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6 novembre 2014 4 06 /11 /novembre /2014 17:46

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Soyons honnête: je n'avais pas du tout envie de lire ce roman. Je ne connais pas l'histoire d'Alexandre (ou bien l'ai occultée), j'ai peu de goût pour les romans que l'on appelle historiques depuis une overdose de Jeanne Bourin à l'adolescence, et le résumé ne me tentait absolument pas!

Mais j'ai finalement été envoûtée par ce récit d'un autre âge.

Pour seul cortège est un récit polyphonique d'une beauté sèche et désolée pareille aux paysages inhospitaliers qu'ont dû traverser Alexandre et son armée pour asseoir l'empire. Un conte antique et lyrique qu'un vieil ermite chuchoterait du bout des lèvres. Une histoire qui nous rapproche des dieux et des humains, qui ressuscite cités et royaumes disparus, jusqu'aux jardins suspendus de Babylone.

Quand on referme ce roman, on a le visage fouetté par le vent des déserts, les yeux éblouis par le soleil d'Asie Mineure, et la bouche asséchée par la poussière.

 

La proposition de MissBouquin pour le second Prix des Lectrices.

 

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4 novembre 2014 2 04 /11 /novembre /2014 16:57

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Ça ne commençait pas mal. Une pirouette efficace autour du personnage principal, un style facile à lire, un suspense prometteur, j'étais bien accrochée et les pages s'enchaînaient les unes après les autres - le matin, le soir, dans le métro et dans mon lit, dès que je le pouvais.

Et puis, la première partie terminée, un sentiment de répétition qui laisse peu à peu place à la lassitude. L'émerveillement de la découverte passé, les défauts apparaissent: les personnages dont les "mystères" sont finalement trop caricaturaux (la complexité apparente de Jean, la bienveillance surnaturelle de Karma), les ressorts de l'intrigue rapidement trop prévisibles, les coïncidences s'accumulant jusqu'à l'invraisemblance, les bons sentiments qui commencent à dominer l'ensemble du roman... Cela commençait à m'agacer. Les révélations et rebondissements rocambolesques de la fin eurent raison de ma clémence, et le dénouement bienheureux m'a achevée. 
Mais quel dommage!

Car au-delà de ces défauts d'écriture, Le choeur des femmes m'a interpellée. En tant que femme, forcément, mais pas que. J'ai été au début passionnée par ces voix de femmes qui se racontent (ou pas), par ces itinéraires de vie si différents les uns des autres et qui en même temps se rejoignent dans une certaine forme d'universalité. Mais les ficelles si grosses de Martin Winckler ont progressivement remis en question mon enthousiasme premier, avant de me laisser perplexe.
Tous les médecins, sauf Karma et ses amis (soit, quoi, 1% des médecins français?), seraient-ils donc bêtes et méchants? Si l'on a tous croisé à un moment ou un autre des médecins peu psychologues et pas forcément à l'écoute, sont-ils si nombreux? Comment faire si l'on ne connaît pas de Dr Karma? Me voilà même en train de douter des compétences de ma gynécologue, à remettre en cause ses conseils...

Je ne suis pas médecin et suis peu familière de cet univers, et me voilà maintenant face à tant de questions dont je n'ai pas les réponses. Et surtout en proie à un doute inconfortable: la position de Winckler qui me semble un poil exagérée, dans quelle mesure est-elle proche de la réalité?

 

La proposition de Delphine pour le second Prix des Lectrices.

 

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26 octobre 2014 7 26 /10 /octobre /2014 21:45

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Une héroïne qui fuit vers l'Afrique, indépendante et solitaire, cela ne pouvait que me plaire.

Alors, oui, j'ai aimé cette histoire de transmission, d'émancipation, cette histoire personnelle qui se mêle à l'autre Histoire. J'ai surtout été sensible à l'écriture de Valentine Goby (dont j'ai envie de découvrir les autres écrits), aimé ses mots dans lesquels je me suis reconnue, parfois. Cette façon de raconter le corps, le charnel, la solitude de cette femme avec qui j'ai peu de choses en commun et dans laquelle je me suis pourtant un peu retrouvée.

"J'ai beaucoup marché depuis mon arrivée à Dschang. Seule. Redécouvert l'espace autour de moi, creusé l'espace intérieur. Ne pas être vue, entendue, attendue. Apprécier l'inutilité d'un pas, le plaisir qui s'y attache. Laisser dériver, s'abolir ma pensée. Ecouter le silence, les distances faire écho en moi. Être l'instant suspendu."

