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16 mai 2011 1 16 /05 /mai /2011 17:18

J'ai une affection particulière pour ce film (sans blague, on n'avait pas remarqué) (c'est pas comme si je le citais à tout bout de champ).

 

Sans que je me l'explique vraiment.

 

Je sais bien que cette histoire est un peu légère, qu'elle comporte quelques incohérences, que le film manque de rythme (et de profondeur).

 

Il n'empêche.

 

frankie amp johnny 1991 fichefilm imagesfilmJe ne peux pas m'empêcher de rechuter deux fois par an, la faute à mon coeur de midinette.

Qui craque complètement pour Al Pacino (comme d'hab' me direz-vous, sauf que là il y exploit: cet homme réussit à sexyser le bandana) (nan mais le bandana, cet exploit mérite d'être souligné) (noué sur la tête en plus) (et le vieux marcel défraîchi) (si si messieurs dames, je vous jure) en homme sur-déterminé comme il n'en existe que dans les films.

Qui est touché par Michelle Pfeiffer en indécrottable célibataire (à grosses chaussettes), terrifiée par l'avenir, la vie, l'amour; empêtrée dans ses contradictions et ses faiblesses; qui déplie son lit chaque soir (comme moi!).

Qui s'emballe pour cette histoire pas franchement romanesque (mais à mon avis c'est sa force) (et non, je ne suis pas du tout objective, je sais), qui pourrait presque être la nôtre.

 

Enfin presque...

Car si nous aussi déplions nos lits, Al Pacino ne vient pas nous brancher chaque jour à la photocopieuse, nous répétant au creux de l'oreille: "I got a crush on you" (c'est ce qu'il est en train de lui susurrer ci-dessus).

Ou bien "I'm completely mad of you" au bowling (je déteste le bowling, ça commence bien).

Si nous aussi sortons le samedi soir ("the loneliest night of the week"), Al Pacino ne vient pas nous chercher par surprise (comment pourrait-il bien avoir mon adresse de toutes façons? je suis sur liste rouge).


Et surtout: il ne nous met pas de pansement dans la salle de bains.

(je ne sais pas pourquoi, cette scène est celle qui dérègle tout mon système lacrymal)

(à chaque fois)

(alors que franchement ce n'est pas la plus émouvante)

(si les scénaristes savaient..)

(le ridicule ne tue pas)

(le tétanos, si)

 

 

photo-Frankie-Johnny-Frankie-and-Johnny-1991-1

Donc là Johnny a taillé une rose dans une pomme de terre pour Frankie, c'est-y pas mignon?

 

f100fjohnny.jpg

Même avec un bavoir ce mec est sexy.

(en plus il est branché, il a des wayfarer)

(et il prépare des sandwiches pour sa meuf)

 

 

Ah la la, ce film devrait être interdit!

 

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8 mai 2011 7 08 /05 /mai /2011 23:49

thelma-et-louise-1991-04-g.jpgSailor&Lula m'avait donné envie d'un road-movie...

Alors j'ai craqué pour un petit plaisir aux vertus incomparables: revoir Thelma & Louise (pour la Xème fois).

Mais comme je ne l'ai pas autant vu qu'un certain film qui bat tous les records, à chaque fois c'est un peu nouveau .

 

La première fois que je l'ai vu, je n'avais aucune idée de la fin, et j'ai tremblé pour Thelma et Louise pendant tout le film. Bien évidemment, j'avais pleuré comme une madeleine à la fin. Le tout entrecoupé d'un émerveillement sur la bogossitude juvénile de Brad Pitt.

(ça marche aussi quand on regarde Top Gun avec le jeune Tom Cruise)

(si bien entendu on arrive à faire abstraction de la scientologie)

(et de la rumeur selon laquelle il aurait empêché sa jeune épouse d'émettre le moindre son pendant son accouchement)

(ce qui, soit dit en passant, n'a l'a pas empêchée d'inventer le boyfriend)

(ni de mettre des talons à sa fille)

(j'arrête la minute people)

 

Aujourd'hui, je ne pleure plus à la fin.

Je m'émerveille de la beauté de Susan Sarandon (mais pourquoi ne la voit-on pas plus souvent, goddamn?!?)

