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29 décembre 2015 2 29 /12 /décembre /2015 16:00

https://i.ytimg.com/vi/6jWi2wQjr3M/hqdefault.jpg

 

Farah vient de passer son bac, mais les résultats, elle s'en fiche.
Farah a dans les dix-sept ans, et ce qui compte pour elle, c'est la musique.
La musique, elle en joue avec Bohrène, qu'elle prend aussi du plaisir à embrasser, la nuit, sous les oliviers.
Jusqu'ici rien que de très banal; une jeunesse ordinaire.

Sauf que, pendant qu'ils s'embrassent, sous les oliviers, leur ami Ali fait le gué, sauf que, quand il est l'heure de rentrer, Farah est la seule fille du bus et l'on voit bien les regards que cela suscite, sauf que, alors que Farah veut juste exister, c'est sa mère que l'on met en garde du bruit de sa vie.
Nous sommes dans la Tunisie de Ben Ali, et la vie alors est soumise à la corruption et aux abus autoritaires.

La vitalité de Farah, son appétit, sa volonté farouche de vivre comme elle l'entend, et surtout, comme elle devrait pouvoir être libre de le faire, crèvent l'écran. On aimerait qu'il ne lui arrive rien, qu'elle garde toujours cette fraîcheur, cette énergie, cet allant – mais nous sommes à Tunis, et le printemps arabe n'a pas encore eu lieu.

Superbe portrait d'une jeune fille en passe de devenir femme, relations mère-fille dépeintes avec finesse (grâce au jeu tout en subtilité des actrices), évitant tout raccourci manichéen et simpliste, le premier film de Leyla Bouzid a le goût de la rage et de l'insolente ardeur de la jeunesse.
Un coup de poing dans nos ventres d'européens à la mémoire souvent trop courte, une piqûre de rappel pour les femmes françaises que nous sommes pour nous exhorter à ne jamais renoncer, à ne jamais faiblir, à ne jamais nous endormir.

 

 

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5 octobre 2015 1 05 /10 /octobre /2015 08:22

 


Je n'avais pas très envie d'y aller.

Trois heures, cela me semblait une éternité.
J'avais peur de m'ennuyer, de trouver les témoignages trop bien articulés pour servir un propos trop correct.

Mes interrogations se sont envolées dès les premières images.
Les témoignages sont aussi forts que les visages, les expressions des hommes aussi belles que les vues aériennes qui se révèlent émouvantes.

Alors, oui, il y a des larmes qui sont gênantes parfois, mais il y a des rires aussi, et l'excellent montage rend hommage à cet éventail d'émotions.

Il y a des moments drôles donc, des moments tristes, des moments sombres, des moments intimes et des moments politiques, des moments poignants et d'autres plus légers, mais finalement ce qui ressort de ces trois heures de voyage dans l'humanité, c'est un espoir, aussi ténu soit-il, une espèce de foi en l'humanité qui ne va pas sans une remise en question de nos vies individuelles.

Un beau voyage, dont il va falloir appréhender l'« après ».

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21 septembre 2015 1 21 /09 /septembre /2015 14:17

https://pmcvariety.files.wordpress.com/2015/05/much-loved-cannes-film-festival-4.jpg?w=670&h=377&crop=1

 

Deux heures.

Deux heures après avoir quitté la salle de cinéma, je ne trouvais toujours pas les mots pour décrire mes sentiments.

 

Le plus vieux métier du monde.

L'argent.

Les carcans.

La solidarité.

La solitude.

Le temps qui passe.

La misère des hommes.

Le courage des femmes.

La famille.

Le choix.

La liberté.

Une claque.

 

Voilà tout ce qui me trotte dans la tête depuis que j'ai vu Much Loved.

Depuis que j'ai reconnu ces artères empruntées la nuit, en taxi, ces clubs, assourdissants, ces meutes de vieux européens affamés, ces filles que j'ai croisées, maquillées, apprêtées - mon rouge à moi me paraissait si léger; j'avais la chance d'être de l'autre côté.
Du côté de celles qui ont le choix, du côté de celles qui peuvent aller où bon leur semble quand ça leur chante, du côté de celles qui sont libres sans jamais le savoir assez.

