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8 mars 2011 2 08 /03 /mars /2011 22:57

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Ce n'était pas l'idée du siècle d'y aller toute seule.

Dès les premières minutes j'ai su que ça allait mal se passer.

Au bout d'un quart d'heure j'avais envie de partir, je me sentais mal; j'ai bien cru que je n'y arriverai pas.

Je savais bien que ce ne serait pas rose, voire même difficile et gore, mais je ne pensais pas que la tension serait présente dès les premières scènes (grâce à un superbe son, entre autres).

Que toutes les peluches de cette asphyxiante chambre rose m'étoufferaient si vite.

Que cette mère ogresse me donnerait la chair de poule tout de suite.

 

En fait, je croyais que l'héroïne devenait folle et paranoïaque petit à petit, et non que ce satané cygne noir allait précipiter une folie déjà bien ancrée en la pure Nina.

Pure et sage Nina, qui dort dans la chambre d'une gamine de huit ans, que sa maman borde chaque soir au son d'une boîte à musique (une jolie ballerine tournoyant au son du lac des cygnes, bien évidemment), qui ne connaît pas les excés et qui prépare son sac de danse chaque soir avec sa maman; pure Nina que l'on soupçonne fortement d'être encore vierge bien que fort jolie; pure Nina dont le but ultime est donc la perfection. Sans que l'on sache vraiment si cette vie est celle qu'elle a choisi, ou bien si elle est la victime d'une mère omniprésente/possessive/dominatrice - les mots me manquent - poussant sa fille à accomplir ce à quoi elle a elle-même échoué (syndrôme courant chez les sportifs de haut niveau).

Pas si pure que ça, Nina, qui se gratte le dos sans en avoir souvenir, qui se fait vomir, qui souffre d'hallucinations morbides et qui a des pulsions de violence incontrôlables.

Trouble Nina, formidablement interprétée par Natalie Portman, sans laquelle ce film n'aurait pas cette force.

 

Entre Nina, sa mère effrayante, sa concurrente hypersexy et hypersexuée et l'ancienne étoile déchue (dont le sort rappelle étrangement celui de son interprète, Winona Ryder, star des années 90), aucun personnage féminin ne paraît normal. Ajoutez à cela un Vincent Cassel en grande forme, manipulateur et pervers à souhait, et vous avez déjà de quoi avoir des frissons.

 

Sauf que cela ne s'arrête pas là.

On sait bien, en entrant dans le cinéma, que cela ne finira pas bien, on ne sait juste pas de quelle manière. Et jusqu'où cela ira-t-il.

Mais j'avoue que ça a dépassé mes prévisions.

J'avais vu la bande-annonce, je savais qu'il y aurait des passages éprouvants (surtout pour moi, qui ne supporte pas la vue du sang). Mais j'ai eu beau me cacher parfois (souvent trop tard) derrière mon écharpe, ce n'est pas tant la "goritude" (si vous me passez le néologisme) que la violence des rapports que Nina avec les autres, et qu'elle retourne contre elle-même qui m'a choquée.

Je n'ai donc pas fait de cauchemars, contrairement à ce que je craignais, mais je n'ai pas réussi à m'enlever ce film de l'esprit pendant presque 48h (j'en profite pour remercier Snoopy, Charlie Brown et Karl Lagerfeld qui m'ont distraite pendant ces moments difficiles; merci). Ce qui ne m'était pas arrivé depuis JF partagerait appartement, dont certaines scènes sont encore trop présentes dans mon esprit.

 

 

Je suis peut-être excessivement sensible, mais ce film m'a vraiment secouée.

 

Mais c'est aussi pour ces frissons-là que j'aime tant le cinéma.

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8 mars 2011 2 08 /03 /mars /2011 10:31

jewish_connection_795401_original-copie-1.jpgJ'avoue, je n'y suis pas allée uniquement pour de bonnes raisons.

