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6 août 2012 1 06 /08 /août /2012 07:22

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Vous dire que j'ai souffert durant toute cette lecture serait un doux euphémisme.

Mais je ne pouvais pas le laisser de côté, par peur de lui faire définitivement prendre la poussière (comme ce cher Kerouac par exemple).

 

J'ai trouvé la langue de Chamoiseau difficile d'accès pour la métropolitaine que je suis, et ai vite été fatiguée par ce créole, même si j'ai découvert sa richesse évocatrice, et sa mélodie chantante.

Je me suis donc vraiment accrochée jusqu'au bout, curieuse de cette histoire de la Martinique de l'esclavage aux temps modernes (histoire que je ne connaissais pas, et que l'on ne nous apprend pas à l'école) (ce que je trouve d'ailleurs assez incroyable), curieuse de la vie antillaise, de ses contes, curieuse de cette identité créole.

 

Heureusement j'ai dans mon acharnement été récompensée par de vraies perles:

"L'amour habille la vie, colore la survie, dissipe les crasses accumulées. L'amour c'est coeur accéléré, coups de boutou à l'âme. [...] Je sus les abandons, je fis souffrir des gens, on me fit souffrir tout, je me trompai souvent et pris un saut de chair pour du sentiment. J'appris à écrire des lettres, à me faire douce pour un nègre qui n'en valait pas la peine, à me faire douce quand même sans trop savoir pourquoi..."

"Les vies n'ont pas de sens en fait, elles vont et viennent souvent comme des tsunamis, avec le même fracas, et elles drainent des débris qui croupissent dans ta tête comme autant de reliques, qui te semblent des trésors et ne tiennent pas la position."

"Faut-il dire le temps que l'on ne voit pas passer [...]... parler de la vie avec quelqu'un qui n'écoute pas, prendre des nouvelles pour vivre d'autres vies et partager la sienne, vouloir être autre chose, se haïr, puis s'aimer, apprendre à se mettre debout-droit dans ses chairs... quel travail que de vivre..."

 

 

 

 

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18 juillet 2012 3 18 /07 /juillet /2012 07:28

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J'ai commencé à lire dans le train ce roman qui commence lui aussi dans un train: le transsibérien, qui emmène Anne jusqu'à Irkoutsk, sur les bords du lac Baïkal et sur les traces de Gyl.

 

Je n'ai pas tellement envie d'en dire plus, par peur de déflorer ce beau récit de voyage et, surtout, de rencontres. Mais j'ai aimé voyager jusqu'en Sibérie avec Anne, j'ai aimé descendre l'escalier et m'asseoir sur le coin du canapé rouge de la vieille Clémence, j'ai aimé m'attacher à elles, m'y retrouver ou pas.

 

Comme Nuala, Michèle Lesbre m'a ouvert de nouveaux horizons (au sens propre comme au figuré), des envies de lectures (Milena Jesenska en première ligne), des envies de vie, de liberté, des forces, de l'espoir, une sorte d'apaisement.

J'ai une nouvelle fois corné beaucoup de pages, reconnaissante qu'une autre parvienne à exprimer avec justesse et précision ce que je ne parviens pas à formuler:

"J'avais envie de succomber à ce vide."

"Ce fut une nuit sans sommeil, une de ces nuits vous entraînant au plus secret de ce qui vous anime et vous obsède."

"J'aurais aimé que ces minutes ne s'arrêtent jamais, tout ce mélodrame délicieux nous séparait avec une infinie douceur, contenait à lui seul le temps vécu ensemble."

 

Anne dit de Clémence qu'elle lui "donnait peut-être la chance d'apprivoiser ce temps redouté de la vieillesse qui [la] guettait"; pour ma part je peux dire de Michèle Lesbre qu'elle m'a donné de nouvelles perspectives pour la suite.