(j'ai décidé de dire goddamn à tout bout de champ, comme Louise)

(mais en fumant moins)

(et en portant beaucoup moins de bagues, surtout)

et du corps fabuleux de Geena davies (la garce);

(je me console en mangeant du chocolat)

(noir bien sûr, c'est plein de magnésium)

(mais le magnésium n'empêche pas de culpabiliser)

je suis heureuse de retrouver Harvey Keitel;

(reviens sur nos écrans, Harvey)

(suis cap' de braquer des banques juste pour que tu reviennes)

je jubile toujours autant quand nos fugitives préférées se vengent de la grossièreté du chauffeur,

(si seulement on pouvait faire ça dans la vraie vie)

(soupir)

et je ne me remets toujours pas de la bogossitude juvénile de Brad Pitt.

 

Et les paysages incroyables que nos héroïnes traversent me donnent à chaque fois une furieuse envie de partir aux Etats-Unis, de louer une décapotable et de dormir dans des motels.

 

thelma-louise-7 115

 

Encore plus le dimanche soir.

 

 

Et un peu de bogossitude juvénile pour faire de beaux rêves:

brad-pitt bradpitt3.jpg

With or without hat?

That is the question...

 


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8 mai 2011 7 08 /05 /mai /2011 01:01

Cela faisait quelques mois déjà qu'il traînait sur mon bureau, toujours sous blister.

(je sais)

(comme les vieux)

(et je sais que ça craint, c'est bon)

 

Je l'avais acheté juste après avoir revu Mulholland Drive, obéissant à une mouvance lynchienne de saison, et influencée par la caution cannesque (palme d'or 90, s'il vous plaît).

 

Tout ça pour au final le laisser prendre la poussière des semaines durant.

 

wild_at_heart_ver11.jpgIl me faisait un peu peur en fait: la couverture kitsch, le résumé ("un monde étrange, sensuel et cruel") (je sais bien que c'est comme les quatrièmes de couverture, souvent peu représentatif de l'oeuvre, mais, comme pour ces dernières, je n'ai pas pu m'empêcher de le lire), la durée (127mn ça fait un peu peur quand la motivation est en berne).

 

J'ai longtemps repoussé le rendez-vous.

Jusqu'à ce soir.

Où j'avais envie d'un film inédit, pour changer.

 

Quelle claque!

 

Passé un court temps d'adaptation (voir Nicolas Cage jeune, s'habituer aux looks très datés qui curieusement vieillissent assez bien, se remettre dans l'ambiance lynchienne), la magie prend.

On est rapidement embarqué par cette d'histoire d'amour jamais niaise dont le couple, d'étreintes charnelles hautement passionnées aux confessions sur l'oreiller, gagne en profondeur au fur et à mesure.

J'ai retrouvé l'ambiance lynchienne si particulière qui m'avait séduite dans Mulholland Drive: des personnages secondaires aussi étudiés que les rôles principaux (la mère et Dafoe en tête, mais les autres ne sont pas en reste, mention spéciale à Isabella Rossellini en fausse blonde); une galerie de personnages d'arrière-plan farfelus et touchants pour certains (les zigotos de l'hôtel, le petit vieux de la station service), vaguement angoissants pour d'autres (M.Reindeer qui vit luxueusement, entourée de créatures à demi-nues); des plans qu'on pourrait estimer gratuits mais qui apportent au film une note absurde et poétique à la fois (je pense notamment à l'apparition des trois grâces obèses qui tournent un film pornographique dans la chambre voisine de nos héros); quelques touches de "paranormalité" (la boule d'une mystérieuse voyante) qui font craindre un mauvais sort (cet accident ne serait-il pas un mauvais présage?); et une bande originale littéralement envoûtante (entre Chris Isaack et Cage qui chante du Presley)...

Rajoutez à cela un road-movie jusqu'au Texas, donc des décors à couper le souffle, un montage au poil et des plans stylisés, le tout dans une ambiance magiquement ozesque...

 

Sailor&Lula est une histoire flamboyante, où le sexe comme la violence (la première scène, l'accident, les nouvelles atroces que Lula entend à la radio) sont exacerbés, sans que le film ne paraisse grandiloquent, mais au contraire lyrique.

 

wild1.jpg

 

Un pur chef d'oeuvre!

