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31 janvier 2011 1 31 /01 /janvier /2011 20:24

 

Happy New Year

 

voeux 2011

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24 janvier 2011 1 24 /01 /janvier /2011 23:00

poupoupidouC'est toujours par la fin que les choses commencent; c'est comme ça que David Rousseau commence son livre, à la fin.

 

Moi je ne sais pas trop par où commencer tellement j'ai aimé ce film, qui ne ressemble à aucun autre.

 

Au rythme des Sonics, on commence par rire, de cet écrivain qui fait 600 bornes pour hériter d'un chien empaillé, de la réceptionniste allumée et allumeuse de son hôtel où la chaudière est cassée et les tapisseries hideuses...

Puis le cadavre, la morgue, cette marque sur le visage de Candice, les lumières qui s'éteignent (à cause de la neige?), les coïncidences troublantes, l'écrivain à succès qui se prend pour Ellroy... nous entraînent du côté des polars.

Et, sans qu'on le voie venir, on est touché par cette belle du Jura, starlette absolue qui croit être la réincarnation de Marylin (!). Il faut avouer que les similitudes sont troublantes: même date de naissance, un premier mari sportif de haut niveau et violent (même les traits de l'acteur Lyes Salem rappellent ceux de DiMaggio), un amour intellectuel...

Dès que Rousseau entame la lecture de son journal intime, on est captivé par cette fille, comme si on ne pouvait pas faire autrement. Comme lui, on a envie de fouiller dans ses tiroirs, de mettre le nez dans son pull abandonné, de refaire le trajet inverse pour percer le mystère. Car mystère il y a, même si le schéma est classique (absence du père, ostracisme à l'école, découverte de la féminité, fragilité extrême, anxyolitiques & cie), et même si la belle du Jura ne peut rivaliser avec Marylin.

 

L'histoire "policière" n'est au final qu'un prétexte pour nous emmener ailleurs, sans y toucher, l'air de rien.

La musique y est également pour beaucoup, omniprésente, magique - et pourtant, filmer des paysages enneigés sur fond de California Dreamin' n'avait rien d'évident... La personnalité de l'héroïne se révèle peu à peu - merveilleuse scène où Candice se maquille, se coiffe, se prépare à coup d'anxyolitiques et d'alcool sur le vibrant Poupoupidou d'Ava.

La manière de filmer aussi, sensuelle et sobre à la fois. L'esthétisme, les transitions léchées - certains trouveront peut-être cela trop étudié justement, cela m'a plu.

 

Je pourrais aussi vous parler de toutes ces références dont le film est truffé: le tee-shirt jaune d'un adolescent, clin d'oeil à Gus Van Sant, Jean-Paul Rouve se prenant pour James Bond dans sa baignoire, la scène du bowling qui réveille nos émois d'adolescent...

De la rencontre manquée entre l'écrivain et son héroïne.

De ce gendarme moins buté qu'il n'en a l'air.

 

Il y a beaucoup de choses dans ce film, et l'équilibre est toujours juste.

 

Une petite pépite, vraiment.

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23 janvier 2011 7 23 /01 /janvier /2011 16:19

9782818006030.jpgPeut-être que j'en attendais trop. J'ai remarqué que j'étais souvent déçue lorsque mes espérances étaient trop grandes.

(ce qui ne s'applique pas seulement aux livres, soit dit en passant)

Peut-être a-t-il pâti de passer après Naissance d'un pont qui m'avait transportée; l'inévitable comparaison n'a pas joué en sa faveur.

Si je l'avais lu à un autre moment, qu'en aurais-je pensé?

Peut-être le titre était-il trop beau, j'aurais dû me méfier. Il me faisait de l'oeil depuis sa parution. Je repoussais l'échéance, j'avais décidé qu'il serait comme une récompense, tellement certaine du plaisir qu'il me procurerait......

 

Je fus déçue dès la première page. Je trouvai l'écriture insipide, laborieuse même parfois. Je tins bon, essayant d'oublier en cours de route le lyrisme de Maylis de Kerengal qui m'avait tellement plu.

Mais rien n'y fit.

Au bout de quelques pages, l'écriture demeurait sans intérêt, et surtout très inégale: à une phrase sublime (dans la limite du raisonnable) succédait quelques lignes plus bas une autre frisant le ridicule; comment l'auteur de la première avait-il pu pondre la seconde?

