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25 septembre 2011 7 25 /09 /septembre /2011 14:02

Marcher à deux à l'heure dans les couloirs du métro,

(tout le monde a donc envie de me tuer)

(mon moi pré-vacances m'aurait certainement déjà tuée)

(serais-je en pleine mue?)

ne plus avoir envie de rien dans cette ville sinon la quitter,

(moi qui suis pourtant une folle de bitume...)

(... et qui ai tant aimé Paris...)

(c'est grave Docteur?)

c'est bien à contretemps que je marche depuis que je suis rentrée.

 

Alors, pour repousser encore ce quotidien qui me fait tant râler, quel meilleur remède sinon se rappeler mes lectures de vacances?

 

J'avais emporté deux romans, qui se sont avérés des lectures parfaitement adaptées à mon séjour.

Je ne veux pas par là rabaisser leurs qualités, juste souligner que je n'aurais sans doute pas ressenti les mêmes émotions à Paris.

 

du-bon-usage-des-etoiles-130411.pngTout d'abord le premier roman de Dominique Fortier, Du bon usage des étoiles, qu'une amie m'avait chaudement recommandé. Ce premier roman retrace, au XIXème, une expédition britannique en Arctique chargée de découvrir le mythique passage reliant l'Atlantique au Pacifique.

Cette expédition se partage entre un récit omniscient et le journal de Francis Crozier, le second de Sir Franklin, le chef de l'expédition.

En parallèle,  la vie de la femme de Franklin et de sa nièce, la belle Sophia, qui, après un long voyage, finissent par regagner Londres et ses mondanités, se languissant d'abord puis cédant à l'inquiètude.

Dominique Fortier a bien rythmé son récit, alternant les lieux et les modes de narration de manière toujours judicieuse. Le thème de l'expédition m'a complètement séduite (peut-être parce que je me trouvais alors moi aussi en plein Océan), la psychologie des personnages est vraiment fine, et l'écriture très agréable.

Une lecture délicieuse, mais qui hélas ne décolle jamais totalement. La faute à un petit je-ne-sais-quoi qui manque cruellement, surtout à la fin.

Espérons que Dominiqe Fortier le trouvera pour son second roman.

 

 

 

ce-que-je-sais-732146.jpgPuis j'ai dévoré Ce que je sais de Vera Candida, de Véronique Ovaldé.

J'en avais lu quelques pages il y a deux ans (dans un livre qui n'était pas le mien), et avais été séduite par l'écriture. Sorti en poche à l'occasion de la sortie de son dernier roman, je me suis rappelée ce coup de coeur, et ai décidé de l'embarquer avec moi.

Bien m'en a pris, car celui-ci est doté du fameux je-ne-sais-quoi qui manquait au précédent. Je n'ai plus pu le lâcher une fois commencé, et lu la dernière phrase en atterrissant à Orly...

J'ai été littéralement transportée par les destins de ces trois femmes: Rose Bustamente, Violette et Vera Candida; leur pays imaginaire que j'ai si bien vu, senti, entendu; l'écriture de Véronique Ovaldé, la justesse de ses mots, le rythme de ses phrases, l'univers qu'elle crée autour de chacun de ses personnages...

Je sais très bien ce qu'on pourrait reprocher à ce roman, mais il a résonné pour moi comme un conte moderne.

 

Difficile de passer à d'autres lectures maintenant.

(soupir)

 


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16 août 2011 2 16 /08 /août /2011 09:37

J'ai failli à mes bonnes résolutions.

 

into-the-wild-1.jpgJ'ai regardé Into the Wild. Et même si certaines coquetteries m'ont agacée (la musique, bien que parfaitement adéquate, un peu trop omniprésente à mon goût, certaines coquetteries visuelles et surtout l'usage des ralentis complètement superflus), comment ne pas être fasciné par cette histoire?

Encore plus d'actualité aujourd'hui, quand tant de jeunes occidentaux font le choix de mettre la réalité entre parenthèses pour faire le tour du monde sac au dos?

(Le Monde magazine (ou était-ce encore Le Monde2?) avait publié un portfolio plutôt amusant de ces jeunes aux quatre coins du monde, ayant tous plus ou moins le même discours et le même parcours, mettant ainsi en évidence la banalité, voire presque la fatuité pour certains, d'une telle démarche).

