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12 juin 2012 2 12 /06 /juin /2012 07:17

Un lundi soir ordinaire de ce non-été,

les cheveux malmenés par la pluie,

(frisottis & cie)

le cerveau trituré par les nuages,

(on se la joue un peu Francis, hein)

(mais le lundi sous la pluie, tout est permis)

(de toute manière, avec cette rime en i" tout est permis tous les jours)

(sauf le dimanche car, comme dirait Sally: jamais le dimanche, c'est le jour du Seigneur)

(bref)

(la semaine commence bien)

et le moral quelque peu en berne, j'avais décidé de combler mes lacunes

(j'avais d'abord écrit "lagunes")

(joli lapsus)

(je veux de l'été, je veux du soleil, je veux du rêve)

et de me consoler de la météo en regardant Madagascar avec un pot d'Häagen-Dazs.

(en même temps le lundi soir on n'a pas l'obligation de vendre du rêve)

(on fait ce qu'on peut)

 

Mais c'était sans compter sur mon éthique protestante (...ahem...) qui m'a détournée de cette mauvaise pente vers le plaisir facile: j'ai finalement mangé une orange devant Belle de Jour.

(pleurez dans vos chaumières)

(oui, pleurez)

(en plus ce n'est même plus la saison des oranges)

 

La vérité, c'est que je n'ai pas pu résister à Catherine Deneuve.

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(en même temps, qui le pourrait?)

 

Le livre de Kessel était encore si frais dans mon esprit que je devinais certains dialogues à l'avance, enfin surtout au début. Après avoir découvert avec intérêt les différents personnages ("qu'elle est belle, Françoise Fabian!" & cie), j'ai ensuite essayé de me laisser porter par le film, mais ce ne fut pas évident. J'aurais peut-être dû attendre davantage, mais j'étais fascinée par cette histoire, et voulais aller jusqu'au bout.

 

Mais, comme avec le livre finalement, j'ai été un peu déçue.

Si j'ai aimé tous les rêves torturés de Séverine (enfin, "aimé" n'est peut-être pas le verbe le plus adéquat), j'ai été gênée que son plaisir ne crève pas plus l'écran que cela. À part après sa passe avec le Japonais, rien n'est fait pour souligner l'éveil de Séverine à la chair; et si elle semble prendre du bon temps avec Marcel, cela s'apparente plus à une inclinaison comme on dit (excusez-moi, j'ai replongé dans Jane Austen hier, et il semble qu'il me reste quelques séquelles) qu'à une passion d'abord physique. En tout cas, si je n'avais pas lu le livre, c'est sans doute ainsi que j'aurais interprété leur histoire.

Même si, grâce à tous ses fantasmes oniriques, le personnage de Séverine est de prime abord plus intéressant que dans le livre, j'ai trouvé que ce "divorce terrible entre le coeur et la chair" décrit par Kessel dans son roman était moins évident ici, sans doute parce que j'ai trouvé Pierre vraiment fade (un vray boy-scout, comme le décrit si justement Piccoli), et le jeune couple peu crédible.

Et aussi, je n'ai pas aimé la fin. Je préfère de loin la version de Kessel, beaucoup plus shakespearienne en un sens, qui faisait de Séverine l'artisane de son propre malheur. Chez Buñuel sa faute n'est que morale et indirecte; j'ai trouvé cela moins intéressant.

 

J'ai l'impression d'être bien difficile à satisfaire en ce moment. J'espère que Kessel et Buñuel ne se vengeront pas en me faisant faire d'abominables rêves... qui me forceront fatalement à céder aux plaisirs faciles cités ci-dessus.

 

Encore merci à Lili de m'avoir prêté ce DVD!

 

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8 juin 2012 5 08 /06 /juin /2012 08:00

932285.jpg

 

Voilà 24h maintenant que j'ai vu De rouille et d'os, et je ne sais toujours qu'en penser.

J'ai relu et écouté quelques critiques, et il me semble ne pas avoir vu le même film que les autres (à part les Carmadou qui partagent ma réserve) (grâce à eux je me suis sentie un peu moins seule) (c'est important).

