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15 mai 2011 7 15 /05 /mai /2011 15:13

(ou ma troisième participation au challenge Sagan)

 

Rafraîchissons-nous la mémoire...

 

Mes dernières lectures saganesques m'avaient enchantée, et je n'avais qu'une envie: continuer.

 

Ayant une demi-heure à tuer un soir vers St Michel, je suis allée faire un tour chez Gibert (moi qui n'y avais jamais mis les pieds auparavant) (je sais bien que c'est une honte, mais c'est comme ça) (pour ma défense, le quartier latin n'est pas vraiment mon quartier préféré), et commençais à chercher à la lettre S (tentant ainsi de limiter toute autre tentation) (et d'essayer de vider mes piles avant tout autre achat) (exception faite pour Sagan, ils ont beau dos les challenges!).

Je n'avais le choix qu'entre deux ouvrages, et la quatrième de couverture (encore elle!) m'a poussée à choisir Le lit défait.

 

Comme d'habitude, je suis entrée dans l'histoire dès les premières lignes, retrouvant avec plaisir l'écriture fluide et précise de Sagan qui m'avait séduite. Et me retrouvant au lit avec Edouard et Béatrice, qui se retrouvent après cinq années; interminables pour lui, qu'elle n'a pas vu passer; constat qui dès le départ déséquilibre leur passion.

A l'inverse de mes précédentes lectures, ce ne fut pas une lecture facile.

 

Déséquilibre amoureux, va et vient des sentiments, impossible compréhension entre les deux amants... Edouard et Béatrice ne sont jamais à égalité, se comprennent mal, interprètent de travers les gestes et paroles de l'autre, même (surtout) lorsque ce dernier agissait sans aucunre arrière-pensée.

Et ce tout au long du livre. Même lorsque Béatrice comprend qu'elle est vraiment amoureuse d'Edouard, ils se connaissent toujours aussi mal.

 

Alors, c'est vrai que ce livre m'a paru un peu long, peut-être parce qu'Edouard m'a agacée en amoureux transi acceptant toutes les humiliations sans broncher, que la personnalité de Béatrice a été longue à déchiffrer, parce qu'enfin aucun personnage ne m'était entièrement sympathique.

 

Mais Sagan décrit tellement bien ce constat désespéré de toute histoire sentimentale, ces malentendus quotidiens inéluctables, dont l'accumulation a des conséquences disproportionnées, que je nesaurais qque trop recommander cette lecture. Ses mots sont si justes, si vrais qu'on croirait que ce sont de ses propres sentiments qu'il s'agit - difficile également de ne pas penser à elle au-delà du personnage de Jolyet (accro à la morphine sur son lit de mort).

 

Pour l'optimisme on repassera donc.

Car si même les deux héros ne cessent de se retrouver, le constat de l'écart entre leurs corps si proches et leurs âmes si éloignées est tellement qu'on sait leur histoire en sursis, condamnée d'avance.

(qui a dit que Sagan, c'était les bisounours pour adulte?)

 

 

Au-delà de ce constat d'une acuité effrayante (preuve pour moi d'une lucidité féminine peu commune), Sagan sait comme personne restituer le lourd climat d'un lit défait. 

 

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10 mai 2011 2 10 /05 /mai /2011 23:20

qu'il disait.

 

tumblr_ljw22twp5b1qazstso1_500_large.pngAvec le sourire en plus, ce sadique.

Pendant qu'il répondait à ses appels sur son iphone dernier cri (mon dentiste a bon goût et je crois beaucoup d'argent aussi).

 

Ça n'avait pas très bien commencé:

- "On ne s'est pas vu depuis novembre 2009!

- Ah bon, déjà? Vous êtes sûr?

- La machine ne se trompe jamais!" (mon dentiste est un homme moderne et je crois bien qu'il a un faible pour les nouvelles technologies) (la dernière fois je me suis presque fait jeter parce que je n'avais pas de carte vitale! alors qu'on venait de voler mon sac à main...) (mon dentiste est un homme sans coeur).

 

En même temps, l'année dernière, quand j'avais vu sa merveilleuse chaîne hi-fi dans la salle d'attente j'avais commencé à transpirer. Sans même entendre le bruit de cette satanée fraise.

La vue de cette chaîne rutilante, à peine plus épaisse qu'un magazine, m'avait donné des sueurs froides (un détartrage simple? 150€ s'il vous plaît).

