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1 novembre 2011 2 01 /11 /novembre /2011 23:08

Face à mon insuccès avec Céline,

(j'essaie désespérément de m'accrocher à Voyage au bout de la nuit... échec total)

(sa langue me demande une concentration de chaque minute)

(c'est énervant à la fin)

après avoir opté pour l'acharnement, j'ai finalement décidé de le mettre de côté, pour plus tard, quand j'aurai plus de disponibilité, de concentration.

(c'est-à-dire... jamais?)

(sauf si je me casse la jambe et que j'ai un long, trèèèès long arrêt de travail)

(ce que je ne souhaite tout de même pas)

(malgré toute ma dévotion littéraire, je ne suis pas - encore? - prête à me sacrifier sur l'autel de la lecture)

(mais j'y travaille, à ma profondeur d'âme, ça viendra)

 

Grâce à cette technique procastrinatrice (pas follement originale, je l'admets), j'arrêtais de m'énerver et pouvais m'atteler à une tâche vraiment utile:

(mais la lecture se doit-elle d'être utile?)

(allusion pas très fine à une question qui nous interpelle au Club en ce moment)

rabaisser les piles de ma table de chevet.

(ces piles me rassurant la plupart du temps, on l'a déjà vu, l'impression de ne jamais pouvoir en venir à bout est également un peu angoissante)

(piles doudous ou piles traumatiques? la pile est-elle un vecteur de tranquillité ou d'angoisse sournoise?)

(on en reparlera quand j'aurais terminé ma psychanalyse)

 

 

Lors d'une de mes dernières excursions en librairie, j'avais acheté ce poche d'Irène Némirovsky, un auteur qui décidément me plaît infiniment.

 

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Par la fluidité de son écriture (laissez-moi vous dire qu'après Céline j'avais juste l'impression de revivre), sa finesse et sa sagacité, son acuité à décrypter les comportements humains...

Dans Le malentendu, Irène Némirovsky raconte une liaison amoureuse, des débuts timides aux premiers malentendus, jusqu'à une fin que l'on devine sans peine depuis le début.

Un thème peu original, je vous le concède, mais brillamment traité ici, d'une plume précise et belle à la fois.

Yves, héritier ruiné, survivant meurtri de la Grande Guerre, rencontre pendant ses congés d'été Denise, une jeune femme mariée.

Dès le départ, tout ou presque oppose les deux amants: issue d'une famille fortunée, elle a fait un beau mariage et n'a aucune idée de ce que le besoin signifie; de son côté, Yves est obligé de travailler dans un bureau pour subvenir à ses besoins, alors que son passé de jeune héritier l'a habitué à un train de vie pas vraiment modeste. Elle a soif de paroles d'amour, de promesses éternelles, alors que pour lui "les mots ne signifient rien".

Et de petite méprise en malentendu, de non-dit en éclats démesurés, la souffrance et l'amertume s'invitent dans leur relation...

Comme toujours frappée par sa justesse et la clarté de son écriture, c'est sa maturité qui m'a vraiment impressionnée dans ce roman (elle avait vingt-trois à sa parution).

(...)

(... comment dirais-je... à vingt-trois ans, je n'avais pas pris conscience de la moitié des dangers qu'elle évoque ici...) (enfin, j'dis ça...)

(je dois souffrir d'un retard de croissance)

 

Alors bien sûr, après on a envie d'enchaîner avec les bisounours pour croire que des fois tout peut bien se passer...

Un article de ELLE sur le port du doré (ou pas) peut aussi être utile.

 

 

Mais Irène Némirovsky, injustement méconnue pendant des années, prouve une fois de plus qu'elle est vraiment un grand écrivain.

(et en plus je me suis un peu retrouvée dans Yves)

(bien que je n'ai ni fait la guerre ni dilapidé ma fortune)

(mais ça change des jeunes filles en fleur, tout de même!)