Peut-être parce que, même si je reconnais son talent, Marion Cotillard ne parvient jamais à me toucher. Elle est juste, c'est vrai, elle a la grâce des stars (qu'elle est, incontestablement) (pour preuve s'il en était besoin) (et pourtant c'est la seule star que j'ai vu en vrai, à Cannes il y a treize ans - aouch... treize ans, déjà?) (quand elle n'était donc pas encore une star, mais quand même un peu connue) (vive Taxi), elle m'émeut même ne me touche jamais vraiment, sans que je parvienne à le comprendre ni à l'expliquer (le côté performance de l'Actor's studio, peut-être?). Etrange sensation en tout cas, qui m'a poursuivie tout au long du film.

 

Il est vrai que j'y étais allée avec peu d'enthousiasme (dû à Marion Cotillard, je l'avoue) (je savais déjà qu'elle ne me toucherait pas, ça ne date pas d'hier) (et puis à l'histoire aussi) (en fait j'y suis allée à cause de Marineland, pour faire un retour en arrière jusqu'à mon année de CP et cette inoubliable journée passée là-bas, avec les otaries, les dauphins et les orques) (où tout le monde avait des chips dans son pique-nique sauf moi, soit dit en passant) (peut-être que c'est cette frustration chipsienne qui a fait du tort à Audiard) (allô, Sigmund?), mais quand même!

 

Matthias Schoenaerts est parfait - même s'il reste dans la même veine que dans Bullhead (j'espère qu'on lui proposera vite autre chose, qu'on puisse voir tout son talent à l'oeuvre), les seconds rôles au poil: Corinne Masiero, que j'ai aimé retrouver après Louise Wimmer, Bouli Lanners, Céline Sallette...

Mais rien n'y a fait.

 

Le film m'a pourtant émue (parfois), mais également mise en colère (souvent). J'ai trouvé certains plans trop maniérés, trop léchés (comme la dent qui tournoie sur le sol, par exemple) par rapport à la sécheresse que j'avais aimée dans les films précédents d'Audiard. A plusieurs moments De rouille et d'os m'a fait penser aux films noirs américains, qu'il admire tant paraît-il. Et si je suis assez friande de ce cinéma-là, hier soir cela n'a pas fonctionné.

A certains moments j'ai même été dérangée par des démonstrations trop appuyées, comme si l'on orientait de force mon regard dans une direction plus que dans une autre.

Et alors la fin... ne m'a ni plue ni convaincue. Mais alors pas du tout.

 

Je suis ressortie du cinéma déçue, et déroutée.

 

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5 mai 2012 6 05 /05 /mai /2012 09:55

barbara213a.jpg

 

Les raisons qui me poussent vers les salles obscures sont parfois bien curieuses.

Depuis que j'avais vu la bande-annonce du film de Christian Petzold, j'étais hantée par la musique de Stefan Will et par les chaussures de Barbara (et son allure, aussi, mais ce sont ses chaussures qui m'ont tapé dans l'oeil en premier).

Je suis donc allée au cinéma, attirée, tel Ulysse par les sirènes (un peu de lyrisme ne nuit pas) (bien au contraire) (CQFD), par des cordes et une paire de salomés...

 

Si les cordes étaient beaucoup moins présentes que je ne l'avais espéré, j'ai été plus que conquise par les tenues de Barbara.

Sa jupe bleu marine, son cardigan rayé, sa robe chemise grise, celle à carreaux, sa chemise en chambray, son sac à main et sans oublier ses fameuses salomés, je voulais tout! La silhouette de Nina Hoss y est sans doute pour beaucoup, mais la coupe impeccable de ses vêtements m'a bluffée (la chemise, surtout, avec ses proportions parfaites, son col repassé comme il faut, ses sublimes manches trois-quart, son petit pli au dos... et puis la bonne couleur aussi), et leur modernité aussi. Comme quoi, rien de tel qu'une bonne coupe pour traverser les années sans une ride.