 

Ceci, allié à une peur infantile de la fraise (j'entamerai un jour une psychanalyse à ce sujet) (quand je me sentirai adulte et responsable) (autant dire jamais), m'avait amenée à reporter sans fin ce rendez-vous redouté.

 

- "Vous avez une petite inflammation de la gencive.

- Ahan (j'ai la bouche grande ouverte) (et ça commence à me faire mal d'ailleurs, donc si on pouvait accélérer ça m'arrangerait au niveau des crampes)

- Ah mais vous avez vraiment une tendance à saigner des gencives!

- ... (sans blague mec tu me tues avec ton karcher là) ".

 

"Bon, et bien à l'année prochaine! La visite, c'est une fois par an!" me lance-t-il avec un sourire carnassier (faisant mentir l'adage selon lequel les cordonniers sont les plus mal chaussés).

 

En même temps, à ce prix-là, je comprends qu'il ait envie de me revoir souvent.

(et au bout de dix détartrages, on en a un gratuit?)

 

Heureusement, mon dentiste est beau gosse.

 

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9 mai 2011 1 09 /05 /mai /2011 22:56

drop-copie-2.jpgIl fait beau j'étais bien.

Je sors du cinéma, des idées de posts plein la tête (Tomboy que je venais de voir, ma séance chez le dentiste, l'expo sur les préraphaélites, bref que du bonheur...).

Il fait bon, je remonte l'avenue Gambetta sans veste, comptant les mois qui me séparent des vacances (quatre! aouch!).

Je croise plein de gens dans ma rue (!) (quand on connaît ma rue c'est plutôt un exploit) (ce signe étrange aurait dû m'alerter).

J'arrive chez moi, les oiseaux chantent, ça sent bon, une odeur doucement épicée s'échappe d'une cuisine, j'entends mes voisins rire, certains fument à la fenêtre... Comme un air de vacances... Je souris.

J'entre dans mon hall, je presse le bouton de mon ascenseur, tiens j'ai enfin reçu mon ELLE, la soirée s'annonce paresseuse et douce...

Dans l'ascenseur je suis éblouie par la blancheur de mes dents (en même temps à 60€ le détartrage, ça peut briller) (quand on connaît mon obsession de la blancheur dentaire, cela prend une ampleur différente) (trois taches et du tartre en moins et je me prenais pour la bombasse dentaire du 20ème), et tout à coup la vie est plus belle.

 

Jusqu'à ce que j'ouvre ma porte.

Déjà il a fallu que je force comme une malade.

Il n'a pas plu depuis des jours, cela aurait dû m'alerter.

 

Mais non (ou les vertus durables de l'effet ultra-brite).

 

Et là...

une flaque immense dans mon entrée (ouais j'ai une entrée, je sais c'est trop la classe).


J'ai d'abord cru à un vilain tour félin (appelez la SPA si vous voulez) (mais à mon corps défendant nous avons un lourd passif liquide) (failli écrire "pissif", le beau lapsus!).

Mais non.

Flic floc flic floc.

Il pleuvait dans mon entrée.

Devant, au fond, sur les côtés, même dans ma pièce (et oui, il n'y en a qu'une) (on ne peut pas avoir deux pièces et une entrée) (et le cul de l'agent immbolier il faut choisir à Paris messieurs dames).

 

Et là, gestion responsable et tout à fait adulte du problème:

(admirez, m'sieur dames, prenez-en de la graine)

"Allô papamaman?"

 

...

 

Oui je sais.

 

En même temps je l'ai fait parce que mon voisin n'est pas là.

 

Et que ma voisine du dessus ne répondait pas.

 

En même temps la vraie question n'est pas là.

 

 

La VRAIE question est: "Mais qu'ai-je donc fait à ma voisine du dessus dans une vie antérieure?"

 

 

 N.B.: c'est notre troisième dégât des eaux...

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8 mai 2011 7 08 /05 /mai /2011 23:49

thelma-et-louise-1991-04-g.jpgSailor&Lula m'avait donné envie d'un road-movie...

Alors j'ai craqué pour un petit plaisir aux vertus incomparables: revoir Thelma & Louise (pour la Xème fois).

Mais comme je ne l'ai pas autant vu qu'un certain film qui bat tous les records, à chaque fois c'est un peu nouveau .

