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1 mars 2015 7 01 /03 /mars /2015 17:20

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Je ne vais pas tellement au théâtre, cela m'effraie. Les faits et gestes des autres spectateurs me distraient, et leurs coiffures aussi. J'ai du mal à me laisser emporter, je trouve mon siège inconfortable, j'ai envie de savoir l'heure qu'il est.

Et puis un jour j'ai l'opportunité d'aller voir une pièce de Tchekhov au Théâtre de l'Odéon. J'ai beau ne pas être une aficionado du théâtre, je sais quel auteur majeur est Tchekhov, et combien donnerait n'importe quelle actrice pour incarner un de ses rôles féminins.

Je me lance donc, je ne lis absolument rien, aucune critique, aucun résumé, je veux tenter l'expérience vide de tout - je suis juste effrayée par la durée de la pièce: 3h20 avec entracte, ce n'est pas rien pour l'oie blanche du théâtre que je suis.

Me voilà donc, dans un endroit dont je ne connais pas les codes, dans un quartier loin de m'être familier, à la fois pressée et anxieuse d'en découdre.

Contre toute attente, je suis tout de suite embarquée par ce qui se passait sur scène, captivée par une mise en scène et des décors superbes (les tableaux resteront longtemps dans ma mémoire), par le jeu des comédiens (peut-être juste une réserve sur le jeu d'Ivanov, trop maniéré et agaçant à mon goût, mais finalement n'est-ce pas aussi ce qui caractérise le personnage?), par un sujet finalement si contemporain (le texte m'a semblé si moderne que je me suis d'ailleurs demandée si cela s'expliquait par une traduction récente?), sans parler des costumes que je ne peux m'empêcher de scruter à mon habitude (ah le peignoir de Marina Hands...), j'ai commencé à trouver le temps un peu long juste avant l'entracte, et la seconde partie m'a absorbée de bout en bout.

Non, je n'oublierai pas cette soirée. Ce monde qui se délite, ce personnage si malheureux, si mal, qui se complaît dans son malheur, et tous les personnages secondaires m'ont vraiment remuée, aujourd'hui encore alors que cela fait plus d'un mois que j'ai vu Ivanov.

J'espère pouvoir un jour trouver des réponses à ces questions, mais quelque chose me dit que c'est en retournant au théâtre que j'étancherai ma soif.

 

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23 février 2015 1 23 /02 /février /2015 22:40

Tout a sans doute été déjà dit ou presque à propos de ce film.

Il n'empêche.

Je sors à peine de la salle, il est trop tôt pour moi de parler cinéma (à part évoquer cette scène magnifique de football sans ballon et la musique envoûtante de Fatoumata Diawara); je m'interroge.

Je me demande combien de personnes n'ont pas le droit de jouer de la musique ce soir, combien d'autres ont été mariés de force aujourd'hui, combien seront lapidés demain, au nom de lois obscures dont le ridicule et l'absurdité sont mis en évidence par le magnifique film d'Abderrahmane Sissako.

Voilà ce que je me demande ce soir.

 

9 TIMBUKTU de Abderrahmane Sissako- c 2014 Les Films du Wo

 

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22 février 2015 7 22 /02 /février /2015 16:06

phoenix

 

Dans le Berlin en ruines de l'après-guerre, Nelly, seule survivante de sa famille, marche sur les traces de son passé, dans l'espoir de retrouver de son époux. Celui-ci ne la reconnaîtra pas à cause de l'opération de reconstruction faciale qu'elle a dû subir, et lui propose de se faire passer pour son épouse défunte (pense-t-il) afin de toucher l'héritage.

Plus fluide à l'écran que sur le papier, ce marché va permettre à Nelly de se redécouvrir au travers de tout ce qui la caractérisait avant (style vestimentaire, maquillage...), de marcher dans les traces de son passé pour mieux supporter le présent. Entre son amie Lene qui la pousse à partir pour Israël et à oublier un mari qui l'aurait trahie, et son Johnny qui lui fait répéter le rôle d'une femme disparue dans l'enfer des camps, Nelly peine à reprendre pied, à exister à nouveau dans un monde où tous la poussent vers l'avenir sans jamais lui poser de question sur ce qu'elle a vécu. La superbe Nina Hoss incarne cette femme hébétée qui va petit à petit reprendre vie, jusqu'à une magistrale scène finale illustrant totalement le titre du film.

