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7 octobre 2015 3 07 /10 /octobre /2015 08:16

Nina Ricci | Spring 2016 | Look 38:

 

La lumière est rousse et les beautés fauves.

Un éclairage comme un feu de signalisation, les cheveux vibrants comme devant les phares des voitures, les beautés claquent et les couleurs s'enchaînent.

Cuirs brillants et chemises décolletées, les talons qui martèlent le podium, les jambes des filles s'entrecroisent sur ce trottoir-spectacle.

Des beautés volées, oiseaux de nuits sortis de leurs cages, une sensualité extrême qui affleure, avant de se répandre lentement, onctueusement, avec une délectation suprême, comme une flaque d'huile qui contrasterait avec leurs déhanchements pressés.

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5 octobre 2015 1 05 /10 /octobre /2015 08:22

 


Je n'avais pas très envie d'y aller.

Trois heures, cela me semblait une éternité.
J'avais peur de m'ennuyer, de trouver les témoignages trop bien articulés pour servir un propos trop correct.

Mes interrogations se sont envolées dès les premières images.
Les témoignages sont aussi forts que les visages, les expressions des hommes aussi belles que les vues aériennes qui se révèlent émouvantes.

Alors, oui, il y a des larmes qui sont gênantes parfois, mais il y a des rires aussi, et l'excellent montage rend hommage à cet éventail d'émotions.

Il y a des moments drôles donc, des moments tristes, des moments sombres, des moments intimes et des moments politiques, des moments poignants et d'autres plus légers, mais finalement ce qui ressort de ces trois heures de voyage dans l'humanité, c'est un espoir, aussi ténu soit-il, une espèce de foi en l'humanité qui ne va pas sans une remise en question de nos vies individuelles.

Un beau voyage, dont il va falloir appréhender l'« après ».

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21 septembre 2015 1 21 /09 /septembre /2015 14:17

https://pmcvariety.files.wordpress.com/2015/05/much-loved-cannes-film-festival-4.jpg?w=670&h=377&crop=1

 

Deux heures.

Deux heures après avoir quitté la salle de cinéma, je ne trouvais toujours pas les mots pour décrire mes sentiments.

 

Le plus vieux métier du monde.

L'argent.

Les carcans.

La solidarité.

La solitude.

Le temps qui passe.

La misère des hommes.

Le courage des femmes.

La famille.

Le choix.

La liberté.

Une claque.

 

Voilà tout ce qui me trotte dans la tête depuis que j'ai vu Much Loved.

Depuis que j'ai reconnu ces artères empruntées la nuit, en taxi, ces clubs, assourdissants, ces meutes de vieux européens affamés, ces filles que j'ai croisées, maquillées, apprêtées - mon rouge à moi me paraissait si léger; j'avais la chance d'être de l'autre côté.
Du côté de celles qui ont le choix, du côté de celles qui peuvent aller où bon leur semble quand ça leur chante, du côté de celles qui sont libres sans jamais le savoir assez.

 

Du quotidien des filles de Much Loved, j'aimerais pouvoir retenir leur amitié, leur solidarité, leur amour, leurs plaisanteries, leur folle énergie, leur instinct de vie, mais cela ne va pas sans les sordides désirs sexuels de certains clients, l'argent roi et la corruption à tous les étages.

Aucun misérabilisme cependant, comme à l'inverse aucune idéalisation ni embellie d'un quotidien (le classique de la pute au grand cœur), c'est ce qui fait la force de ce film, ça et la vie à toute épreuve, servie par des interprètes hors normes – surtout Loubn Abidar (qui interprète avec feu le personnage de Noha) qui porte le film à bout de bras. 

 

Une belle et salutaire claque d'humanité.

 

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15 septembre 2015 2 15 /09 /septembre /2015 11:53

A toi la morue, toi la raclure, toi la rognure, oui, lettre ouverte à toi l'enflure qui a eu l'audace, qui n'a pas hésité, qui a osé voler mon parapluie chez le coiffeur.