On s'est tous un jour posé la question de partir à l'aventure, hors des sentiers battus, hors du système. En voilà un qui l'a fait, et jusqu'au bout. Le fait qu'il s'agisse d'une histoire vraie interpelle et remue encore plus de questions que prévu...

Questionnements qui ne sont pas près de disparaître de mon esprit...

D'autant plus que l'omniprésence de Thoreau dans ma vie en ce moment soulève chez moi de grandes interrogations. Je n'ai jamais été vraiment troublée par les coïncidences mais là c'est assez fort: je ne connaissais cet homme des bois ni d'Eve ni d'Adam (je sais), je le découvre au travers d'un article dans le Télérama spécial Forêts, deux jours plus tard Patrick Mulvaney (voir ci-dessous) le cite, et enfin dimanche c'est Alex Supertramp qui s'y colle!

Dois-je y voir un signe du destin? (moi qui n'y crois pas)

Dois-je tout plaquer pour devenir garde forestière?

Ou encore faire le tour de toutes les forêts du monde?

(si quelqu'un a la réponse, merci de bien vouloir me contacter par mail)

(même si soyons honnêtes je ne pourrais jamais partir en Alaska)

(monter une tente toute seule, ok, mais tuer une bête et la dépecer, non merci)

(en plus j'ai trop peur des araignées)


 

 

9782253157502FS.gifEn parallèle j'ai lu Nous étions les Mulvaney.

Enfin, dévoré serait un terme plus adéquat. Je n'avais pas lu aussi intensément depuis longtemps. Impossible de le refermer, même (surtout) à deux heures du matin. Mais comment laisser les Mulvaney?

La force fascinante des récits de Joyce Carol Oates m'a toujours captivée, mais je ne crois encore jamais à ce point.

Ce matin c'est complètement lessivée que j'ai lu la dernière page.

Epuisée et complètement retournée.

Le déclin, la désagrégation et la lente et longue souffrance d'une famille américaine pas comme les autres, le récit d'un gâchis, le rêve américain brisé, les travers d'une société étouffante et bien-pensante, l'impossibilité de surmonter les regards et dires de ses concitoyens...

Un roman vraiment bouleversant.

 

 

 

Et voilà, le week-end est bel et bien terminé maintenant.

Je ne suis pas partie, mais j'en ai eu l'impression.

Trois jours au beau milieu des immenses espaces américains.

Le retour à la réalité du métro va m'être bien difficile...

 

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9 août 2011 2 09 /08 /août /2011 00:00

la-ballade-de-l-impossible-le-livre-copie-1.jpgSans que je m'en aperçoive vraiment, j'ai été petit à petit captivée par cette histoire.

Pourtant, à la lecture des premières pages, la familiarité de ton (écriture de Murakami ou traduction?) me déplaisait un peu, et j'avais du mal à m'attacher à Watanabe, héros mutique et mystérieux.

Mais assez rapidement, sans que je parvienne vraiment à le comprendre ni à l'expliquer, j'étais prise par les personnages, le climat, l'ambiance; presque malgré moi finalement.

J'étais tellement heureuse cette après-midi de pouvoir lire la seconde moitié d'affilée!

Et en même temps un peu triste de l'avoir déjà terminé.

 

Car Murakami m'a emmenée loin, beaucoup plus loin que ce que j'avais imaginé en commençant ce livre.

 

Sur fond de révolution (le récit se passe dans le Japon de la fin des années soixante), La ballade de l'impossible est un livre magnifique sur le sentiment amoureux, le désir, les différents deuils de la vie et le temps qui passe.

 

Le dépaysement est total, et en même temps le récit tellement moderne que l'on oublierait presque ce contexte historique, si quelques allusions aux Beatles, mini-jupes et surtout aux mutations de l'époque ne se rappelaient à notre bon souvenir.

 

L'écriture de Murakami, un peu trop basique à mon goût au début, réussit grâce à cette simplicité à transmettre cette histoire de manière brute, toute en émotions, sentiments, contradictions, tendresse, érotisme, sans que cela ne soit à aucun moment gênant ni impudique (même les passages explicites sont délicats et touchants, et même les propos sans complexes de Midori ne sont jamais vulgaires).