Honte à moi, j'ai d'abord été étonnée par tant d'élégance (quoi? ça se passe vraiment en RDA?) (en 1980, qui plus est?), jusqu'à ce que je lise (et me rappelle après coup) (enfin, mieux vaut tard que jamais) (qu'on se le dise) que les femmes pouvaient alors recopier les patrons publiés dans la presse féminine, patrons inspirés des modèles des grands couturiers.

Si les silhouettes de Barbara m'ont captivée pendant tout le film, j'ai malgré tout tâché de dépasser ce stade contemplativo-admiratif (à la limite du groupisme, soyons honnêtes).

Ce qui ne me fut pas difficile, car le film est vraiment prenant et ses dialogues bien écrits.

 

Quelques années après La vie des autres, voici à nouveau un film qui dénonce la politique de répression de la RDA et de sa police, la Volkspolizei, dont le but est de dissuader par tous les moyens les allemands de l'est de passer à l'ouest.

A travers le destin de Barbara, dissidente bien décidée à quitter le territoire, Petzold souligne les pratiques glaçantes de la police, qui surveille notre héroïne sans relâche, et procède à des fouilles humiliantes dès qu'elle a eu le malheur de ne pas être joignable pendant quelques heures. 

Dans ces conditions, impossible de ne pas sursauter au moindre bruit de voiture, impossible de faire confiance à ses voisins susceptibles de la dénoncer, impossible de parler librement...

Christian Petzold rend parfaitement perceptibles la paranoïa, la suspicion, et l'étouffement qui pèsent sur cette ville de province. Impression renforcée par le contraste qui s'établit progressivement avec la douceur de la nature, ses bruits enjôleurs et ses chemins de campagne paisibles.

 

Comme toujours lorsqu'un film me plaît, je pourrais continuer à vous vanter la finesse des dialogues, des rapports humains qui s'établissent, le jeu de Nina Hoss, sa beauté qui vous éclate à la figure sur cette plage au petit matin... Mais j'ai comme qui dirait des salomés à trouver!

 

barbara_petzold.jpg

 

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20 avril 2012 5 20 /04 /avril /2012 22:36

affiche-du-film-les-adieux-a-la-reine-10653734ncxyv

 

Les bonnes choses ayant une fin, j'ai mis un terme à ma vie d'Amish.

Devant le cinéma, prise d'une soudaine euphorie à l'idée de bientôt me retrouver dans la salle obscure et le moelleux des fauteuils rouges au bout de trois longues semaines d'abstinence, la pluie froide aidant, j'ai failli me laisser tenter par Julie Delpy.

Et puis je me suis dit que pour des retrouvailles il me fallait du sublime, du grand art, et me suis donc résolue à attendre dix minutes de plus sous mon parapluie léopard.

 

Inutile de préciser que je n'ai pas regretté mon choix.

(même si je viens de le préciser en le niant)

(soit dit en passant)

(bref)

 

Les adieux à la reine est le plus beau film que j'aie vu depuis longtemps, et l'un des plus beaux films que j'ai vu tout court.

 

La photo, d'abord, y est extraordinaire. Plein soleil, lumière blafarde de l'aube, luminosité sourde des matins gris, toutes ces nuances sont traitées de manière picturale dans chaque scène, et à plusieurs reprises on se croirait presque dans un tableau de Vermeer.

 

La mise en scène, ensuite, est saisissante. Qu'ils sont beaux ces plans où l'on voit Sidonie courir dans les couloirs de Versailles à travers une enfilade de portes semble-t-il interminable! Qu'elle est bien menée cette scène dans la gondole, si touchante et moderne celle où Sidonie et sa compère chantent et dansent dans un château vide! Quel bonheur surtout de retrouver enfin un vrai travail de mise en scène, si intelligemment exécuté!

 

Et puis il y a les acteurs. Tous, sans exception, sont excellents. Des courtes apparitions (ah, Dominique Reymond...) (ah, Michel Robin!) aux rôles plus conséquents (exquise Noémie Lvovsky) (et la belle Virginie Ledoyen qu'on adore détester). Et bien évidemment Léa Seydoux (que je voyais au cinéma pour la première fois, bien qu'elle soit constamment à l'affiche depuis des mois), sa moue, son air buté, son attachement presque primitif à la reine... Je comprends mieux pourquoi tout le monde veut la faire tourner.