Malgré tout cela, cette lecture avait un goût d'inachevé, comme un manque que je n'ai pas su expliquer: j'aurais aimé en savoir plus, en avoir plus, que cette histoire aille plus loin que le périmètre qui me plaît tant habituellement, et dont j'ai envie de me défaire en ce moment.

Ce récit devait me plaire, il m'a plus, j'aurais juste aimé un peu plus d'inconfort; voilà.

 

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27 février 2014 4 27 /02 /février /2014 06:04

photo-copie-16.JPG

 

Marcel est un homme sans histoires, bercé par une routine qui l'entoure comme un cocon. Son café du matin, son petit commerce de radios, sa vie de famille, tout cela le conforte dans une immobilité tranquille et confortable.

Et puis un matin éclate la nouvelle: les allemands envahissent la Belgique. Il est temps de se décider, de sortir de la torpeur de la drôle de guerre. Faut-il partir ou rester?
Marcel décide de partir, et en prenant cette décision a le sentiment (plus qu'un pressentiment, tant cela lui parait certain) qu'une nouvelle ère s'ouvre à lui: "Je n'étais plus accroché à ma maison, à mes habitudes. Je venais de faire, d'un instant à l'autre, comme un bond dans l'espace."

A partir de cette décision, il se désolidarise peu à peu des siens, ce qu'accentuera sa position dans le train, comme une prémonition de ce qui va suivre.
Dans le train les groupes se définissent non par affinités mais par l'appartenance à tel ou tel wagon. Dans le train dont les détours et l'incertitude quant à sa destination finale forcent les individus à une promiscuité inhabituelle, les conventions s'effacent peu à peu pour laisser place à des rapports plus informels. Ce qui choque au début n'est même plus remarqué à la fin.

Cette débâcle va confirmer le sentiment premier de Marcel.
Libéré de ses attaches, de son passé, libéré de ses angoisses, il va se frotter à la vie. L'amour charnel, l'amour brut, la découverte de la mer, toutes ces sensations nouvelles pour Marcel le grisent, et le lecteur avec - en dépit de tout le reste (l'exode, sa famille...).
Comme une parenthèse enchantée, où tout le reste serait suspendu pendant un moment.

Son bonheur contraste avec la gravité des événements, comme s'il s'autorisait à profiter de la cohue pour se mettre à vivre. A circonstances exceptionnelles expériences exceptionnelles... Les choses rentreront dans l'ordre bien assez vite, d'autant plus que cette liberté éphémère est condamnée par l'arrivée imminente des allemands.

C'est un texte étrange et beau, à la sensualité râpeuse et dérangeante. Marcel fascine par sa banalité, banalité qui en devient presque exceptionnelle - elle a le goût des premières fois.

 

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27 janvier 2014 1 27 /01 /janvier /2014 07:18

pl2014-benacquista-malavita.jpg

 

Rien d'étonnant à ce que Malavita ait été adapté au cinéma, tant les membres de la famille "Blake" sont hauts en couleur.
Sans l'avoir vu on a (malheureusement) en tête Robert De Niro et Michelle Pfeiffer à la tête de cette famille de mafieux. De vieux mafieux de Newark, des agents du FBI, des boulettes et de la polenta, de la violence, un barbecue et des rebondissements loufoques... les ingrédients du success movie sont bien là.

Malavita commence avec l'installation des "Blake" dans une petite bourgade de Normandie. Le père, Fred, repenti dont la tête est mise à prix, se pique de raconter ses mémoires, tandis que sa femme et ses enfants tâchent tant bien que mal de s'adapter à cette nouvelle vie. Mais les "Blake" seront inéluctablement rattrapés par leur passé et leurs vieux réflexes...

Une histoire de mafieux à la crème fraîche, c'est divertissant. Sauf qu'ici la plaisanterie tourne rapidement à vide. Le suspense est quasi nul, et si les personnages sont sympathiques (sans toutefois être plus attachants que cela) on se demande où est l'intérêt d'une intrigue aux allures de déjà-vu. A la longue on se dit qu'on préfèrerait voir les péripéties des "Blake" plutôt que les lire - le style de Benacquista ne laissera pas en effet de souvenir impérissable. Le divertissement du début laisse peu à peu la place à l'ennui, puis au désintérêt.

Un premier rendez-vous manqué avec cet auteur.

 

La proposition de Claire pour le second Prix des Lectrices.

 

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30 décembre 2013 1 30 /12 /décembre /2013 07:19

Du-cote-de-castle-rock.jpg

 

J'ai commencé ce roman avec appréhension, mes camarades du Club ayant toutes beaucoup de mal avec cette lecture.