 

Du quotidien des filles de Much Loved, j'aimerais pouvoir retenir leur amitié, leur solidarité, leur amour, leurs plaisanteries, leur folle énergie, leur instinct de vie, mais cela ne va pas sans les sordides désirs sexuels de certains clients, l'argent roi et la corruption à tous les étages.

Aucun misérabilisme cependant, comme à l'inverse aucune idéalisation ni embellie d'un quotidien (le classique de la pute au grand cœur), c'est ce qui fait la force de ce film, ça et la vie à toute épreuve, servie par des interprètes hors normes – surtout Loubn Abidar (qui interprète avec feu le personnage de Noha) qui porte le film à bout de bras. 

 

Une belle et salutaire claque d'humanité.

 

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23 juin 2015 2 23 /06 /juin /2015 10:24

http://www.presse-france2.fr/wp-content/uploads/2015/05/1432839709_montage+Ovidie+2.jpg

 

Oui, à quoi rêvent-elles ces jeunes filles nées juste après moi, un clavier dans les mains? Ces jeunes filles pour qui - a-t-on l'impression du moins - le porno n'a plus rien de secret ni de subversif? Ces jeunes filles grandies dans un monde où le sexe s'étale dans tous nos espaces publics, dans nos magazines, sur internet, où il est si omniprésent... qu'il en est devenu banal, que tout le monde en connaît presque toutes les pratiques. Mais pour autant, cette omniprésence du sexe a-t-elle libéré les femmes et leur parole?

Quarante ans après la libération sexuelle, tout n'est pas permis, loin de là, et nombreux sont les diktats qui s'imposent encore aux jeunes femmes: injonction d'être une amante experte qui saura garder son homme, spectre éternel de la salope, prégnance de l'iconographie pornographique avec la dictature de l'épilation intégrale (certains jeunes garçons n'ont jamais vu de sexe non épilé!) et ses conséquences (développement des opérations de nymphoplastie), éternelle domination masculine...

En confiant la parole à de jeunes femmes investies (la blogueuse de Poulet rotique, une journaliste sexo, une réalisatrice de films érotiques et pornos, une jeune gameuse dont les expériences de harcèlement en ligne font froid dans le dos...), Ovidie tente de comprendre comment les jeunes femmes appréhendent et vivent leur sexualité aujourd'hui, entre liberté et soumission aux codes.
Le grand écart entre leurs convictions féministes et certaines de leurs pratiques (sexuelles ou encore le jeu des selfies osés auxquels certaines s'adonnent) les place dans une position paradoxale qu'elles sont les premières à reconnaître.

Le sexe 2.0 n'a ni libéré les femmes ni aboli les normes, mais les a simplement déplacées. Contrairement à hier, une fille ne souhaitant pas faire de fellation se verra targuée de prude, les jeux de domination sont monnaie courante mais l'homme demeure bien souvent le dominant, la bisexualité féminine (fantasme masculin par excellence) ne fait plus peur à personne, et demain ce sera au tour d'une pratique moins courante aujourd'hui de devenir la norme.
Et derrière cela, la méconnaissance de son propre corps et le désir de plaire à l'homme qui passe souvent avant son propre plaisir - on ne se défait pas comme ça de siècles de domination masculine nous rappelle Ovidie...

Tout cela pourrait être un peu plombant, mais comme le rappelle la directrice du planning familial interviewée par Ovidie, il faut aussi faire confiance aux jeunes. Et les jeunes femmes participant à ce documentaire s'interrogent avec intelligence, et continuent d'ouvrir le chemin pour les suivantes.

A quoi rêvent les jeunes filles? Un documentaire d'Ovidie diffuse ce soir sur France2 et visible également ici.

 

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2 juin 2015 2 02 /06 /juin /2015 20:59

Alerte *SPOILER* pour ceux qui ne l'auraient pas vu.