 

En attendant de lire ses autres romans, et Milena Jesenska, voici quelques lignes de cette dernière où je me suis retrouvée toute entière:

 

"Petite fille, je vivais dans la folle attente de la vie. Je croyais qu'un jour, brusquement, la vie allait commencer, s'ouvrir devant moi, comme un lever de rideau, comme un spectacle qui commence. Il ne se passait rien et il se passait des quantités de choses, mais ce n'était pas ça, on ne pouvait pas dire que c'était la vie, et il faut croire que je persiste à être une petite fille car je continue à attendre cette vie qui va venir."

 

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3 juin 2012 7 03 /06 /juin /2012 14:33

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J'ai terminé Une odeur de gingembre ce matin; cela devait bien arriver.

J'avais tout fait pour repousser ce moment, le délaissant un peu toute la semaine, mais aujourd'hui je dois accepter que c'est terminé.

 

C'est que depuis que je l'ai commencé, je n'ai pas pu lâcher ce roman, en parlant à tous ceux que je voyais.

Car je m'attendais bêtement à un doux roman exotique qui me ferait voyager, mais certainement pas à une histoire aussi forte.

Si au début j'avais quelques réserves (je trouvais Mary Mackenzie trop intelligente, trop moderne, trop fine), cela n'a pas duré. Comment ne pas se laisser emporter par ce roman passionnant?

 

A travers son journal et sa correspondance se dessinent un tableau de l'Extrême Orient du siècle dernier et le portrait d'une femme terriblement attachante.

Malgré toutes les épreuves qu'elle va traverser, Mary Mackenzie avance toujours, avec une force d'âme et une intelligence hors du commun. Jamais complaisante envers elle-même, son honnêteté, sa clairvoyance et sa sagesse m'ont vraiment impressionnée.

Mise au ban de la société et de sa famille, entourée d'individus peu voire pas du tout réconfortants, puis plus tard par quelques amis seulement, elle va devoir s'adapter à un nouveau pays, le Japon, qui ne voit pas les étrangers d'un bon oeil, et où les traditions pèsent sur la vie des femmes. Alors, une femme "de mauvaise vie", n'en parlons pas!

Et pourtant, à force de travail, Mary va faire sa place, apprendre la langue et toutes les subtilités qu'elle comporte, comprendre "l'âme réelle du Japon".

 

Destin de femme hors normes, histoire d'un pays en pleine mutation, droits des femmes, fine analyse du genre humain... Ce livre aux multiples facettes a été pour moi un vrai bonheur de lecture, et m'a vraiment marquée.

Je l'ai peut-être terminé, mais Mary Mackenzie n'a pas fini de m'inspirer!

 

"Le monde est un curieux mélange de gens de toutes sortes, dont beaucoup ont l'air de ce qu'ils ne sont pas."

"Elle croyait que le monde allait tout lui offrir sur un plateau, mais a fini par se rendre compte que c'était une perte de temps que de s'encombrer la vie avec des espoirs de ce genre, et que la seule chose sensée est de faire avec ce que l'on a à sa portée, en regardant autour de soi combien plus mal lotis sont les autres."

"Que des évènements aussi anodins puissent transformer aussi radicalement le cours de ma vie veut-il dire que je suis atteinte d’une espèce particulière de folie? Les autres bâtissent-ils leur vie sur de tels incidents? Je crois bien que ne réussissent vraiment dans la vie que les gens à qui il n’arrive rien, et qui planifient leurs jours comme la trajectoire d’un bateau sur une carte, sans jamais quitter leur boussole des yeux."

 

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23 avril 2012 1 23 /04 /avril /2012 07:55

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Il n'est pas spécialement sympathique, Arturo Bandini, et pourtant je me suis plue à suivre ses péripéties dans Los Angeles.