 

Et finalement, malgré tout ce que l'on pourrait penser, ce récit se fait l'écho d'une pulsion vitale irrépressible, et est en ce sens porteur d'espoir.

Enfin, c'est ce que j'ai ressenti en le terminant.

 

Je ne sais pas si le réalisateur qui a adapté le film au cinéma (Tran Anh Hung, à qui l'on doit entre autres L'odeur de la papaye verte) aura su éviter l'écueil de la sentimentalité et de la jolie reconstitution historique en costumes, bande-annonce et images léchées à la clé.

Après avoir regardé la bande-annonce, j'ai bien peur que ce ne soit pas le cas...

 

En tous cas, j'ai bien l'intention de poursuivre ma découverte de Murakami (enfin, quand ma table de nuit sera un peu plus dégagée...).

 

Et surtout, depuis que j'ai refermé ce livre, et encore plus après avoir revu Lost in Translation, j'ai comme une furieuse envie d'aller au Japon....

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22 juillet 2011 5 22 /07 /juillet /2011 19:21

Jusqu'à aujourd'hui je n'aimais pas relire; encore moins un livre lu et aimé à l'adolescence depuis une expérience douloureuse avec Jeanne Bourrin.

(et oui, à treize ans j'étais une indécrottable romantique fanatique de Jeanne Bourrin, je les avais tous lus)

(en même temps il y a pire, j'aurais pu être fan des Worlds Apart)

(bon ok, j'étais fan des Spice Girls)

(mais c'était le Girl Power, c'est pas pareil)

(bon ok, de DiCaprio aussi)

(mais c'était l'effet Titanic, ça ne compte pas vraiment)

(en plus ça n'a pas duré)

(ma préférence allait aux Amours blessées, ce qui m'a valu beaucoup de déceptions à cet âge, je rêvais d'un poète et de bals à la cour)

(un beau jour, devenue adulte et revenue des poètes et des bals à la cour, j'ai voulu relire les Amours blessées, obéissant à une nostalgie secrète et impérieuse)

(...)

(comment dire...)

(passé treize ans, Jeanne Bourrin ce n'est définitivement plus possible)

 

Depuis ce jour maudit, je m'étais jurée de ne plus jamais rien relire qui m'avait tant soit plu dans le passé, de peur de vivre à nouveau une déception cuisante.

C'était sans compter la force d'attraction de la collection Libretto (aux éditions Phebus).

Je suis totalement raide dingue de cette collection, avec ses couvertures délicieusement surannées, son format agréable et son papier de qualité... C'est vraiment ma collection préférée, la seule qui me fait succomber à chaque fois, la seule où j'ose me lancer sans crainte avec un auteur que je ne connais ni d'Eve ni d'Adam, car je ne suis jamais déçue.

 

Allant acheter L'oeuvre dans une de mes librairies préférées (A tout lire, un agréable fouillis de pile où je pourrai rester des heures, si seulement mon budget était illimité..), je l'ai vu, au-dessus de la pile, me faire de l'oeil.

Oui, c'est vrai, je l'avais déjà lu, à quatorze-quinze ans peut-être, je l'avais aimé mais mon souvenir n'était pas plus précis que cela.

Et comment résister à une si belle couverture?

 

9782752904119FS.gif

 

Je l'ai dévoré, je ne pensais plus qu'à lui, à Judith, Roddy, Martin et les autres jusqu'à la dernière page.

 

J'avais à nouveau quatorze ans.

 

On en a déjà parlé au Club, l'état d'esprit dans lequel on se trouve influe toujours sur nos lectures.

Pour ma part, je redeviens adolescente chaque été. Chaque été, je suis nostalgique des grandes vacances (deux mois quand même!) lorsqu'on est encore collégien, de l'ennui, de la chaleur, doux rythme estival... Chaque été je me rappelle les feux d'artifice du 14 Juillet, l'odeur de renfermé des Gîtes de France, les balades le soir après dîner, le bruit de la nuit, les jeux, les rêveries... Chaque été je me surprends à vouloir remonter le temps...

 

J'étais donc naturellement disposée à succomber à ce roman, parfaitement de saison pour moi.