(admirez la performance)

(et le tour de main du maître)

 

 

 

 

 

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30 octobre 2011 7 30 /10 /octobre /2011 22:26

J'ai réussi à me sevrer de la télévision (donc du Mentalist, de Grey's anatomy, des intrigues sentimentales, des enquêtes bouclées en cinquante minutes) (mais aussi d'Horatio) plus facilement que je ne l'aurais cru.

Contre toute attente, ma dose dominicale d'Experts ne me manque pas.

Cela dit, le dimanche soir était le seul moment où je m'adonnais vraiment à ce péché rituel et, après avoir écumé toute ma collection de dvd, je craignais une rechute (j'ai beau adorer Harry, Frankie et les autres, trop de Sally tue Johnny).


Heureusement il y a Arte, et son site où même avec mon vieux Mac grabataire (qui se souvient encore de l'ibook?) (pourtant à sa sortie il faisait sensation) (il y a huit ans) (ahem) je peux regarder les programmes déjà diffusés sans attendre des heures ni pester à cause d'une image saccadée ou juste invisible.

Merci Arte donc, qui m'a délectée ce soir avec l'histoire des grands magasins, à travers la trajectoire d'Aristide Boucicaut, patron visionnaire du Bon Marché.

 

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Boucicaut n'était pas uniquement un homme d'affaires talentueux, mais surtout un homme dont le flair, l'audace et la modernité étaient incomparables, en avance sur son temps dans son commerce comme sa considération du personnel (ses employés avaient droit à des congés payés!).

Ce qui nous paraît aujourd'hui naturel ne l'était absolument pas à un siècle où les femmes envoyaient leurs bonnes faire leurs courses, où elles ne pouvaient pas sortir seules hormis à l'église (incroyable mais vrai: les médecins recommandaient de ne pas trop stimuler l'esprit des femmes, autrement le sang quittait l'utérus pour le cerveau, avec les fâcheuses conséquences que l'on imagine), où les différentes classes sociales ne se mélangeaient pas, où la progression sociale était quasiment impossible (une femme issue d'un milieu modeste avait le choix entre une carrière domestique ou sulfureuse), où les magasins étaient spécialisés dans un type de produits, où le client roi n'existait pas, pas plus que la consommation effrénée...

Dans un Paris et une société en pleine mutation (travaux haussmanniens, révolution industrielle, émergence d'une nouvelle classe: la bourgeoisie), Boucicaut avait compris que l'avenir était lié à la vitesse et à la circulation, et va implanter un nouveau mode de consommation toujours d'actualité.

 

Outre la révolution commerciale qu'accomplit cet homme, c'est également l'évolution de la condition des femmes que dépeint ce documentaire, et comment le grand magasin va leur permettre de s'émanciper.

Les bourgeoises y trouveront un moyen de sortir sans mari ni chaperon, de gérer leur argent et de gagner ainsi pouvoir et respectabilité; les femmes issues de milieu modestes y trouveront le moyen inédit de gravir les échelons sociaux en devenant vendeuses plutôt que bonnes ou putains (nouveau métier apparu pour rassurer les clientes, ayant affaire jusque là à des vendeurs exclusivement masculins ce qui en émoustillait peut-être certaines, mais en perturbaient d'autres).

Un grand magasin anglais soutint même les suffragettes dans leurs revendications!

Si le grand magasin a favorisé l'émancipation des femmes, il les a en même temps fait régresser. Le développement de la confection par exemple (et donc de la standarisation des tailles) modifia ainsi la perception de leur corps et encouragea les diktats de l'apparence (et la dictature de la balance).

 

Mais ce documentaire captivant évoque aussi la naissance de la mode, le système des saisons, les révolutions des modes de travail, la perception aiguëe de Zola de ce monde en changement...

 

Le tout mêlant interviews d'historiens, reconstitution pour une fois réussie et contribuant à une meilleure compréhension, images d'archive, publicités et tableaux de l'époque élégamment choisis et animés, et forcément des extraits du Bonheur des dames (qui fera très probablement l'objet de ma prochaine descente en librairie) (bien que ma table de chevet affiche déjà complet) (je n'ai peur de rien).


