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13 juin 2011 1 13 /06 /juin /2011 00:00

L'histoire vraie d'Enaiatollah Akbari

 

9782867465581.jpgS'il est vital pour bon nombre d'entre nous de profiter de la vie, ce qui va avec son cortège de petites ou grandes frustrations quotidiennes, de problématique existentielle parfois (souvent... je ne vous jetterai pas la pierre), il est indispensable de remettre les choses à leur place de temps en temps.

 

Comme il est nécessaire de lire l'histoire d'Enaiatollah, rapportée par Fabio Geda dans ce roman à quatre mains qu'on ne peut pas lâcher une fois commencé. L'histoire d'un enfant afghan, que sa mère laisse au Pakistan pour qu'il puisse fuir son pays natal, où son ethnie est haïe par les talibans.

On va suivre son long et éprouvant périple du Pakistan jusqu'en Italie, en passant par l'Iran, la Turquie, la Grèce.

Un voyage qu'ils sont nombreux à entreprendre, mais dont ils n'arrivent pas tous au bout.

Une vie que nous n'imaginons même pas, même si certains films (je pense à Welcome de Philippe Lioret) ont contribué à ouvrir nos yeux.

Quel trouble de le voir décrire ses séjours à Istanbul et Athènes, moi qui ai justement séjourné dans ces deux villes l'an passé... Même si on imagine bien qu'à Paris ou ailleurs, d'autres mènent des vies dont les enjeux n'ont rien de comparable aux nôtres, on peut l'oublier au quotidien, c'est pourquoi cette coïncidence m'a d'autant plus marquée.

Malgré ce qu'il a dû endurer pendant presque cinq ans, la brutalité, la peur, la débrouille, Enaiatollah ne semble jamais amer et il se rattache aux faits pour raconter son histoire; un témoignage objectif, et en même temps les contours d'un jeune garçon impressionant d'humanité et de perséverance.

 

Je vous épargne la morale de cette histoire, mais cette lecture est vraiment bouleversante, et j'espère bien m'en rappeler longtemps encore.

 

Il faut absolument lire ce livre, je suis vraiment reconnaissante à mon père d'avoir glissé ce livre dans mon sac.

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11 juin 2011 6 11 /06 /juin /2011 00:32

Je l'avais raté au cinéma.

Deux petites semaines à l'affiche, et puis s'en va...

Sort cruel des films confidentiels, qui ne rencontrent pas leur public comme on dit, à qui les bonnes critiques ne suffisent pas.

Et on les retrouve deux ans plus tard, en dvd à moins de deux euros... Tant mieux pour moi, même si ce prix me stupéfie et me glace à la fois.

 

Me voilà donc à la rencontre de Didine, plus de trois ans après sa sortie en salles.

Mais je ne le regrette pas, car je ne suis pas certaine que j'aurais apprécié et compris ce film de la même manière trois ans en arrière.

 

18876725.jpg-r_760_x-f_jpg-q_x-20071217_102231.jpgAttachante Didine, qui se laisse porter par le courant de la vie, sans chercher ni à s'amarrer à la rive ni à ralentir ou accélerer sa course.

Pas d'ambition particulière, ni d'élans passionnés... Didine se suffit à elle-même, tout semble glisser sur ses plumes, comme si elle était étanche.

Si elle est complètement libre, on a l'impression qu'elle passe un peu à côté de sa vie.

(je vous épargne le processus d'identification qui s'est sournoisement mis en place comme d'habitude)

(comme dirait l'autre, "à l'insu de mon plein gré", il est important de le souligner)

(maintenant j'ai envie de me laisser pousser les cheveux, c'est malin)

 

Et petit à petit, de fil en aiguille, Didine va s'ouvrir aux autres, secouer sa tiède existence.

 

Sous des dehors plutôt banals, le scénario est vraiment subtil (signé Anne Le Ny, ceci explique cela), les tensions dramatiques sont bien équilibrées, entre comique (la fameuse scène de la pelle...), douce amertume et drame (sans jamais verser dans le pathos) (et non, je n'ai pas pleuré!)...