Un roman initiatique par excellence, où la jeune et belle Judith va faire l'expérience des tragédies de l'adolescence, les joies et cruautés des ambiguës liaisons adolescentes (amicales ou autres), des premiers frissons...

Comment ne pas se reconnaître en Judith? Qui n'a pas fantasmé et idéalisé ses voisins? Qui n'a pas eu d'amitié passionnée et douloureuse?

Rosamond Lehmann décrit comme personne l'émoi de ces âges-là (enfance, adolescence, tous débuts de l'âge adulte), sans jamais tomber dans la sensiblerie niaise et mièvre, restituant à merveille l'atmosphère d'une fin de soirée exaltée comme celle d'une salle d'examen.

 

Un roman d'une stupéfiante beauté, et d'une extrême sensualité, tous nos sens étant sollicités par la beauté, la chaleur, la fraîcheur, les odeurs des personnages et des lieux.

Le tout dans une ambiance que j'affectionne particulièrement car propice aux fantasmes: l'Angleterre de l'entre-deux-guerres, Cambridge, les stations thermales où la jeunesse dorée joue au tennis et boit des cocktails...

 

Dieu que c'est bon d'avoir à nouveau quatorze ans!

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4 juillet 2011 1 04 /07 /juillet /2011 08:34

2877304388.08._SS500_SCLZZZZZZZ_V1056562281_.jpgLors de mon dernier séjour en terre aixoise, je n'arrivais pas à lâcher Les années douces , tellement j'étais captivée.

Surfant sur la vague nippone (ma mère est très moderne) (presque une femme Barbara Gould à sa façon) (!), ma mère m'a rapporté d'une braderie ce livre de la même maison (éditions Philippe Picquier).

D'après la quatrième de couverture (je sais, je sais, je sais), il s'agissait d'un roman policier.

En vérité il s'agit plus de suspense et de tension psychologique que d'intrigue policière à vraiment parler.

 

Il est question de chat donc, d'ambiguité, de secrets, de passions, de malaise et de perversité...et en même temps de douceur.

Le tout dans le Tokyo d'après guerre, où les Américains sont encore présents (mais ne se mélangent pas), et les clivages ville/campagne encore bien marqués.

Une écriture simple, avec de très beaux passages presque poétiques (qu'ils sont forts ces Japonais), même sensuels parfois (ils sont vraiment forts ces Japonais), et une mère Nature omniprésente (ils sont... c'est bon on a compris maintenant).

 

Je ne peux malheureusement en dire plus sous peine de gâcher le plaisir, mais c'était une très belle découverte.

 

L'auteur, Mariko Koike, a écrit d'autres romans "policiers", pour lesquels elle a reçu des prix dans son pays natal.

Moi qui ne suis pas vraiment fan de ce genre littéraire, à part Conan Doyle et Maurice Leblanc (amours de jeunesse) (je voulais me marier à Arsène Lupin) (♬♪♫ c'est le plus grand des voleurs...♬♪♫) (bref), une phase intensive d'Agatha Christie à l'adolescence (comme tout le monde) (il y a toujours des Agatha Christie dans les bibliothèques des maisons de vacances) (où tout le monde fait la sieste et où l'on lit par dépit), et aujourd'hui deux dérogations pour Fred Vargas (ah, Adamsberg...) et Michael Connelly (ah, Harry Bosch...), j'ai bien envie de tenter les autres ouvrages de la dame japonaise.

 

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13 juin 2011 1 13 /06 /juin /2011 00:00

L'histoire vraie d'Enaiatollah Akbari

 

9782867465581.jpgS'il est vital pour bon nombre d'entre nous de profiter de la vie, ce qui va avec son cortège de petites ou grandes frustrations quotidiennes, de problématique existentielle parfois (souvent... je ne vous jetterai pas la pierre), il est indispensable de remettre les choses à leur place de temps en temps.

 

Comme il est nécessaire de lire l'histoire d'Enaiatollah, rapportée par Fabio Geda dans ce roman à quatre mains qu'on ne peut pas lâcher une fois commencé. L'histoire d'un enfant afghan, que sa mère laisse au Pakistan pour qu'il puisse fuir son pays natal, où son ethnie est haïe par les talibans.