Déjà, j'avais envie de me réconcilier avec une salle de cinéma (mon expérience avec Black Swan avait créé comme un malaise, je m'expliquerai bientôt), deuxio je procrastinais l'installation de la fameuse Freebox dont je m'étais fait une montagne, et enfin je trouvais le petit Jesse Eisenberg touchant (depuis son portrait dans Télérama publié à la sortie du film).

Bon, et puis ok, j'avoue, j'ai un faible pour les héros à papillotes qui se rebellent contre leur communeauté - le plus beau film dans ce genre demeurant à mon sens Tu n'aimeras point, véritable chef d'oeuvre retourneur d'estomac.

 

Le scénario n'est pas follement original, même si inspiré d'une histoire vraie. Mais c'est de la belle ouvrage, un vrai film de truands, dans les règles de l'art. Avec toutes les rituelles étapes: initiation, tourbillon, état de grâce, puis, forcément, la chute. Sauf que cette fois le héros est juif orthodoxe, ce qui donne naissance à de vrais moments comiques, surtout à ses débuts dans le milieu de la drogue et de la nuit: crispation, naïveté extrême, maladresse et terreur absolue envers les filles, êtres intouchables et interdits...

Le Brooklyn des juifs orthodoxes est particulièrement cinégénique, New York comme toujours magique, et les papillotes vraiment seyantes (j'ai presque trouvé Jesse Eisenberg mignon par moments) (j'en ai même oublié ces mémorables claquettes de piscines, c'est dire) (et en plus c'était avant ma sécrétion d'endorphines numériques).

 

Alors c'est vrai qu'on peut se demander où est l'intérêt, étant donné qu'il n'y a quasiment pas de suspense, et que les rôles sont clairement prévisibles: l'entraîneur qui se vautre dans les excès en tous genres jusqu'à ce qu'on peut clairement appeler l'hybris (non mais franchement, pourquoi ils essaient toujours de baiser leur patron? ils n'ont pas encore compris avec tous ces films que ça ne marchait jamais?), le patron roublard et gominé, la pépée du patron (plutôt vulgaire sous sa couche de fond de teint, mais n'est pas Michelle Pfeiffer qui veut), et le jeune premier doué.

 

Et bien à se laisser aller justement; il n'y a pas de mal à se faire du bien si c'est (très) bien fait, non?

 

En revanche, je suis moins fan de la fin, un peu trop simpliste à mes yeux. Si Sam a plongé dans le trafic, c'est certes par manque d'argent (clairement l'élément déclencheur), mais aussi parce que cette vie orthodoxe ne lui correspondait pas entièrement (il remet en question sa "carrière" de rabbin, veut travailler, et a clairement sa propre conception des affaires), parce qu'il avait besoin de vivre et de se sentir vivre.

Alors pourquoi ce retour à la foi, cette réconciliation sans que les siens ne se remettent jamais en question, comme s'il n'y avait pas de juste milieu entre la "bonne" voie et la "mauvaise"?

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7 mars 2011 1 07 /03 /mars /2011 21:26

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Et oui, j'ai attendu le dernier jour.

Plus de quatre ans que ma Freebox HD sommeillait dans mon placard. A l'époque je n'avais pas voulu l'installer parce que j'avais peur de devenir accro de toutes ces chaînes à ma portée.

Il faut dire que j'étais élevée selon le précepte que la télé, c'est mal, c'est péché.

Interdiction de regarder la télé le matin, interdiction de regarder le Club Dorothée et TF1 en général (c'est la chaîne du diable, vous ne le saviez pas?).

(d'où le gros traumatisme: comment se faire des copines à la récré quand on ne sait même pas si Cri-cri et Johanna se sont remis ensemble ou pas? hein, comment?)

(heureusement pour moi, péché ou pas, j'ai vite appris à tromper l'ennemi et à regarder TF1 en cachette)

(et donc à coller sur le mur près de mon lit les autocollants Malabar à l'effigie de José)

(pourquoi José? je ne me l'explique toujours pas)

(il paraîtrait qu'aujourd'hui il vivrait dans une ferme...)