Je n'ai pas réussi à entrer dans cette histoire, j'y suis restée hermétique du début à la fin. Je ne suis pas parvenue à me représenter les personnages tant ils me semblaient creux et faux(à part peut-être Sabine, l'épouse trompée), et par conséquent   n'ai ressenti aucune empathie à leur égard. Que trouvent-ils tous à Nora? Je sais bien que les voies du désir sont impénétrables, mais quand même!

Et je n'ai pas du tout aimé la fin.

 

Heureusement parfois une phrase surgie dont ne sait où trouvait en moi un écho, grâce à sa lucidité et sa concision, et donnait un peu de sens à cette lecture.

Mais il y en eut trop peu.

 

...

 

Mais cela n'entame en rien la boulimie de lecture qui m'a prise depuis quelques semaines maintenant. Je vais enchaîner avec Patti Smith qui, elle, ne me décevra pas, puis La fenêtre panoramique, lecture commune de Février. Puis Sagan, puisque je me suis laissée tenter par le challenge de George et Delphine (je pense commencer par Aimez-vous Brahms dont j'ai eu de bons échos... et après, on verra, tout dépendra de mon libraire!), et le challenge de Sabbio est lui aussi très alléchant...

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19 janvier 2011 3 19 /01 /janvier /2011 14:58

naissance-d-un-pont.jpg Je l’avais acheté à sa sortie, à la rentrée littéraire. J’en avais entendu parler partout, c’était LE livre incontournable de la rentrée, à ne surtout pas manquer.

Et puis les semaines se sont écoulées, et quand son tour vint, il y eut cette émission du Masque et la Plume... Un vrai massacre ou presque : ennuyeux, laborieux,  trop lourd (l'auteur revendique avoir choisi pour ses héros des noms de philospohes et physiciens), une dualité nature/ville trop évidente pour être intéressante… Et surtout, d'après les critiques, on avait créé un phénomène, une surenchère autour de ce livre: LE livre de la rentrée littéraire, à ne pas manquer, une nouvelle écriture française, etc etc... qui ne le méritait simplement pas.

Du coup, pauvre esprit influençable que je suis, je n’avais plus vraiment envie de le lire. Cette histoire de chantier, tout à coup, ne me disait plus rien, voire même m'effrayait un peu.

Et puis, bon; je n'avais rien d'autre sous la main (c'était avant mon casse ), et je me suis quand même rappelée tout ce que j'avais pu lire de bien à propos de ce livre, et aussi que Maylis de Kerengal avait aussi écrit Corniche Kennedy, dont j'avais entendu quelques extraits qui m'avaient plu.

Je me suis lancée.

Et bien m'en a pris (une fois de plus), car je n'ai pas pu le lâcher pendant une semaine (et au vu du rythme d'escargot qui était le mien ces derniers temps, c'est une double victoire).

Je ne l'ai pas du tout trouvé trop long, bien au contraire. J'aurais volontiers fait un bout de chemin supplémentaire avec Katherine, Sanche, Diamantis, Diderot et les autres. Mais en même temps tous les chantiers se terminent un jour, leur durée est déterminée, il n'y a pas forcément d'après, juste une fin.

Les noms des personnages ne m'ont pas dérangée. Alors oui c'est vrai, il y a Diderot et Voltaire. Mais ne connaissant pas les autres, pauvre néophyte que je suis, cela ne m'a aucunement gênée. Peut-être n'était-ce pas nécessaire, mais selon moi cela ne sert ni ne dessert le roman.

 N'étant pas une experte ès lettres, je n'ai pas vraiment d'opinion quant à la brèche novatrice qu'ouvrirait ce roman (ou pas). 

Mais j'ai beaucoup aimé sa langue. Les longues phrases, l'alliage d'un vocabulaire technique presque râpeux et d'une langue sensorielle beaucoup plus douce, même s'il y a un peu trop de métaphores à mon goût (un peu lassant à force).

 

Maylis de Kerengal a réussi à m'intéresser à ce pont (qui l'eût cru?), aux vies des hommes et femmes autour.

Et finalement, le pont laisse la vedette à tous ces personnages, bien vivants, que l'on se surprend à aimer.

 

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18 janvier 2011 2 18 /01 /janvier /2011 22:19

Une Ferrari sur un circuit.

Un tour, puis deux.

Trois.