Jamais rébarbatif mais vraiment passionnant.

 

 

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26 octobre 2011 3 26 /10 /octobre /2011 20:10

helas.jpgAprès vous avoir voué, de longues années durant, un culte proche de l'idolâtrie, je commence à vous prendre sérieusement en grippe.

Cet été déjà, j'aurais dû savoir interpréter les signes avant-coureurs de la rupture.

Car ils étaient bien là.

Aux oubliettes la passion des débuts, la fougue de la jeunesse!

Je lisais désormais vos articles en diagonale, j'écoutais vos chroniques d'une oreille distraite.

J'avais mis ça sur le compte de la fatigue, de ma morosité estivale, de l'interminable attente des vacances, tout ça...

Je refusais simplement d'admettre la vérité.

 

Puis, en sortant d'Une séparation, l'effroyable constat: il valait mieux prendre mes distances.

Infiniment heureuse d'avoir vu ce film sur vos conseils, je suis malgré tout à peu près sûre que même sans vous j'aurais décidé de le voir. Et nul doute que je serais alors entrée dans la salle vierge de toute présomption.

Mais il a fallu que vous racontiez la scène où cette femme appelle le mollah afin de savoir si le fait de laver le vieil homme (et donc le voir nu) qui s'est souillé constitue un péché... Vous l'avez tous raconté, cette scène, dans ses moindres détails.

Saurais-je jamais comment j'aurais réagi si je n'avais pas été au courant?

 

Le coup de grâce vint la semaine dernière.

Depuis que je suis revenue, je peine à rattraper mon retard, et pour une fois j'avais le temps d'aller au cinéma.

Je me faisais une telle joie de passer un bon moment avec Nanni et Piccoli...

Sauf que je connaissais tout en fait: Nanni enfermé au Vatican, Piccoli errant dans Rome, Tchekhov, le volley-ball...

Alors oui, j'ai ri quand même, mais j'étais surtout déçue, et pas seulement à cause du film.

 

 

C'est pourquoi j'ai décidé aujourd'hui de me défaire de vous, de me fier à mes envies, pourquoi pas à celle des autres...

 

Vous passerez en dernier, c'est décidé!

Sauf si vous décidez de cesser de tout nous raconter, car je vous ai dans la peau, que voulez-vous...

 

 

 

Et sinon mon portrait en lectrice, c'est par .

 

 

 

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23 octobre 2011 7 23 /10 /octobre /2011 17:43

 

l'aviez-vous remarqué?

 

 

- J'ai un cheveu blanc.

 

 

Dernier dimanche à l'heure d'été.

 

 

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16 octobre 2011 7 16 /10 /octobre /2011 09:11

9782253072836.jpgL'avais-je oublié ou bien ne l'avais-je jamais su?

Toujours est-il que je ne savais pas que ce récit dépeignait une famille bien réelle, ni qu'il avait été écrit par une journaliste en immersion dans la famille du libraire Sultan Khan pendant quelques mois.

Cette découverte me déçut un peu au début, tant j'avais (et ai encore) soif de fictions lointaines (tout en sachant bien que ce ne serait pas le roman le plus exotique, je m'attendais à un roman dans la veine de Zoya Pirzad).

Cette déception fut de courte durée car j'ai rapidement été happée par l'histoire de cette famille (même si j'ai eu du mal à assimilier et à retenir toutes ses ramifications).

Le récit d'Åsne Seierstad est organisé en chapitres relatant chacun un événement de la vie d'un/des Khan. Les liens qu'elle a certainement noués avec certains au fil du temps n'affectent en rien son récit, car elle a su conserver une certaine objectivité. Et son écriture est vive, fluide et agréable.

Le fait qu'aucun membre de cette famille ne soit vraiment attachant (surtout les hommes, Sultan le chef de famille en tête, suivi par son fils Mansur) ne m'a pour une fois aucunement gênée, car, au-delà de ces destins, c'est une toile de l'Afghanistan que brosse la journaliste.