 

La première fois que je l'ai vu, je n'avais aucune idée de la fin, et j'ai tremblé pour Thelma et Louise pendant tout le film. Bien évidemment, j'avais pleuré comme une madeleine à la fin. Le tout entrecoupé d'un émerveillement sur la bogossitude juvénile de Brad Pitt.

(ça marche aussi quand on regarde Top Gun avec le jeune Tom Cruise)

(si bien entendu on arrive à faire abstraction de la scientologie)

(et de la rumeur selon laquelle il aurait empêché sa jeune épouse d'émettre le moindre son pendant son accouchement)

(ce qui, soit dit en passant, n'a l'a pas empêchée d'inventer le boyfriend)

(ni de mettre des talons à sa fille)

(j'arrête la minute people)

 

Aujourd'hui, je ne pleure plus à la fin.

Je m'émerveille de la beauté de Susan Sarandon (mais pourquoi ne la voit-on pas plus souvent, goddamn?!?)

(j'ai décidé de dire goddamn à tout bout de champ, comme Louise)

(mais en fumant moins)

(et en portant beaucoup moins de bagues, surtout)

et du corps fabuleux de Geena davies (la garce);

(je me console en mangeant du chocolat)

(noir bien sûr, c'est plein de magnésium)

(mais le magnésium n'empêche pas de culpabiliser)

je suis heureuse de retrouver Harvey Keitel;

(reviens sur nos écrans, Harvey)

(suis cap' de braquer des banques juste pour que tu reviennes)

je jubile toujours autant quand nos fugitives préférées se vengent de la grossièreté du chauffeur,

(si seulement on pouvait faire ça dans la vraie vie)

(soupir)

et je ne me remets toujours pas de la bogossitude juvénile de Brad Pitt.

 

Et les paysages incroyables que nos héroïnes traversent me donnent à chaque fois une furieuse envie de partir aux Etats-Unis, de louer une décapotable et de dormir dans des motels.

 

thelma-louise-7 115

 

Encore plus le dimanche soir.

 

 

Et un peu de bogossitude juvénile pour faire de beaux rêves:

brad-pitt bradpitt3.jpg

With or without hat?

That is the question...

 


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8 mai 2011 7 08 /05 /mai /2011 01:01

Cela faisait quelques mois déjà qu'il traînait sur mon bureau, toujours sous blister.

(je sais)

(comme les vieux)

(et je sais que ça craint, c'est bon)

 

Je l'avais acheté juste après avoir revu Mulholland Drive, obéissant à une mouvance lynchienne de saison, et influencée par la caution cannesque (palme d'or 90, s'il vous plaît).

 

Tout ça pour au final le laisser prendre la poussière des semaines durant.

 

wild_at_heart_ver11.jpgIl me faisait un peu peur en fait: la couverture kitsch, le résumé ("un monde étrange, sensuel et cruel") (je sais bien que c'est comme les quatrièmes de couverture, souvent peu représentatif de l'oeuvre, mais, comme pour ces dernières, je n'ai pas pu m'empêcher de le lire), la durée (127mn ça fait un peu peur quand la motivation est en berne).

 

J'ai longtemps repoussé le rendez-vous.

Jusqu'à ce soir.

Où j'avais envie d'un film inédit, pour changer.

 

Quelle claque!

 

Passé un court temps d'adaptation (voir Nicolas Cage jeune, s'habituer aux looks très datés qui curieusement vieillissent assez bien, se remettre dans l'ambiance lynchienne), la magie prend.

On est rapidement embarqué par cette d'histoire d'amour jamais niaise dont le couple, d'étreintes charnelles hautement passionnées aux confessions sur l'oreiller, gagne en profondeur au fur et à mesure.

J'ai retrouvé l'ambiance lynchienne si particulière qui m'avait séduite dans Mulholland Drive: des personnages secondaires aussi étudiés que les rôles principaux (la mère et Dafoe en tête, mais les autres ne sont pas en reste, mention spéciale à Isabella Rossellini en fausse blonde); une galerie de personnages d'arrière-plan farfelus et touchants pour certains (les zigotos de l'hôtel, le petit vieux de la station service), vaguement angoissants pour d'autres (M.Reindeer qui vit luxueusement, entourée de créatures à demi-nues); des plans qu'on pourrait estimer gratuits mais qui apportent au film une note absurde et poétique à la fois (je pense notamment à l'apparition des trois grâces obèses qui tournent un film pornographique dans la chambre voisine de nos héros); quelques touches de "paranormalité" (la boule d'une mystérieuse voyante) qui font craindre un mauvais sort (cet accident ne serait-il pas un mauvais présage?); et une bande originale littéralement envoûtante (entre Chris Isaack et Cage qui chante du Presley)...