Le moteur s'arrête, alors que je m'attendais à la voir passer encore une fois.

 

Le générique commence, et j'ai déjà des frissons.

Peut-être parce que je n'étais pas allée au cinéma depuis (trop) longtemps, peut-être à cause du vrombissement de la Ferrari. Je crois plutôt à un mélange d'excitation et de peur.

Excitation de retrouver Sofia Coppola, peur qu'elle me déçoive cette fois.

 

J'ai rapidement compris que cela n'arriverait pas.

J'ai aimé ces plans qui s'étirent, ces longs travellings; en avant, en arrière. Ces longues scènes où il ne se passe pas grand chose, où l'on ne se dit pas grand chose.

Même si cette fois le personnage principal est un homme, même si je pouvais difficilement m'y retrouver, n'étant ni un superbe acteur,

(car il est superbe, que ce soit dit, même s'il n'est pas très grand, je vous l'accorde, même si ses tee-shirts sont un peu fatigués, même s'il porte d'improbables chaussures montantes non identifiées, même si même si même si... il est incroyablement sexy)

(et ce n'est pas uniquement pour cette raison que j'ai aimé le film, que ce soit dit aussi)

à la vie dissoute par les cachets, l'alcool et le sexe,

(sans blague)

ni une fille de star.

(pardon papa)

 

Alors bien sûr, certains trouveront le film long, ennuyeux. Peut-être même sans intérêt puisque la tournure que prendront les événements se laisse aisément deviner.

Mais qu'importe la fin de l'histoire, il ne s'agit pas d'un polar.

C'est le récit qui importe, la maturation du héros. Les phases successives de son étourdissement, de son écoeurement, de son réveil progressif. Sans éclat aucun.

Et le cinéma, toujours.

Un regard, une cigarette à la fenêtre, une partie de ping-pong, un jeu de mime au fond de la piscine, le magnifique travelling qui suit...

Des bruitages fins et précis, une bande originale adéquate (comme d'habitude).

Une photo superbe.

Los Angeles magnétique et en même temps bien réelle.

 

Esthétique sans être esthétisant.

 

somewhere_sofia_coppola_poster_rectangle-600x324.jpg

 

Paris ne m'aura jamais paru aussi froid qu'en sortant du cinéma ce soir.

 

 

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16 janvier 2011 7 16 /01 /janvier /2011 22:34

Quand j'étais ado, je rêvais de vivre dans les années 50.

Les jupes dans le cercle, les couleurs pastel, les drive-in, ça me faisait rêver.

La faute à Grease sans doute. En 98 le film ressortait en salles, donnant naissance chez moi (et chez d'autres, j'en suis sûre) à d'irrésistibles envies: legging en cuir noir (bien que ce mot n'existait alors pas encore), petit copain à perfecto et banane, de dimanches à la plage, et j'en passe...

Les graines de féminisme n'avaient, selon toute évidence, pas encore germé.

Inutile de préciser que depuis les temps ont changé; pour rien au monde je ne voudrais vivre à cette époque.

 

Car ce soir, même si les tenues de Julianne Moore m'ont enchantée (ah, ses jupes, ses paletots, son foulard noué sous le menton! à chaque fois le charme opère), son quotidien m'a nettement refroidie: faire les courses (youpi), s'occuper des enfants (re-youpi), et, surtout, dépendre totalement de son mari (youpi gagnant).

Ajoutons à cela que la seule personne avec laquelle elle se sent vivante est un homme noir, ce qui réduit à néant ses (déjà infimes) probabilités d'accéder au bonheur.

Alors même si ses robes sont jolies, son jardin splendide (flamboyantes couleurs de l'automne), sa maison parfaite, ses enfants charmants et son bonheur apparemment éclatant, j'ai rapidement étouffé. Et me suis demandée comment faisait la jolie/polie Cathy (alias Julianne Moore) pour garder son calme et son sourire en toutes circonstances (ou presque).

 

Somptueuse Julianne Moore.

Gracieuse et adorable dans tous ses mouvements.

La jolie vitrine de son existence se fissure tout au long du film, et elle en devient plus vivante. Car, mis à part l'après-midi qu'elle passe avec Raymond, ses actes semblent ceux d'un automate (bien huilé et joli, certes, mais obéissant à une mécanique quotidienne implacable). Ses paroles sont la plupart du temps convenues et polies (voire même très polies).