 

Un pays qui vit son premier printemps sans les taliban (et non apparemment on ne met pas de "s" au pluriel), et dont l'attention internationale s'est détournée depuis leur chute, la traque de Ben Laden n'étant plus assez sensationnelle (Ben Laden dont certains afghans ne connaissent même pas le visage) (!).

En plus des complexes déchirements que traverse alors le pays (conflits régionaux, luttes pour le pouvoir...), Åsne Seierstad décrit également la condition des afghanes, les codes auxquels elles étaient soumises avant ce printemps-là, ceux qui gouvernent encore leur quotidien, et leurs tentatives d'indépendance.

Difficiles tentatives dans une famille dont le chef se réjouit de l'émancipation des femmes, souhaite même que des femmes soient nommées au gouvernement, tout en (entre autres) envoyant sa première femme vivre au Pakistan, pays qu'elle déteste...

Sultan Khan m'est ainsi devenu de plus en plus antipathique au fil des pages, voire même détestable à la fin. Sans doute m'apparaît-il comme un tyran disposant des siens selon son bon vouloir (en retirant ses fils de l'école très jeunes par exemple, alors que lui-même est instruit, et qu'ils sont destinés à travailler dans ses librairies!) car, en dépit de tous les écrits que j'ai pu lire, je reste étrangère à cette société et à certaines traditions orientales. Peut-être que comparé à d'autres chefs de famille il me serait apparu plus humain, peut-être même plus ouvert (n'oublions pas qu'il a tout de même accepté d'accueillir Åsne Seierstad chez lui, l'emmenant même lors de ses déplacements)...

 

J'ai encore tellement de choses à dire (sur les femmes, les rapports sociaux, familiaux, la vie de ce peuple au destin particulier...), mais il me semble qu'il vaut mieux que je me taise pour que ceux qui auraient envie de le lire conservent un oeil neuf sur ce livre.

Mais ce que je tiens à rajouter, c'est combien cette lecture fut importante pour moi dans la mesure où elle m'a fait découvrir l'Afghanistan par le quotidien de cette famille, autrement qu'un portfolio d'images de guerre ou bien au travers du prisme de Ben Laden .

Ce livre m'a vraiment interpellée en tant qu'occidentale, et a sérieusement remis en question ma perception des événements, et comment ils nous sont rapportés par la presse.

Conservons notre esprit critique...

 

 

 

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14 octobre 2011 5 14 /10 /octobre /2011 08:24

Emanuele Crialese rapporte être tombé amoureux de Lampedusa dès qu'il y a mis les pieds.

Et on le comprend sans peine entre cette eau turquoise, ces paysages arides et cette lumière méditerranéenne...

Un décor enchanteur, au premier sens du terme: qui pratique des enchantements.

 

Rien d'étonnant donc à ce que l'île garde héberge une femme aussi fantasque que Grazia (sublime Valeria Golino).

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Bizarre, Grazia l'est certainement.

Elle est surtout libre, et étouffe dans ce microcosme insulaire où il ne fait pas bon s'affranchir des traditions en toute indiscrétion.

La vie lampedusienne est rythmée par les retours au port des pêcheurs; les femmes travaillent à l'usine de poissons et les enfants se livrent une guerre territoriale sans merci (belles scènes de rixes).

Société méditerrannéenne oblige, les hommes restent entre eux (malheur à la pauvre Grazia qui veut participer à une conversation masculine), commandent les femmes (même Filippo, neuf ans à tout casser, ordonne à sa grande soeur d'environ dix-sept ans de rentrer à la maison au lieu de traîner avec un garçon qu'il n'aime pas!) (j'avoue que les rapports homme/femme m'ont choquée; j'étais plutôt contente, une fois n'est pas coutume, de ne pas être née sur une île perdue) et prennent des décisions arbitraires au nom d'un rôle patriarcal soi-disant garant de leur virilité.

L'action se situant entre les années 70 et les années 80, internet n'existait pas, et ne pouvait donc pas influer sur ce mode de vie fermé et traditionnaliste, où la mer et la Sainte Vierge (que l'on ressortira de l'eau pour une fête religieuse) régentent les vies humaines.

