un peu retrouvée dans Yves)

(bien que je n'ai ni fait la guerre ni dilapidé ma fortune)

(mais ça change des jeunes filles en fleur, tout de même!)

(admirez la performance)

(et le tour de main du maître)

 

 

 

 

 

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