 

Encore un film que je ne m'étais pas décidée à aller voir en salle. Peur d'être déçue, peur de ne pas accrocher au genre du thriller que j'affectionne assez peu d'ordinaire.
J'ai finalement passé les deux heures et quelques qu'a duré le film littéralement scotchée à mon siège; à peine si j'ai entendu l'hôtesse me parler!

Encore sous le choc des rebondissements (le premier jet de cet article a été écrit à chaud, dans l'avion), je ne sais pas encore si la mise en scène est particulièrement réussie, mais je peux en revanche me prononcer sur le scénario et le montage.

Alternant au début présent avec le quotidien de Nick, bouleversé (le quotidien, plus que Nick lui-même, c'est d'ailleurs là le début de ses ennuis) par la disparition de sa femme, et passé du couple, de la rencontre à la demande en mariage, à l'appui notamment d'extraits du journal intime d'Amy, le film nous manipule totalement, même si certaines pistes sont déjà bien présentes - pour ma part, le ton employé par Amy dans son journal me semblait trop contradictoire avec ce que l'on percevait de sa personnalité.

Au-delà de l'intrigue qui nous tient en haleine du début à la fin, Gone Girl soulève des problématiques intéressantes: qu'est-ce qui fait un mariage, connaît-on et peut-on vraiment connaître l'autre, comment nos relations avec nos parents nous façonnent, comment nos comportements se révèlent-ils si prévisibles, comment pouvons-nous être si facilement manipulés, quelles ficelles sont tirées pour nous berner si facilement, comment tout à notre répoque relève de la communication, de la publicité, et pourquoi par conséquent il vaut mieux maîtriser ce nouvel art, plutôt que l'honnêteté... Les réponses, cyniques et glaçantes, persistent encore, bien après avoir vu ce film.

Et Rosamund Pike (que j'avais déjà adorée dans Une éducation) est sans doute la psychopathe la plus charismatique du cinéma de ces dernières années.

 

 

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25 mai 2015 1 25 /05 /mai /2015 22:44

Sur les longs courriers, les longues minutes à désespérément chercher le sommeil trouvent refuge dans la sacro-sainte télécommande, à ce moment où tous mes scrupules s'envolent, m'amenant à des choix souvent hasardeux.
En partant pour Shanghai, mon jus de tomate au fond du gosier, j'ai eu une subite envie de trafic de drogue et de 70s, d'accent marseillais et de belles gueules.

http://ekladata.com/CmdJlphrNaC21MvgHaynNZuy30Q.jpg

La French a certes comblé mes attentes, mais à quel prix!
Que ce film est lent! Il passe son temps à loucher du côté des références américaines qui le hantent sans jamais leur arriver à la cheville. Ce complexe français disparaîtra-t-il un jour? Pourra-t-on un jour voir un film de gangsters français sans qu'il semble calqué sur Scorsese ou sur le De Palma de la grande époque (comprendre de L'impasse)?

Dans La French rien n'est inédit, sans ce plaisir que l'on a à retrouver de vieux amis parfois, quand bien même l'on saurait à l'avance de quoi notre soirée sera faite, tout semble réchauffé.
Le malfrat bling-bling (Magimel n'a malheureusement pas la décadance inspirée de Claudio Santamaria aka Dandy dans Romanzo Criminale) qui veut prendre la place du boss, le boss bon patriarche, la main sur la tête de ses enfants, le juge en rébellion contre le système, les fourrures et les boîtes de nuit...

Les présences de Lellouche et Dujardin (je n'irai pas jusqu'à parler de charisme, tant leur jeu était peu inspirant - voire peu inspiré?) n'y peuvent rien, le film se traîne, sans rythme, sans intérêt; les clichés s'enchaînent à une vitesse effrayante. Magimel avec sa Porsche et sa dent de requin, Lellouche courant avec son fils face à la mer, Dujardin remuant ciel et terre... Tout sonne faux, tout est creux, tout est plat, même les accents marseillais contrefaits!