Il est vrai que le premier chapitre n'est pas très engageant, mais dès que les Laidlaw mettent le pied sur le bâteau pour traverser l'Atlantique j'ai été embarquée dans l'histoire de cette famille - tout en renonçant rapidement à tenter d'en démêler la généalogie. Peu importe d'ailleurs de démêler le vrai du faux dans cette fiction ancrée uniquement dans la réalité de noms et de lieux oubliés depuis longtemps; Alice Munro brode des scènes autour de fantômes, se créant une mythologie personnelle plus que familiale.

Mais le récit m'a vraiment emportée à partir du moment où Alice Munro commence à parler d'elle. Lorsqu'elle raconte son enfance d'abord; une enfance parfaitement exotique pour moi (l'époque, le pays...) qui m'a totalement fascinée; puis cette dernière partie plus proche de moi et qui m'a vraiment touchée. Le déclin de son père, la révélation de sa maladie à elle, son désir de remonter le temps à la recherche de ses aïeux qui ont traversé l'Atlantique...

Autant de problématiques contemporaines qui m'ont donné envie de découvrir davantage cet écrivain.

 

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15 novembre 2013 5 15 /11 /novembre /2013 06:46

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De Giono je n'avais lu qu'Un roi sans divertissement au lycée, qui m'a essentiellement laissé un souvenir d'effroyable ennui, la faute à un professeur caractériel.
J'avais beau être très enthousiaste à l'idée de (re)découvrir Giono, le spectre de mon professeur de Français planait au-dessus de mon épaule quand j'ouvrai Le chant du monde pour la première fois. Bientôt totalement envoûtée par la langue de Giono, j'oubliai rapidement mes souvenirs de lycéenne pour me plonger dans ce monde particulier.
Un monde qui navigue entre légendes éternelles et trivialité quotidienne, rêves d'échappées belles et brusques retours au réel, entre espoirs fous et réalités désespérantes. Un monde où les héros ont des auras presque surnaturelles, où leur banalité côtoie l'exceptionnel. Un monde où les pêcheurs sont des poètes, où une course poursuite dans la neige prend des allures de ballet, où la violence la plus impitoyable se fait vénéneuse comme une femme fatale.
La langue de Giono est râpeuse et douce, charnelle et aérienne, atemporelle. Jamais je n'avais lu de description si juste et forte du retour du printemps: la neige qui fond, le chant des oiseaux qui se fait de nouveau entendre, les garçons qui courrent après les filles, la vie qui repart, tous ces renouveaux sont si palpables à la lecture de ce passage que l'on sentirait presque le soleil nous lécher brièvement les paupières.
"Il était entouré d'elle" écrit Giono à propos d'Antonio et Clara. Moi j'étais entourée de plaisir de la première à la dernière page.

 

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30 octobre 2013 3 30 /10 /octobre /2013 06:31

9782253005964-T.jpgContre toute attente (toujours cette appréhension des classiques), j'ai adoré Tess d'Urberville.
J'ai tremblé de la première à la dernière page, et si je l'avais pu je m'y serais plongée toute la journée!
Comment ne pas être emporté par la terrible destinée de Tess?
En distillant une tension progressive au moyen de nombreux et douloureux rebondissements, Hardy crée un climat aussi pesant qu'addictif (non, je ne peux pas arrêter de lire jusqu'à ce soir, non je ne peux pas répondre à mes mails pros, je veux savoir ce qu'il va advenir de Tess!), un faux suspense (car l'on se doute bien que la vie de Tess n'aura rien d'agréable, et souvent l'auteur laisse entendre une sombre suite) irrésistible jusqu'à la dernière page. Rarement roman m'aura tenue autant en haleine.
Au delà du destin implacable de Tess - qui au final n'est pas qu'une tragédie mais également une fatalité, compte tenu de l'époque et de sa classe sociale -, Hardy peint un tableau de l'Angleterre rurale du XIXème et de sa société en pleine mutation à cause de la Révolution Industrielle, d'une Angleterre patriarcale où - comme dans les romans de Jane Austen, en particulier Raison & sentiments - les femmes n'ont aucun droit propre.
En opposition à ce pessimisme au fond si réaliste, les rares scènes où les personnages parviennent à s'échapper du réel (comme la danse des jeunes filles au début du roman) prennent une dimension lyrique exacerbée.
Comme un chant du cygne avant l'heure.

 

La proposition de Sophie l'Ogresse pour le premier Prix du Club des Lectrices.