La peinture de tout ce petit monde est fascinante, et d'autant plus saisissante que les acteurs sont majoritairement non-professionnels et issus de l'île, où le réalisateur a lui-même vécu quelques mois, le temps de mûrir son histoire.

 

Le personnage de Grazia est bien le pivot central de l'histoire.

Valeria Golino incarne à merveille cette femme impulsive et instinctive, un peu bipolaire sur les bords sans doute, libre et libérée dans son corps (sans doute cela explique-t-il l'animosité qu'elle suscite) comme dans son comportement, en décalage permanent avec les autres.

Presque animale dans sa relation amoureuse avec son mari, qui l'aime terriblement tout en étant impossible de la défendre face aux autres, tout hésitant qu'il est entre sa place d'amant et son rôle de chef de famille qui ne lui va pas.

 

Le troisième personnage de Respiro, c'est la mer. Omniprésente en arrière-plan ou lors de nombreuses scènes sous-marines presque magiques.

 

La caméra de Crialese, la photo et le son contribuent à cette ambiance irréelle, et font de Respiro une expérience sensorielle, au-delà d'un film simplement narratif.

 

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11 octobre 2011 2 11 /10 /octobre /2011 22:42

Je propose une grève générale.

Pour protester contre l'Automne,

les retours de vacances et le retour du froid,

(mais pas celui du chauffage)

l'angoisse du post blanc,

(tant d'années après celle du bac)

(blanc, le bac blanc)

(oh ça va hein)

(si on peut plus rire le mardi soir)

le rythme effréné qui finit toujours par nous regagner en dépit de plusieurs jours de résistance passive,

le constat déprimant qui s'ensuit,

(on a beau avoir essayé d'être humain pendant nos congés payés, on finit toujours par redevenir des monstres urbains)

(philosophie du mardi soir, bonsoir)

(rendez-vous chaque mardi pour les aventures de Violette et Hobbes)

(ha ha ha)

(ok, elle était facile, mais terriblement tentante)

(pardonnez-moi car j'ai vraiment du mal à m'y remettre)

et notre morne mine de circonstance.

(et ne venez pas me dire que l'Automne, c'est une incroyable palette de couleurs)

(vous en ficherai, moi, des couleurs)

 

 

Heureusement, en Automne il y a aussi les fêtes juives.

Et oui.

De l'avantage de travailler dans le Sentier, Messieurs-Dames.

 

 

Et alors que j'aurais pu me morfondre à Paris,

observant le ciel blanc derrière ma fenêtre mal isolée,

ma chair se hérissant de froid,

(après Hobbes, Dickens!)

(mais pour qui se prend-elle???)

mes doigts prenant petit à petit une coloration bleutée

(alors que tout le monde sait pertinemment que c'est le bordeaux qui est à la mode cet hiver),

le coeur gros à l'idée d'enfiler ces satanés collants,

je pars à Barcelone.

 

Et oué.

Alliance magique des fêtes juives et de la génétique.

 

Ce qui signifie que là maintenant, tout de suite, je suis en train de vernir mes orteils, car à Barcelone il fait chaud et on peut encore porter des chaussures ouvertes.

Donc par corrélation des jupes sans collants.

Jupes que je m'empresserai d'enfourner dans mon sac dès que mon vernis sera sec.

 

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5 octobre 2011 3 05 /10 /octobre /2011 08:16


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Le retour ici-bas étant décidément bien difficile, j'ai opté pour la fuite en choisissant des lectures voyageuses.

Et choisi la compagnie de Bernard Giraudeau, qui m'avait déjà transportée avec Cher Amour.

 

J'ai eu peur au début que la magie n'opère pas cette fois, la première nouvelle (car il ne s'agit pas ici d'un roman mais d'un recueil de nouvelles) m'ayant paru artificielle et peu convaincante, en dépit d'un passage presque magique et du doux exotisme vietnamien.