Mais celle qui m'a le plus impressionnée, c'est Diane Kruger. Pour moi, jusqu'à présent, Diane Kruger était: 1/ l'ex-femme de Guillaume Canet; 2/ la seule actrice à se maquiller et à se coiffer elle-même pour ses sorties sur tapis rouge (respect); 3/ la nouvelle petite copine de Pacey (de Dawson, NDLR). Réducteur sans aucun doute, mais il faut dire que ses rares apparitions cinématographiques ne m'avaient guère convaincue. Ce soir, j'ai été bluffée par son jeu tout en nuances, dans ce rôle de reine pas vraiment sympathique, capricieuse et égoïste, agaçante et attachante en même temps, fascinante et charismatique. 

 

Je pourrais continuer des heures je crois, évoquer la sublime musique (signée Bruno Coulais), les décors et costumes somptueux (la belle rayure rebrodée de fleurs de Sidonie m'a fait rêver pendant tout le film) (je veux la même) (et la chemise de nuit de Marie-Antoinette aussi), le cahier d'atours de la reine...

Et tout ce que ce film révèle sur Versailles et les moeurs absurdes de la cour, sur cette tension des derniers jours, cette panique, ce fin de règne...

 

J'ai déjà envie de le revoir.

 

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23 mars 2012 5 23 /03 /mars /2012 08:07

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Île de Lampedusa, Italie.

Tout semble de prime abord familier: le soleil écrasant, la mer, les faces burinées des pêcheurs... même Filippo, un vrai jeune homme maintenant!

Mais nous ne sommes plus dans les années 70, les bâteaux servent désormais à attraper les touristes plus que les poissons, et les clandestins font désormais partie du quotidien de l'île.

 

Les touristes débarquent du ferry en masse et, à peine leurs pieds posés sur l'île, se voient alpagués et courtisés. C'est à qui saura le mieux les alpaguer, les ferrer à coups de bonne chère et de promenades en mer.

Les clandestins Africains, eux, effectuent leur traversée sur des embarcations de fortune, et sont renvoyés de l'autre côté de la mer dès qu'ils posent un pied à Lampedusa.

Dérangeant contraste, accentué par de nombreux plans: vedette entassée de touristes bronzés se trémoussant les bras en l'air en musique/barques surchargées d'Africains faisant de grands signes avec leurs bras, corps blancs bronzant sur le sable/corps noirs échoués après avoir gagné la rive à la nage, accueil empressé des uns/rejet violent des autres...

 

Le sujet est périlleux, et à mon sens Crialese ne s'en est pas si mal sorti.

Alors, oui, c'est vrai, j'ai trouvé certaines scènes un peu trop chargées en émotions, et certains personnages inégaux.

Face à un Filippo désemparé par la vie en général (les filles, sa mère, son avenir tiraillé entre un grand-père qui veut continuer la pêche contre toute attente et une mère qui veut le sortir de cette île si petite qu'elle ne figure même pas sur la mappemonde) puis par ses rencontres avec les clandestins, le personnage de la jeune femme Africaine partie retrouver son mari m'a semblé moins convaincant, et un peu trop bavard.

Le grand-père un peu caricatural en vieux patriarche borné n'en est pas moins attachant (et puis Mimmo Cuticchio, quel acteur! son regard dit tout), et Giuletta (superbe Donatella Finocchiaro) est particulièrement touchante en femme qui prend son destin en main, et qui va se laisser toucher malgré elle.

Et oui, c'est vrai aussi qu'il y a quelques maladresses. Certaines scènes, même si elles fonctionnent, m'ont semblée un peu artificielles car trop écrites (discussion entre les vieux et les anciens, s'achevant par une joute père/fils dont on se serait passé sans problème).

Mais Crialese réussit à ne jamais être manichéen, essentiellement grâce au personnage de Filippo. Et en pointant ce qui se passe à Lampedusa, nous oblige à ne pas oublier tous ces hommes et femmes prêts à tout pour atteindre l'Europe, souvent après plusieurs années (ce qui m'a rappelé le jeune Enaiatollah Akbari de Dans la mer il y a des crocodiles).

