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23 février 2015 1 23 /02 /février /2015 22:40

Tout a sans doute été déjà dit ou presque à propos de ce film.

Il n'empêche.

Je sors à peine de la salle, il est trop tôt pour moi de parler cinéma (à part évoquer cette scène magnifique de football sans ballon et la musique envoûtante de Fatoumata Diawara); je m'interroge.

Je me demande combien de personnes n'ont pas le droit de jouer de la musique ce soir, combien d'autres ont été mariés de force aujourd'hui, combien seront lapidés demain, au nom de lois obscures dont le ridicule et l'absurdité sont mis en évidence par le magnifique film d'Abderrahmane Sissako.

Voilà ce que je me demande ce soir.

 

9 TIMBUKTU de Abderrahmane Sissako- c 2014 Les Films du Wo

 

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22 février 2015 7 22 /02 /février /2015 16:06

phoenix

 

Dans le Berlin en ruines de l'après-guerre, Nelly, seule survivante de sa famille, marche sur les traces de son passé, dans l'espoir de retrouver de son époux. Celui-ci ne la reconnaîtra pas à cause de l'opération de reconstruction faciale qu'elle a dû subir, et lui propose de se faire passer pour son épouse défunte (pense-t-il) afin de toucher l'héritage.

Plus fluide à l'écran que sur le papier, ce marché va permettre à Nelly de se redécouvrir au travers de tout ce qui la caractérisait avant (style vestimentaire, maquillage...), de marcher dans les traces de son passé pour mieux supporter le présent. Entre son amie Lene qui la pousse à partir pour Israël et à oublier un mari qui l'aurait trahie, et son Johnny qui lui fait répéter le rôle d'une femme disparue dans l'enfer des camps, Nelly peine à reprendre pied, à exister à nouveau dans un monde où tous la poussent vers l'avenir sans jamais lui poser de question sur ce qu'elle a vécu. La superbe Nina Hoss incarne cette femme hébétée qui va petit à petit reprendre vie, jusqu'à une magistrale scène finale illustrant totalement le titre du film.

Moins maîtrisé que Barbara , on pourrait reprocher à Phoenix de ne pas développer toutes les pistes évoquées, de nous laisser sur notre faim; mais c'est que le film s'ancre dans le présent, un présent en ruines où personne n'a vraiment envie d'évoquer un passé encore trop douloureux.

Et puis il y a les costumes. Christian Petzold a à nouveau collaboré avec Anette Guther, la costumière dont le travail sur Barbara (que j'étais allée voir à cause des chaussures de l'héroïne aperçues dans la bande-annonce, rappelons-le) m'avait éblouie. Ici son travail est encore plus remarquable, tant le vêtement et les accessoires sont autant d'instruments qui permettront à Nelly de se retrouver: une paire de souliers de Paris, une robe rouge éclatante (dont l'imprimé "lèvres" n'est pas sans rappeler la fameuse collection années 40 d'YSL qui fit scandale en 1971, un clin d'oeil que j'ai apprécié), un rouge à lèvres flamboyant... Enfiler à nouveau cette parure, ces repères, est le point de départ de la renaissance d'une Nelly qui a été forcée de changer de visage pour survivre.
Mention spéciale également aux tenues impeccablement coupées de Lene Winter (finement interprétée par Nina Kunzendorf): chemisiers de soie aux carrures parfaites, pantalons parfaits, somptueux peignoir oriental... J'ai passé la première partie du film conquise par tant de belle ouvrage.

Le tout au son envoûtant d'une mélodie de Kurt Weill, Speak low, que j'écoute en boucle depuis.

 

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5 février 2015 4 05 /02 /février /2015 14:56

" On ne peut pas laisser des personnes qui ont énormément d'émotions et énormément de sensibilté errer seules."

"La discipline, c'est la base de la liberté."

Marie-Agnès Gillot

 

 

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2 février 2015 1 02 /02 /février /2015 10:06

“As you know, I am a drama queen. Everything moves me, anything can please me
and anything can upset me."