 

Peut-être parce que dans cette nouvelle le héros n'est pas un marin, alors que Bernard Giraudeau sait mieux parler de la vie de marin (qu'il a connue), de la mer, son appel irrésistible et ses cruels mirages.

 

Dès la seconde nouvelle en revanche, et jusqu'à la fin du livre, j'ai été happée par ces destins épiques d'hommes qui, de retour sur la terre ferme, ne sont bons à rien et en proie à un seul désir: repartir.

 

Pour autant leur quotidien n'est jamais sublimé (notamment dans la nouvelle Diego l'Angolais): vie à bord codifiée, escales trop courtes où les excursions se limitent aux bars et aux bordels, cabines exiguës où la cohabitation est souvent difficile, navires précaires car mal entretenus par de richissimes armateurs qui se font dorer la pilule entourés de poules de l'est...

 

La fascination de l'Océan est plus forte que tout, et terriblement contagieuse, même si "la mer enseigne aux marins des rêves que les ports assasssinent."

 

Et l'écriture de Bernard Giraudeau toujours aussi belle: sensible, sensuelle, parfois crue, et toujours empreinte de poésie.

 

 

On referme ce livre avec l'envie de s'embarquer sur le premier bâteau venu, la malle pleine des livres de Loti, Cendrars et Melville...

(les baleines m'obsèdent toujours...)

(soupir)

 

globe large

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3 octobre 2011 1 03 /10 /octobre /2011 21:58

Restless-film-Affiche-01-675x1000.jpg

 

J'ai toujours eu un faible pour les oiseaux, les vieilles dentelles et les palettes fanées.

 

Les jolis mélos, les jolis jeunes gens, et les couleurs automnales.

Les bandes originales soignées, les costumes vintage et les jolis baisers.

 

Mais là franchement, j'ai frôlé l'indigestion.

Après une (longue) demi-heure où je me suis convaincue que le film allait démarrer,

(célèbre méthode Coué...)

(totalement inefficace cette fois-ci)

la déception a fini par me gagner, amplifiée par de nombreux départs dans la salle, ainsi qu'un ronflement fort sonore...

J'ai failli à mon tour quitter la salle, c'est dire...

Moi qui pensais me pâmer devant le bel Henry Hopper, je suis finalement restée jusqu'au bout pour les exquises toilettes de la délicieuse Mia Wasikowska.

(ah, son manteau moucheté, sa robe en dentelle et ses jolies paires de gants...)

(entre autres, car je pourrais vous parler des heures de la robe de chambre d'Henry - noire et chocolat, avec un bel imprimé géométrique -, de leurs costumes d'Halloween, des chapeaux)

 

Gus Van Sant avait-il tant besoin d'argent pour accepter cette commande pleine de sensiblerie et cousue de fil blanc?

(bon ok, presque tous, il y en a juste un qui m'a surprise)

(sans toutefois transformer cet essai)

(merci de noter la métaphore rugbytisante)

(c'est la crise du lundi soir)

(précision: du lundi soir après un loooong week-end en Provence)

(vous ai-je déjà dit à quel point j'aimais Roch Hachana?)

 

Alors oui c'est vrai, les héros sont sympathiques,

(et le bel Henry... yummy)

(mais je préfère quand même Mia)

(j'ai même envie de me teindre en blonde et de me couper les cheveux)

(c'est malin)

(sauf que je n'ai pas d'aussi jolies oreilles)

(soupir)

(je la déteste en fait)

la photo superbe,

(vive l'automne en Amérique)

les décors magiques,

(ça donne envie de se promener tout le temps)

(même dans des cimetières)

(même quand il fait froid),

tout sonne creux.

 

Les dialogues un peu toqués et surréalistes d'Annabel et Enoch?

...

Leurs jeux insolites et enfantins?

...

Les décors et costumes tellement esthétisants qu'on se croirait dans un joli livre d'images?

(et pourtant, Dieu sait combien je suis sensible à l'esthétique)

...