Moins maîtrisé que Barbara , on pourrait reprocher à Phoenix de ne pas développer toutes les pistes évoquées, de nous laisser sur notre faim; mais c'est que le film s'ancre dans le présent, un présent en ruines où personne n'a vraiment envie d'évoquer un passé encore trop douloureux.

Et puis il y a les costumes. Christian Petzold a à nouveau collaboré avec Anette Guther, la costumière dont le travail sur Barbara (que j'étais allée voir à cause des chaussures de l'héroïne aperçues dans la bande-annonce, rappelons-le) m'avait éblouie. Ici son travail est encore plus remarquable, tant le vêtement et les accessoires sont autant d'instruments qui permettront à Nelly de se retrouver: une paire de souliers de Paris, une robe rouge éclatante (dont l'imprimé "lèvres" n'est pas sans rappeler la fameuse collection années 40 d'YSL qui fit scandale en 1971, un clin d'oeil que j'ai apprécié), un rouge à lèvres flamboyant... Enfiler à nouveau cette parure, ces repères, est le point de départ de la renaissance d'une Nelly qui a été forcée de changer de visage pour survivre.
Mention spéciale également aux tenues impeccablement coupées de Lene Winter (finement interprétée par Nina Kunzendorf): chemisiers de soie aux carrures parfaites, pantalons parfaits, somptueux peignoir oriental... J'ai passé la première partie du film conquise par tant de belle ouvrage.

Le tout au son envoûtant d'une mélodie de Kurt Weill, Speak low, que j'écoute en boucle depuis.

 

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6 janvier 2015 2 06 /01 /janvier /2015 21:34

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Sous un soleil de plomb, Alice se baigne nue dans l'eau transparente d'une calanque, avant de rejoindre sur la plage son amant avec qui elle fera l'amour sur le sable.

Dès la première scène, la sensualité et le désir affleurent.
Alice va avoir trente ans, elle est mécanicienne dans la marine marchande, elle a laissé son amant à terre pour naviguer sur le Fidelio avec un équipage totalement masculin.
Equipage dont le commandant n'est autre que son premier amour (sublime Melvil Poupaud).
Désirs charnels, apprentissage, sensualité, indépendance, fierté, difficulté d'aimer, d'apprivoiser ses désirs sans heurter l'autre, Ariane Labed incarne toutes les facettes d'Alice avec une énergie dévorante qui crève l'écran.

Mais Fidelio n'est pas que le portrait d'une femme singulière; face à Alice, tous les hommes existent bel et bien. Melvil Poupaud, évidemment, en premier amour irrésistible; Anders Danielsen Lie (le héros principal du lancinant Oslo, 31 Août) en amant norvégien au langage érotico-polisson; Jean-Louis Coulloc'h en premier mécano attendrissant en quelques scènes à peine; Pascal Tagnati en collègue attachant; Nathanaël Maïni en redoutable salaud... Et à travers le journal qu'il a laissé derrière lui, Le Gall, le mécano mort en mer qu'Alice remplace, un homme au coeur sec de ne pas avoir su aimer, l'opposé d'Alice qui malgré tout la fera grandir peut-être plus que tous les autres.
Une belle palette de personnages masculins tout en subtilité et nuances, aux rôles finement écrits et interprétés.

Et puis il y a le bateau, ce Fidelio du titre, immense carcasse aux mâchoires de fer qui en est à sa deuxième vie, et dont la première a vu la jeune Alice d'alors embarquer pour son premier voyage. Le Fidelio, monstre des mers en bout de course, théâtre d'un véritable huis clos, où les us et coutumes inconnus au commun des mortels n'en finissent pas de nous captiver - équipage international, réveillon, passage de l'équateur, escales endiablées...

Un monde étrange autant que fascinant.

Mais moins fascinant qu'Alice.

 

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2 novembre 2014 7 02 /11 /novembre /2014 15:20

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Une semaine plus tard je peine toujours à m'exprimer clairement et justement  quant au dernier film de Céline Sciamma. Un film à la fois gai et plombant, plein d'espoir et de désespoir, émouvant et glaçant, inspirant et inspiré.