Tout, sauf les deux actrices.
Céline Sallette, parfaite comme souvent, donnant à son personnage une sincèrité touchante en peu de scènes. Et Mélanie Doutey, disparue des écrans depuis trop longtemps, que l'on retrouve ici méconnaissable, parée d'un casque roux laqué, avec au fond des yeux une gravité, une énigme, que l'on aurait aimé creuser.
Les costumes de ces dames sont également remarquables, avec une préférence pour ceux de l'épouse du malfrat, le pouvoir d'attraction du soufre sans doute. Robes lamées, plein-soleils imprimés, créoles dorées aux oreilles et coiffure élaborée... Le soleil de la Méditerranée sied aux tenues ostentatoires.

En dehors de cela, pas grand choses ou presque.
La French est un un film raté.

 

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27 avril 2015 1 27 /04 /avril /2015 22:39
Journal d'une femme de chambre

Trois ans déjà depuis Les adieux à la reine. Trois ans déjà et j'avais encore en tête ses images, sa lumière, sa vie, puisque c'est tout cela qui a présidé à mon retour dans les salles obscures en ce soir d'Avril où le printemps semble disparu à jamais.
N'ayant ni lu le roman d'Octave Mirbeau ni vu l'adaptation de Joseph Losey avec Jeanne Moreau, c'est vierge de tout a priori que je suis entrée dans le cinéma.
Je ne sais pas très bien ce qui m'a séduite en premier, le charisme de Célestine incarnée avec morgue par Léa Seydoux, la lumière ou encore le raffinement et la justesse des costumes.

Il faut dire qu'elle a un sacré pouvoir de séduction, Célestine, que ce soit auprès des femmes comme des hommes, des patrons comme de ses pairs. On la remarque toujours, Célestine, elle peut s'en permettre, des choses (même refuser une place), et Léa Seydoux lui prête une colère sourde, une révolte à peine dissimulée qu'elle porte en son sein (la tension de ses doigts crispés autour de la paire de ciseaux qu'elle apporte à sa maîtresse laisse présager du pire). Car elle n'en peut plus Célestine, de ces patrons qui l'aliènent, la chosifient, qui la réduisent au néant, qui la nient (oui bien sûr mon petit la perte de votre mère est une grande peine, mais cela ne doit pas affecter l'ouvrage), et de tous ces autres qui ne voient que ses atours.

Car c'est surtout de cela dont il est question ici: d'une société où les uns commandent aux autres, où les premiers tiennent les seconds entre leurs mains. Une société où pour une femme mal née, la domesticité est une solution dont on s'accomode, faute de mieux, l'autre solution étant le lupanar. Il faut faire bonne figure, ne pas tomber dans l'embarras (d'une grossesse tout sauf heureuse), atterir dans une bonne maison, où, avec un peu de chance, on aura des maîtres compréhensifs - sauf que maîtres ils demeurent. 
Illustration d'une lutte qui existe déjà entre les classes, reflet de la vie de ces femmes, Journal d'une femme de chambre se fait également le reflet d'une société française en proie à un antisémitisme effrayant à l'heure de l'affaire Dreyfus.

Le tout accompagné de la toujours pertinente musique de Bruno Coulais, d'une photographie léchée digne des tableaux de Vermeer, et d'une mise en scène subtile mais bien présente - superbe scène de la rencontre entre Célestine et son nouveau maître, elle ne s'offrant au regard du spectateur que dans un miroir judicieusement placé.

Ajoutez à cela des costumes incroyables, dont chacun renseigne et renforce la personnalité de celui qu'il habite. La somptueuse toilette de Célestine comme son habit de bonne, les frusques de Joseph, les bottes du maître, tout fait sens et est un vrai régal pour les yeux.
Un délice que viennent renforcer les décors faussement simples, qu'il s'agisse des fleurs écloses des jardins, de l'office ou encore du lit de Joseph, où les draps rayés font vibrer le jaune curry de sa couverture, à laquelle répond un bleu ciel d'une douceur infinie.