On va suivre son long et éprouvant périple du Pakistan jusqu'en Italie, en passant par l'Iran, la Turquie, la Grèce.

Un voyage qu'ils sont nombreux à entreprendre, mais dont ils n'arrivent pas tous au bout.

Une vie que nous n'imaginons même pas, même si certains films (je pense à Welcome de Philippe Lioret) ont contribué à ouvrir nos yeux.

Quel trouble de le voir décrire ses séjours à Istanbul et Athènes, moi qui ai justement séjourné dans ces deux villes l'an passé... Même si on imagine bien qu'à Paris ou ailleurs, d'autres mènent des vies dont les enjeux n'ont rien de comparable aux nôtres, on peut l'oublier au quotidien, c'est pourquoi cette coïncidence m'a d'autant plus marquée.

Malgré ce qu'il a dû endurer pendant presque cinq ans, la brutalité, la peur, la débrouille, Enaiatollah ne semble jamais amer et il se rattache aux faits pour raconter son histoire; un témoignage objectif, et en même temps les contours d'un jeune garçon impressionant d'humanité et de perséverance.

 

Je vous épargne la morale de cette histoire, mais cette lecture est vraiment bouleversante, et j'espère bien m'en rappeler longtemps encore.

 

Il faut absolument lire ce livre, je suis vraiment reconnaissante à mon père d'avoir glissé ce livre dans mon sac.

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9 juin 2011 4 09 /06 /juin /2011 13:59

 

Les middle-weeks, c'est prometteur (en théorie).

On se dit qu'on va faire plein de trucs: rempoter ses plantes, faire un peu de couture, aller voir une expo, prendre un café en terrasse...

En pratique: on a l'humeur aussi grise que le ciel, on n'a rien à se mettre, il fait trop froid, après tout les plantes ne sont pas tant à l'étroit dans leur pot...

Bref on paresse.

Avec un peu de mauvaise conscience.

Mais la grisitude l'emporte.

(l'équation thé + chat + bouquin aussi)

(même si ça ne fait pas rêver comme ça)

(je vous rassure, je n'ai cédé ni à la bouillotte ni au bonnet de nuit)

(pour l'instant)

 

Après Nuala, j'avais envie d'un livre doux. Manque de pot, tous les prétendants de ma table de nuit ne sont pas franchement gais: entre Tu verras de Nicolas Fargues et Purge de Sofi Oksanen on a connu plus joyeux.

J'avais compté sur Les années douces (je sais je sais, je ne l'ai toujours pas lu, honte sur moi), que je me suis finalement résolue à commander sur internet, ne le trouvant jamais en librairie ("non, je ne veux pas le manga..."), mais il n'est toujours pas arrivé.

Je me suis donc consolée avec trois petits ouvrages, que j'avais achetés en prévision de mes futurs trajets ferroviaires.

Trois livres différents mais tous réjouissants.

 

9782246151340FS.gifJ'ai commencé par Le bal d'Irène Némirovsky.

D'elle je n'avais lu que Suite française, qui m'avait impressionnée par son intelligence, sa finesse et son regard aigu et sans pitié envers l'espèce humaine (pour mémoire, l'action se situe pendant l'exode de juin 1940), et une autre nouvelle dont je ne me rappelle malheureusement pas (honte sur moi, bis). Le bal était, selon le libraire qui me l'a recommandé, l'une des meilleures nouvelles de Némirovsky, sinon la meilleure, où son talent éclatait le mieux.

C'est une excellente nouvelle en effet, que l'on ne peut plus lâcher dès qu'on l'a commencée: Irène Némirovsky écrit bien, est très fine dans ses analyses des rapports humains, et maîtrise son récit de bout en bout (Le bal a d'ailleurs été adapté au cinéma, avec Danielle Darrieux).

Et comme dans Suite Française un regard sans condescendance (presque cruel parfois) sur l'espèce humaine et ses travers: une merveille de satire!

 

 

 

 

 

9782070376575-bJ'ai enchaîné avec Françoise Sagan, Avec mon meilleur souvenir (toujours dans le cadre du challenge Sagan), une suite de textes différents sur ceux qu'elle a croisés plus ou moins assidûment, sur ce qu'elle a connu de meilleur (la vitesse, le jeu...). On en apprend un peu plus sur sa vie, sur ce qui la passionne, la touche, la meut... Quelle vie, tout de même! Quel bonheur de croiser des personnages mythiques: Billie Holiday, Noureev, Tennessee Williams, Sartre...