Rajoutez à cela un road-movie jusqu'au Texas, donc des décors à couper le souffle, un montage au poil et des plans stylisés, le tout dans une ambiance magiquement ozesque...

 

Sailor&Lula est une histoire flamboyante, où le sexe comme la violence (la première scène, l'accident, les nouvelles atroces que Lula entend à la radio) sont exacerbés, sans que le film ne paraisse grandiloquent, mais au contraire lyrique.

 

wild1.jpg

 

Un pur chef d'oeuvre!

 

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Elle est pas belle Isabella?

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30 avril 2011 6 30 /04 /avril /2011 16:52

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Et dire qu'à cause du mariage du siècle le remboursement de mon colis Topshop est encore reporté... alors que j'ai reçu ce matin le futon dont je n'ai pas encore payé un centime!

Cherchez l'erreur...

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28 avril 2011 4 28 /04 /avril /2011 22:48

J'aime bien prendre le train, on le sait.

(sauf quand je suis félinement stressée, mais je n'en dirai pas plus)


Mais quand même on assiste parfois à d'étranges scènes...

 

Je ne pense pas aux couples improbables (le petit nerveux moche avec la grande blonde) (comment ça, je stéréotype?) (sachez que toutes mes remarques sont basées sur des observations et expériences bien réelles) (mon esprit scientifique refoulé depuis que j'ai choisi de passer un bac L), ni à la famille nombreuse hyperactive et hypersaoulante, ou bien à la petite mamie qui veut absolument vous présenter son lapin, ou (mieux) son chat au vôtre (les gens pensent toujours que la caisse du chat est un facteur de sympathie) (mais NON; détrompez-vous: avoir un chat ne fait pas de moi une fille sympa) (et je n'aime pas tellement parler de chats non plus).

 

Non, rien de tel.

 

Je pense plutôt à ma voisine au retour. Une pauvre étudiante s'acharnant sur son rapport de stage (ben oui j'ai vu) (attention je n'ai pas lu, juste vu) (tout le monde le fait d'abord, même mon voisin à l'aller louchait sur mon ELLE) (surtout quand j'en étais à l'article sur Waity Katie) (qui, à l'heure qu'il est, ne doit pas trouver le sommeil, pauvrette) (une pensée émue pour la future princesse).

J'ai bien cru qu'elle allait casser son ordi, la tablette et moi avec! Mais le plus étrange n'était pas ses accès de rage muets (genre "C'est à moi que tu parles?", ambiance La Haine dans le tgv) (si elle avait pu se transformer en Vincent Cassel ce trajet aurait été beaucoup plus sympathique) (teneur minimum en sexytude garantie), mais sa méfiance hallucinante. Quand elle s'est levée pour aller aux toilettes, elle a éteint son ordinateur, l'a rangé dans sa housse, avec son sandwich et son coca (!). Tout ça pour rallumer son portable, et tout ressortir moins de cinq minutes plus tard.

Ai-je plutôt l'air d'une voleuse de coca ou d'une plagieuse de rapport de stage? (la psychomotrie en maternelle, tout à fait moi d'ailleurs) (quand on connaît mon amour des enfants et mon sens de la coordination inné)

 

Je pense aussi à ce couple de quinquas bronzés ("la cinquantaine ils s'éclatent, au volant du 4x4"*), frisant le ridicule avec leur chien.

"- Il est vraiment fatigué;

- Oui c'est vrai, il marche à reculons;

- Je vais peut-être le porter en sortant du métro, pour qu'il ne se fatigue pas trop"

...

(et là c'est la version courte) (nota bene: le chien était un fox terrier peut-être plus tout jeune, mais pas fatigué du tout)

Ne nous méprenons pas, n'appelez pas la SPA: j'aime les animaux (avec du sel et bien cuits).

Mais quand même...