 

sailor_et_lula_wild_at_heart_1989_reference.jpg

Elle est pas belle Isabella?

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8 mars 2011 2 08 /03 /mars /2011 22:57

Oscars-2011-Black-Swan-disqualifie-pour-l-Oscar-de-la-meill.jpg  1297370576_black-swan-2011-14580-148878554.jpg

Ce n'était pas l'idée du siècle d'y aller toute seule.

Dès les premières minutes j'ai su que ça allait mal se passer.

Au bout d'un quart d'heure j'avais envie de partir, je me sentais mal; j'ai bien cru que je n'y arriverai pas.

Je savais bien que ce ne serait pas rose, voire même difficile et gore, mais je ne pensais pas que la tension serait présente dès les premières scènes (grâce à un superbe son, entre autres).

Que toutes les peluches de cette asphyxiante chambre rose m'étoufferaient si vite.

Que cette mère ogresse me donnerait la chair de poule tout de suite.

 

En fait, je croyais que l'héroïne devenait folle et paranoïaque petit à petit, et non que ce satané cygne noir allait précipiter une folie déjà bien ancrée en la pure Nina.

Pure et sage Nina, qui dort dans la chambre d'une gamine de huit ans, que sa maman borde chaque soir au son d'une boîte à musique (une jolie ballerine tournoyant au son du lac des cygnes, bien évidemment), qui ne connaît pas les excés et qui prépare son sac de danse chaque soir avec sa maman; pure Nina que l'on soupçonne fortement d'être encore vierge bien que fort jolie; pure Nina dont le but ultime est donc la perfection. Sans que l'on sache vraiment si cette vie est celle qu'elle a choisi, ou bien si elle est la victime d'une mère omniprésente/possessive/dominatrice - les mots me manquent - poussant sa fille à accomplir ce à quoi elle a elle-même échoué (syndrôme courant chez les sportifs de haut niveau).

Pas si pure que ça, Nina, qui se gratte le dos sans en avoir souvenir, qui se fait vomir, qui souffre d'hallucinations morbides et qui a des pulsions de violence incontrôlables.

Trouble Nina, formidablement interprétée par Natalie Portman, sans laquelle ce film n'aurait pas cette force.

 

Entre Nina, sa mère effrayante, sa concurrente hypersexy et hypersexuée et l'ancienne étoile déchue (dont le sort rappelle étrangement celui de son interprète, Winona Ryder, star des années 90), aucun personnage féminin ne paraît normal. Ajoutez à cela un Vincent Cassel en grande forme, manipulateur et pervers à souhait, et vous avez déjà de quoi avoir des frissons.

 

Sauf que cela ne s'arrête pas là.

On sait bien, en entrant dans le cinéma, que cela ne finira pas bien, on ne sait juste pas de quelle manière. Et jusqu'où cela ira-t-il.

Mais j'avoue que ça a dépassé mes prévisions.

J'avais vu la bande-annonce, je savais qu'il y aurait des passages éprouvants (surtout pour moi, qui ne supporte pas la vue du sang). Mais j'ai eu beau me cacher parfois (souvent trop tard) derrière mon écharpe, ce n'est pas tant la "goritude" (si vous me passez le néologisme) que la violence des rapports que Nina avec les autres, et qu'elle retourne contre elle-même qui m'a choquée.

Je n'ai donc pas fait de cauchemars, contrairement à ce que je craignais, mais je n'ai pas réussi à m'enlever ce film de l'esprit pendant presque 48h (j'en profite pour remercier Snoopy, Charlie Brown et Karl Lagerfeld qui m'ont distraite pendant ces moments difficiles; merci). Ce qui ne m'était pas arrivé depuis JF partagerait appartement, dont certaines scènes sont encore trop présentes dans mon esprit.

 

 

Je suis peut-être excessivement sensible, mais ce film m'a vraiment secouée.

 

Mais c'est aussi pour ces frissons-là que j'aime tant le cinéma.

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8 mars 2011 2 08 /03 /mars /2011 10:31

jewish_connection_795401_original-copie-1.jpgJ'avoue, je n'y suis pas allée uniquement pour de bonnes raisons.