Et puis il signe un vrai film. Un véritable objet cinématographique, avec une vraie mise en scène, une esthétique propre et des partis pris. Ce qui, à l'heure où nombre de réalisateurs (et spectateurs!) pensent qu'un thème fort suffit à faire un bon film (comme Polisse, pour citer le plus représentatif), est particulièrement réjouissant.

 

 

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13 mars 2012 2 13 /03 /mars /2012 22:56

 

affiche-Millenium-Les-hommes-qui-n-aimaient-pas-les-femmes-.jpg

 

Cinq ans après tout le monde, j'ai découvert Millenium.

(le film, pas le livre)

(ne me jetez pas de tomates)

(qui ne s'est jamais dispensé de lire un ouvrage au profit du film?)

(...)

(voilà)

(merci)

 

Bien sûr dans mon entourage beaucoup l'avaient lu, mais j'avais décrété que ce n'était pas pour moi.

(mon amour du contre-courant, sans doute)

(à moins que ce ne soit une certaine affectation qui me prend parfois, les soirs de pleine lune)

(en même temps à chaque fois que j'ai essayé de lire un opus encensé, la moutarde finissait par me monter au nez)

(la déesse Amora, c'est moi)

(c'était la minute hommage à Goscinny)

 

On m'avait alors raconté toute l'histoire, avec force détails - puisque ça ne m'intéressait pas, que je ne le lirai jamais, tout ça. 

Grâce à Dieu

(NON!)

(ne jamais, jamais, JAMAIS blasphémer!)

(Dieu me pardonne)

(oh mon Dieu j'ai recommencé, je vous jure de ne plus jamais recommencer)

(ou alors en anglais seulement?)

(STOP!)

J'ai même vu les premier et dernier quarts d'heure de la version suédoise, l'entre-deux m'ayant fait sombrer dans un sommeil aussi lourd qu'instantané.

Heureusement pour moi, j'avais tout oublié.

 

Quelle mouche m'a donc piquée, ce soir-là, vous demandez-vous alors?

(à raison)

(si toutefois cette question mérite débat)

 

Les phéromones, pardi! (encore elles? Caramba!)

Ayant compris et admis que tous mes actes, aussi libres me semblaient-ils, étaient en réalité guidés par des instincts de reproduction primaires (soit à l'insu de leur plein gré par des substances invisibles, faisant écho à une malchanceuse fable virenquienne, NDLR), j'ai opté pour la transparence (c'est à la mode en cette période électorale, m'a-t-on dit) et décidé d'assumer la primitivité de mon être.

 

La mouche qui m'a piquée ce soir là se prénomme donc Daniel Craig.

daniel craig

Daniel qui, il y a quelques années déjà (oui, on a un passif avec Daniel), m'avait charmée en James Bond viril et violent (mais de smoking vêtu), m'a chavirée en journaliste d'investigation (et oué, moi aussi j'ai lu l'article de Télérama, d'où ce terme ad hoc) (oh mon Dieu je suis un vrai cliché) (j'avoue ne pas trop savoir si cela doit m'amuser ou me désoler) équipé de jolies lunettes d'intello branché-mais-pas-trop, de gilets en grosse maille savamment déboutonnés et de gracieuses petites rides bien placées (les soucis, la combativité, la poor lonesome attitude, tout ça)...

Pile-poil ce dont j'avais besoin un lundi soir.

 

C'était sans compter Rooney Mara, alias Lisbeth Salander pour ceux qui seraient passés au travers des innombrables d'interviews publiées à la sortie du film.

millenium-Rooney-Mara.jpg

Je n'ai donc pas découvert une parfaite inconnue, j'avais ma petite idée...

Idée bien en deçà de la force dégagée par ce personnage atypique qui aurait pu ne pas être crédible du tout, voire même ridicule, si on lui avait attribué une autre interprète.

 

Ajoutez à cela un scénario aux petits oignons, un montage haletant, la mise en scène de Fincher, et le sort est jeté!