 

Je vous épargnerai le mec dont la copine va lui chercher des trucs toutes les cinq minutes (qui est le plus bête des deux?) (la poule ou l'oeuf?).

 

Il me devenait de plus en plus difficile de garder mon calme. En plus je lisais un roman particulèrement glauque de Marie Ndiaye.

Je me suis donc réconfortée en regardant (sans le son et en alternant entre les deux écrans) deux séries américaines que je ne connaissais ni d'Eve ni d'Adam.

C'est dire à quel point j'étais désespérée.

 

Ah, si seulement on pouvait avoir un wagon entier pour soi!

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* Vincent Delerm, Tes parents

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28 avril 2011 4 28 /04 /avril /2011 22:41

Smith-Just-Kids-COV_147859c-copie-1.jpgÇa faisait un petit moment que je l'attendais, mon rendez-vous avec Patti et Robert! 

 

De Patti Smith, je connaissais sa musique (j'ai eu la chance de la voir en concert il y a une dizaine d'années) et depuis peu ses photos (grâce au livre publié lors de l'exposition Land 250 à la Fondation Cartier*).

Pour être honnête c'était à peu près tout. Avant d'acheter ce livre à la dernière braderie des éditeurs d'arts, j'ignorais totalement sa pratique de la photographie (je sais).

Quant à Robert Mapplethorpe, honte sur moi, je le connaissais de nom mais sans savoir vraiment quel artiste il avait été (je sais).

 

Dès la première ligne, j'ai compris que je ne pourrai plus les lâcher jusqu'à la dernière.

Just Kids est un livre magnifique et bouleversant (je pèse mes mots, n'y voyez aucune sensiblerie de ma part) sur la poésie, l'amour, la mort, l'art, la vie.

Egalement l'instantané d'une époque révolue, où tout était possible, où les esprits n'étaient pas blasés dès leur prime jeunesse, où tout n'était pas encore corrompu.

 

Patti et Robert créaient ensemble, ils s'encourageaient et se stimulaient artistiquement.

Ils menaient une vraie vie de bohème (comme Rimbaud et les poètes qu'elle affectionne tant), dont Patti Smith nous montre tous les aspects: le charme de leurs panoplies étudiées comme le compte scrupuleux de chaque cent, les soirs (nombreux) où ils ne mangeaient pas, les expositions qu'ils vont voir à tour de rôle car ils ne peuvent acheter qu'un seul billet et qu'ils racontent ensuite à l'autre resté dehors à attendre... Sans que jamais ce ne soit misérabiliste.

(une bonne leçon pour la petite consommatrice que je suis, qui se plaint dès qu'elle doit attendre pour s'offrir les chaussures de ses rêves)

L' Art au centre de leurs vies, plus important que les considérations matérielles. Créer, sans cesse, tatonner, explorer plusieurs pistes (où l'on apprend que Patti Smith n'est pas venue à la chanson immédiatement). Essayer d'être un artiste vrai, sincèrement.

 

Il y a aussi cette relation si forte, si particulière, qui les unit, dès le début, et jusqu'à aujourd'hui, en dépit de la mort de Robert en 89. Une relation unique, indescriptible, que Patti Smith raconte sans mièvrerie aucune.

 

Et puis il y a ce tableau du New-York du début des années 70: la fin du règne de Warhol et de la Factory, l'ambiance magique du Chelsea Hotel, les personnages que l'on croise avec plaisir (Sam Shepard, Jimi Hendrix, Loulou de la Falaise, Janis Joplin et j'en passe...). Une époque où, même si tout n'était pas rose, tout semblait plus accessible, où les rêves étaient encore permis...

(c'est mon côté génération précaire du dimanche soir)

(non mais c'est vrai, on semble tous tellement frileux aujourd'hui, paralysés, en même temps impatients, sans rien faire vraiment)

(moi la première)

 

J'aurais volontiers prolongé le plaisir pour quelques pages encore...

 

Et, même si en refermant ce livre, j'ai été prise d'une nostalgie pour une époque que je connais pas, même si j'ai maudit le ciel de m'avoir fait naître ici-bas plutôt que de l'autre côté de l'Atlantique, quarante ans plus tôt, même si j'ai rêvé en m'imaginant poètesse de l'underground new-yorkais, même si le retour à mon quotidien matériel et confortable a été difficile, j'ai le sentiment que quelque chose a changé.