(José, si tu m'entends)

 

Bref, il faut croire que ça a (presque) marché: je ne regarde jamais la télé le matin, je ne peux pas (c'est péché), je la regarde très rarement (enfin une à deux fois par semaine, mais c'est quand même peu, non?) (elle est dans mon placard, c'est le principe de la télé à la demande) (et l'amour de la vieille antenne râteau), et quand je réalise que les chaînes que je regarde le plus sont TF1 et M6 je sens la honte me gagner et je sors me flageller, pieds nus dans le froid (mais, franchement, est-ce ma faute si ce sont les seules chaînes à diffuser mes séries américaines préférées?).

 

Enfin ça se passait comme ça jusqu'à aujourd'hui.

 

Car depuis l'automne un bandeau venait défigurer mes héros préférés. "Tous au numérique" qu'il disait, "vous avez jusqu'au 8 mars". Au début, c'était gentillet: il défilait une fois par heure et demie, et le ton était plutôt sympa. Mais depuis une semaine c'était devenu beaucoup plus agressif, le bandeau défilait deux fois par heure, à la limite du harcèlement: "Equipez ce poste avant le 8 mars, sinon plus de télé!".

 

Et voilà, comment à force de proscratination (parce que bon les câbles et tous ces trucs, c'est quand même chiant), je me suis retrouvée le 7 mars au soir à sortir ma Freebox HD du placard dormant.

A brancher les antennes, à connecter les fils, à pousser des glapissements de joie parce que Free, grand prince, avait fourni les piles nécessaires à la télécommande... parce que tout ça n'a pris que dix minutes de mon temps...

Mais ce n'était rien à côté DU cri de joie qui m'a échappé quand tout a fonctionné sur ma vieille télé pourrave. Quand, grâce à ma télécommande (oh mon dieu, j'ai une télécommande maintenant, plus besoin déranger Simone pour zapper!) (oh ça va hein, c'est facile de se moquer), j'ai fait défiler la multitude de chaînes auxquelles j'avais désormais droit!

 

...

 

Je comprends mieux pourquoi la télé c'est péché.

 

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Je garantis sur l'honneur:

- que ce billet n'est pas sponsorisé par Free;

- que je n'ai jamais été maltraitée par mes parents;

- qu'à part le cas du Club Dorothée je ne leur ai presque jamais désobéi (Dieu m'est témoin).

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6 mars 2011 7 06 /03 /mars /2011 11:27

Quand j'ai dit à ma soeur que je participais à un challenge Sagan, elle a rétorqué que Sagan, c'était du Oui-Oui pour adulte.

Que ça se lisait tellement facilement que c'en était suspect.

Ça m'a fait rire parce que ma soeur s'appelle Eléonore, comme l'héroïne des Bleus à l'âme, que je venais de terminer, et cette coïncidence m'a plu, l'héroïne qui se rebelle contre sa créatrice (bien que les deux Eléonore ne se ressemblent pas du tout).

Mais bon je n'étais pas tellement d'accord.

Et après avoir terminé ce matin Aimez-vous Brahms, je le suis encore moins (d'accord).

 

Alors oui, c'est vrai, les livres de Françoise Sagan se lisent très facilement, et comme ils sont en général plutôt courts, très rapidement aussi.

Mais aussi parce qu'on ne peut plus les lâcher une fois qu'on a commencé leur lecture.

Dès les premières pages d'Aimez-vous Brahms, j'ai compris que ce serait bref. Mais intense. J'ai beau ne pas avoir encore trente-neuf ans, je me suis sentie très proche de Paule et de ses angoisses... Peut-être aussi parce que le temps qui passe, l'avancée dans la vie est une question qui me taraude en ce moment, et ce peut-être encore plus après avoir vu Black Swan (dont il faudra que je reparle, mais plus tard, quand tout se sera tassé).