Déjà, j'avais envie de me réconcilier avec une salle de cinéma (mon expérience avec Black Swan avait créé comme un malaise, je m'expliquerai bientôt), deuxio je procrastinais l'installation de la fameuse Freebox dont je m'étais fait une montagne, et enfin je trouvais le petit Jesse Eisenberg touchant (depuis son portrait dans Télérama publié à la sortie du film).

Bon, et puis ok, j'avoue, j'ai un faible pour les héros à papillotes qui se rebellent contre leur communeauté - le plus beau film dans ce genre demeurant à mon sens Tu n'aimeras point, véritable chef d'oeuvre retourneur d'estomac.

 

Le scénario n'est pas follement original, même si inspiré d'une histoire vraie. Mais c'est de la belle ouvrage, un vrai film de truands, dans les règles de l'art. Avec toutes les rituelles étapes: initiation, tourbillon, état de grâce, puis, forcément, la chute. Sauf que cette fois le héros est juif orthodoxe, ce qui donne naissance à de vrais moments comiques, surtout à ses débuts dans le milieu de la drogue et de la nuit: crispation, naïveté extrême, maladresse et terreur absolue envers les filles, êtres intouchables et interdits...

Le Brooklyn des juifs orthodoxes est particulièrement cinégénique, New York comme toujours magique, et les papillotes vraiment seyantes (j'ai presque trouvé Jesse Eisenberg mignon par moments) (j'en ai même oublié ces mémorables claquettes de piscines, c'est dire) (et en plus c'était avant ma sécrétion d'endorphines numériques).

 

Alors c'est vrai qu'on peut se demander où est l'intérêt, étant donné qu'il n'y a quasiment pas de suspense, et que les rôles sont clairement prévisibles: l'entraîneur qui se vautre dans les excès en tous genres jusqu'à ce qu'on peut clairement appeler l'hybris (non mais franchement, pourquoi ils essaient toujours de baiser leur patron? ils n'ont pas encore compris avec tous ces films que ça ne marchait jamais?), le patron roublard et gominé, la pépée du patron (plutôt vulgaire sous sa couche de fond de teint, mais n'est pas Michelle Pfeiffer qui veut), et le jeune premier doué.

 

Et bien à se laisser aller justement; il n'y a pas de mal à se faire du bien si c'est (très) bien fait, non?

 

En revanche, je suis moins fan de la fin, un peu trop simpliste à mes yeux. Si Sam a plongé dans le trafic, c'est certes par manque d'argent (clairement l'élément déclencheur), mais aussi parce que cette vie orthodoxe ne lui correspondait pas entièrement (il remet en question sa "carrière" de rabbin, veut travailler, et a clairement sa propre conception des affaires), parce qu'il avait besoin de vivre et de se sentir vivre.

Alors pourquoi ce retour à la foi, cette réconciliation sans que les siens ne se remettent jamais en question, comme s'il n'y avait pas de juste milieu entre la "bonne" voie et la "mauvaise"?

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21 février 2011 1 21 /02 /février /2011 22:25

incendies-film.jpgJ'avais prévu d'aller voir Angèle et Tony.

Et puis c'était trop tard, trop loin.

Peut-être étais-je sur ma lancée "femmes d'Orient".

Quoi qu'il en soit, j'ai décidé d'y aller, moi qui quelques semaines auparavant avait affirmé ne pas vouloir le voir. Du tout, jamais, en plus l'affiche me faisait peur.

Moi qui pensais avoir envie d'une bonne grosse daube (j'étais prête à aller voir Sex Friend, ou même pire, Last Night) (j'ai même failli faire une victime collatérale) (heureusement pour moi, l'ex-future victime collatérale m'a convaincue des bienfaits du mojito, bien plus efficace selon elle que Guillaume Canet ou tout autre mâle dominant, américain de préférence). D'une heure et demie de bons sentiments, avec une jolie morale à la fin (oui bon ça va hein, on a tous envie d'une bonne daube de temps en temps) (tant qu'on ne voit pas que des daubes c'est permis) (et d'abord je ne vois même pas pourquoi je devrais me justifier), et surtout pas d'un film de deux heures avec le Moyen-Orient en toile de fond.

 

Comme quoi, il ne faut pas toujours s'écouter (philosophie du lundi soir, bonsoir).

 

Mais les mots me manquent, et je n'arrive pas bien à raconter ce que j'ai ressenti ce soir.