 

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6 avril 2015 1 06 /04 /avril /2015 10:03

photo-copie-3.JPG

 

C'était un jour ordinaire. Faisait-il beau ou pas, était-ce un lundi repenti ou un glorieux jeudi, je ne sais plus; au détour d'une conversation de bureau le titre de ce film a ressurgi, et l'envie m'a pris de le regarder à nouveau, quinze ans plus tard, histoire de voir.

Je ne me rappelle pas comment je l'avais découvert à l'époque. Pas au cinéma c'est certain, toujours est-il que  je m'étais procuré la VHS, puis la bande originale que j'écoutais jusqu'à la nausée, puis l'affiche dûment épinglée à la tête de mon lit... Si j'avais pu, je crois bien que j'aurais acheté des bougies en forme d'ange comme celles qu'a Juliette dans sa chambre!
Au-delà de son fort pouvoir lacrymal, ce film aura tout de même eu le mérite de me faire lire le texte original, dans une édition de poche dont la couverture était à des années lumière de l'univers baroque du film de Baz Luhrmann.

Quinze ans plus tard, et alors que je n'ai depuis aimé aucun autre des films de ce cher Baz, qu'allais-je en penser?

Mes souvenirs étaient si flous que j'en avais oublié la magnificence et la démesure des décors: les immeubles Montaigu et Capulet de Verona Beach, ses Christs géants, la croix tatouée dans le dos du Père Laurent, les baraques mexicaines sur la plage... Comme toujours chez Baz Luhrmann, les décors sont plus que chiadés, mais c'est le seul film du réalisateur dont l'esthétique me touche autant. Le moindre ange, la moindre fleur, chaque bougie, tout est cohérent, pensé et disposé à chaque endroit dans un but bien précis; cet univers latino-kitsch est l'un des aspects les plus prégnants du film et contribue à sa superbe.
Je suis aujourd'hui plus attirée par le charisme érotico-malsain des Capulet Boys, Tybalt en tête (et son gilet rouge surtout), que par les chemises fleuries des Montaigu qui avaient mes faveurs lorsque j'étais adolescente - j'ai souri en découvrant au générique que c'était Versace qui avait signé leurs costumes.

Reste que, n'ayant plus quatorze ans, même si j'apprécie la modernité de l'adaptation (ah, Mercutio en minijupe et talons pailletés!), les effets de caméra de Luhrmann m'ont parfois agacée, l'hystérie générale (la mère de Juliette, sa nourrice, les hoquets de ce cher leo en pleurs...), la surflamboyance m'ont un peu lassée.

Et, malgré le plaisir de céder à nouveau à d'anciennes amours (en l'occurence, revoir la petite gueule d'amour de Leonardo), les pouvoirs lacrymaux de Romeo+Juliet semblent s'être envolés en même temps que la candeur de nos deux héros. Ce qu'ils sont jeunes alors, ces deux-là, Claire Danes à peine sortie d'Angela, 15 ans, et DiCaprio avant qu'il ne devienne un monstre scorsesien!

S'est envolée en même temps un peu de la mienne. Il a fallu un jour décrocher le poster, remiser la cassette au fond du placard. Il n'y a que la bande originale qui m'aura suivie jusqu'ici.

 

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1 avril 2015 3 01 /04 /avril /2015 17:26

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Je n'aurais jamais cru qu'il soit possible d'adapter Irène Némirovsky à l'écran.
Comment incarner sa plume si intelligente et fine, son regard sans concession aucune sur la nature humaine sans les trahir?

Et pourtant.
Dès la première scène, j'ai compris qu'Anne Villacèque avait réussi là où je pensais que c'était impossible. Tout y était. Les décors, l'atmosphère, jusqu'aux physiques des personnages, tout me semblait juste et incarné à la fois.
Ayant lu le roman il y a quelques années, j'anticipais parfois le déroulement de l'action (les éternels problèmes des hommes en proie à leurs contradictions, leurs passions, le récit d'un amour désabusé, le passage à l'âge adulte, autant de thèmes qui ne vieillissent pas), j'essayais de me rappeler mes impressions de lecture, sans que cela gâche pour autant mon plaisir.