 

Surtout, ce film est porté de bout en bout par Géraldine Pailhas, pour une fois mise à l'honneur avec un premier rôle, et qui le rend bien au film: elle est vraiment Didine.

Tous les autres acteurs sont au diapason: Biolay que je n'avais jamais vu comme acteur est plutôt doué, Julie Ferrier toute en finesse, Edith Scob hilarante en vieille acariâtre...

 

Un film plus profond qu'il n'en a l'air, et qui soulève d'intéressantes questions...

 

Je laisse le mot de la fin à la redoutable Mme Mirpoix (alias Edith Scob):

"A force de ne pas savoir ce que vous voulez, vous n'aurez rien du tout ma petite!"

 

A méditer...

 

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9 juin 2011 4 09 /06 /juin /2011 13:59

 

Les middle-weeks, c'est prometteur (en théorie).

On se dit qu'on va faire plein de trucs: rempoter ses plantes, faire un peu de couture, aller voir une expo, prendre un café en terrasse...

En pratique: on a l'humeur aussi grise que le ciel, on n'a rien à se mettre, il fait trop froid, après tout les plantes ne sont pas tant à l'étroit dans leur pot...

Bref on paresse.

Avec un peu de mauvaise conscience.

Mais la grisitude l'emporte.

(l'équation thé + chat + bouquin aussi)

(même si ça ne fait pas rêver comme ça)

(je vous rassure, je n'ai cédé ni à la bouillotte ni au bonnet de nuit)

(pour l'instant)

 

Après Nuala, j'avais envie d'un livre doux. Manque de pot, tous les prétendants de ma table de nuit ne sont pas franchement gais: entre Tu verras de Nicolas Fargues et Purge de Sofi Oksanen on a connu plus joyeux.

J'avais compté sur Les années douces (je sais je sais, je ne l'ai toujours pas lu, honte sur moi), que je me suis finalement résolue à commander sur internet, ne le trouvant jamais en librairie ("non, je ne veux pas le manga..."), mais il n'est toujours pas arrivé.

Je me suis donc consolée avec trois petits ouvrages, que j'avais achetés en prévision de mes futurs trajets ferroviaires.

Trois livres différents mais tous réjouissants.

 

9782246151340FS.gifJ'ai commencé par Le bal d'Irène Némirovsky.

D'elle je n'avais lu que Suite française, qui m'avait impressionnée par son intelligence, sa finesse et son regard aigu et sans pitié envers l'espèce humaine (pour mémoire, l'action se situe pendant l'exode de juin 1940), et une autre nouvelle dont je ne me rappelle malheureusement pas (honte sur moi, bis). Le bal était, selon le libraire qui me l'a recommandé, l'une des meilleures nouvelles de Némirovsky, sinon la meilleure, où son talent éclatait le mieux.

C'est une excellente nouvelle en effet, que l'on ne peut plus lâcher dès qu'on l'a commencée: Irène Némirovsky écrit bien, est très fine dans ses analyses des rapports humains, et maîtrise son récit de bout en bout (Le bal a d'ailleurs été adapté au cinéma, avec Danielle Darrieux).

Et comme dans Suite Française un regard sans condescendance (presque cruel parfois) sur l'espèce humaine et ses travers: une merveille de satire!

 

 

 

 

 

9782070376575-bJ'ai enchaîné avec Françoise Sagan, Avec mon meilleur souvenir (toujours dans le cadre du challenge Sagan), une suite de textes différents sur ceux qu'elle a croisés plus ou moins assidûment, sur ce qu'elle a connu de meilleur (la vitesse, le jeu...). On en apprend un peu plus sur sa vie, sur ce qui la passionne, la touche, la meut... Quelle vie, tout de même! Quel bonheur de croiser des personnages mythiques: Billie Holiday, Noureev, Tennessee Williams, Sartre...

Comme à chaque fois, son écriture, plus profonde qu'elle n'en a l'air, me happe et m'emporte.

C'est certain, à ma prochaine virée en librairie, je repartirai encore avec du Sagan!

 

 

 

 

 

 

 

 

Elizabeth Taylor Hester Lilly couv françaiseEt, pour finir, Hester Lilly d'Elizabeth Taylor. Une romancière que je ne connaissais que de nom (honte sur moi, ter), et encore, vaguement me faut-il avouer.