Que j'ai grandi, que je ne vois plus les choses de la même façon, que peut-être je vais commencer à me poser les bonnes questions.

 

Merci Patti!

 

23655066.jpgL'étoile de Robert

 

 

* exposition de 2008 regroupant divers travaux (photo, dessins, collages, etc) de Patti Smith

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21 avril 2011 4 21 /04 /avril /2011 00:20

Ça peut sembler contradictoire avec mon dernier post, où l'acquisition de chaussures tant désirées faisait mon bonheur.

Mais depuis j'ai rangé mes affaires d'hiver, et sorti celles d'été.

(j'adore changer de garde-robe, je redécouvre toujours de belles endormies)

Et force est de constater que je ne manque de rien.

Absolument rien, en fait.

(ça commence à être vraiment tendu au niveau du placard...)

(il me faut un dressing)

(un vrai appartement d'adulte avec balcon, chambre ET dressing)

(et pourquoi pas un Basquiat tant qu'on y est?)

Entre les chaussures, les tops et les jupes je peux tenir quelques mois sans jamais être habillée de la même manière (ce qui peut sembler un peu stupide à Paris, quand on sait que l'été est souvent fugace et surtout traître).

 

Et là, en contemplant l'étendue du désastre, je me suis demandée comment je pouvais bien faire pour avoir toujours envie de quelque chose.

(enfant de la consommation un jour, enfant de la consommation toujours)

J'en étais presque écoeurée. J'ai fait du tri, mais je n'ai pas éliminé grand chose.

Et je me suis rappelée cette conversation qu'on avait eue une fois au Club.

Emilie évoquait le blog d'une fille qui avait fait le vide chez elle, elle s'était débarassée de tous les objets superflus, et possédait au final très peu de choses. Le strict minimum en fait. Faire le vide chez soi pour s'alléger l'esprit.

Je ne pensais pas pouvoir être un jour sensible à ce type de philosophie.

Je suis terriblement matérielle: je tiens à ce que j'ai, j'ai besoin de mes objets, de mes livres, pour me sentir bien, chez moi.

J'ai un appétit insatiable pour tout ce qui est chaussures, fringues et sacs. Je peux même inventer un nouvel usage pour justifier un achat (!) (je ne suis pas une grande malade de la carte bleue, ne vous méprenez pas).

 

Mais hier, au milieu de ma pyramide de chaussures, j'ai entrevu ce que ça pouvait être.

J'ai alors fermement résolu d'acheter moins, mais mieux.

 

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J'en suis même venue à me dire que finalement, ce n'était pas si grave si ce @#§*#!  de colis Topshop ne me parvenait jamais. Que c'était peut-être un signe, après tout (philosophie du dimanche soir, bonsoir) (ben oui, hier c'était la fin du middle-week) (donc un vrai-faux dimanche soir).

 

Bref, j'allais devenir une adulte mûre et réfléchie.

(mouhahaha)

 

 

Enfin, ça c'était avant ce soir.

 

Avant que je ne récupère dans ma boîte aux lettres mon invitation pour la vente presse d'Isabel Marant.

 

...

 

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20 avril 2011 3 20 /04 /avril /2011 00:27

M.Cafard m'a rendu visite ce matin.

 

Parce qu'une sale gosse ado m'a traitée de riche fonctionnaire posée dans le métro.  

(j'aurais bien aimé pouvoir lui dire: "mais non, je suis une saltimbanque instable!" mais le fait est que c'est faux)

(et même si j'aime beaucoup mentir, il faut savoir rester crédible)


Parce que depuis quelques jours je suis avec Patti et Robert, et par contraste j'ai l'impression que ma vie est terriblement fade.

(on y reviendra)

(à Patti et Robert, pas à mes états d'âme de riche fonctionnaire posée)

 

Parce que deux jours c'est pas suffisant.

 

Parce que ça donne un avant-goût de vacances qui me laisse sur ma faim.

 

Parce que demain j'aimerais bien être mon chat, pour ne pas me lever, ni aller travailler, ni rien d'ailleurs.

(ça existe pas, Vis ma vie de chat parisien?)

 

 

Et puis il a fait terriblement beau.

 

Et j'ai trouvé mes chaussures rouges.

 

Enfin.


Après des mois de recherches.

 

Et soudain tout va mieux.

 

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