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21 novembre 2013 4 21 /11 /novembre /2013 06:47

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Deux ans après L'Exercice de l'Etat (c'est fou comme le temps passe), au tour de Bertrand Tavernier de se plonger dans les coulisses du pouvoir.  Point de thriller et de tension cette fois, Quai d'Orsay est une vraie comédie, adaptée de la bd éponyme de Christophe Blain et Abel Lanzac.

Un premier essai comique pour Tavernier, réussi si l'on en juge aux rires qui ponctuèrent la séance. Il faut dire que Thierry Lhermitte est irrésistible en Ministre flamboyant et survolté, il semble prendre beaucoup de plaisir avec ce rôle (pour une fois) à sa mesure, et par contagion nous aussi. Les coulisses du ministère et ses codes sont hilarants, les conseillers parfaitement croqués et presque loufoques (mention spéciale à Niels Arestrup en vieux chat ministériel), et les dessous de la politique souvent un peu absurdes et soumis aux marottes de l'actualité (l'ours Cannelle). Pas question cependant de soulever un vrai débat, il s'agit ici de sketches cocasses mis au service d'une satire de la vieille machine qu'est le Ministère des Affaires Etrangères (le seul à ne pas être doté d'internet à l'époque des faits!), et surtout de son représentant, un Ministre (directement inspiré de Dominique de Villepin, ce n'est plus un secret) fantasque et théâtral, plein d'envolées lyriques, un peu toqué parfois mais dont chaque apparition est un régal.

Certains reprochent au film d'être trop fidèle à la bd, presque calqué sur elle pour certains plans. Ne l'ayant pas lu, cela ne m'a aucunement gêné, j'y aurais même plus vu un exercice de style. On pourrait aussi reprocher au film un quart d'heure de trop, mais étant donné que l'on rit de la première à la dernière scène, ce serait vraiment pinailler.

Un film revigorant pour ces premières froides heures de l'hiver!

 


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19 novembre 2013 2 19 /11 /novembre /2013 06:57

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Difficile de ne pas être agacée par la présence si épidermique de Violette, être blessé qui ne peut s'empêcher de s'accrocher à ceux qu'elle croise, être mal-aimé qui ferait n'importe quoi pour que cela change et qui, comme un critique littéraire le décrit si justement, transforme l'être aimé en bourreau. 

Pleurant, geignant, suppliant, se lamentant, Violette agace, Violette irrite, mais en même temps fascine. Ce destin qui prouve la puissance de la littérature, sa dimension salvatrice, est fascinant. On a déjà vu de nombreux films tâchant de décortiquer le mystère et la force de l'écriture, cet aspect du film est totalement réussi.

Emmanuelle Devos parvint à convaincre dans la peau de cette femme torturante et torturée - bien qu'on ait du mal à la croire quand elle se trouve si laide, Sandrine Kiberlain est bluffante en Simone de Beauvoir, Olivier Gourmet est délicieux et quel bonheur de retrouver Jacques Bonnaffé!

Malheureusement le film a un gros problème de rythme. Au scénario comme au montage, Martin Provost a du mal à faire le tri, son film est trop long et bancal, encombré de scènes inutiles qui finissent par le desservir. Dommage car la promesse était belle.

Il me reste surtout l'envie de découvrir sans plus tarder l'oeuvre de Violette Leduc, dont on nous parlait si peu jusqu'à la sortie de ce film. A toute chose malheur est bon!

 

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23 septembre 2013 1 23 /09 /septembre /2013 07:10

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C'est l'histoire d'une tatoueuse et d'un cow-boy. En Belgique.

Ils se rencontrent, ils s'aiment, c'est fabuleux, ils font du cheval tous nus, ils font l'amour dans une caravane, ils ont des poules, ils chantent au coin du feu, ils chuchotent sous les draps, ils font l'amour dans une voiture, elle se tatoue son nom sur le ventre, il lui fait découvrir la country, elle tombe enceinte, c'est merveilleux, ils rénovent une grande maison, leur fille a des santiags et un chapeau de cow-boy, à six ans on lui découvre un cancer; c'est la dégringolade.

Les incessants allers-retours entre genèse, maladie et dénouement ne parviennent pas à éveiller d'intérêt particulier pour ce (long) film complaisant et vain qui semble vouloir nous arracher des larmes à chaque scène (pari réussi si l'on se fie aux nombreux bruits de mouchoirs qui ont ponctué la séance).

Elise et Didier ont beau être sympathiques, impossible d'être touchée par leur histoire. Un esthétisme encombrant (et daté) - si les premiers plans témoignent d'une poésie presque lyrique, le tout devient de plus en plus gênant au cours du film -, la surabondance de scènes tire-larmes, un romantisme toujours à la limite du ridicule (la scène du non-mariage entre autres), la redondance du film et sa longueur ont fini de m'achever.

Les acteurs principaux ont beau tirer leur épingle du jeu (ils réussissent même à sauver une scène ou deux), les décors ont beau être particulièrement réussis, au bout d'une heure et cinquante-deux minutes (tout de même) on est au-delà de l'écoeurement.