Ce livre avait tout pour me plaire: l'Angleterre, les années 30, un pseudo triangle amoureux... Et il m'a plu!

L'histoire ne se déroule pas comme on l'imaginait, et là aussi on a droit à une finesse d'analyse assez stupéfiante, tant sur les codes sociaux qui régissent les comportements de cette bourgeoisie provinciale que sur les élans du coeur... et en ce qui concerne ces derniers, la question soulevée est moderne et sans coquetterie: qu'est-ce qui est le plus douloureux, constater la perte de ses sentiments, ou faire le deuil de sentiments avant qu'ils n'éclosent? (vous me suivez?)

(ah ben, déjà que je paresse hein, encore heureux que je fasse travailler mon cerveau...)

Cela m'a donné envie de lire d'autres romans de cette dame...

 

 

De bons moments, qui m'encouragent à me refaire un thé pour continuer sur ma lancée!

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5 juin 2011 7 05 /06 /juin /2011 23:17

MademoiselleJ'ai une affection particulière pour ce film, que je ne me lasse pas de voir et revoir.

(il faut dire aussi qu'en ce dimanche pluvieux de mousson parisienne le type d'activité était peu varié)

(et il me fallait une transition après Nuala avant d'entamer un autre livre)

(et puis le dimanche soir c'est permis)

(tout est permis d'ailleurs)

(cela dit, rassurez-vous: une petite commande Amazon est en route, avec des dvd inédits)

(oué oué oué, des films que j'ai même pas vus en salle obscure)

 

J'aime bien ce film pour ses acteurs déjà.

Sandrine Bonnaire est lumineuse, Gamblin irrésistible, et on a envie de mettre des claques à Zinedine Soualem.

 

Et puis il y a l'histoire.

Celle d'un homme et d'une femme qui vont passer vingt-quatre heures ensemble, qui savent qu'ils ne repartiront pas ensemble, mais qui savent malgré tout en profiter, même si la chute doit faire mal (adieu chabadabada).

Car, comme le dit si justement ma chère Nuala, ce n'est pas la vraie vie. Et c'en est d'autant plus beau.

Et on l'apprécie encore plus quand on a conscience du caractère éphémère de la chose...

 

Une histoire qui peut arriver à tout le monde, bien ancrée dans la réalité (ah, le congrès de la boîte de Claire, le super Campanile, le café de gare...) mais qui permet de s'en échapper pour quelques heures.

Le temps d'une virée en scooter, d'une coupe de (mauvais) champagne sur la terrasse du Campanile, le temps d'un mensonge malgré lui...

 

Un film économe (dialogues et scènes inutiles nous sont épargnés) sans prétention ni sensiblerie, juste l'histoire d'une belle rencontre.

 

Avec juste les ellipses nécessaire, et l'humour aussi!

(si si)

(impossible de pleurer devant ce film)

(par contre on a un petit sourire niais après)

(et on rêve à nouveau à l'intermittent)

(encore lui, caramba! plus d'un an après... encore raté!)

 

 

Un peu de poésie avant la dure réalité du lendemain matin!

 

 

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Vous reprendrez bien un peu de Gamblin?

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5 juin 2011 7 05 /06 /juin /2011 17:32

(parce que le titre français est vraiment trop moche)

 

e9639cfaf185eba46b2a681d49f85781-300x300.gifUn livre de Nuala O'Faolain, c'est à la fois un bonheur et un pincement au coeur.

Une joie de retrouver cet auteur que j'affectionne particulièrement (donc pour l'objectivité, on oubliera, vous êtes prévenus); et en même temps une certaine tristesse car elle est partie trop tôt, laissant trop peu de livres derrière elle... Chaque livre que je lis en fait un de moins à découvrir.

Voilà pourquoi je me rationne avec Nuala O'Faolain, j'essaie de faire durer le plaisir.

 

Donc voilà, je l'ai commencé avec joie, tout en essayant de ne pas le terminer trop vite.

Comme je cède à mes pulsions nualesques dans le désordre, j'avoue avoir été un peu déroutée au début (ma dernière lecture étant J'y suis presque, dont l'action se situe après celui-ci), mais ça n'a pas duré.