Petit à petit elle se laisse aller.

A l'émotion et aux souvenirs qui la submergent lorsqu'elle retrouve au fond de sa poche un foulard oublié.

Jusqu'à cette dernière scène, sur le quai. Raymond et elle se regardent. L'une reste, l'autre part. Ça pourrait être bêtement tire-larmes, voire terriblement sentimental. Il n'en est rien. Ils se regardent, et dans leurs yeux se lisent la déception, les regrets, tout ce qu'ils n'ont pas eu le temps de se dire et qu'ils ne se diront jamais, ce qu'ils ont manqué.

 

Mais on n'a pas le temps de s'apitoyer, le train démarre.

 

La vie continue, Cathy divorce, c'est le printemps... et j'ai envie de croire qu'elle aura eu la belle vie que Raymond lui souhaitait.

 

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13 janvier 2011 4 13 /01 /janvier /2011 22:20

Depuis dimanche dernier, on l'aura compris, j'étais en proie à une envie irrésistible de livres.

Le fait d'en parler avait déclenché ma boulimie, je n'avais pas craqué dans une librairie depuis trois mois, l'heure était grave.

En plus de ça ma table de nuit n'accueillait que:

- mon livre de chevet (en ce moment Naissance d'un pont de Maylis de Kerengal);

- un essai que je lis irrégulièrement (Histoire de chambres de Michelle Perrot, passionnant et bien écrit, mais il faut quand même un minimum de concentration);

- un recueil d'Emily Dickinson dont je lis un poème de temps en temps;

- Microfictions de Régis Jauffret dont je lis les nouvelles par grappes de cinq ou six, quand ça me prend, sans logique aucune, et que je ne suis pas prête d'avoir terminé;

- les Lettres à une jeune fille de Joë Bousquet que je ne peux me résoudre à ranger, même si j'ai abandonné cette lecture depuis un bon moment (un peu lassant au bout de la moitié, même si ces lettres sont exceptionnelles);

- Wole Soyinka auquel je m'attelle régulièrement (il n'a pas mes faveurs à tort, je l'abandonne toujours pour un autre, mais un jour j'y arriverai);

- La culture des apparences, un essai pour les jours où j'ai l'ambition de devenir hyper intelligente (encore faudrait-il le commencer un jour...).


Autrement dit, rien.

 

Or ce que j'aime, moi, c'est avoir des piles de livres sur ma table de nuit.

Ça me rassure d'avoir mes futures lectures sous mes yeux, à portée de main.

Regarder les couvertures, hésiter, me délecter à l'avance de ce qu'elles m'apporteront...

Quel livre choisirai-je en premier, lequel m'empêchera de dormir, lequel garderai-je pour la fin?

Et de défaire et refaire les piles selon mon bon plaisir, mon désir et mes humeurs.

 

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Vous pouvez bien rire, depuis que j'ai fait un casse à la librairie mardi soir et que ma table de nuit affiche depuis complet, je me sens beaucoup mieux.

Enveloppée dans mes livres.

Au chaud.

 

Et Dieu sait que cela me fut utile ce soir lorsqu'après avoir regardé Frozen River

(car j'ai une fois de plus résisté à la tentation hivernale du jeudi soir; félicitez-moi#2)

(=Lie to me)

(oh ça va hein, il faut bien se consoler de Patrick Jane)

(et oui je suis capable de regarder Arte pour autre chose que Tracks)

(et oué)

je me sentais un peu désolée et abattue.

 

J'aurais pu me consoler avec Esprits Criminels, série rationnelle où les héros n'ont pas de vie privée, pas de famille, où les intrigues sont résolues en 52 minutes, publicité comprise.

 

Mais non.

Pas ce soir.

 

Ce soir je lis.

 

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9 janvier 2011 7 09 /01 /janvier /2011 14:32

51e7K4rBb9L. SL500 AA300D'abord, l'impression de revenir dix ans en arrière.

La faute à cette collection Flammarion (aux notes terriblement ennuyeuses, soit dit en passant), la même que Micromégas de Voltaire que j'avais au lycée.

Inutile de développer les souvenirs douloureux liés à cette lecture.

Incompréhension, colère...

Mais comment réussirai-je jamais à avoir ce foutu bac de français?

...

Bien des cheveux arrachés et des brouillons froissés dans la corbeille plus tard: mais pourquoi ai-je voulu aller en section littéraire?