Alber Elbaz

 

 

 

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29 janvier 2015 4 29 /01 /janvier /2015 10:03

J'ai dix ans.
Le disque d'Alain Souchon tourne sur les platines de mes parents, les paroles m'échappent. J'ai choisi ma plus belle robe, une espèce de chiffon en polyester imprimé Arlequin avec un col immense en forme de fleur. On mangera du couscous, c'est mon plat préféré.

J'ai vingt ans.
Derrière ma caisse au supermarché, j'ai envie de crier à tous les clients qu'aujourd'hui j'ai vingt ans, que tout m'attend dehors, que tout ne fait que commencer. Je suis je crois la plus jeune de ma promo - les autres filles, ces vieilles de vingt-quatre ans, trouvent ça mignon. Dans six mois j'aurai fini l'école, dans six mois je partirai à Paris, dans six mois le bébé mal dégrossi que je suis laissera son enfance en Provence.

J'ai trente ans.
Depuis le 7 janvier dernier la France a la gueule de bois. Etienne Daho tourne en boucle dans mes oreilles, j'ai mis ma plus belle robe. On ne mangera pas de couscous, mais plutôt de la quinoa. Je comprends aujourd'hui la nostalgie d'Alain Souchon, et l'autre fille du bureau, aujourd'hui, c'est moi.

Tout ne fait que commencer.

 

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23 janvier 2015 5 23 /01 /janvier /2015 11:44

"L'intelligence sert à tout, mais ne suffit à rien"

Talleyrand

 

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19 janvier 2015 1 19 /01 /janvier /2015 10:12

"Seul l'art a le pouvoir de sortir la souffrance de l'abîme."

Aharon Appelfeld

 

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6 janvier 2015 2 06 /01 /janvier /2015 21:34

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Sous un soleil de plomb, Alice se baigne nue dans l'eau transparente d'une calanque, avant de rejoindre sur la plage son amant avec qui elle fera l'amour sur le sable.

Dès la première scène, la sensualité et le désir affleurent.
Alice va avoir trente ans, elle est mécanicienne dans la marine marchande, elle a laissé son amant à terre pour naviguer sur le Fidelio avec un équipage totalement masculin.
Equipage dont le commandant n'est autre que son premier amour (sublime Melvil Poupaud).
Désirs charnels, apprentissage, sensualité, indépendance, fierté, difficulté d'aimer, d'apprivoiser ses désirs sans heurter l'autre, Ariane Labed incarne toutes les facettes d'Alice avec une énergie dévorante qui crève l'écran.

Mais Fidelio n'est pas que le portrait d'une femme singulière; face à Alice, tous les hommes existent bel et bien. Melvil Poupaud, évidemment, en premier amour irrésistible; Anders Danielsen Lie (le héros principal du lancinant Oslo, 31 Août) en amant norvégien au langage érotico-polisson; Jean-Louis Coulloc'h en premier mécano attendrissant en quelques scènes à peine; Pascal Tagnati en collègue attachant; Nathanaël Maïni en redoutable salaud... Et à travers le journal qu'il a laissé derrière lui, Le Gall, le mécano mort en mer qu'Alice remplace, un homme au coeur sec de ne pas avoir su aimer, l'opposé d'Alice qui malgré tout la fera grandir peut-être plus que tous les autres.
Une belle palette de personnages masculins tout en subtilité et nuances, aux rôles finement écrits et interprétés.

Et puis il y a le bateau, ce Fidelio du titre, immense carcasse aux mâchoires de fer qui en est à sa deuxième vie, et dont la première a vu la jeune Alice d'alors embarquer pour son premier voyage. Le Fidelio, monstre des mers en bout de course, théâtre d'un véritable huis clos, où les us et coutumes inconnus au commun des mortels n'en finissent pas de nous captiver - équipage international, réveillon, passage de l'équateur, escales endiablées...

Un monde étrange autant que fascinant.