J'ai eu un peu peur, au début. Même si je suis une inconditionnelle de Radiohead, la scène d'ouverture n'est à mon sens pas la plus réussie. Et le découpage du film en thématiques ("Les jumeaux", etc... jusqu'au titre, à la fin) m'a également fait redouter le pire.

Mais les acteurs sont tellement justes (surtout Lubna Azabal, cela n'a pas dû être un rôle facile à quitter) qu'ils nous embarquent rapidement.

Le scénario, vraiment bluffant, a des accents de tragédie grecque. La musique est envoûtante, la lumière belle. Le montage aussi est fin, les alternances entre présent et passé s'effectuent dans une fluidité qu'on aimerait voir plus souvent.

Cela aurait pu être spectaculaire, tire-larmes et caricatural, le résultat est modeste, subtil et tout en finesse.

 

Je crois qu'il faut juste y aller, on n'a pas la chance de voir des films aussi forts chaque semaine.

 

 

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14 février 2011 1 14 /02 /février /2011 22:55

(je sais)


Ni aucun film de Truffaut d'ailleurs.

(je sais, je sais, je sais)


Afin de remédier à cette inculture scandaleuse, j'avais acheté ce DVD il y a un petit moment déjà. Il traînait sur mon bureau, parfois il me faisait de l'oeil, mais il faut avouer que ces derniers temps j'avais plutôt envie de passer mes soirées avec Gil, Horatio, Patrick, Dr Mamour & Cie.

(oh ça va hein, il y a des périodes comme ça où on a juste besoin de poser son cerveau)

(et puis j'avais des lectures pas faciles)

(et puis de toutes façons je n'ai absolument pas besoin de justifier mon amour des séries américaines, où les intrigues mineures sont résolues en cinquante minutes - au pire, deux fois cinquante minutes - et les majeures en une vingtaine d'épisodes, où tout se passe beaucoup plus vite que dans la vraie vie, où l'invraisemblable devient possible; oui j'aime ça, ET ALORS?)

(NDLR: c'est quand même moins pire que Marc Levy)

 

Pour tout vous dire, ce film m'effrayait un peu en somme. 

Et puis, ce soir (miracle des endorphines suédoises?), j'ai décidé de résister à l'appel de Lily Rush, de ne pas céder à la facilité et d'élever mon esprit.

 

jules_ejim2a.jpg.... Ahem... comment dire...

Bien évidemment (mon inculture a aussi ses limites, faut pas déconner), je savais de quoi il s'agissait, je connaissais la chanson, et Jeanne Moreau .

Pour être honnête, j'ai eu beaucoup de mal à rentrer dans l'histoire. Tout me paraissait un peu faux, surtout les dialogues, et, même en me rappelant que cette histoire avait été inspirée par des personnages bien réels, j'ai eu du mal à y croire.

Mais comment font-ils donc pour passer d'une situation scabreuse à une autre, sans être embarassé de ressentiment, de jalousie ou de rancoeur (ou alors bien légère)?

J'ai commencé à être convaincue par les lettres qu'échangent Catherine et Jim, qui me semblaient enfin plausibles.

Et même si certains dialogues me paraissaient toujours faux, le texte en lui-même me touchait, car les questions qu'il soulève sont à mon sens toujours d'actualité (l'amour, etc; comment ne pas céder à l'hypocrisie, rester libre, échapper au couple traditionnel, etc etc) (la potion magique n'étant elle apparemment toujours pas d'actualité, n'en déplaise aux marabouts de Strasbourg St Denis).

Bien sûr, il y eut de véritables moments de grâce, la plupart dûs à Jeanne Moreau (ah la la, Jeanne Moreau...) qui parvient à rendre crédible ce personnage fantasque et impérieux, d'autres à Oskar Werner (surtout dans la seconde moitié du film), et puis des plans vraiment superbes.

 

Mais je dois admettre que dans l'ensemble je suis un peu déçue, sur ma faim.

 

Peut-être en attendais-je trop.

Peut-être que je ne possède pas aujourd'hui toutes les clés nécessaires pour appréhender ce film correctement.

Peut-être mon attention s'est-elle focalisée sur des détails (les dialogues qui me semblaient artificiels, les bruitages, ce que deviendrait la petite Sabine, une envie de scouer la pauvre Gilberte) qui m'ont masqué l'essentiel.