 

L'inévitable montage de séquences merveilleuses (Annabel et Enoch font du vélo, Annabel et Enoch vont au bord de la rivière, Annabel et Enoch s'amuse avec des appeaux, Annabel et Enoch dérapent vivent une première fois de rêve dans une cabane dans la forêt, Annab... oh c'est bon hein on a compris)  avec la petite musique qui va bien (les Pink Martini, pour faire dans l'originalité...) (je finis presque par les détester à force) (ça ne les empêche certainement pas de dormir, mais moi ça me fait tout drôle) a fini de m'achever, et a failli provoquer un fou rire nerveux... qui a laissé place à un soupir franchement agacé après la dernière scène...

 

Pourquoi, ô pourquoi?

 

Rendez-nous Gus Van Sant!

 

 

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25 septembre 2011 7 25 /09 /septembre /2011 14:02

Marcher à deux à l'heure dans les couloirs du métro,

(tout le monde a donc envie de me tuer)

(mon moi pré-vacances m'aurait certainement déjà tuée)

(serais-je en pleine mue?)

ne plus avoir envie de rien dans cette ville sinon la quitter,

(moi qui suis pourtant une folle de bitume...)

(... et qui ai tant aimé Paris...)

(c'est grave Docteur?)

c'est bien à contretemps que je marche depuis que je suis rentrée.

 

Alors, pour repousser encore ce quotidien qui me fait tant râler, quel meilleur remède sinon se rappeler mes lectures de vacances?

 

J'avais emporté deux romans, qui se sont avérés des lectures parfaitement adaptées à mon séjour.

Je ne veux pas par là rabaisser leurs qualités, juste souligner que je n'aurais sans doute pas ressenti les mêmes émotions à Paris.

 

du-bon-usage-des-etoiles-130411.pngTout d'abord le premier roman de Dominique Fortier, Du bon usage des étoiles, qu'une amie m'avait chaudement recommandé. Ce premier roman retrace, au XIXème, une expédition britannique en Arctique chargée de découvrir le mythique passage reliant l'Atlantique au Pacifique.

Cette expédition se partage entre un récit omniscient et le journal de Francis Crozier, le second de Sir Franklin, le chef de l'expédition.

En parallèle,  la vie de la femme de Franklin et de sa nièce, la belle Sophia, qui, après un long voyage, finissent par regagner Londres et ses mondanités, se languissant d'abord puis cédant à l'inquiètude.

Dominique Fortier a bien rythmé son récit, alternant les lieux et les modes de narration de manière toujours judicieuse. Le thème de l'expédition m'a complètement séduite (peut-être parce que je me trouvais alors moi aussi en plein Océan), la psychologie des personnages est vraiment fine, et l'écriture très agréable.

Une lecture délicieuse, mais qui hélas ne décolle jamais totalement. La faute à un petit je-ne-sais-quoi qui manque cruellement, surtout à la fin.

Espérons que Dominiqe Fortier le trouvera pour son second roman.

 

 

 

ce-que-je-sais-732146.jpgPuis j'ai dévoré Ce que je sais de Vera Candida, de Véronique Ovaldé.

J'en avais lu quelques pages il y a deux ans (dans un livre qui n'était pas le mien), et avais été séduite par l'écriture. Sorti en poche à l'occasion de la sortie de son dernier roman, je me suis rappelée ce coup de coeur, et ai décidé de l'embarquer avec moi.

Bien m'en a pris, car celui-ci est doté du fameux je-ne-sais-quoi qui manquait au précédent. Je n'ai plus pu le lâcher une fois commencé, et lu la dernière phrase en atterrissant à Orly...

J'ai été littéralement transportée par les destins de ces trois femmes: Rose Bustamente, Violette et Vera Candida; leur pays imaginaire que j'ai si bien vu, senti, entendu; l'écriture de Véronique Ovaldé, la justesse de ses mots, le rythme de ses phrases, l'univers qu'elle crée autour de chacun de ses personnages...

Je sais très bien ce qu'on pourrait reprocher à ce roman, mais il a résonné pour moi comme un conte moderne.

 

Difficile de passer à d'autres lectures maintenant.

(soupir)

 


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