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23 octobre 2013 3 23 /10 /octobre /2013 06:29

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Cette Lettre libertine sur la lecture s'adresse à Mlle Esperluette, une lectrice préoccupée par l'avenir de la lecture et des livres. Et Hubert Nyssen de développer, entre souvenirs et projections plus ou moins pessimistes, de nombreuses pistes sur la littérature et ses acteurs, de l'écrivain au lecteur en passant par le monde de l'édition, et ses marchands sans scrupules.
Si le style de Nyssen est fluide et élégant, cette lecture n'a pas été aussi simple que je ne le pensais, ses longues phrases m'ont parfois perdue en route et je ne saisissais pas forcément toutes les références. Mais qu'il est agréable de se reconnaître dans les mots d'un autre, de s'imaginer être la destinataire de cette lettre! Cette demoiselle Esperluette si inquiète, c'est un peu moi après tout, et j'ai pris beaucoup de plaisir à être réconfortée par la plume d'Hubert Nyssen.
Car c'est aussi de plaisir qu'il est question ici, un plaisir presque sensuel et pas seulement intellectuel: la lecture "répond à cet appétit de vivre, d'éprouver, de ressentir, de connaître, [...] elle répond au désir par le plaisir." 
Et j'ajouterais même que ce plaisir alimente de nouveaux désirs de lectures, preuve en est faite avec ce texte qui m'a donné l'envie de découvrir des auteurs que je ne connaissais pas comme de me plonger dans les essais qu'Hubert Nyssen a rédigés sur son expérience d'éditeur.
"si l'on veut vraiment lire on peut lire, on peut lire au lit, dans le train, en avion, lire sur la plage ou dans les antichambres, sur le ventre et sur le dos, [...] malgré le cinéma, la radio, la télévision, les disques, on peut toujours prendre le temps de lire."
Car l'essentiel est bien de lire, d' "y chercher
[son] plaisir et le faire partager."

 

La proposition de George pour le premier Prix du Club des Lectrices.

 

 

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14 octobre 2013 1 14 /10 /octobre /2013 06:47

Si Jacqueline de Romilly a écrit ce texte à la mort de sa mère, en 1977, elle avait demandé à ce qu'il ne soit publié une fois qu'elle serait morte, tant ce qu'il recélait d'intime l'aurait mise mal à l'aise.
De Jacqueline de Romilly je n'avais jamais rien lu, n'étant pas helléniste, et ne connaissais ce personnage que de loin, je dois bien l'avouer, jusqu'à sa mort et aux articles qui ont succédé.
Pourtant, dès que Jeanne est sorti, j'ai voulu lire ce récit. Le temps a passé, je ne me l'étais pas procuré; il était enfoui dans ma mémoire lorsque George nous l'a proposé (à deux reprises!).

C'est un texte particulièrement intime, en effet, et je comprends que Jacqueline de Romilly ait préféré qu'il soit dévoilé après sa mort. Mais aussi un texte particulièrement doux, plein de tendresse et d'amour véritable, non un amour idéalisé, embelli par des souvenirs qu'on se plaît souvent à redorer plus ou moins consciemment.
La force du récit consiste dans le charme de Jeanne, qui a marqué tous ceux qui l'ont croisée, alliage d'une élégance sans faille dans son apparence comme dans son comportement ("elle n'aurait pas peu peur, elle n'a jamais eu peur [...] Surtout, elle ne l'aurait pas laissé voir. De même qu'à aucun moment de sa vie elle n'a toléré d'être vue mal habillée [...] C'était là, assurément, obéir à une certaine idée du bien; mais c'était avant tout rester fidèle à ce modèle intérieur"), d'un esprit ironique et fin, et d'une force irréductible et tranquille. Charme que parvient à ressuciter la plume à la fois touchante et clairvoyante de sa fille, et auquel l'on succombe tout en se promettant de faire siens ses modèles et lois intérieures - "On supporte ce que l'on veut", "remporter sur le temps et la solitude mille petites victoires, pleines d'allant et de panache".
Mais si ce récit est autant poignant, c'est aussi parce que Jacqueline de Romilly parvient à articuler tous les non-dits de nos relations avec les autres, tous ces silences qui n'en sont pas, ces malentendus que l'on ne dissipe pas, par paresse ou par lâcheté.

 Avec en toile de fond une France secouée par les guerres et les mouvements sociaux, Jeanne est un portrait de femme émouvant, une relation mère/fille particulière, mais également en creux un portrait partiel de l'auteur, qui ne s'épargne pas en revisitant son passé.

 

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