 

C'est vrai que j'ai eu un peu de mal au début, en comparaison avec J'y suis presque. Certainement parce que Nuala O'Faolain évoque davantage l'histoire de son pays, que je connais mal, qu'elle évoque des intellectuels irlandais qui me sont totalement inconnus (honte sur moi sans doute) (en même temps on ne peut pas tout savoir) (et on est pas tous obligés d'avoir fait normale sup') (et toc), et que les premières pages me semblaient un peu décousues.

 

Mais il n'empêche que, comme à chaque fois (que ce soit une oeuvre autobiographique ou pas), je lui suis reconnaissante.

Sentiment quelque peu étrange, mais vrai.

 

Je suis à la fois touchée par son parcours si riche et tout sauf linéaire, sa lucidité et le regard sans aucune complaisance qu'elle porte sur elle-même, sa vie de femme entière et si moderne en dents de scie, entre passages à vide et plaisirs à durée variable, ses forces et ses faiblesses...

Elle m'ouvre des portes sur des univers dont je n'avais aucune idée, elle me donne envie de voyager, elle m'éduque (aussi bizarre que cela puisse paraître).

 

Mais ce que je retiens surtout, c'est sa formidable capacité vitale, son enthousiame insatiable qui reprend toujours le dessus, un jour ou l'autre (à se faire pâmer Boris Cyrulnik).

Et sa passion pour la lecture (les deux étant à mon avis inextricablement liés depuis son passage au pensionnat): "Il n'y a personne sur terre avec qui j'aurais parlé plutôt que de lire Madame de Mauves", "nous sommes allées dans un ferry au départ de Trieste, à cause de Nabokov et d'une de ses nouvelles que j'aimais"...

Si je m'écoutais je continuerais à la citer encore et encore, tant son écriture est généreuse et sincère.

Et nous encourage à continuer, encore et encore: "Continuer de travailler [...] Continuer d'espèrer [...] Être simplement moi-même [...] Que puis-je faire d'autre [...] que m'accrocher et remercier Dieu en qui je ne crois pas des miracles dont il m'a comblée?"

 

 

Pour finir en beauté, ce poème de Raymond Carver extrait de Late fragment, judicieusement choisi par Nuala O'Faolain en préambule à son dernier chapitre:

(drôle de coïncidence, la veille on me recommandait de lire cet auteur... ce poème me donne très envie d'acheter l'un de ses recueils, moi qui suis plutôt réfractaire à la poésie)

 

 

And did you get what

you wanted from this life, even so?

I did.

And what did you want?

To call myself beloved, to feel myself

beloved on the earth.

 


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2 juin 2011 4 02 /06 /juin /2011 23:09

shake2

 

Je me souviens, j'avais treize-quatorze ans.

Ce qui est sûr c'est que j'étais en quatrième, en plein dans cet âge pourri où tout est nul, où on rêve d'avoir un super petit ami trop beau trop cool trop tout (sauf qu'avec le recul en revoyant certains photos on comprend mieux pourquoi rien de tel n'est arrivé).

Et j'avais pleuré à la fin (et j'avais essuyé mes joues à la va-vite pendant le générique pour ne pas perdre la face) (je me souviens m'être fait démasquer par mon père: "Ah bon, t'as pleuré?") ("ben oué c'est trop triste, 'tain tu comprends rien t'es vraiment qu'un vieux naze") (treize ans, quel bel âge, disions-nous...).

Je voulais me transformer en Gwyneth Paltrow, elle était mon icône absolue (en plus à l'époque elle était fiancée avec Brad Pitt) (et même qu'il lui avait offert une montre Panthère de chez Cartier) (ah non, mince, c'est faux, elle venait de rencontrer Ben Affleck sur ce tournage précisément) (ah, la vie d'artiste...) (allez savoir pourquoi mon cerveau retient tout ça, alors que je ne me rappelle jamais mon numéro de sécurité sociale) (ce doit être une question de priorités dans la vie...).

Plus de dix ans plus tard (oué ben ça va hein, pas la peine d'en rajouter), le charme opère toujours, et la fontaine de larmes est toujours au rendez-vous (plus efficace qu'une crème anti-rides).