Oh je la sentais, celle-là!
Quand je suis entrée et que j'ai vu ton parapluie à toi, proprement plié, sagement posé dans un coin, quand j'ai vu que ton parapluie à toi était le frère du mien je me suis dit que ça sentait le roussi. J'ai eu beau, pour qu'aucune confusion ne soit possible, laisser le mien avachi, foutraque, frère brouillon du tien si lissé, si poli, rien n'y a fait!

Quand je t'ai vu sortir du salon avec MON parapluie, parapluie dont je me félicitais encore deux minutes auparavant, passant sous les trombes divines telle une reine (une reine testant les joies de l'aquaplaning dans les chaussures, certes, mais une reine tout de même), mon sang n'a fait qu'un tour.

Je le savais je le savais je le savais.
Mais je ne pouvais pas te poursuivre dans la rue, t'invectiver, te maudire toi et tes descendants jusqu'à la septième génération...
Je n'ai pu que prier pour que ton brushing soit ruiné par l'humidité ambiante. Que ta couleur file dans le caniveau. Que tes pieds glissent malencontreusement sur les pavés huilés de pluie.
Tu as peut-être cru que mon parapluie ferait de toi une reine, mais tout le monde ne peut pas être reine, et un simple attribut, aussi efficace soit-il, ne fait pas le pouvoir.

Alors pour conclure, chère inconnue, ne te fais aucune illusion. Tu m'as peut-être laissé un parapluie puant, cassé, corné, égratigné, mais la reine, c'est toujours moi.
Et regarde bien derrière toi, car si je recroise ta face brushée, lissée, méchée, je t'empaille.

 

Bad Ideas
 

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11 septembre 2015 5 11 /09 /septembre /2015 07:28

Il existe des lectures de situation, qui fleurissent souvent grâce à un voyage réussi. Une envie soudaine de Pessoa après un week-end lisboète, de récits de triades pendant un déplacement à Hong-Kong, un désir de découvrir la vie d'une cévenole durant un séjour dans la maison familiale.

C'est ma mère qui m'a mis ce récit dans les mains, ces mémoires d'Augustine rapportées par une fille avide de connaître la vie de sa mère.
De sa naissance dans un village de la Vallée Française au soir de sa vie, des "blanchettes " de sa jeunesse aux pommes d'une Normandie à laquelle elle devra se faire, la vie d'Augustine éclaire un pan de l'histoire de ce merveilleux pays, les Cévennes, mais aussi de notre France. L'école au 19ème, le travail à la filature, les fêtes de village, les veillées familiales, les us et les coutumes, cette foi protestante qu'elle a si forte, héritée de nos ancêtres les camisards, les ravages de la Première Guerre Mondiale, le chaos de la Seconde, le cauchemar de l'Occupation, mais aussi les amertumes et joies de la vie quotidienne...

La vie d'Augustine fut aussi riche que difficile, et ce récit est intéressant d'un point de vue historique et sociologique comme humain; un portrait d'un sacré bout de femme aussi humble qu'inspirant.

Et quelques jours plus tard je me surprends à penser à elle, à relativiser les soi-disant difficultés de ma vie au travers de cette lecture.

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9 septembre 2015 3 09 /09 /septembre /2015 12:31

SJP’s Shoe Collection Will Make You Miss Sex and the City via Brit + Co.:

 

Celles qui nous aident à affronter le gris et ces sales journées, celles qui nous réconcilient avec nos placards blasés.

Les miennes sont rouges cette année (car oui, à chaque année son cru). Rouges, avec un talon haut juste comme il faut, un talon pailleté, et une bride à la cheville.