 

 

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21 août 2013 3 21 /08 /août /2013 07:07

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Tel est le titre du dernier opus de François Ozon.

Une histoire de jeune fille riche qui, débarrassée de son encombrante virginité, décide de se prostituer. Pas par besoin, puisque la demoiselle est plutôt bien née, mais peut-on pour autant parler de désir?

On pense à Belle de Jour, forcément, mais également à Shame tant la fascination qu'a Isabelle pour le sexe prend une tournure addictive.

Addiction, fascination, répulsion ou émancipation, on ne comprend pas vraiment l'héroïne d'Ozon qui demeure d'une opacité sans faille. Un peu comme le propos de François Ozon, dont on ne sait pas tellement s'il espérait nous choquer (du moins nous provoquer) avec ce récit d'initiation, ni s'il pose un regard tendre ou cruel sur son héroïne lorsqu'il choisit d'illustrer son film avec les chansons yéyés de Françoise Hardy (qui déclenchent à chaque fois les rires nerveux de l'assistance).

Rien ne nous attache à Isabelle, sinon la subjuguante beauté de Marine Vacth qu'on ne se lasse pas de contempler de plan en plan - tout en admirant le merveilleux travail des coiffeurs qui parviennent à nous faire croire à ses chignons faussement noués à la va-vite.

Heureusement il y a Charlotte Rampling, qui, en deux scènes seulement, parvient à irradier le film. Mais conseillerait-on d'aller voir un film pour deux scènes seulement?

"Dis lui non", chanterait Françoise Hardy.

 

 

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7 août 2013 3 07 /08 /août /2013 07:08

Même si j'ai déjà évoqué ici et mes plus fortes découvertes de ces RIP, les photographes suivants ont également constitué de vraies découvertes:

 

Empreinte d'Antoine Gonin: de sublimes paysages aux allures de gravures.

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Corse, France - 2010

 

Témoignage social de Jean-Louis Courtinat: une gifle salutaire par les temps qui courent.

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Xavier et Cathy - 2012

 

1936, Dina, Pierre, Sacha.... de Pierre Jamet: l'ouverture des premières Auberges de Jeunesse, les premiers congés payés, un bonheur estival dont l'éclat prend une couleur particulière lorsque l'on sait ce que réserve l'avenir.

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Dina sur la route - 1937

 

Marcela Paniak (prix découverte 2013), une jeune photographe de vingt-deux ans dont l'univers poétique et onirique m'a particulièrement séduite et touchée, et dont je suivrai l'évolution avec intérêt.

med_marcela-paniak_elysium_01-jpg.jpg

Elysium - 2013 #1

 

 

Vivement l'année prochaine....

 

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5 août 2013 1 05 /08 /août /2013 07:03

Je me rappelais encore les Gitans de Koudelka en pénétrant dans l'église Sainte Anne près d'un an après, espérant une rencontre aussi forte avec ce Sergio Larrain dont tout le monde parlait - il s'agit en effet de la première rétrospective qui lui est consacrée.

Photographe que l'on pourrait qualifier de comète (il se retira du monde de la photo en 1970, après seulement vingt années de carrière), ses clichés n'en sont que plus frappants et son talent incontestable - il intégrera d'ailleurs Magnum dès les années 60. 

De l'Amérique du Sud à l'Angleterre, ses photographies sont empreintes d'un véritable humanisme, et font preuve d'un oeil à part, ce qui leur confère un caractère magique sinon magnétique, vibrant.

 

                              ARLMSC5348       med par131221-jpg

                           Passage Bavestrello, Valparaiso, Chili - 1952        Entre l'île de Chiloé et Puerto Montt, Chili - 1957

 

 

Avec Gordon Parks c'était différent. Son nom ne m'était pas inconnu, je connaissais ses photos de mode - il sera même un moment rattaché au bureau parisien de Life afin de couvrir toute la mode parisienne. Si j'en ai retrouvé certaines, c'est un tout autre aspect de son travail (et également tout un pan de l'histoire afro-américaine) que j'ai découvert à Arles, ainsi que l'engagement qui l'a motivé toute sa vie: reportages à Harlem, dans les favelas de Rio de Janeiro, chez les Black Muslims, avec Muhammad Ali... Gordon Parks n'aura de cesse de dénoncer les injustices, la pauvreté et le racisme, interpellant ainsi les lecteurs de Life, magazine auquel il collabora pendant de longues années. Une belle claque.

"Il y a en chacun de nous quelque chose de plus profond que notre sang ou notre couleur de peau: notre aspiration à un monde meilleur. [...] Il n'est pas trop tard pour que nous vivions ensemble en paix sous ces cieux agités."

 

                         psu_american_gothic_3k_bw_2_t460.jpg     muhammedali-web.jpg

                     American Gothic (Ella Watson), Washington - 1942               Muhammad Ali, Miami - 1942

 

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1 août 2013 4 01 /08 /août /2013 07:06

De tout ce que j'ai vu aux Rencontres d'Arles, je garderai en mémoire trois véritables chocs visuels: Sergio Larrain, Gordon Parks et Michel Vanden Eeckhoudt.