 

Sûrement parce que je venais de terminer Bandini, où Fante narre quelques mois de l'enfance d'Arturo, fils d'un maçon italien sans le sou immigré dans le Colorado et alter ego de Fante lui-même. Entre un père rustre, une mère qui passe le plus clair de son temps à égrener son chapelet, et deux petits frères encombrants, je découvrais Arturo, un garçon à la fois bon et méchant, horripilant et attachant, coincé entre son attitude de voyou et sa crainte de la Ste Vierge, son amour pour sa mère et son admiration pour son père qui est parvenu à séduire une "vraie" américaine. Car Arturo, même s'il est né en Amérique, se voit rappeler sans cesse son origine "de Rital".

 

C'est cet Arturo que j'ai retrouvé jeune homme, fraîchement débarqué à LA au début de Demande à la poussière. Sans le sou et toujours encombré de ses origines, il veut être écrivain. Dans un bar, il va rencontrer Camilla Lopez, une serveuse, avec qui il va lier une relation étrange et violente.

Plus encore que dans Bandini, j'ai vraiment été happée par l'écriture de Fante.

Âpre, rocailleuse et sans détours, elle sent le vent sur cette plage où Arturo et Camilla prennent un bain nocturne, elle sent la maladie qui étouffe Sammy dans son cloaque, la sueur de Camilla, la poussière et la moiteur de Los Angeles, elle sent cette dernière cigarette qu'on écrase à quatre heures du matin dans un cendrier plein.

Elle est vivante, d'une modernité impressionnante quand on se rappelle que ce roman a été publié en 1939, et empreinte d'une poésie dont les mots nous collent à la peau. 

 

"Je savais que mes taches de rousseur étaient en pleine floraison, je les sentais me péter à la gueule."

"J'ai regardé la ville en bas dans la brume nébuleuse et l'après-midi poussiéreuse. La chaleur montait de la brume et j'en prenais plein les trous de nez."

"Desserre tes doigts fins et rends-moi mon âme lasse! Embrasse-moi sur la bouche que je me rassasie du pain d'une colline mexicaine. Souffle le parfum des cités perdues dans mes narines enfiévrées et laisse-moi mourir ici, la main sur la douceur de ta gorge, blanche comme une plage du Sud à moitié oubliée."

 

 

 

 

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18 mars 2012 7 18 /03 /mars /2012 16:43

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Avec Chimères j'ai beaucoup appris sur l'Irlande, la famine, les émigrations massives, les colons anglais, l'indépendance... à travers cette histoire d'amour scandaleuse entre l'aristocrate anglaise et le palefrenier irlandais.

J'ai aimé chercher la vérité avec Kathleen, être fascinée par ces personnages et m'interroger à chaque rebondissement.

 

Mais au final, plus que la vérité elle-même, c'est sa quête qui m'intéressait, et tout ce qu'elle soulevait et révélait de Kathleen, personnage qui n'est pas sans rappeler Rosie et Nuala O'Faolain elle-même.

A presque cinquante ans, Kathleen n'a pas remis les pieds en Irlande depuis qu'elle a fui par le ferry à l'âge de vingt ans, sans rien d'autre que ses vêtements sur le dos. A un moment critique de sa vie, où elle ignore tout de son avenir incertain, ce retour au pays va la confronter à son passé comme à son avenir, à ses souvenirs et à ses attentes, à la mémoire et à la possibilité du pardon...

 

Comme à son habitude, l'écriture de Nuala O'Faolain est à la fois empreinte d'une douceur infinie et sans aucune complaisance, et il est difficile de lâcher ce livre avant de l'avoir terminé tant on s'y sent bien.

Tellement on s'y retrouve aussi; enfin, tellement je m'y suis retrouvée.

Comme Kathleen, je peux siffler un verre de vin en trois minutes, fabriquer un coquetier avec un verre et du papier, programmer un rendez-vous au retour des vacances après avoir "rapporté [de Californie] un bronzage parfait qui me donnait confiance en moi [...] Et ceci suffit - la combinaison d'un détachement intellectuel vaporeux et le bronzage".

 

Au-delà de ces points communs quelque peu superficiels, jamais quelqu'un n'avait si justement décrit mes sentiments les plus profonds, mes émois, mes pensées récurrentes...