J'ai couru dans tout Paris pour les trouver: trépigner dans le métro, espérer arriver avant que le magasin soit fermé, y entrer échevelée, chercher du regard le modèle tant convoité (car repéré avant les congés), ne pas le trouver, "oh non c'est pas vrai...", se précipiter sur une vendeuse, lui décrire l'objet tant convoité, ne pas entendre sa réponse lorsqu'elle me dit que non, ils n'ont pas ce modèle, désolée, "mais vous pouvez aller voir à Châtelet", repartir d'un pas pressé, maudire les feux rouges et les piétons trop lents, prier pour que l'autre boutique ait en stock mes précieux souliers, pour qu'il reste ma pointure, entrer échevelée, chercher du regard les précieux souliers, (repérés avant les congés), ne pas les trouver, "oh non c'est pas vrai", oh si, les voilà, mais en noir, moi j'en voulais des rouges, se mordre la lèvre, avoir envie de pleurer, "je savais bien qu'elle était pourrie, cette satanée journée", oh mais non les voilà en rouge, oh elles sont plus foncées que dans mon souvenir, auront-ils ma pointure, cela sera-t-il joli sur mon pied? les essayer fiévreusement, affronter le miroir, exprimer mon soulagement à une vendeuse fatiguée qui attendait l'heure de s'en aller, tout en admirant mes pieds nouvellement chaussés, à la caisse finir par payer.

Ouf! Voilà ce que j'ai enduré pour avoir mes chaussures de rentrée!
 

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27 août 2015 4 27 /08 /août /2015 09:56

Minimalist movie poster - Rocky

 

C'est la fin de l'été, tout le monde le dit, le serine.
Pas de colchiques dans les prés, ou plutôt pas de prés en ville, mais plus aucune envie de porter ses robes blanches et fleuries, et un programme roboratif au menu des magazines: résolutions de rentrée, comment vaincre le blues de rentrée, prolonger son bronzage à la rentrée, conserver les bienfaits des vacances après la rentrée...
Autant d'injonctions qui, conjuguées aux feuilles mortes qui jonchent nos trottoirs*, me collent le bourdon.

Un besoin pressant d'endorphines pour mater le bourdon, donc.
Pour cela, pas envie de m'asperger de monoï comme le font certaines filles dans le métro. Non, moi, j'ai opté pour une solution à 5,99€: la corde à sauter.
Pas si facile que ça en a l'air en fait, la corde à sauter. Entre le rythme à maintenir, la chaleur corporelle qui monte plus rapidement que dans le désert des Mojaves et les pieds qui se prennent dans cette satanée corde (riez, riez autant que vous voudrez, mais que celui qui n'a pas essayé se taise à tout jamais), la promesse des endorphines se rapproche - comme celle des courbatures du lendemain.

Forte de cette première expérience, les endorphines appelant les endorphines, je décide de sauter chaque jour, puis j'envisage (effrayant) de m'y mettre dès potron-minet. Si je saute le matin, lis-je, le bénéfice endorphinesque sera double. Qu'à cela ne tienne! Cela fait déjà une petite semaine que je me presse un citron chaque matin, un réveil à 6h45 sera parfaitement compatible avec ma nouvelle vie de californienne healthy.

Le grand matin arrive, donc.
Le réveil sonne, 6h45, je ne me rendors même pas (les californiennes healthy ne se rendorment jamais), j'enfile mes baskets et le reste (les californiennes healthy ne sautent pas en chemise de nuit du 19ème), et c'est parti!
Bon, mes pieds rippent un peu. Il faut dire que je saute avant le jus de citron, mes sens ne sont pas encore totalement éveillés, et puis j'ai laissé les volets fermés parce que bon, sauter à 6h45 chez soi, ok, mais devant témoin, ben en fait NON (les californiennes healthy sont mystérieuses).
Mais je tiens bon, je pense au jus de citron, la journée va bien se passer.
Je tiens bon, je tiens bon, pfff ça fait du bruit quand même, il est tôt, j'espère que...
 
*TING*
 
J'ai un message.
 
A 6h55?
 
Encore deux tours.
 
Bon ok je regarde.
 
C'est ma voisine.
 
 
Affichage de FullSizeRender.jpg en cours...
 
 
Option 1: mentir.
Option 2: dire la vérité.

 ...............
 
J'ai choisi la vérité.
 
 ...............
 
Voilà, ma voisine me prend pour une folle, j'ai dû faire mon Rocky-out.
Pour me remettre de toutes ces émotions, je me suis fait un petit jus de citron.
 
 

* cela dit, cet été il y a eu des feuilles mortes au sol depuis Juillet, à cause des stomates (aka les pores des feuilles) qui se sont bouchées suite aux trop fortes chaleurs du début de l'été pour survivre - merci France Inter, et pardon Messieurs-dames les scientifiques si j'ai tout compris (et expliqué) de travers.