Je ne connaissais ce dernier ni d'Eve ni d'Adam, et dès la première photo j'ai été emportée dans son univers où les animaux nous interpellent (très fortes images de zoos) et où la vie grince aux entournures. On se sent à la fois mal à l'aise et fasciné par l'étrange beauté que recèlent ces clichés.

Doux-Amer était un titre parfait.

 

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2 juillet 2013 2 02 /07 /juillet /2013 07:07

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Presque deux ans jour pour jour plus tard, j'ai redécouvert avec plaisir (et sans le faire exprès) Before Sunrise et Before Sunset, sans savoir que le troisième opus des aventures de Jesse et Céline sortait dix jours plus tard. Forcément je ne pensai alors plus qu'à une chose: voir cette suite, et vite.

Pas sûr que les non aficionados des (longs) bavardages de Céline et Jesse soient sensibles au charme de Before Midnight. Les autres seront heureux de retrouver ces héros avec lesquels on a presque grandi, heureux de retrouver leurs joutes féroces, heureux de les voir se frotter au réel. Aux sacrifices du quotidien, aux mots qu'on ne se dit plus, à ceux qu'on répète trop souvent. Le film se base totalement sur ces réparties drôlement bien écrites et si justes.

On a beau savoir dès le départ que ces deux-là finiront ensemble, pourquoi se priver du plaisir des retrouvailles?

 

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11 juin 2013 2 11 /06 /juin /2013 06:52

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Jep fête ses 65 ans dans la décadence d'une soirée pleine de poudre blanche, de lèvres botoxées et de verres qui n'ont de cesse de se remplir pour mieux se vider, entre vedettes passées, jeunettes glacées et vieux fêtards désabusés.

L'une des premières scènes de La grande Bellezza est cette fête hystérique, si précisément orchestrée (et montée) et si belle qu'on aurait presque envie que cela ne s'arrête pas, qu'on s'enivre à jamais de cette laideur et de cette beauté mêlées jusqu'à en donner le tournis.

La beauté fracassante, voilà ce qui frappe en premier dans le film de Paolo Sorrentino. Elle est de tous les plans, que ce soit sur le visage d'une matrone défigurée au botox comme dans la cour d'un couvent, sur le divan d'une boîte de strip-tease ou le visage d'une enfant. Serait-ce la magie de l'été romain?

Rome, ville éternelle où les femmes martèlent les pavés du haut de leurs talons, ville où les girafes (!) croisent de vieux mondains élégants, qui partent se coucher à l'heure où d'autres s'apprêtent à se lever... Qu'il est élégant, ce Jep! Comment lui résister? Il ne se départ jamais de sa nonchalance exquise, pourtant mise à mal lorsqu'il apprend la mort de son premier (et unique?) amour, traînant ses guêtres et sa causticité de soirée en soirée, de palais en palais, de fontaine en fontaine, de places en ruelles. Cigarette aux lèvres, pochette à la poitrine, l'humour étant finalement sa plus grande élégance face à la vie, face à sa vie passée sur laquelle il se penche sans véritable amertume mais faisant plutôt preuve d'une impressionnante lucidité.

On pense évidemment à La dolce vita, mais sans que la référence ne soit écrasante.

Splendeur, décadence, vacuité, volupté, souvenirs, avenir, légèreté, gravité, La grande Bellezza est une déferlante de beauté et d'émotions qui continuent de nous habiter bien après que les lumières se soient rallumées.

 

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10 avril 2013 3 10 /04 /avril /2013 06:09

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Pour l'éternelle amoureuse de la radio (enfin, surtout France Inter) devant l'éternel que je suis, impossible de ne pas aller voir le dernier documentaire de Nicolas Philibert.

Acheter un poste de radio (oui, oui, un poste) est la première chose que j'ai faite en emménageant, et si aujourd'hui mon ordinateur a remplacé l'antique poste (bien que lui aussi puisse largement prétendre au statut d'antiquité), mes habitudes n'ont guère changé.

France Inter chaque matin, parfois le soir, le samedi jusqu'à midi, et le dimanche aussi. Sans parler des podcasts qui m'arrachent des sourires irrépressibles dans le métro!

Alors comment résister à cette échappée de l'autre côté du poste? Voir ce qu'on entend, quelle promesse!

Etre surpris par les visages inconnus de voix si familières, reconnaître avec plaisir ceux que l'on préfère et les autres, découvrir l'envers du décor (ainsi apprend-on que les jolis dings si bien chronométrés du Jeu des mille euros sont dûs à un joueur de xylopohone), tous ceux qui fourmillent dans cette ruche du petit matin au beau milieu de la nuit...

Peu importe que l'on soit un aficionado de la radio ou pas finalement, tant il paraît impossible de ne pas se laisser embarquer par ces voix, ces sons, ces rires, cette ambiance feutrée où le silence est d'or, et la parole presque sacrée (certains animateurs font penser à de vrais chamanes).

Par la poésie de la météo marine, et celle des silences aussi, de ces moments suspendus où la vérité affleure au bord des lèvres, au bord du micro.

Nicolas Philibert n'a certes pas révolutionné le documentaire avec ce film; pas question ici de problématique ni de polémique, mais un beau moment, en belle compagnie.

 

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