Il faut dire qu'il est drôlement bien ficelé, ce film. A priori ça a l'air d'une histoire d'amour de plus, en costumes et avec de jolis acteurs. Sauf que le scénario est super bien chiadé, avec de petites allusions fines à l'oeuvre de Shakespeare, et des dialogues plus subtils qu'ils n'en ont l'air.

Ça, c'est pour la caution intelligente, genre je me cultive, je ne fais pas que rêver et me faire du mal devant une histoire d'Amour (oui avec un grand A) hautement improbable.

Certes, si j'apprécie cette dimension "supérieure" à sa juste valeur, il me faut avouer qu'il m'est aussi très agréable de me rincer l'oeil devant Joseph Fiennes, le seul homme de la création à rester sexy avec des mains dont la propreté est douteuse (mais c'est l'encre de sa plume! so romantic...), une boucle d'oreille (que les fans de P.Diddy me pardonnent) et surtout un petit collant bleu.

(est-ce que quelqu'un a des nouvelles de ce charmant jeune homme tragiquement disparu depuis?)

 

Tout ceci explique et pardonne:

- mon look de panda éploré en fin de soirée;

- mon envie subite de longue et blonde chevelure ondulée;

- l'écoute en boucle de musiques tristes et pathétiques (ambiance retour à mes treize ans).

 

 

Il est temps que je m'offre de nouveaux dvd.

 

 

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Il est pas trop beau, ce poète maudit?

(en plus, il irait tellement bien avec mes taches couleur vanille)

 


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31 mai 2011 2 31 /05 /mai /2011 23:23

(ou la grosse claque dans ta gueule)

 

 

Animal-Kingdom-copie-2.jpgLes histoires de gangsters, comme les histoires d'amour, finissent mal (en général) (Al Pacino et De Niro sont passés par ici) (pour mon grand plaisir d'ailleurs) (repasseront-ils par là?) (facile, je sais, mais tellement tentant!).

Et pourtant, on a beau s'en douter, ils ont beau s'en douter, on ne peut pas s'empêcher de recommencer.

 

C'est comme une fatalité. On n'échappe pas à son destin.

C'est ce qu'apprend à ses dépens (du moins au début) le jeune J., qui a trouvé refuge chez sa grand-mère et ses oncles après l'overdose de sa mère. 

Ses oncles, c'est pas vraiment du genre qui fait rêver. Petites chemisettes, tongs, et dents de traviole, on est plutôt loin du mythe de la petite frappe sexy...

(cela dit il y en a quand même un qui n'est pas totalement à jeter)

(c'est le plus intelligent, c'est pour ça)

(l'intelligence rend sexy, qu'on se le dise)

(cela dit Demorand n'est pas franchement ultra-sexy)

Et même de la vie hors-la-loi telle qu'on nous la présente souvent: cocaïne, poules de luxe et night-clubs; là c'est plutôt cocaïne en famille dans le salon (devant maman, qui embrasse d'ailleurs tous ses garçons sur la bouche), voitures miteuses et virée au japonais.

 

Une vie presque banale, les tatouages (plutôt efficaces d'ailleurs pour la touche de sexytude) les flics et la peur en plus.

 

Mais résumer Animal Kingdom à un film de gangsters de plus ne serait pas lui rendre justice.

C'est une véritable tragédie, où il est question d'honneur, de folie, de sacrifice, de mort, de justice, de choix, de destinée... Sans jamais tomber dans un manichéisme pur et dur.

 

 

Rajoutons à cela que cette histoire est remarquablement filmée, que la  photo est superbe, la bande originale vraiment réussie, que les acteurs sont tous impeccables - du mutique Josh s'affirmant peu à peu à la grand-mère oedipienne qui devient peu complètement glaçante et angoissante, en passant par le flic idéaliste, sans oublier les oncles (mention spéciale au fou Pope) -, et le scénario vraiment bien ficelé (moi qui suis pourtant difficile, j'ai été en haleine jusqu'à la fin), et vous comprendrez pourquoi c'est à mon sens l'un des meilleurs films de l'année (oui je sais qu'on est même pas en juin, et alors?).