 

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21 août 2015 5 21 /08 /août /2015 16:50

il y a personne

 

Août à Paris, c'est super, qu'ils disaient.

Que les choses soient claires: tous ceux qui prononcent cette phrase n'ont jamais passé un seul mois d'Août entier à Paris de toute leur vie.

Au mieux, ils désertent la capitale à la fin de la première semaine d'Août (pour mieux justifier leurs propos, mon enfant), au pire ils l'ont désertée à la mi-Juillet et reviendront exhiber leur odieux bronzage à la fin de l'été (et envahir nos terrasses !). A la base de cette débauche de congés, un obscur cumul de RTT et CP (ou un emploi dans l’Education nationale) leur permettant de partir cinq semaines d'affilée, parce que cette année on fait simple, juste deux semaines en Corse et un road-trip au Portugal (ah non pardon j’avais oublié, tout Paris est parti en Grèce cette année), et puis tu sais on peut bosser de n’importe où tant qu’on a du wifi (mes amis les freelances), on passera la dernière semaine dans notre maison dans le Luberon.

Point commun entre tous ces arracheurs de dents: un délit fort culotté d'hypocrisie flagrante, oui madame - ou bien s'agit-il d'une crasse ignorance?
"Non mais attends, moi j'adÔrerais être à ta place, Paris en Août c'est génial, tu as la ville pour toi, les terrasses, tout, non mais c'est super, tu ne te rends pas compte."


Super, oui, d’errer dans des rues désertes (coucou le dimanche 16 Août) pour trouver la seule boulangerie ouverte, et y faire la queue pendant une demi-heure parce que c'est précisément la seule ouverte dans tout l’arrondissement (moi, exagérer? jamais!).
Super, oui, de se casser le nez sur toutes ces portes fermées, tous ces supers restos, ces terrasses.
Super, évidemment, de se retrouver coincée entre trois millions de touristes parce qu'on a eu le malheur de vouloir traverser les Tuileries un jour de beau temps.

 

Non, les arracheurs de dents n’ont rien compris.

Le seul truc cool à Paris en Août, c'est qu'il n'y a personne dans le métro.
Genre, personne.
Genre, on peut choisir sa place – genre, vraiment (on aussi le droit de dire « genre » autant de fois qu’on le souhaite).
On peut choisir son wagon, son carré, sa place dans le carré et on peut même en tester plusieurs pendant son trajet.
Trop la classe.

L'autre truc cool, c'est l'alcool de pouvoir profiter de ce vide intersidéral pour rattraper tous les potins du siècle. Tous vos amis postent des photos de plage et de spots merveilleux sur Instagram? (hashtag « roadtripauportugal », « love », « lavraievie »).

Heureusement pour moi (pour vous? pour nous?), Taylor s’est maquée avec Calvin, pendant que Ben, dans un grand moment d'originalité, aurait trompé Jennifer avec la baby-sitter, alors que Megan et Brian se séparaient aussi (pleurs enregistrés); heureusement pour nos petits cœurs sensibles l'autre Jennifer s'est (enfin!) mariée avec Justin (mais sur le sort de quelle femme va donc pouvoir dorénavant pleurer la presse tabloid us?), l'amour triomphe, c'est beau l'été.

Une autre manière de doper sa culture générale, à défaut de briller en société cela nous permettra de salir un peu notre image élitiste de "fille qui n'aime que des films polonais en noir et blanc ».

 

La jalousie est un bien vilain défaut; heureusement, Août à Paris, c'est presque fini !

 

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17 août 2015 1 17 /08 /août /2015 18:05

 

Je n'avais jamais entendu parler de Nadia Comaneci.

Pour moi, la gymnastique se résumait à un dessin animé japonais de mon enfance peuplé de sylphides aux longs rubans et à la torture des cours de gym du mercredi matin au collège.