Ce que j'ignorais alors, c'est qu'en Terminale mes symptômes décupleraient avec la philosophie...

La morale savoureuse de cette histoire, c'est qu'après toutes ces péripéties, j'ai quand même présenté un dossier pour Hypokhâgne... mon masochisme ne date pas d'hier, prenons-en bonne note.

 

Suite à cette amère madeleine, ce n'est donc pas en totale confiance que j'ai commencé la lecture de Manon Lescaut.

J'ai bien essayé de ne pas me laisser abattre, en dépit de tournures à n'en plus finir, et d'un style trop ampoulé à mon goût (en même temps il s'agit ici de littérature du XVIIIème hein, on est pas là pour rigoler)

Mais dès le début j'ai commencé à souffrir.

Souffrance qui ne m'a quittée que lorsque j'ai lu "Fin de la deuxième partie".

Si j'ai réussi tant bien que mal à faire abstraction du style (plutôt mal que bien je l'avoue), j'ai su dès le départ que rien ne se passerait comme le pauvre Chevalier l'avait prévu, et cela m'a rendue malade dès les premières pages (il faut savoir que j'ai les quiproquos en horreur, les malentendus me rendent malades et je ne suis soulagée que lorsque tout est résolu).

Si je n'ai pas trouvé Des Grieux complètement stupide (la passion nous rend tous masochistes et bêtement obstinés), je n'ai absolument pas compris ce qu'il trouvait à sa Manon, créature non-palpable et incompréhensible. Elle n'existe tout bonnement pas, et leur histoire d'amour non plus.

Comment Des Grieux a-t-il pu croire un seul instant qu'elle était amoureuse de lui? On peut s'acharner à conquérir l'autre jusqu'à en oublier sa fierté, mais même alors, on sait si l'on est aimé en retour, surtout si ce n'est pas le cas.

Je me suis donc retrouvée dans la peau de ce pauvre Tiberge (ne nous emballons pas, je ne compte pas renoncer à tous les vices et à rentrer dans les ordres: déjà je ne suis pas la cadette, et j'aime le(s) vice(s)), espérant que ce cher Chevalier (oui cher, car je m'y suis un peu attachée finalement) retrouverait le chemin de la vertu, tout en sachant bien que cela n'arriverait jamais.

Et j'étais malade en pensant aux torts causés au nom d'une soi-disant passion, anticipant les drames à venir (un vrai miracle, soi dit en passant que Manon ne soit pas en sus tombée enceinte...).

Je passerai sur les invraisemblances et la misogynie diffuse - il n'y a aucun autre personnage féminin pour rattraper l'image que Des Grieux (et Prévost lui-même?) se fait des femmes.

 

Mais je suis très contente de l'avoir lu quand même!

(comme ça je pourrais toujours faire semblant d'avoir fait hypokhâgne)

 

***

 

J'ajoute juste quelques mots suite à la réunion de Janvier du Club des Lectrices.

C'est la première fois que nous échangions autour d'une lecture commune, et il est vraiment intéressant de percevoir la sensibilité de chacune au travers de sa perception du roman, de découvrir la vision des autres.

D'où l'intérêt de partager ses lectures, découvrir d'autres points de vue, d'autres sensibilités; c'est vraiment enrichissant et passionnant!

Et a donné naissance à une irrésistible envie de dévaliser les librairies...

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3 janvier 2011 1 03 /01 /janvier /2011 22:33

Au lieu de poser mon cerveau devant Cold Case (en ce début d'année je n'arrive malheureusement à rien) (à part poser mon temps de cerveau disponible devant TF1 les séries américaines la télé) (Patrick Le Lay sors de ce corps!), j'ai préféré Sautet à Lily Rush.

 

Ah, les années 90: les cardigans Agnès B. (qui n'en a pas porté?), les gros clips aux oreilles (avec des perles de préférence), le premier Mac (avec lecteur de disquette! on avait le même à la maison)...

A ces détails délicieusement surranés ont succédé l'amusement de voir Charles Berling jeune (qui confirme la scandaleuse inégalité homme/femme face au temps qui passe, il est beaucoup plus séduisant à 52 ans qu'à 37, et ce n'est pas qu'une question de coupe de cheveux), puis l'étonnement d'aimer Emmanuelle Béart inhabituellement sobre, sa volupté dissimulée sous des jupes longues et austères (merci Yamamoto), et surtout la joie de retrouver Michel Serrault...