 

Je n'en sais malheureusement rien.

Et la vérité, c'est que je me sens un peu bête ce soir, de ne pas l'avoir plus aimé que ça.

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24 janvier 2011 1 24 /01 /janvier /2011 23:00

poupoupidouC'est toujours par la fin que les choses commencent; c'est comme ça que David Rousseau commence son livre, à la fin.

 

Moi je ne sais pas trop par où commencer tellement j'ai aimé ce film, qui ne ressemble à aucun autre.

 

Au rythme des Sonics, on commence par rire, de cet écrivain qui fait 600 bornes pour hériter d'un chien empaillé, de la réceptionniste allumée et allumeuse de son hôtel où la chaudière est cassée et les tapisseries hideuses...

Puis le cadavre, la morgue, cette marque sur le visage de Candice, les lumières qui s'éteignent (à cause de la neige?), les coïncidences troublantes, l'écrivain à succès qui se prend pour Ellroy... nous entraînent du côté des polars.

Et, sans qu'on le voie venir, on est touché par cette belle du Jura, starlette absolue qui croit être la réincarnation de Marylin (!). Il faut avouer que les similitudes sont troublantes: même date de naissance, un premier mari sportif de haut niveau et violent (même les traits de l'acteur Lyes Salem rappellent ceux de DiMaggio), un amour intellectuel...

Dès que Rousseau entame la lecture de son journal intime, on est captivé par cette fille, comme si on ne pouvait pas faire autrement. Comme lui, on a envie de fouiller dans ses tiroirs, de mettre le nez dans son pull abandonné, de refaire le trajet inverse pour percer le mystère. Car mystère il y a, même si le schéma est classique (absence du père, ostracisme à l'école, découverte de la féminité, fragilité extrême, anxyolitiques & cie), et même si la belle du Jura ne peut rivaliser avec Marylin.

 

L'histoire "policière" n'est au final qu'un prétexte pour nous emmener ailleurs, sans y toucher, l'air de rien.

La musique y est également pour beaucoup, omniprésente, magique - et pourtant, filmer des paysages enneigés sur fond de California Dreamin' n'avait rien d'évident... La personnalité de l'héroïne se révèle peu à peu - merveilleuse scène où Candice se maquille, se coiffe, se prépare à coup d'anxyolitiques et d'alcool sur le vibrant Poupoupidou d'Ava.

La manière de filmer aussi, sensuelle et sobre à la fois. L'esthétisme, les transitions léchées - certains trouveront peut-être cela trop étudié justement, cela m'a plu.

 

Je pourrais aussi vous parler de toutes ces références dont le film est truffé: le tee-shirt jaune d'un adolescent, clin d'oeil à Gus Van Sant, Jean-Paul Rouve se prenant pour James Bond dans sa baignoire, la scène du bowling qui réveille nos émois d'adolescent...

De la rencontre manquée entre l'écrivain et son héroïne.

De ce gendarme moins buté qu'il n'en a l'air.

 

Il y a beaucoup de choses dans ce film, et l'équilibre est toujours juste.

 

Une petite pépite, vraiment.

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18 janvier 2011 2 18 /01 /janvier /2011 22:19

Une Ferrari sur un circuit.

Un tour, puis deux.

Trois.

Le moteur s'arrête, alors que je m'attendais à la voir passer encore une fois.

 

Le générique commence, et j'ai déjà des frissons.

Peut-être parce que je n'étais pas allée au cinéma depuis (trop) longtemps, peut-être à cause du vrombissement de la Ferrari. Je crois plutôt à un mélange d'excitation et de peur.

Excitation de retrouver Sofia Coppola, peur qu'elle me déçoive cette fois.

 

J'ai rapidement compris que cela n'arriverait pas.

J'ai aimé ces plans qui s'étirent, ces longs travellings; en avant, en arrière. Ces longues scènes où il ne se passe pas grand chose, où l'on ne se dit pas grand chose.

Même si cette fois le personnage principal est un homme, même si je pouvais difficilement m'y retrouver, n'étant ni un superbe acteur,

(car il est superbe, que ce soit dit, même s'il n'est pas très grand, je vous l'accorde, même si ses tee-shirts sont un peu fatigués, même s'il porte d'improbables chaussures montantes non identifiées, même si même si même si... il est incroyablement sexy)

(et ce n'est pas uniquement pour cette raison que j'ai aimé le film, que ce soit dit aussi)

à la vie dissoute par les cachets, l'alcool et le sexe,

(sans blague)

ni une fille de star.