Au bout des trois premières pages de La petite communiste qui ne souriait jamais, je me suis jetée sur internet.
Recherche: Nadia, Montreal, 1976.
Au sol, à la poutre, aux barres asymétriques, je regarde tout.
Je regarde tout à nouveau.
Les barres asymétriques surtout me fascinent. La rapidité à laquelle ce corps minuscule vient fracasser ses hanches contre la barre la plus basse, ces bras qui s'enroulent autour des barres, je reste interdite, le souffle coupé bien que je connaisse l'issue, bien que je sache qu'elle ne se brisera pas le cou; je comprends mieux le choc que fut cette petite Roumaine de quatorze ans.

Impossible alors de lâcher ce roman hybride, entre imagination, reconstitution et conversations avec la principale intéressée.
Au-delà de l'itinéraire hors normes d'une enfant si douée, Lola Lafon questionne l'est et l'ouest, donnant vie à la Roumanie de Ceaucescu que je ne connais pas, nous questionnant sur les "vertus" de notre système capitaliste, sur la normalité de l'existence du commun des mortels ("de plus en plus souvent je suis reléguée à ma place "normale", cet espace où elle [Nadia] m'expédie comme on montre à un bambin pénible sa chambre pour qu'il y disparaisse"), mais aussi sur la féminité, à travers le parcours de cette jeune gymnaste que tout le monde fait sienne, celle que l'on ne veut pas voir grandir, celle dont on finit par se détourner parce qu'elle devient femme.

Un roman captivant et poignant, qui ne cède ni au manichéisme facile ni à la fascination complaisante, et qui donne envie de se plonger das les autres écrits de Lola Lafon.

 

"Nadia plonge, sa jambe en arabesque derrière elle, un long soupir tracé au pinceau. Puis, son pied droit pointé devant, elle se détourne des mortes, des battues, tous ces sanglots de filles fracturées, et posément aligne - flic flac - les cartes de mauvais sort retournées, vaincues, une fois de plus, elle les salue, ils sont debout, follement aimants, bouleversés d'avoir goûté à l'odeur terrible d'un mauvais sort repoussé."

 

 

Edit: en prêtant ce livre on m'a rappelé que la préface précisait que tout ce qui suivait était pure fiction, ce qui inclut les échanges entre Nadia et l'auteur, ce que j'avais totalement oublié...

 

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26 juillet 2015 7 26 /07 /juillet /2015 16:53

Un dimanche d'été pluvieux.
Les vacances sont déjà loin derrière, et trop lointaines devant, je me sens étouffer dans un espace temps étrange, le fameux mois d'août à Paris, que chaque année je redoute et attends à la fois.
Plus de chocolat dans le placard; mes doigts s'attardent sur la couverture de ce livre qui m'avait transporté avant mon départ - il y a une éternité me semble-t-il.

 

Affichage de IMG_8080.JPG en cours...

 

Un texte écrit par Françoise Giroud "à l'été de [sa] vie", à quarante-quatre ans, alors qu'elle se reposait enfin dans le sud de la France après une tentative de suicide ratée. Son médecin la pousse à écrire ce récit cathartique. En fait de catharsis, il s'agit plutôt d'une autobiographie, depuis sa naissance jusqu'à ce fameux été donc, la folle trajectoire d'une femme ayant des aptitudes pour la liberté, "mais peu de dons pour le bonheur".

En le reprenant dans mes mains un mois plus tard, je retrouve toutes les pages que j'ai cornées alors, je me souviens. Du plaisir que j'ai eu à lire ce récit, ces mots si justes et sans affect, du courage et de l'énergie qu'il m'a insufflé, de combien il avait résonné en moi et combien j'en étais sortie inspirée.

Plus que n'importe quelle phrase que je pourrais écrire, ces morceaux choisis parleront d'eux-mêmes:

"Le temps magnifique de la vie, c'est celui où l'on sait et où l'on peut."

"Être libre, c'est aussi accepter de perdre."

"je crois à la vertu de l'information et surtout à la nécessité de tendre toujours vers le merveilleux pour y atteindre parfois."

"A cette solitude à deux, avec tout ce qu'elle exige d'efforts si l'on veut être poli, je préfère, depuis longtemps, excusez-moi, ma propre compagnie."

 

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