(et aussi que l'accent australient est vraiment charmant)

 

 

Un vrai bijou.

 

 

NDLR: il est judicieux de prévoir une clope/un carré de chocolat/les Bisounours en sortant du cinéma, jusqu'au coucher.

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29 mai 2011 7 29 /05 /mai /2011 22:05

affiche-la-conquete.jpg

 

On a souvent dit que les français étaient en retard sur la fiction politique, contrairement aux anglais ou aux américains qui n'hésitent pas à mettre en scène leurs héros politiques contemporains (Tony Blair, pour ne pas le citer), ou bien à imaginer des situations troublement proches de la réalité.

On a souvent dit que dans notre chère patrie on évoquait les hommes politiques après leur mort (De Gaulle, Mendès-France, Blum ou encore Mitterand).

Qu'on ne se risquait pas à dépeindre les destins de nos contemporains.

Alors pour une fois qu'un film retraçait la conquête à l'Elysée du président français, il fallait bien que je satisfasse ma curiosité!

 

Déjà, comme j'en avais eu l'aperçu avec la bande-annonce (même si je sais bien qu'il faut s'en méfier, j'ai du mal à m'en défaire), le casting est aux petits oignons: Podalydès (forcément) parfait dans un rôle pourtant casse-gueule, Florence Pernel enfin débarassée de son image de juge tf1esque (et oui, c'est dimanche soir) (et le dimanche soir on a le droit d'inventer n'importe quel adjectif), Hyppolite Girardot, Bernard Lecoq, etc etc... Pas un mot à redire, tout ce petit monde maîtrise tellement bien sa partition que c'en est troublant; et même pas irritant finalement puisque l'on se laisse porter par le côté romanesque de l'histoire.

 

Les dialogues sont très bien écrits, on rit souvent. Un petit bémol tout de même sur certaines répliques un peu trop artificielles à mon goût, notamment le: "Je ne pars pas sur un coup de tête, je pars sur un coup de coeur" de Florence-Cécilia (non mais franchement???).

La vulgarité des hommes politiques, comme la violence de leurs propos, est un peu surprenante pour le néophyte qui, comme moi, ne connaît rien aux us et coutumes politiques, et s'imagine gentiment que ces messieurs (car il faut être honnête mesdames, c'est tout de même plutôt machiste comme milieu...) expriment leurs pensées en des termes fleuris et recherchés, de par leurs loooongues études et leur statut d'élites de la France (à part Sarkozy, soit dit en passant). La palme revenant à Bernard-Chirac avec son: "Sarkoy sera mon dernier scalp".

 

Certaines scènes prennent un autre sens aujourd'hui, deux semaines après l'affaire DSK: répliques sur la frilosité de la presse française à publier certaines informations*, petits gestes trop appuyés envers les femmes... Détails qui seraient certainement passés au travers des mailles avant, mais qui ne laissent pas indifférent désormais.

 

 

Mais deux choses m'auront surtout marquée.

 

La première, c'est Florence Pernel qui a réussi à faire de Cécilia un être humain, avec des sentiments. Moi à qui cette femme donnait des frissons dans le dos, tant elle me semblait glaciale et hautaine, j'ai réussi à éprouver de l'empathie pour elle. N'allons pas jusqu'à la sympathie tout de même, mais j'ai été émue par ce personnage, touchée par sa détermination.

(en plus, on a toutes les deux pleuré le soir de l'élection, alors!)

(ne nous emballons pas non plus, j'ai écrit empathie, pas sympathie!)

 

La deuxième, c'est que la politique est une addiction, au même titre que le jeu ou tout comportement excessif. Finalement, j'ai l'impression que la fin importe plus que les moyens, que tous les moyens sont bons justement pour ariver au pouvoir. Et qu'après tout, peu importe le fond. La conquête de l'Elysée est dépeinte par le film comme une succession d'entretiens, de déjeuners feutrés dans des palais ministériels aux boiseries dorées, de stratégies qu'on croirait publicitaires, un véritable parcours intensif bien éloigné de la réalité... A un seul moment du film est évoqué un projet politique concret (le CPE de Villepin), la scène dure quelques minutes seulement. C'est un parti pri, sans aucun doute, puisqu'à mon humble l'avis l'ambition du film n'est pas de faire de la politique et dure.