(pardon papa)

 

Alors bien sûr, certains trouveront le film long, ennuyeux. Peut-être même sans intérêt puisque la tournure que prendront les événements se laisse aisément deviner.

Mais qu'importe la fin de l'histoire, il ne s'agit pas d'un polar.

C'est le récit qui importe, la maturation du héros. Les phases successives de son étourdissement, de son écoeurement, de son réveil progressif. Sans éclat aucun.

Et le cinéma, toujours.

Un regard, une cigarette à la fenêtre, une partie de ping-pong, un jeu de mime au fond de la piscine, le magnifique travelling qui suit...

Des bruitages fins et précis, une bande originale adéquate (comme d'habitude).

Une photo superbe.

Los Angeles magnétique et en même temps bien réelle.

 

Esthétique sans être esthétisant.

 

somewhere_sofia_coppola_poster_rectangle-600x324.jpg

 

Paris ne m'aura jamais paru aussi froid qu'en sortant du cinéma ce soir.

 

 

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16 janvier 2011 7 16 /01 /janvier /2011 22:34

Quand j'étais ado, je rêvais de vivre dans les années 50.

Les jupes dans le cercle, les couleurs pastel, les drive-in, ça me faisait rêver.

La faute à Grease sans doute. En 98 le film ressortait en salles, donnant naissance chez moi (et chez d'autres, j'en suis sûre) à d'irrésistibles envies: legging en cuir noir (bien que ce mot n'existait alors pas encore), petit copain à perfecto et banane, de dimanches à la plage, et j'en passe...

Les graines de féminisme n'avaient, selon toute évidence, pas encore germé.

Inutile de préciser que depuis les temps ont changé; pour rien au monde je ne voudrais vivre à cette époque.

 

Car ce soir, même si les tenues de Julianne Moore m'ont enchantée (ah, ses jupes, ses paletots, son foulard noué sous le menton! à chaque fois le charme opère), son quotidien m'a nettement refroidie: faire les courses (youpi), s'occuper des enfants (re-youpi), et, surtout, dépendre totalement de son mari (youpi gagnant).

Ajoutons à cela que la seule personne avec laquelle elle se sent vivante est un homme noir, ce qui réduit à néant ses (déjà infimes) probabilités d'accéder au bonheur.

Alors même si ses robes sont jolies, son jardin splendide (flamboyantes couleurs de l'automne), sa maison parfaite, ses enfants charmants et son bonheur apparemment éclatant, j'ai rapidement étouffé. Et me suis demandée comment faisait la jolie/polie Cathy (alias Julianne Moore) pour garder son calme et son sourire en toutes circonstances (ou presque).

 

Somptueuse Julianne Moore.

Gracieuse et adorable dans tous ses mouvements.

La jolie vitrine de son existence se fissure tout au long du film, et elle en devient plus vivante. Car, mis à part l'après-midi qu'elle passe avec Raymond, ses actes semblent ceux d'un automate (bien huilé et joli, certes, mais obéissant à une mécanique quotidienne implacable). Ses paroles sont la plupart du temps convenues et polies (voire même très polies).

Petit à petit elle se laisse aller.

A l'émotion et aux souvenirs qui la submergent lorsqu'elle retrouve au fond de sa poche un foulard oublié.

Jusqu'à cette dernière scène, sur le quai. Raymond et elle se regardent. L'une reste, l'autre part. Ça pourrait être bêtement tire-larmes, voire terriblement sentimental. Il n'en est rien. Ils se regardent, et dans leurs yeux se lisent la déception, les regrets, tout ce qu'ils n'ont pas eu le temps de se dire et qu'ils ne se diront jamais, ce qu'ils ont manqué.

 

Mais on n'a pas le temps de s'apitoyer, le train démarre.

 

La vie continue, Cathy divorce, c'est le printemps... et j'ai envie de croire qu'elle aura eu la belle vie que Raymond lui souhaitait.

 

far-from-heaven-3-copie-1.jpg

 

 

 

 

 

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