C'est drôle, je m'en veux presque d'avouer cela, car dans Des bleus à l'âme, Sagan écrit: "C'est si lassant cette assimilation qui est, paraît-il, hélas, à la base du succès, en tout cas du mien. J'ai vu des dames monstres m'expliqer à quel point elles s'étaient reconnues dans la "Paule" de Aimez-vous Brahms, ou Dieu sait quoi, j'en ai vu des gens étranges, si loin de ma pensée, correspondre dans la leur à mes héros".

... Hum...

Cela dit, pour moi son succès ne s'explique pas seulement à cette "assimilation". Car si j'ai pu me projeter en Paule (au futur, bien évidemment), je ne me suis retrouvée dans aucun héros des Bleus, et pourtant j'ai tout autant aimé ce livre qu'Aimez-vous Brahms...

L'alternance de la fiction et des pensées des Bleus m'a séduite, j'ai aimé être du côté de l'écrivain: qu'allait-elle faire de ses personnages, son problème avec l'écriture, les pièges de l'univers "saganesque"... Et de son côté tout court, car elle se livre vraiment dans cet essai-roman, et cela me l'a rendue plus palpable, plus sympathique, moi qui ne connaissais d'elle que ses dettes et addictions variées (je sais, je sais, je sais).

 

Plus que tout, c'est son écriture qui me plaît. Non seulement elle est fluide et moderne, mais surtout d'une précision extrême. Sagan trouve les mots justes, simplement, pour décrire des sentiments universels que nous autres pauvres mortels parvenont difficilement à expliquer clairement (entre autres, le paragraphe sur le cendrier incassable de Roger m'a vraiment marquée).

 

 

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Un bonheur de lecture, vraiment.

 

J'ai même envie de passer en Big challenger maintenant...

 

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21 février 2011 1 21 /02 /février /2011 22:25

incendies-film.jpgJ'avais prévu d'aller voir Angèle et Tony.

Et puis c'était trop tard, trop loin.

Peut-être étais-je sur ma lancée "femmes d'Orient".

Quoi qu'il en soit, j'ai décidé d'y aller, moi qui quelques semaines auparavant avait affirmé ne pas vouloir le voir. Du tout, jamais, en plus l'affiche me faisait peur.

Moi qui pensais avoir envie d'une bonne grosse daube (j'étais prête à aller voir Sex Friend, ou même pire, Last Night) (j'ai même failli faire une victime collatérale) (heureusement pour moi, l'ex-future victime collatérale m'a convaincue des bienfaits du mojito, bien plus efficace selon elle que Guillaume Canet ou tout autre mâle dominant, américain de préférence). D'une heure et demie de bons sentiments, avec une jolie morale à la fin (oui bon ça va hein, on a tous envie d'une bonne daube de temps en temps) (tant qu'on ne voit pas que des daubes c'est permis) (et d'abord je ne vois même pas pourquoi je devrais me justifier), et surtout pas d'un film de deux heures avec le Moyen-Orient en toile de fond.

 

Comme quoi, il ne faut pas toujours s'écouter (philosophie du lundi soir, bonsoir).

 

Mais les mots me manquent, et je n'arrive pas bien à raconter ce que j'ai ressenti ce soir.

J'ai eu un peu peur, au début. Même si je suis une inconditionnelle de Radiohead, la scène d'ouverture n'est à mon sens pas la plus réussie. Et le découpage du film en thématiques ("Les jumeaux", etc... jusqu'au titre, à la fin) m'a également fait redouter le pire.

Mais les acteurs sont tellement justes (surtout Lubna Azabal, cela n'a pas dû être un rôle facile à quitter) qu'ils nous embarquent rapidement.