Mais moins fascinant qu'Alice.

 

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28 décembre 2014 7 28 /12 /décembre /2014 20:50

Noël, la maison des parents.

L'heure de la cuisson, pas encore l'heure de la veillée mais plus celle du thé.

Le moment de trier tous ces bijoux laissés derrière moi en quittant le nid pour Paris.

Je reconnais au premier coup d'oeil toutes ces boîtes qui prennent la poussière depuis dix ans. Les souvenirs m'éclatent en pleine figure à chaque couvercle que je soulève.
Une bague offerte par un garçon en CE2, une gourmette que j'avais réclamée à cor et à cri pour mieux la délaisser, des boucles d'oreille achetées en ville un samedi après-midi...
Si je me souviens de certains, j'ai complètement oublié l'existence des autres. Tous ces autres qui me renvoient à ces années d'adolescence où j'aurais tout donné pour une bague ornée du symbole du yin et du yang, ou pour des créoles accessoirisées de croix, où je m'achetais des batonnets d'encens par dizaines et où les colliers de Kelly Taylor étaient encore à la mode.

J'ai presque tout donné.

 

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28 décembre 2014 7 28 /12 /décembre /2014 20:45

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Longtemps Nelly Kaprièlian ne fut pour moi qu'une voix du dimanche soir, quand j'écoutais encore Le Masque et la Plume, une voix familière avec laquelle je m'entendais souvent.

Ni roman ni essai, autobiographie mais pas totalement, s'éloignant de la star pour mieux y revenir, Le manteau de Greta Garbo est un écrit qui m'a interpellée, interrogée, remuée et dont certains passages continuent à résonner en moi.

Bien au-delà de la garde-robe d'une star mythique, au-delà de réflexions sur le vêtement, le texte, d'une folle contemporanéité, prend parfois une tournure presque sociologique, avant de bifurquer vers la fantasmagorie au paragraphe suivant, puis de reprendre le fil parallèle de son itinéraire féminin.

Alors oui, ces va-et-vients entre fiction, récit, analyse, autobiographie sont déroutants au début. Au début seulement, car le texte de Nelly Kaprièlian est fort, juste, sans fards, d'une honnêteté déconcertante, qu'elle décortique la mécanique des studios hollywoodiens comme celle de nos propres coeurs.
Je me suis plus d'une fois reconnue dans ses mots, qu'il s'agisse de mode, d'hommes, de désir, de garde-robe ou encore de notre condition humaine.

 

"Qu'avions-nous vécu? N'aurions-nous été que des fantômes à la recherche éperdue de nous-mêmes dans un petit théâtre d'ombres que nous avions pris pour la vie? Nous allions vieillir et nous effondrer de tristesse. Nous regarderions par-desus notre épaule et il n'y aurait rien. Rien d'autre que des soupçons d'amour, des gestes inachevés, des hypothèses d'existences, rien d'aussi tangible que ces robes pendeues comme des corps misérables dans nos armoires trop pleines."

"Quand l'élégance peut être un leurre, de la poudre jetée aux yeux de l'autre pour mieux le duper, le style prolonge le goût, permet d'exister contre toutes les déconvenues que l'existance nous oppose tôt ou tard."

"Chaque saison, [la mode] nous fournissait des coffres entiers d'illusions: ces petits objets magiques qui avaient le pouvoir de réenchanter le monde en restaurant notre confiance en nous. [...] Chaque robe contenait une multitude de narrations possibles [...] Et chaque vêtement réinjectait un peu de beauté dans nos vies quotidiennes, nous permettant de recomposer une scène où nous épanouir, un lieu imaginaire où jouer. [...] J'aimais la possibilité que nous offrent les collections de nous réinventer tel un phénix au rythme des saisons, de nous projeter à travers de nouvelles enveloppes dans de nouvelles fictions, de renaître, en somme perpétuellement."

 

Qu'on ne me dise jamais plus que nos vêtements ne signifient rien.

 

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