Je n'ai jamais corné autant de pages!

(mais je ne vous dirai pas lesquelles)

(pas folle la guêpe)

 

Comme les autres livres de Nuala, cette lecture m'accompagnera longtemps.

 

***

 

Pour finir en beauté, deux jolis proverbes:

 

Red sky at night, sheperd's delight.

 

Mackerel sky, mackerel sky, never long wet, never long dry.

 

 


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1 novembre 2011 2 01 /11 /novembre /2011 23:08

Face à mon insuccès avec Céline,

(j'essaie désespérément de m'accrocher à Voyage au bout de la nuit... échec total)

(sa langue me demande une concentration de chaque minute)

(c'est énervant à la fin)

après avoir opté pour l'acharnement, j'ai finalement décidé de le mettre de côté, pour plus tard, quand j'aurai plus de disponibilité, de concentration.

(c'est-à-dire... jamais?)

(sauf si je me casse la jambe et que j'ai un long, trèèèès long arrêt de travail)

(ce que je ne souhaite tout de même pas)

(malgré toute ma dévotion littéraire, je ne suis pas - encore? - prête à me sacrifier sur l'autel de la lecture)

(mais j'y travaille, à ma profondeur d'âme, ça viendra)

 

Grâce à cette technique procastrinatrice (pas follement originale, je l'admets), j'arrêtais de m'énerver et pouvais m'atteler à une tâche vraiment utile:

(mais la lecture se doit-elle d'être utile?)

(allusion pas très fine à une question qui nous interpelle au Club en ce moment)

rabaisser les piles de ma table de chevet.

(ces piles me rassurant la plupart du temps, on l'a déjà vu, l'impression de ne jamais pouvoir en venir à bout est également un peu angoissante)

(piles doudous ou piles traumatiques? la pile est-elle un vecteur de tranquillité ou d'angoisse sournoise?)

(on en reparlera quand j'aurais terminé ma psychanalyse)

 

 

Lors d'une de mes dernières excursions en librairie, j'avais acheté ce poche d'Irène Némirovsky, un auteur qui décidément me plaît infiniment.

 

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Par la fluidité de son écriture (laissez-moi vous dire qu'après Céline j'avais juste l'impression de revivre), sa finesse et sa sagacité, son acuité à décrypter les comportements humains...

Dans Le malentendu, Irène Némirovsky raconte une liaison amoureuse, des débuts timides aux premiers malentendus, jusqu'à une fin que l'on devine sans peine depuis le début.

Un thème peu original, je vous le concède, mais brillamment traité ici, d'une plume précise et belle à la fois.

Yves, héritier ruiné, survivant meurtri de la Grande Guerre, rencontre pendant ses congés d'été Denise, une jeune femme mariée.

Dès le départ, tout ou presque oppose les deux amants: issue d'une famille fortunée, elle a fait un beau mariage et n'a aucune idée de ce que le besoin signifie; de son côté, Yves est obligé de travailler dans un bureau pour subvenir à ses besoins, alors que son passé de jeune héritier l'a habitué à un train de vie pas vraiment modeste. Elle a soif de paroles d'amour, de promesses éternelles, alors que pour lui "les mots ne signifient rien".

Et de petite méprise en malentendu, de non-dit en éclats démesurés, la souffrance et l'amertume s'invitent dans leur relation...

Comme toujours frappée par sa justesse et la clarté de son écriture, c'est sa maturité qui m'a vraiment impressionnée dans ce roman (elle avait vingt-trois à sa parution).

(...)

(... comment dirais-je... à vingt-trois ans, je n'avais pas pris conscience de la moitié des dangers qu'elle évoque ici...) (enfin, j'dis ça...)

(je dois souffrir d'un retard de croissance)

 

Alors bien sûr, après on a envie d'enchaîner avec les bisounours pour croire que des fois tout peut bien se passer...

Un article de ELLE sur le port du doré (ou pas) peut aussi être utile.