Le scénario, vraiment bluffant, a des accents de tragédie grecque. La musique est envoûtante, la lumière belle. Le montage aussi est fin, les alternances entre présent et passé s'effectuent dans une fluidité qu'on aimerait voir plus souvent.

Cela aurait pu être spectaculaire, tire-larmes et caricatural, le résultat est modeste, subtil et tout en finesse.

 

Je crois qu'il faut juste y aller, on n'a pas la chance de voir des films aussi forts chaque semaine.

 

 

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20 février 2011 7 20 /02 /février /2011 13:46

Je n'ai pas l'habitude de demander conseil aux libraires, mon Moleskine est plein de petits papiers : articles, vieux post-its, titres griffonnés à la va-vite sur un bout d'enveloppe... qui m'aident à faire mes choix quand je suis perdue en librairie (ce qui arrive très rarement).

Mais dimanche dernier (chaque réunion du Club fait naître en moi des pulsions "livresques"), quand j'ai débarqué en librairie, j'étais un peu déboussolée. 

J'étais venue pour me fournir en Sagan, et, ma table de chevet étant déjà très encombrée, il fallait que je reste raisonnable. Mais j'avais quand même envie d'autre chose en plus, une lecture facile, qui me ferait du bien. Disons qu'après La fenêtre Panoramique, c'était plus un besoin qu'une envie.

Et là, angoisse, horreur, stupéfaction: mes petits papiers étaient restés dans mon ancien Moleskine.

J'avais beau faire et refaire le tour des rayons, je ne trouvais rien. C'était bien la première fois que j'étais totalement désemparée. Que le choix me paralysait au lieu de m'étourdir.

Enfin, j'avais bien trouvé mon Sagan et un Marie Ndiaye mais j'en voulais un troisième.

(je n'aime pas acheter des paires, j'aime les impairs - précisons toutefois qu'une paire de chaussures compte pour un, je suis bizarre mais pas complètement tordue)

(autrement dit, je suis l'incarnation du "jamais sans deux sans trois", et parfois même de ses multiples)

(ce qui dans certains cas peut s'avérer terriblement problématique)

 

Bref, à force d'errer comme une âme en peine, je suis allée confier mon désarroi à la libraire. Elle a jeté un oeil à ce que j'avais déjà choisi, m'a rapporté Le jour où Nina Simone a cessé de chanter, et m'a terriblement donné envie de le lire.

 

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Chose faite, en une journée.

Comme ma super libraire me l'avait promis, ce récit se lit très vite. Il faut préciser qu'il s'agit de la mise à l'écrit par Mohamed Kacimi du récit du spectacle qui a révélé son auteur et seule interprète, Darina Al-Joundi (spectacle qui a triomphé au Festival d'Avignon de 2007). D'où le rythme soutenu, l'oralité du texte qui m'ont tenue en tension du début jusqu'à la fin.

C'est que la vie de Darina est hors du commun. Elle naît à Beyrouth en 1968, et y restera jusqu'à la fin de la guerre civile. Cette (très) jeune femme va s'efforcer de vivre selon la philosophie de son père, qui préfère voir ses filles faire n'importe plus quoi plutôt que se soumettre à un homme ou à Dieu. Et ce dans une ville en pleine guerre.

D'où la vie pleine d'excès de Darina, qui se consume entre alcool, sexe et drogue, et qui ne se soumet jamais. Il y a beaucoup de violence, forcément, mais aussi beaucoup d'humour, et surtout, comme souvent lorsque la mort se révèle, une formidable énergie, une pulsion de vie. Car Darina nous raconte toutes les étapes qui ont précédé sa renaissance.

 

Ce sont à mon avis ces quelques mots de Darina Al-Joundi qui sont les plus justes: "J'ai vécu la liberté insensée que procure la guerre. Dans cette pièce, je raconte ma vraie histoire. Celle d'une femme du Liban, d'Orient, qui découvre que la liberté des femmes leur coûte parfois la peau".