Comme à chaque fois, son écriture, plus profonde qu'elle n'en a l'air, me happe et m'emporte.

C'est certain, à ma prochaine virée en librairie, je repartirai encore avec du Sagan!

 

 

 

 

 

 

 

 

Elizabeth Taylor Hester Lilly couv françaiseEt, pour finir, Hester Lilly d'Elizabeth Taylor. Une romancière que je ne connaissais que de nom (honte sur moi, ter), et encore, vaguement me faut-il avouer.

Ce livre avait tout pour me plaire: l'Angleterre, les années 30, un pseudo triangle amoureux... Et il m'a plu!

L'histoire ne se déroule pas comme on l'imaginait, et là aussi on a droit à une finesse d'analyse assez stupéfiante, tant sur les codes sociaux qui régissent les comportements de cette bourgeoisie provinciale que sur les élans du coeur... et en ce qui concerne ces derniers, la question soulevée est moderne et sans coquetterie: qu'est-ce qui est le plus douloureux, constater la perte de ses sentiments, ou faire le deuil de sentiments avant qu'ils n'éclosent? (vous me suivez?)

(ah ben, déjà que je paresse hein, encore heureux que je fasse travailler mon cerveau...)

Cela m'a donné envie de lire d'autres romans de cette dame...

 

 

De bons moments, qui m'encouragent à me refaire un thé pour continuer sur ma lancée!

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15 mai 2011 7 15 /05 /mai /2011 15:13

(ou ma troisième participation au challenge Sagan)

 

Rafraîchissons-nous la mémoire...

 

Mes dernières lectures saganesques m'avaient enchantée, et je n'avais qu'une envie: continuer.

 

Ayant une demi-heure à tuer un soir vers St Michel, je suis allée faire un tour chez Gibert (moi qui n'y avais jamais mis les pieds auparavant) (je sais bien que c'est une honte, mais c'est comme ça) (pour ma défense, le quartier latin n'est pas vraiment mon quartier préféré), et commençais à chercher à la lettre S (tentant ainsi de limiter toute autre tentation) (et d'essayer de vider mes piles avant tout autre achat) (exception faite pour Sagan, ils ont beau dos les challenges!).

Je n'avais le choix qu'entre deux ouvrages, et la quatrième de couverture (encore elle!) m'a poussée à choisir Le lit défait.

 

Comme d'habitude, je suis entrée dans l'histoire dès les premières lignes, retrouvant avec plaisir l'écriture fluide et précise de Sagan qui m'avait séduite. Et me retrouvant au lit avec Edouard et Béatrice, qui se retrouvent après cinq années; interminables pour lui, qu'elle n'a pas vu passer; constat qui dès le départ déséquilibre leur passion.

A l'inverse de mes précédentes lectures, ce ne fut pas une lecture facile.

 

Déséquilibre amoureux, va et vient des sentiments, impossible compréhension entre les deux amants... Edouard et Béatrice ne sont jamais à égalité, se comprennent mal, interprètent de travers les gestes et paroles de l'autre, même (surtout) lorsque ce dernier agissait sans aucunre arrière-pensée.

Et ce tout au long du livre. Même lorsque Béatrice comprend qu'elle est vraiment amoureuse d'Edouard, ils se connaissent toujours aussi mal.

 

Alors, c'est vrai que ce livre m'a paru un peu long, peut-être parce qu'Edouard m'a agacée en amoureux transi acceptant toutes les humiliations sans broncher, que la personnalité de Béatrice a été longue à déchiffrer, parce qu'enfin aucun personnage ne m'était entièrement sympathique.

 

Mais Sagan décrit tellement bien ce constat désespéré de toute histoire sentimentale, ces malentendus quotidiens inéluctables, dont l'accumulation a des conséquences disproportionnées, que je nesaurais qque trop recommander cette lecture. Ses mots sont si justes, si vrais qu'on croirait que ce sont de ses propres sentiments qu'il s'agit - difficile également de ne pas penser à elle au-delà du personnage de Jolyet (accro à la morphine sur son lit de mort).