 

 

Mais Irène Némirovsky, injustement méconnue pendant des années, prouve une fois de plus qu'elle est vraiment un grand écrivain.

(et en plus je me suis un peu retrouvée dans Yves)

(bien que je n'ai ni fait la guerre ni dilapidé ma fortune)

(mais ça change des jeunes filles en fleur, tout de même!)

(admirez la performance)

(et le tour de main du maître)

 

 

 

 

 

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5 octobre 2011 3 05 /10 /octobre /2011 08:16


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Le retour ici-bas étant décidément bien difficile, j'ai opté pour la fuite en choisissant des lectures voyageuses.

Et choisi la compagnie de Bernard Giraudeau, qui m'avait déjà transportée avec Cher Amour.

 

J'ai eu peur au début que la magie n'opère pas cette fois, la première nouvelle (car il ne s'agit pas ici d'un roman mais d'un recueil de nouvelles) m'ayant paru artificielle et peu convaincante, en dépit d'un passage presque magique et du doux exotisme vietnamien.

 

Peut-être parce que dans cette nouvelle le héros n'est pas un marin, alors que Bernard Giraudeau sait mieux parler de la vie de marin (qu'il a connue), de la mer, son appel irrésistible et ses cruels mirages.

 

Dès la seconde nouvelle en revanche, et jusqu'à la fin du livre, j'ai été happée par ces destins épiques d'hommes qui, de retour sur la terre ferme, ne sont bons à rien et en proie à un seul désir: repartir.

 

Pour autant leur quotidien n'est jamais sublimé (notamment dans la nouvelle Diego l'Angolais): vie à bord codifiée, escales trop courtes où les excursions se limitent aux bars et aux bordels, cabines exiguës où la cohabitation est souvent difficile, navires précaires car mal entretenus par de richissimes armateurs qui se font dorer la pilule entourés de poules de l'est...

 

La fascination de l'Océan est plus forte que tout, et terriblement contagieuse, même si "la mer enseigne aux marins des rêves que les ports assasssinent."

 

Et l'écriture de Bernard Giraudeau toujours aussi belle: sensible, sensuelle, parfois crue, et toujours empreinte de poésie.

 

 

On referme ce livre avec l'envie de s'embarquer sur le premier bâteau venu, la malle pleine des livres de Loti, Cendrars et Melville...

(les baleines m'obsèdent toujours...)

(soupir)

 

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25 septembre 2011 7 25 /09 /septembre /2011 14:02

Marcher à deux à l'heure dans les couloirs du métro,

(tout le monde a donc envie de me tuer)

(mon moi pré-vacances m'aurait certainement déjà tuée)

(serais-je en pleine mue?)

ne plus avoir envie de rien dans cette ville sinon la quitter,

(moi qui suis pourtant une folle de bitume...)

(... et qui ai tant aimé Paris...)

(c'est grave Docteur?)

c'est bien à contretemps que je marche depuis que je suis rentrée.

 

Alors, pour repousser encore ce quotidien qui me fait tant râler, quel meilleur remède sinon se rappeler mes lectures de vacances?

 

J'avais emporté deux romans, qui se sont avérés des lectures parfaitement adaptées à mon séjour.

Je ne veux pas par là rabaisser leurs qualités, juste souligner que je n'aurais sans doute pas ressenti les mêmes émotions à Paris.

 

du-bon-usage-des-etoiles-130411.pngTout d'abord le premier roman de Dominique Fortier, Du bon usage des étoiles, qu'une amie m'avait chaudement recommandé. Ce premier roman retrace, au XIXème, une expédition britannique en Arctique chargée de découvrir le mythique passage reliant l'Atlantique au Pacifique.

Cette expédition se partage entre un récit omniscient et le journal de Francis Crozier, le second de Sir Franklin, le chef de l'expédition.

En parallèle,  la vie de la femme de Franklin et de sa nièce, la belle Sophia, qui, après un long voyage, finissent par regagner Londres et ses mondanités, se languissant d'abord puis cédant à l'inquiètude.