 

A lire absolument, donc. Qu'on soit une femme ou pas.

 

Ma super libraire travaille au Genre urbain, 30 rue de Belleville. Et en plus ils sont ouverts le dimanche!

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14 février 2011 1 14 /02 /février /2011 22:55

(je sais)


Ni aucun film de Truffaut d'ailleurs.

(je sais, je sais, je sais)


Afin de remédier à cette inculture scandaleuse, j'avais acheté ce DVD il y a un petit moment déjà. Il traînait sur mon bureau, parfois il me faisait de l'oeil, mais il faut avouer que ces derniers temps j'avais plutôt envie de passer mes soirées avec Gil, Horatio, Patrick, Dr Mamour & Cie.

(oh ça va hein, il y a des périodes comme ça où on a juste besoin de poser son cerveau)

(et puis j'avais des lectures pas faciles)

(et puis de toutes façons je n'ai absolument pas besoin de justifier mon amour des séries américaines, où les intrigues mineures sont résolues en cinquante minutes - au pire, deux fois cinquante minutes - et les majeures en une vingtaine d'épisodes, où tout se passe beaucoup plus vite que dans la vraie vie, où l'invraisemblable devient possible; oui j'aime ça, ET ALORS?)

(NDLR: c'est quand même moins pire que Marc Levy)

 

Pour tout vous dire, ce film m'effrayait un peu en somme. 

Et puis, ce soir (miracle des endorphines suédoises?), j'ai décidé de résister à l'appel de Lily Rush, de ne pas céder à la facilité et d'élever mon esprit.

 

jules_ejim2a.jpg.... Ahem... comment dire...

Bien évidemment (mon inculture a aussi ses limites, faut pas déconner), je savais de quoi il s'agissait, je connaissais la chanson, et Jeanne Moreau .

Pour être honnête, j'ai eu beaucoup de mal à rentrer dans l'histoire. Tout me paraissait un peu faux, surtout les dialogues, et, même en me rappelant que cette histoire avait été inspirée par des personnages bien réels, j'ai eu du mal à y croire.

Mais comment font-ils donc pour passer d'une situation scabreuse à une autre, sans être embarassé de ressentiment, de jalousie ou de rancoeur (ou alors bien légère)?

J'ai commencé à être convaincue par les lettres qu'échangent Catherine et Jim, qui me semblaient enfin plausibles.

Et même si certains dialogues me paraissaient toujours faux, le texte en lui-même me touchait, car les questions qu'il soulève sont à mon sens toujours d'actualité (l'amour, etc; comment ne pas céder à l'hypocrisie, rester libre, échapper au couple traditionnel, etc etc) (la potion magique n'étant elle apparemment toujours pas d'actualité, n'en déplaise aux marabouts de Strasbourg St Denis).

Bien sûr, il y eut de véritables moments de grâce, la plupart dûs à Jeanne Moreau (ah la la, Jeanne Moreau...) qui parvient à rendre crédible ce personnage fantasque et impérieux, d'autres à Oskar Werner (surtout dans la seconde moitié du film), et puis des plans vraiment superbes.

 

Mais je dois admettre que dans l'ensemble je suis un peu déçue, sur ma faim.

 

Peut-être en attendais-je trop.

Peut-être que je ne possède pas aujourd'hui toutes les clés nécessaires pour appréhender ce film correctement.

Peut-être mon attention s'est-elle focalisée sur des détails (les dialogues qui me semblaient artificiels, les bruitages, ce que deviendrait la petite Sabine, une envie de scouer la pauvre Gilberte) qui m'ont masqué l'essentiel.

 

Je n'en sais malheureusement rien.

Et la vérité, c'est que je me sens un peu bête ce soir, de ne pas l'avoir plus aimé que ça.

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13 février 2011 7 13 /02 /février /2011 19:14

9782221102084FS.gifMême si j'avais envie de le lire depuis longtemps (depuis que j'avais vu Les Noces rebelles en fait), les débuts furent difficiles.