Vous voilà un(e) vrai(e) gamin(e), mourrant d'impatience de voir la suite...

Bienvenue au club.

 

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29 février 2012 3 29 /02 /février /2012 08:01

qui vous donnent envie d’être un autre.

Un autre radicalement opposé à celui que vous êtes, bien évidemment.

Plutôt familière de ce syndrome (sans blague), c’est bien la première fois que j’ai eu envie d’être un garçon.

 

 

Peter Guillam, plus exactement.

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Bien mis, je serais toujours d’une élégance rare - fait qui prend toute son ampleur dans son contexte : les années 70, pas franchement réputées pour leur chic-itude. Je dirais même plus d’une élégance tellement moderne que je pourrais porter mes frusques aujourd’hui sans que cela ne choque personne (ce trench…) (non mais ce trench !) (si je vous dis que Sir Paul Smith himself  a été conseiller pour les costumes…).

Bien mis donc, et plutôt bien fait de ma personne, je promènerais mon flegme britannique dans les couloirs, faisant tourner la tête à toutes mes petites collègues (ce qui s’avérera fort utile pour mes affaires) (en plus de flatter mon ego fragilisé par une enfance difficile) (Peter, petit dernier d’une fratrie de six, a toujours eu du mal à s’imposer…), tout en ayant une préférence discrète mais affirmée pour les jolis garçons.

Je ne pleurerais sur l’échec de ma vie privée que cinq minutes, avant de mettre mon mouchoir par-dessus pour me remettre à l’action (et à mes déambulations corridoresques) (parce qu'on est là pour servir la nation, ne l'oublions pas).

 

 

Ou alors je serais Ricky Tarr, le beau gosse de service, un peu redfordien, et de facture honnête.

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L’allure résolument 70’s (veste en peau retournée, sweat gris chiné, cheveux mi-longs… et les lunettes de soleil) (parce que je ne passe pas mon temps dans les bureaux londoniens, moi) (je me bats, je transpire, et je vaincs), qui sent un brin l'Amérique, une charmante moue pittienne (de Brad Pitt, NDLR), je serais une pure incarnation de la virilité. D’Istanbul à Paris, je suis un chasseur de scalps solitaire.

Jusqu’au jour où mon petit cœur (qui au fond ne demandait que ça) (après une enfance difficile, marquée par l’absence du père et de toute figure paternelle de substitution) (car sous mes dehors de dur à cuire, je suis un vrai sensible) ne montre quelques signes de faiblesse au contact d’une femme qui me sera fatale, comme de bien entendu, afin que je puisse redevenir le lonesome scalp hunter que j’étais jadis (on est pas là pour déconner non plus).

Sauf que maintenant j’ai dans le cœur une blessure qui ne se refermera jamais.

 

 

Il y a des films comme ça, qui vous font raconter n’importe quoi.

 

(inspiré de La Taupe, réalisé par Tomas Alfredson d’après le roman de John Le Carré)

 


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23 février 2012 4 23 /02 /février /2012 21:57

dt14ygyu.jpgSamedi dernier, j'ai eu la chance d'aller voir Héritages grâce au concours de Stéphanie.

 

Je partais de bonne humeur;

(j'adore gagner)

(surtout quand c'est un tirage au sort, j'ai l'impression d'avoir été choisie d'en-haut)

(ça ne mange pas de pain, ça fait du bien)

(en plus c'est tellement rare que ça fait doublement du bien)

(je m'étais d'ailleurs dit que je profiterai de cette chance soudainement tombée du ciel pour jouer au loto, tout ça...)

(... et puis finalement... rien)

(bref)

 

en plus je ne vais jamais au théâtre;

(je sais)

(mais je trouve ça intimidant)

(et je m'y ennuie plus rapidement qu'ailleurs lorsque c'est raté donc bon)

 

ça commençait bien.

 

 

La jouissance extrême de retirer ses places au comptoir "Invitations",

(on fait ce qu'on peut, hein)

(en même temps vu le contexte on aurait tort de se priver)

le temps de comprendre que le clignotement de la lumière signifie qu'on peut entrer dans la salle,

la joie de découvrir que nous sommes bien placées,

et la représentation pouvait commencer.