Dominique Fortier a bien rythmé son récit, alternant les lieux et les modes de narration de manière toujours judicieuse. Le thème de l'expédition m'a complètement séduite (peut-être parce que je me trouvais alors moi aussi en plein Océan), la psychologie des personnages est vraiment fine, et l'écriture très agréable.

Une lecture délicieuse, mais qui hélas ne décolle jamais totalement. La faute à un petit je-ne-sais-quoi qui manque cruellement, surtout à la fin.

Espérons que Dominiqe Fortier le trouvera pour son second roman.

 

 

 

ce-que-je-sais-732146.jpgPuis j'ai dévoré Ce que je sais de Vera Candida, de Véronique Ovaldé.

J'en avais lu quelques pages il y a deux ans (dans un livre qui n'était pas le mien), et avais été séduite par l'écriture. Sorti en poche à l'occasion de la sortie de son dernier roman, je me suis rappelée ce coup de coeur, et ai décidé de l'embarquer avec moi.

Bien m'en a pris, car celui-ci est doté du fameux je-ne-sais-quoi qui manquait au précédent. Je n'ai plus pu le lâcher une fois commencé, et lu la dernière phrase en atterrissant à Orly...

J'ai été littéralement transportée par les destins de ces trois femmes: Rose Bustamente, Violette et Vera Candida; leur pays imaginaire que j'ai si bien vu, senti, entendu; l'écriture de Véronique Ovaldé, la justesse de ses mots, le rythme de ses phrases, l'univers qu'elle crée autour de chacun de ses personnages...

Je sais très bien ce qu'on pourrait reprocher à ce roman, mais il a résonné pour moi comme un conte moderne.

 

Difficile de passer à d'autres lectures maintenant.

(soupir)

 


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16 août 2011 2 16 /08 /août /2011 09:37

J'ai failli à mes bonnes résolutions.

 

into-the-wild-1.jpgJ'ai regardé Into the Wild. Et même si certaines coquetteries m'ont agacée (la musique, bien que parfaitement adéquate, un peu trop omniprésente à mon goût, certaines coquetteries visuelles et surtout l'usage des ralentis complètement superflus), comment ne pas être fasciné par cette histoire?

Encore plus d'actualité aujourd'hui, quand tant de jeunes occidentaux font le choix de mettre la réalité entre parenthèses pour faire le tour du monde sac au dos?

(Le Monde magazine (ou était-ce encore Le Monde2?) avait publié un portfolio plutôt amusant de ces jeunes aux quatre coins du monde, ayant tous plus ou moins le même discours et le même parcours, mettant ainsi en évidence la banalité, voire presque la fatuité pour certains, d'une telle démarche).

On s'est tous un jour posé la question de partir à l'aventure, hors des sentiers battus, hors du système. En voilà un qui l'a fait, et jusqu'au bout. Le fait qu'il s'agisse d'une histoire vraie interpelle et remue encore plus de questions que prévu...

Questionnements qui ne sont pas près de disparaître de mon esprit...

D'autant plus que l'omniprésence de Thoreau dans ma vie en ce moment soulève chez moi de grandes interrogations. Je n'ai jamais été vraiment troublée par les coïncidences mais là c'est assez fort: je ne connaissais cet homme des bois ni d'Eve ni d'Adam (je sais), je le découvre au travers d'un article dans le Télérama spécial Forêts, deux jours plus tard Patrick Mulvaney (voir ci-dessous) le cite, et enfin dimanche c'est Alex Supertramp qui s'y colle!

Dois-je y voir un signe du destin? (moi qui n'y crois pas)

Dois-je tout plaquer pour devenir garde forestière?

Ou encore faire le tour de toutes les forêts du monde?