 

Déjà, étant donné mon rythme de lecture de ces dernières semaines, j'ai dû abandonner Patti Smith après trois pages pour m'y mettre, réalisant qu'autrement je ne l'aurai pas terminé à temps.

Et les trois premières pages de Patti étaient tellement prometteuses... je partais donc un peu contrariée.

Et puis j'avais tout le temps Di Caprio et Kate Winslet en tête, et une image en particulier qui m'a accompagnée du début jusqu'à la fin, April saignant devant la fameuse fenêtre; on a fait plus gai.

Autant dire tout de suite que j'étais pressée de terminer cette lecture dérangeante.

 

Connaître la fin m'importait peu, car finalement dès le début on sait que cela va mal se passer. Il faut reconnaître à Yates le talent d'installer une tension, qui va crescendo jusqu'au dénouement final.

En revanche j'ai eu beaucoup de mal à ne pas faire le parallèle avec le film, qui m'avait vraiment bouleversée à sa sortie, et je ne sais pas quelle aurait été ma lecture si je n'avais pas vu le film avant. D'autant plus que j'ai eu l'impression que Yates avait écrit son livre comme s'il pensait déjà à une adaptation cinématographique (mais il est une fois de plus difficile de déterminer si j'aurais pensé la même chose sans avoir vu le film...).

Je me rappelais donc parfaitement le récit et les thèmes abordés, mais j'ai malgré tout été à nouveau secouée par cette histoire.

Qui n'a jamais eu l'impression d'être quelqu'un de spécial? Qui n'a pas voulu avoir une vie hors normes? Loin des contraintes quotidiennes? Cette question a trouvé un écho en moi, qui ai souvent envie de tout plaquer pour ouvrir un bar sur une plage au Brésil...

(sauf que je ne parle pas le brésilien, c'est handicapant)

(et puis, il faudrait certainement céder au racket de la mafia locale)

(que du bonheur en somme....)

Et qui ne s'est jamais illusionné sur l'amour? En reflétant à l'autre ce qu'il voulait bien voir, et inversement? C'est le pire qui nous est montré ici: comment, sans s'en rendre compte, on se prête au jeu, on finit par y croire et on s'emballe jusqu'au jour où la mascarade devient évidente et la situation intolérable. C'est ce qui m'a le plus remuée sans doute, cela m'a vraiment donné le vertige.

 

Je suis donc contente d'avoir mis cette lecture derrière moi, même si elle a soulevé beaucoup d'interrogations auxquelles je ne suis pas prête de répondre (je suis une lente).

Sans compter qu''il va me falloir trois tomes de Bisounours pour m'en remettre.

 

 

Et le compte-rendu de notre Club comme d'habitude dans la bonne humeur, ça fait un bien fou! Et je m'étonne encore des différentes interprétations/ressentis de chacune, merci les filles pour ce bon moment.

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4 février 2011 5 04 /02 /février /2011 23:31

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Ma valise est faite.

Elle m'attend sagement, dans son coin, jusqu'à demain.

Avant chaque départ j'ai toujours un peu de mal à y croire.

 

Tant que je ne serai pas dans l'avion, tant que je ne récupérerai pas mon bagage dans un autre aéroport, tant que je n'aurai pas trouvé le moyen le moins cher pour gagner la ville.

Tant que je n'aurai pas posé ma valise à l'hôtel, tant que je n'aurai pas parlé une autre langue que la mienne, tant que je n'aurai pas un plan inconnu entre les mains.

Je n'y croirai pas.

 

Et pourtant c'est demain.

 

Demain, à la même heure, je serai en train de siroter un raki ou un ouzo, dans un bar que je ne connais pas encore, dans une ville inconnue.

 

Athènes, me voilà!

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31 janvier 2011 1 31 /01 /janvier /2011 20:24

 

Happy New Year

 

voeux 2011

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