Je ne connais pas les cités où évoluent les héroïnes pleines de fougue de Bande de filles (je me demande d'ailleurs comment la réalisatrice a écrit son scénario, n'étant elle-même pas issue de ce milieu), je n'ai jamais eu à me débattre en milieu hostile, je n'ai pas eu à m'occuper de petites soeurs après l'école; j'en ai été d'autant plus impressionnée par l'énergie et la rage de survivre de ces héroïnes, qui de leur propre aveu ne vont "nulle part" et en même temps si loin, qui sont obligées d'en faire des tonnes pour s'en sortir.
Échec scolaire, grand frère dictant sa loi, petit copain dépassé par la situation, Marieme traverse les épreuves comme autant de cerceaux en feu. Avec bravoure et panache, et un instinct de survie qui laisse admiratif.

Superbes portraits de filles incarnées par des actrices au charisme indéniable (mention spéciale à Assa Sylla que je ne suis pas prête d'oublier), dont on reverra bientôt j'espère la fougue mordante sur nos écrans où les filles noires sont curieusement absentes (ironie dans le texte).
Film sur l'adolescence, film témoin d'une époque où la précarité et les inégalités sont la norme, film d'une force incroyable, Bande de filles ne se raconte pas, mais doit être vu.

 

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20 mai 2014 2 20 /05 /mai /2014 22:20

Un couloir d'hôtel vieillot, une chambre aux murs bleus, des draps froissés, vestiges de moites étreintes, une fleur dans un vase, une tache de sang...

Les premiers plans de La chambre bleue laissent présager du meilleur comme du pire. En quelques plans à peine l'ambiance est campée, la tension palpable et les graines du trouble semées; mais leur esthétisme, de leur enchaînement à la musique en passant par le montage, peut faire craindre un film plus léché qu'intéressant. A peine a-t-on le temps de se poser la question que l'on est emporté par une mise en scène sensuelle et dévorante.

Julien et Esther sont amants, et l'on comprend vite que leur relation charnelle tournera au drame. Au-delà d'une affaire criminelle qui semblerait dans les faits presque banale, La chambre bleue décortique les mécanismes de la passion. Qu'est-ce qui pousse les individus les uns vers les autres, comment se laissent-ils peu à peu dévorer par la passion, ses rituels, comment l'ordinaire peut-il basculer, comment la passion cannibalise? Le personnage de Julien m'a rappelé Marcel, un autre personnage de Simenon: deux hommes qui se désolidarisent des leurs, sans penser à mal, sans se projeter autrement que dans le présent.

Stéphanie Cléau, jusqu'ici plutôt inédite au cinéma, est parfaite en brune torride et enivrante; Mathieu Amalric est parfait en homme ordinaire qui succombe à la passion; Léa Drucker convainc un peu moins en épouse si effacée qu'elle en est presque transparente.

La photo très belle, et la musique composée par Grégoire Hetzel distille une angoisse sourde tout au long du film - une bande originale merveilleusement réussie, qui retranscrit parfaitement l'univers de Simenon. La mise en scène et le montage si étudiés d'Amalric en agacera sans doute certains, pour ma part j'ai aimé cette sensualité brute et dérangeante, cet esthétisme assumé et ce soin apporté aux détails.

Un film qui donne envie de se replonger dans l'oeuvre de Simenon...

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12 mai 2014 1 12 /05 /mai /2014 07:08

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May, qui vit à New York, revient passer l'été dans sa ville natale d'Amman, en Jordanie, avant d'y épouser son fiancé Ziad, originaire de la même ville. Sauf que May est d'origine chrétienne et qu'il est musulman, ce qui pimente (si besoin était) ce retour au sein d'un berceau familial qui ne s'est pas encore remis du divorce des parents huit ans auparavant...

Sur le ton de la comédie, le film de Cherien Dabis (qui interprète également May) est moins léger qu'il n'en a l'air, et évoque tour à tour les relations mère-filles, les relations entre soeurs, l'engagement, le doute, les rêves, l'abaondon, le deuil de nos souvenirs... Le tout servi par des personages pleins de charme et d'humour; Cherien Dabis d'abord, irrésistiblement belle et touchante, Alia Shakwat qui interprète sa soeur Dalia aux réparties qui font mouche, et une mention spéciale à la sublime Hiam Abbass, qui joue la mère de May, superbe actrice malheureusement trop rare sur nos écrans).