La mise en scène est subtile et concise, les dialogues à la fois fidèles au texte et modernes, l'interprétation des acteurs impressionnante - en premier Lola Créton, dont la ressemblance avec l'écrivain est frappante, si juste en Marianne amoureuse, délaissée, déphasée mais pas dupe; Christa Théret, dont la transformation entre la première et la dernière scène est impressionnante; une mention spéciale à la belle Rebecca Marder qui m'a ensorcelée ; les héros masculins m'ont semblé un peu moins incarnés, bien que la désinvolture de Bastien Bouillon siée à merveille à Antoine.

Ajoutez à cela un formidable travail de costumes (les robes parfaites de Marianne, le foulard dans les cheveux de sa mère, le manteau fuschia d'Evelyne...), de décors (la maison des parents, l'usine, l'appartement de l'île St Louis, tout est parfait), de couleurs aussi (l'appartement de Marianne et Antoine évoque des natures mortes, les tonalités sont si belles, le bleu d'un vase aux fleurs peintes répond au carmin sourd des murs; le manteau fuschia d'Evelyne sous la pluie grise...).

Un bijou qui existe par lui-même, au-delà de l'adaptation d'une oeuvre littéraire inégalable.

 

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24 mars 2015 2 24 /03 /mars /2015 17:06

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Petite merveille que cette série, découverte un soir où j'avais envie d'autre chose que The Wire (Baltimore c'est bien, un peu d'air frais aussi).

C'est la BO qui m'a frappée en premier. Dès le générique on comprend que l'on n'aura pas droit aux violons habituels. La voix de Nick Cave nous embarque, et pour moi qui ne le connaissait jusqu'alors que de nom l'expérience est inédite. A Nick cave et ses Bad Seeds s'ajoutent les White Stripes, Tom Waits (j'attends PJ Harvey pour la saison 2) ... Un choix somptueux pour une série qui ne l'est pas moins. Et quelle idée salvatrice de nous épargner les sempiternelles mélodies dramatiques habituelles!

Ce sont les costumes que j'ai ensuite remarqués: les chemises du charismatique Thomas Shelby d'abord (Thomas tu m'emmènes aux courses quand tu veux) aux délicieux petits cols amidonnés d'un blanc éclatant que vient fermer un solitaire et élégant bouton, son manteau à la coupe parfaite, sa casquette tranchante, tout sied à merveille à ce caïd dont la garde-robe fait instantanément la différence avec tous les autres (de l'importance des costumes dans la fiction comme dans la vie). Les tenues d'Ada, sa sœur, sont également fabuleuses: ses robes subtiles et raffinées, mais surtout ses manteaux, si représentatifs des années 20, ornés de grosses fleurs imprimées ou brodées, qui confèrent à ce personnage une sensibilité particulière qui ne pouvait que me toucher.

L'esthétique de l'image ensuite, des superbes décors (usines fumant, ruelles insalubres muant en parfait cadre de tragédie, qu'importe la réalité pourvu qu'on ait la beauté) à la magie de la lumière. Preuve en est cette scène où Ada lave Freddie dans le tub de leur taudis. La lumière qui filtre à travers le carreau sale de leur unique fenêtre crée une incroyable sensation de douceur, on est alors bien loin de la crasse et du sordide, Ada se transforme en madone de tableau renaissant.

La mise en scène n'est pas en reste, et participe avec la musique à la modernité de la série. La scénario élaboré, soigné, aux petits oignons.

Ai-je vraiment besoin d'en rajouter?

 

Peaky Blinders 2677177b

Quand je vous disais que sa classe naturelle le distinguait des autres...

 

Peaky-Blinders-2.jpg

On en parle de cette chemise? ♥

 

peaky_blinders_01_1080.jpg_I_R.jpg


 

 

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