 

Je me rappelle très bien la sortie de ce film. J'avais une dizaine d'années et l'affiche me semblait alors prometteuse d'un ennui mortel...

Une fois de plus, preuve est faite que mes premières impressions sont souvent mauvaises... Il faudra m'en rappeler.

Car en dépit de son côté so 90's, c'est un film juste et moderne, et chacune d'entre nous peut aujourd'hui encore se reconnaître en Nelly.

(même sans avoir été mariée)

(même sans avoir les lèvres d'Emmanuelle Béart)

(ni ses longues jupes, Dieu m'en préserve)

(cela dit je dois avouer que même sans ses jupes longues je n'aurais pas le même sex-appeal)

(devrais-je penser à collagéner mes lèvres avant de repulper mes rides?)

(...)

 

La désillusion, les incompréhensions, les non-dits, les élans manqués, sont des préoccupations humaines atemporelles (pauvres mortels que nous sommes), et très justement mis en scène dans ce film que je ne connaissais pas, où l'on peut avoir l'impression qu'il ne se passe pas grand chose.

A tort.

Et l'on aurait tort de se priver de dialogues aussi fins, et d'un jeu d'acteurs aussi délectable.

19044906.jpg-r_760_x-f_jpg-q_x-20090119_101402.jpg

 

Nelly et M.Arnaud, un film de Claude Sautet, 1995

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29 décembre 2010 3 29 /12 /décembre /2010 22:54

9782070437788FS.gifJe l'avais acheté parce qu'il était sorti en poche.

Avant, il ne me disait rien. On en parlait trop peut-être, alors j'avais bouché mes oreilles. Je ne suis même pas sûre d'avoir alors bien compris de qui il s'agissait, et de quoi.

(souvent mon ignorance m'effraie)

Et ce soir, je suis heureuse d'avoir changé d'avis.

 

Je me suis lièvrée* avec bonheur ces deux dernières semaines.

Et, une demi-heure après avoir tourné la dernière page, je suis triste d'avoir à le quitter pour le ranger dans ma bibliothèque.

Encore retournée par cette lecture exceptionnelle.

(et oui, c'est Noël, je ne parviens pas à me défaire de ce lyrisme de saison)

(ma principale résolution pour l'année prochaine étant de jeter ma méchanceté aux orties)

(mais ce que ça va m'être difficile....)

(la vie sera moins drôle)

 

Je vais être honnête: à part Shoah je ne savais rien de Claude Lanzmann.

(maintenant mon ignorance me paralyse)

Et pour couronner le tout, je n'ai jamais vu Shoah dans son intégralité (ce à quoi je compte remédier très prochainement, il faut que je le voie).

C'est donc sans aucun a priori, vierge de toute attente, que j'ai commencé ma lecture.

 

J'ai rapidement compris l'importance de ce livre, sans toutefois prendre la mesure de l'impact qu'il aurait.

 

Claude Lanzmann ne se contente pas de retracer son destin hors du commun, ses engagements (la résistance, la lutte contre le colonialisme, l'état d'Israël, Shoah bien évidemment...), ses amitiés avec des personnalités exceptionnelles (Simone de Beauvoir, Sartre, Deleuze... la liste est longue), sa manière d'appréhender la vie, une traversée des époques historique et intellectuelle.

Sa plume est fine, et rarement j'ai été autant subjuguée par la langue française. Son vocabulaire est toujours juste, ses idées formulées avec une extrême précision, sans que jamais son propos ne devienne ampoulé ou abscons. Et sa lucidité lui permet de ne jamais tomber dans la sensiblerie et les raccourcis faciles.

Alors bien sûr, parfois certains termes philosophiques m'ont laissée au bord de la route (je n'ai pas fait hypokhâgne, comme lui), et parfois certaines considérations m'ont quelque peu irritée, me paraissant légèrement condescendantes - mais je ne parviens pas à déterminer si cette irritation est objective ou influencée par des avis extérieurs (merci papa).

 

Mais ce livre est vital, stimulant, un appel à la vie.

D'une rare intelligence.

 

Et par les temps qui courent, on aurait bien tort de s'en priver.

 

 

* je dois ce charmant néologisme à ma mère, qui l'a inventé alors que je lui faisais part de mon enthousiasme pour ce livre.

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