May in the summer dépeint aussi sans y toucher la ville d'Amman, une ville aux multiples confessions religieuses, où cohabitent des mondes bien distincts, chrétiens et musulmans, jeunes délurés et femmes voilées... Les scènes où May court dans les rues d'Amman montrent cette pluralité en toute légèreté, sans tomber dans la démonstration.

Peinture d'une ville, portraits de femmes, récit d'un été, May in the summer est un film qui émeut et remue, un film où l'on passe du rire aux larmes sans s'y attendre, un film qui soulève des questions peu confortables sans y apporter les réponses que l'on aimerait entendre, un film qui doit son charme fou à sa réalisatrice et interprète, la talentueuse Cherien Dabis.

 

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1 mai 2014 4 01 /05 /mai /2014 16:14

De la pluie, des placards déserts et un muguet  aux abonnés absents, ce premier mai était en train de virer au drame lorsque je me suis rappelé ce post.

Oubliée la pluie et autres considérations prosaïques, me voilà embarquée aux côtés des étudiants en art dramatique, musique ou danse de cette prestigieuse école dont la réputation n'est plus à faire.

Issus des quatre coins du monde, les étudiants se livrent entre cours et répétitions: les choix auxquels ils sont confrontés, le monde réel qui les attend à la sortie de l'école, le sérieux que nécessite ce cursus, son coût également, leurs engagements artistiques, leur évolution...

On en prend plein les yeux. Et plein l'âme aussi.

Une piqûre qui nous rappelle à quel point l'art est nécessaire, et combien on ne lui donne pas dans nos vies la place qu'il mérite.

 

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12 mars 2014 3 12 /03 /mars /2014 06:18

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Elle a du mérite, Gloria.
On devine les années passées seule à élever ses enfants.
Aujourd'hui les enfants sont partis et personne n'est venu prendre la place du mari enfui depuis longtemps.
Elle ne se laisse pas abattre, Gloria.
Sa solitude lui colle à la peau mais ne la désespère jamais; elle ne la laisse pas prendre le dessus. Gloria va en discothèque, elle aime danser, se parer, séduire, encore - qui sait ce qu'il peut se passer? Qui a décrété qu'il y avait une limite d'âge pour s'aimer?

Un soir, Gloria rencontre Rodolfo. Ils se découvrent et s'aiment comme de jeunes amants... Qui eût cru que ces deux-là batifoleraient à nouveau? Qui aurait surtout cru qu'à l'hiver de sa vie un homme se révélerait si lâche?
Mais elle ne se laissera pas abattre, Gloria. Sa désillusion n'aura pas raison de sa force.

D'une amourette, Sebastián Lelio réalise un film magnétique, au rythme un peu trop lent, certes, mais magnétique, porté par l'interprétation de son actrice, extraordinaire Paulina García.
Gloria bouleverse, Gloria n'est jamais où on l'attend, Gloria nous retourne les tripes...

Sublime Gloria, qui nous accompagnera longtemps.

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29 janvier 2014 3 29 /01 /janvier /2014 06:36

Je partais sceptique, certes (je n'ai jamais accroché avec aucun des films de Miyazaki), mais pleine de bonne volonté.
Cette fois, ce serait différent, me disais-je.
Point de forêt magique ni de monstre, peut-être que cette fois ça marcherait?
Mais non, rien n'y a fait. 

Les images sont très belles, oui, mais je m'ennuie.
Inexorablement, je m'ennuie; en dépit de tous mes efforts, je m'ennuie.
Les personnages ne parviennent pas à m'intéresser (surtout Jiro, qui m'indiffère d'abord puis m'irrite terriblement), l'histoire d'amour ne m'emporte pas et me paraît légèrement niaise, le contexte historique est à mon sens trop légèrement survolé.
Je ne suis pas énervée car ce n'est pas mauvais (il ne faut pas non plus exagérer), je me demande juste où est ce lyrisme dont tout le monde a parlé et qui n'a pas réussi à m'atteindre....

Je me demande ce qui me manque pour ne pas aimer les films de Miyazaki que tout le monde encense, peut-être n'ai-je pas assez de cœur?

Une chose est certaine pourtant: je ne récidiverai pas.

 

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