 

Pour l'optimisme on repassera donc.

Car si même les deux héros ne cessent de se retrouver, le constat de l'écart entre leurs corps si proches et leurs âmes si éloignées est tellement qu'on sait leur histoire en sursis, condamnée d'avance.

(qui a dit que Sagan, c'était les bisounours pour adulte?)

 

 

Au-delà de ce constat d'une acuité effrayante (preuve pour moi d'une lucidité féminine peu commune), Sagan sait comme personne restituer le lourd climat d'un lit défait. 

 

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28 avril 2011 4 28 /04 /avril /2011 22:41

Smith-Just-Kids-COV_147859c-copie-1.jpgÇa faisait un petit moment que je l'attendais, mon rendez-vous avec Patti et Robert! 

 

De Patti Smith, je connaissais sa musique (j'ai eu la chance de la voir en concert il y a une dizaine d'années) et depuis peu ses photos (grâce au livre publié lors de l'exposition Land 250 à la Fondation Cartier*).

Pour être honnête c'était à peu près tout. Avant d'acheter ce livre à la dernière braderie des éditeurs d'arts, j'ignorais totalement sa pratique de la photographie (je sais).

Quant à Robert Mapplethorpe, honte sur moi, je le connaissais de nom mais sans savoir vraiment quel artiste il avait été (je sais).

 

Dès la première ligne, j'ai compris que je ne pourrai plus les lâcher jusqu'à la dernière.

Just Kids est un livre magnifique et bouleversant (je pèse mes mots, n'y voyez aucune sensiblerie de ma part) sur la poésie, l'amour, la mort, l'art, la vie.

Egalement l'instantané d'une époque révolue, où tout était possible, où les esprits n'étaient pas blasés dès leur prime jeunesse, où tout n'était pas encore corrompu.

 

Patti et Robert créaient ensemble, ils s'encourageaient et se stimulaient artistiquement.

Ils menaient une vraie vie de bohème (comme Rimbaud et les poètes qu'elle affectionne tant), dont Patti Smith nous montre tous les aspects: le charme de leurs panoplies étudiées comme le compte scrupuleux de chaque cent, les soirs (nombreux) où ils ne mangeaient pas, les expositions qu'ils vont voir à tour de rôle car ils ne peuvent acheter qu'un seul billet et qu'ils racontent ensuite à l'autre resté dehors à attendre... Sans que jamais ce ne soit misérabiliste.

(une bonne leçon pour la petite consommatrice que je suis, qui se plaint dès qu'elle doit attendre pour s'offrir les chaussures de ses rêves)

L' Art au centre de leurs vies, plus important que les considérations matérielles. Créer, sans cesse, tatonner, explorer plusieurs pistes (où l'on apprend que Patti Smith n'est pas venue à la chanson immédiatement). Essayer d'être un artiste vrai, sincèrement.

 

Il y a aussi cette relation si forte, si particulière, qui les unit, dès le début, et jusqu'à aujourd'hui, en dépit de la mort de Robert en 89. Une relation unique, indescriptible, que Patti Smith raconte sans mièvrerie aucune.

 

Et puis il y a ce tableau du New-York du début des années 70: la fin du règne de Warhol et de la Factory, l'ambiance magique du Chelsea Hotel, les personnages que l'on croise avec plaisir (Sam Shepard, Jimi Hendrix, Loulou de la Falaise, Janis Joplin et j'en passe...). Une époque où, même si tout n'était pas rose, tout semblait plus accessible, où les rêves étaient encore permis...

(c'est mon côté génération précaire du dimanche soir)

(non mais c'est vrai, on semble tous tellement frileux aujourd'hui, paralysés, en même temps impatients, sans rien faire vraiment)

(moi la première)

 

J'aurais volontiers prolongé le plaisir pour quelques pages encore...

 

Et, même si en refermant ce livre, j'ai été prise d'une nostalgie pour une époque que je connais pas, même si j'ai maudit le ciel de m'avoir fait naître ici-bas plutôt que de l'autre côté de l'Atlantique, quarante ans plus tôt, même si j'ai rêvé en m'imaginant poètesse de l'underground new-yorkais, même si le retour à mon quotidien matériel et confortable a été difficile, j'ai le sentiment que quelque chose a changé.