 

 

J'avais lu le résumé de la pièce en diagonale, et essayé de l'oublier car, je l'avoue, j'avais été un peu effrayée: un retour dans la maison natale vingt-cinq ans plus tard, le congrès de Milan...

J'avais du mal à imaginer comment l'histoire familiale et celle des sourds muets pouvaient s'entremêler sans que cela ne soit trop didactique ni lourd, surtout pour la néophyte que j'étais.

A part Les Enfants du Silence, que j'avais vu enfant, je ne connaissais pas grand chose aux sourds-muets ni à leur langue... Et bien que curieuse, j'avais aussi un peu d'appréhension.

 

Appréhension oubliée dès la première scène.

Non seulement je ne me suis pas ennuyée une seconde, mais j'ai appris énormément de choses, et j'ai surtout tellement vibré... du début jusqu'à la fin!

J'ai ri, j'ai failli pleurer (bon, d'accord, j'ai pleuré), j'ai aimé ne rien comprendre du tout à certains moments - la traduction n'étant pas toujours omniprésente (à dessein), il était intéressant de se retrouver de l'autre côté pour une fois -, j'ai aimé tous les acteurs (entendants et non-entendants) qui donnaient chair à cette fratrie à l'histoire et aux rapports si compliqués (comme toutes les fratries, me direz-vous), et même si le tout avait par moment un petit côté didactique que je n'affecte guère, cela ne m'a aucunement gênée.

J'étais juste étonnée que cela s'arrête si vite, car je serais bien restée une heure de plus.

(en plus je commençais à retenir certains signes!)

(car c'est tellement beau, cette langue des signes...)

(ça donne envie de l'apprendre)

 

J'y retournerai, à l'IVT!

 

 

 

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22 janvier 2012 7 22 /01 /janvier /2012 14:02

J'ai beau aimer la vie sans télévision,

(je lis plus → je développe mes capacités intellectuelles)

(et réduis mon temps de disponibilité cérébrale, c'est ma révolution culturelle personnelle)

(je dors mieux je développe ma sublimitude)

(parce que le sommeil c'est la clé de la beauté voyez-vous, alors autant mettre toutes les chances de son côté)

(2012, l'année de la bombe/futilité/espoir dévastateur*)

(bon en réalité j'ai toujours autant de cernes mais bon)

(je crâne plus "non désolée je n'ai pas la télé")

(réaction incrédule/admirative/catastrophée de mon interlocuteur, qui me prend pour une extra-terrestre/folle/révolutionnaire*)

(*rayer les mentions inutiles)

 

j'ai eu ma première crise de manque vendredi.

 

Pour la première fois depuis dix mois,

(***APPLAUSE*** ce score relativement honnête)

 

j'ai eu envie de me poser bêtement devant la télé avec mon cerveau, tous les deux côte à côte devant un plateau télé.

 

La faute à la pluie peut-être, qui avait anéanti toutes mes velleités de fridaynightfeveritude.

(oui c'est bien le deuxième néologisme de cet article)

(ET ALORS?)

(est-ce ma faute à moi, si l'Académie ne m'a pas encore appelée?)

Ou peut-être avais-je présumé de mes forces, en ajoutant à mon sevrage télévisuel un sevrage tabagique?

(plus ou moins réussi, je dois l'avouer)

(mais certains sont témoins tout de même de ma presque réussite)

(et de mon teint beaucoup plus rose et frais)

(2012, l'année de la bombe, je l'avais dit)

 

Bref, peu importent les raisons après tout.

Ce vendredi, j'aurais tué pour passer une soirée avec Grissom (même une énième rediffusion).

 

Mais Grissom n'était pas là, et j'ai réalisé une fois de plus à quel point ce monde était cruel, et à quel point l'on ne pouvait compter que sur soi.

 

Heureusement, à part soi, il y a aussi Arte+7.

Et une nouvelle émission qui m'avait par son odeur alléchée.