(si quelqu'un a la réponse, merci de bien vouloir me contacter par mail)

(même si soyons honnêtes je ne pourrais jamais partir en Alaska)

(monter une tente toute seule, ok, mais tuer une bête et la dépecer, non merci)

(en plus j'ai trop peur des araignées)


 

 

9782253157502FS.gifEn parallèle j'ai lu Nous étions les Mulvaney.

Enfin, dévoré serait un terme plus adéquat. Je n'avais pas lu aussi intensément depuis longtemps. Impossible de le refermer, même (surtout) à deux heures du matin. Mais comment laisser les Mulvaney?

La force fascinante des récits de Joyce Carol Oates m'a toujours captivée, mais je ne crois encore jamais à ce point.

Ce matin c'est complètement lessivée que j'ai lu la dernière page.

Epuisée et complètement retournée.

Le déclin, la désagrégation et la lente et longue souffrance d'une famille américaine pas comme les autres, le récit d'un gâchis, le rêve américain brisé, les travers d'une société étouffante et bien-pensante, l'impossibilité de surmonter les regards et dires de ses concitoyens...

Un roman vraiment bouleversant.

 

 

 

Et voilà, le week-end est bel et bien terminé maintenant.

Je ne suis pas partie, mais j'en ai eu l'impression.

Trois jours au beau milieu des immenses espaces américains.

Le retour à la réalité du métro va m'être bien difficile...

 

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9 août 2011 2 09 /08 /août /2011 00:00

la-ballade-de-l-impossible-le-livre-copie-1.jpgSans que je m'en aperçoive vraiment, j'ai été petit à petit captivée par cette histoire.

Pourtant, à la lecture des premières pages, la familiarité de ton (écriture de Murakami ou traduction?) me déplaisait un peu, et j'avais du mal à m'attacher à Watanabe, héros mutique et mystérieux.

Mais assez rapidement, sans que je parvienne vraiment à le comprendre ni à l'expliquer, j'étais prise par les personnages, le climat, l'ambiance; presque malgré moi finalement.

J'étais tellement heureuse cette après-midi de pouvoir lire la seconde moitié d'affilée!

Et en même temps un peu triste de l'avoir déjà terminé.

 

Car Murakami m'a emmenée loin, beaucoup plus loin que ce que j'avais imaginé en commençant ce livre.

 

Sur fond de révolution (le récit se passe dans le Japon de la fin des années soixante), La ballade de l'impossible est un livre magnifique sur le sentiment amoureux, le désir, les différents deuils de la vie et le temps qui passe.

 

Le dépaysement est total, et en même temps le récit tellement moderne que l'on oublierait presque ce contexte historique, si quelques allusions aux Beatles, mini-jupes et surtout aux mutations de l'époque ne se rappelaient à notre bon souvenir.

 

L'écriture de Murakami, un peu trop basique à mon goût au début, réussit grâce à cette simplicité à transmettre cette histoire de manière brute, toute en émotions, sentiments, contradictions, tendresse, érotisme, sans que cela ne soit à aucun moment gênant ni impudique (même les passages explicites sont délicats et touchants, et même les propos sans complexes de Midori ne sont jamais vulgaires).

 

Et finalement, malgré tout ce que l'on pourrait penser, ce récit se fait l'écho d'une pulsion vitale irrépressible, et est en ce sens porteur d'espoir.

Enfin, c'est ce que j'ai ressenti en le terminant.

 

Je ne sais pas si le réalisateur qui a adapté le film au cinéma (Tran Anh Hung, à qui l'on doit entre autres L'odeur de la papaye verte) aura su éviter l'écueil de la sentimentalité et de la jolie reconstitution historique en costumes, bande-annonce et images léchées à la clé.

Après avoir regardé la bande-annonce, j'ai bien peur que ce ne soit pas le cas...

 

En tous cas, j'ai bien l'intention de poursuivre ma découverte de Murakami (enfin, quand ma table de nuit sera un peu plus dégagée...).

 

Et surtout, depuis que j'ai refermé ce livre, et encore plus après avoir revu Lost in Translation, j'ai comme une furieuse envie d'aller au Japon....

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