Que j'ai grandi, que je ne vois plus les choses de la même façon, que peut-être je vais commencer à me poser les bonnes questions.

 

Merci Patti!

 

23655066.jpgL'étoile de Robert

 

 

* exposition de 2008 regroupant divers travaux (photo, dessins, collages, etc) de Patti Smith

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30 mars 2011 3 30 /03 /mars /2011 21:49

C'est la première fois que je fais ça.

Lire un livre que je n'ai pas choisi.

Vous me rétorquerez que c'est faux, que c'est la même chose avec les livres qu'on nous offre. Sauf qu'on n'est jamais obligé de lire un livre qu'on nous a offert (surtout si c'est un Pancol).

C'est une expérience plutôt drôle. J'ai eu l'impression d'être une critique du Masque et la Plume (traduction: j'étais au septième ciel).

Je me demande d'ailleurs comment ils font pour tenir tout l'année, parce que pour moi ce ne fut pas vraiment une partie de plaisir (même si je recommencerais demain s'il le fallait, merci Ladies) (c'est mon côté maso, fais-moi mal Johnny Johnny Johnny, tout ça...) (maman c'est une blague).

 

41pveroxyqL. SL500 AA300La préface (dithyrambique) laissait pourtant présager d'un bon moment.

La Roumanie dans les années 80, donc sous Ceaucescu (l'Histoire pour les nuls, me voilà), "un rythme survolté", humoir noir au rendez-vous, un "récit témoin où l'imaginaire s'ancre dans le réel ou l'historique"...

 

Sauf que.

Dès les premières phrases le style de Predescu me gêne. Quelque chose sonne faux. Le ton est trop familier, et surtout sans réel intérêt. Plus proche d'un article de magazine que d'un roman.

Bon.

Je m'accroche; je compte sur l'ironie, l'audace et l'insolence promises.

 

141 pages plus loin, j'ai eu l'ironie, une fausse insolence, mais j'ai surtout connu l'ennui.

Le héros n'est ni sympathique ni antipathique. Juste inconsistant. On le connaît tellement mal (malgré quelques bribes de son passé), il paraît tellement inintéressant qu'on a du mal à se soucier de ses péripéties.

Encore faudrait-il comprendre ces dernières...

Je ne suis pas une militante de la chronologie, mais encore faut-il que les allées et venues entre passé et présent soient claires... Le récit est totalement décousu. Non seulement je pense m'être méprise sur l'ordre de certains événements, mais cette errance m'a vraiment gênée.

Quelle est l'histoire, au juste? Qu'a à nous dire l'auteur?

Il n'y a aucune progression dramatique, aucun pic, juste un enchaînement plat d'anedcotes lassantes et paresseuses qui ne servent en aucun cas le récit, et finissent surtout par devenir agaçantes.

Ce qui m'a le plus déçue, c'est qu'il y avait vraiment matière à écrire un roman  intéressant, touchant, interpellant. La vie sous Ceaucescu, les situations ubuesques dans lesquelles se retrouvent les personnages, un avortement...

Mais on dirait que Pedrescu n'a écrit son roman que pour des Roumains. On est exclu du récit, truffé de références qui pour nous ne signifient rien. Sans parler des jeux de mots intraduisibles à répétition que même les notes en bas de page ne parviennent à éclairer.

Sans donner un cours d'Histoire généraliste, il aurait pu davantage resituer le contexte, l'atmosphère de cette époque; cela aurait davantage humanisé son récit et ses personnages.

Et surtout accru la portée de son roman.

 

On pense forcément au film de Cristian Mungiu, dont la fiction était bien ancrée dans le réel.

Dans un autre genre, Goodbye Lenin! de Wolfgang Becker nous emportait avec ses héros, que l'on comprenait, sans pour autant avoir jamais vécu en Allemagne de l'est.

Et il faut avouer que le livre de Pedrescu supporte mal la comparaison.

Le support n'est peut-être pas totalement comparable, mais je reste convaincue qu'il aurait vraiment pu faire mieux, s'il s'était donné un peu plus de mal.

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Published by leshumeursdeviolette - dans Lu
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