 

Je connais Philippe Collin et Xavier Mauduit depuis un moment, j'écoutais Panique au Mangin Palace religieusement tous les dimanches matins depuis mon lit.

Alors quand j'ai lu qu'ils réalisaient depuis le début de l'année (en trio avec Frédéric Bonnaud) une émission sur Arte diffusée le dimanche, j'ai bondi de joie.

(je ne me suis en effet jamais remise de la disparition de Panique...)

 

Depuis que j'ai découvert Personne ne bouge!, quelque chose me dit que mes dimanches soirs vont prendre une tournure différente...

 

Chaque émission s'articule autour d'un fil rouge: un vieux film hollywoodien dont les dialogues réécrits par la joyeuse bande permettent d'enchaîner les différentes séquences de l'émission, tout en étant de drôles de clins d'oeil à l'actualité (ou comment Barbe-Noire le pirate devient par la magie du nouveau doublage un vilain trader pourchassé par la caravelle du fisc!).

Les différentes séquences en question nous apprennent comment devenir un DJ aussi mauvais que David Guetta, comment s'habiller après avoir obtenu une promotion, ou nous emmènent en voiture avec Akhenaton; le tout dans la bonne humeur et l'humour vache, en usant d'un graphisme original et réussi!

 

Voilà de quoi nous faire aimer le dimanche après-midi!

(et limite l'attendre avec impatience)

(rendez-vous à 17h45)

 

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10 janvier 2012 2 10 /01 /janvier /2012 08:07

Une-Nuit-Affiche-France

 

Ne pas aller cinéma nuit à la santé.

Même si c'est lundi, même si le lundi c'est pourri, même si on n'a qu'une seule hâte, le lundi: rentrer chez soi, sous la couette exactement.

Même s'il ne fait pas froid, même s'il ne pleut pas, même si finalement il n'était pas si pourri que ça, ce lundi.

Bien m'en a pris, hier lundi, d'aller voir Roschdy.

(je sais c'est nul, mais j'étais partie dans les rimes en "i")

(c'est à cause de lundi)

(car c'est toujours la faute du lundi, qu'on se le dise)

 

Au départ un peu stressée,

(par l'odeur de poireaux diffusée par mon panier bio)

(après avoir redouté qu'on me refuserait l'entrée, j'imaginai un esclandre dans la salle)

("Non mais, elle peut pas les f***** ailleurs, ses poireaux?")

(je sais, j'ai une imagination délirante)

(et une propension au stress inutile aussi)

j'ai finalement réussi à faire abstraction de la fatale odeur.

(non, ça ne sent pas le poireau, non, ça ne sent pas le poireau, non, ça ne sent pas le poireau, non, ça ne sent pas le poireau...)

(vous l'aurez compris, depuis dimanche dernier la méthode Coué est ma meilleure amie)

 

Et à me laisser embarquer dans cette Nuit si particulière pour le Commandant Weiss.

On pressent rapidement que ce n'est pas une nuit ordinaire pour ce flic de la mondaine.

Comme son chauffeur pour la nuit (Sara Forestier), on le suit d'établissement en établissement, de boîtes chics en boîtes à partouzes, en passant par des clubs modernes sans âme et, à l'inverse, par de vieux cabarets transformistes (beaucoup plus sympathiques, soit dit en passant) (et qui ne sont pas sans rappeler David Lynch).

On rencontre une multitude de personnages hauts en couleur, du vieux travelo à la tenancière usée, sans tomber dans le cliché d'une vie nocturne idéalisée.

On roule dans Paris la nuit, la photo est belle, la musique envoûtante, et la magie de certaines scènes nous fait presque oublier la tension grandissante.

On se prend au jeu, on prend du plaisir à reconnaître les rues (et certains bars) de Paris, les acteurs - génial Roschdy Zem, Samuel Le Bihan qu'on retrouve avec plaisir, et, cerise sur le gâteau, Richard Bohringer!

 

Un peu grisé par tous ces scotchs et coupes avalés, par toutes ces cigarettes consumées, on se laisse surprendre par le petit matin.

Les lumières se rallument; la descente est rude.

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Published by leshumeursdeviolette - dans Vu
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