Il n'empêche que je suis ressortie avec la désagréable impression que nos chères élites passent au final peu de temps sur les vrais problèmes (et ce à mon avis, pas qu'à l'UMP de Sarkozy), et qu'ils réfléchissent davantage à leurs stratégies presque meurtrières qu'à l'essentiel, la politique à l'état pur.

 

 

J'espère me tromper, mais ce constat a au moins l'avantage (après je l'avoue, un petit passage à vide "tous pourris" limite abstentionniste) (ce qui n'a jamais été ma philosophie jusqu'à ce jour) de raviver ma petite flamme citoyenne.

 

 

* je conseille à ce sujet l'article paru dans le Télérama de cette semaine: "L'affaire DSK ferait-elle évoluer les médias?"

(c'était ma minute Sciences-Po, désolée)

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25 mai 2011 3 25 /05 /mai /2011 22:56

L'avantage avec mon mur délicatement moucheté de taches jaune pipi couleur vanille et mes ampoules défuntes (et toujours pas remplacées depuis quinze jours) (je sais) (quinze jours déjà? ce que le temps passe, c'est fou), c'est que je peux m'imaginer en poète maudit.

(pourquoi pas en poètesse, me demanderez-vous) (à raison)

(première hypothèse: j'ai toujours inconsciemment voulu être un garçon, et ce désir secret s'exprime de temps à autre bien malgré moi)

(étant donné mon goût semble-t-il insatiable pour les sacs, chaussures, vernis et autres folies du même acabit nous prouvent le contraire)

(preuves matérielles à l'appui si besoin - tickets de carte bleue, collections à trois chiffres...du dossier, vous l'aurez compris, sans contrefaçon de surcroît) (ha ha)

(seconde hypothèse: mon esprit est tellement imprégné du machisme ambiant de notre société actuelle qu'il en a inconsciemment assimilé les codes, jusqu'à les exprimer de manière totalement naturelle)

(la seconde hypothèse a clairement ma préférence)

(notons tout de même que dans les deux hypothèses l'inconscient joue un rôle fondamental)

(...)

("poursuivez...")

 

 

Je lis donc mes livres à la lueur vacillante des bougies, dont les flammes dansantes exacerbent sur mes murs les ombres de ma misère (et oui, au pays des poètes maudits les flammes ont le pouvoir d'exacerber les formes) (et toc) et sonnent les cloches cruuelles de mon éternel sort (et oui, on ne craint pas l'éternité non plus) de papillon errant, ma destinée de pantin de la fortune... la condition humaine...

(aïe aïe aïe ma mère pourquoi m'as-tu fait naître?*)

(ayayayayayayaya)

(yeuh)

 

 

Il est temps que j'aille me fournir en ampoules.

(à défaut d'absinthe)

(ç'aurait été plus rigolo)

(mais bon)

(on est pas là pour rigoler)

(ah bon?)

 

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* hommage à Astérix en Hispanie

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24 mai 2011 2 24 /05 /mai /2011 08:00

en bon provincial qui se respecte, rentre à Paris le dimanche soir en TGV.

Quel bonheur en effet, que de marcher le long du quai jusqu'au Train bleu, en tirant une valise pleine à craquer (de confitures diverses et variées, d'huiles d'olive et de calissons), pour s'engouffrer ensuite dans ce bon vieux métro, à l'air saturé de relents divers et variés (poètes du dimanche soir...).

Quel bonheur de retrouver ce bon vieux stress, les pots d'échappement, et mon beau volume parisien (ha ha ha, à partir de 10 mètres carré on a le droit à l'AOC" beau volume") (et uniquement si on a des toilettes chez soi).

Quel bonheur de vider ma valise, d'aligner mes pots de confiture dans ma cuisine (je vous avais bien dit que j'avais un beau volume), de retrouver mon ciel parisien...

Je suis peut-être fada, mais j'aime toujours autant rentrer à Paris!

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Published by leshumeursdeviolette - dans Pérégrinations
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